Blognotice 11.10.2011 – petites remarques sur les prix littéraires

Pour les chutes de neiges, dans les Vosges et en Forêt Noire je  ne me suis pas trompé, – il a même neigé sur la Schwäbische Alb. Par contre pour les lauréats du Nobel de Littérature 2011 mes quatre favoris Assia Djebar, Adonis, Ibrahim al-Koni et Ngũgĩ wa Thiong’o n’étaient pas du cru – c’est Tomas Tranströmer qui fut l’heureux gagnant du Prix Nobel de littérature 2011. Pour une grande partie de la critique littéraire, Tranströmer semble plutôt être un illustre inconnu, mais personnellement j’avais déjà entendu parler de ce poète suédois.  Juste une semaine avant l’annonce des prix Nobel  j’avais  reçu en cadeau un ouvrage de poésie, – Tradarbeten – Flechtwerk –  de HC Ericson, traduite par une des mes anciennes étudiantes Julia Baum. En fait, il s’agit d’une œuvre de poésie bilingue éditée en suédois et en allemand. Donc je me suis mis une fois de plus dans la Littérature suédoise –  où le nom de Tranströmer est un nom incontournable en ce qui concerne la poésie. En  plus dans le fond de ma mémoire  les souvenirs de Selma Lagerlöf, première femme à recevoir un prix de Nobel de littérature, en 1908, restent bien présents.

Quant aux critiques pour le Nobel de Littérature 2011, pour beaucoup des critiques professionnels le choix du comité de Nobel reste incompréhensible – je renvois ici à « What’s Wrong With the Nobel Prize in Literature » de Tim Parks – en Allemagne on a un peu l’impression que Tomas Tranströmer est un illustre inconnu ! Je fus, il faut le dire, très déçu de la critique « Tomas Tranströmer, poète nobélisé » de Pierre Assouline. Par contre, un très bel article de    Nils C. Ahl dans le Monde – « Tomas Tranströmer, un poète sobre et moderne remporte le Nobel ». A lire aussi la très belle comparaison Staring Through the Stitches  de Tomas Tranströmer et Wislawa Szymborska écrite par Helen Vendler en octobre 1998. Naturellement comme l’écrit Vendler «  Relying on translation, one has to trust the translator – on dépend toujours de la traduction », en poésie encore bien plus ! Dans ce sens, la traduction allemande de l’œuvre « Tradarbeten » de HC Ericson  par Julia Baum  me semble être une réussite – rythme et grande clarté du langage – Rhythmus und große Klarheit der Sprache. Un jour après le Nobel de littérature on nous annonçait les lauréats du prix du Nobel de la paix, là par contre pas de grande surprise avec Ellen Johnson-Sirleaf, Leymah Gbowee et Tawakkul Karman.  Le lauréat du Nobel de la paix 2010, l’écrivain et poète chinois Liu Xiaobo croupit encore en prison, de plus en plus oublié par l’opinion publique mondiale.  En Allemagne il y quelques semaines, un peu méconnu du grand public, un livre fut édité par Tienchi Martin-Liao et Liu Xia, « Liu Xiaobo – Ich habe keine Feinde, ich kenne keinen Hass. Ausgewählten Schriften und Gedichte. »  Je ne crois pas que ce livre trouvera un grand public.  Autre livre qui ne trouva jamais un grand public, mais qui certainement mériterait une lecture approfondie, est « la Montagne de l’âme» de Gao Xingjian (Prix nobel de littérature 2000). Je viens de le retrouver dans mon étagère à livres.  Dans cette version du livre, avec un paysage de Gao Xingjian en encre de chine en couverture, une préface  de Noel Dutrait  nous trouvons en fin de cette préface une petite notice : « Le texte français de la Montagne de l’Âme a été relu par l’auteur  et un fécond travail  sur la langue a pu s’engager avec les traducteurs.  Déjà publié en suédois, le roman doit prochainement paraitre en anglais et en Allemand ».

Nous sommes, pour les langues que nous ne maitrisons pas  ou pas assez, dépendants  de la traduction littéraire.  Dans le cas de  « la Montagne de l’âme » nous avons la chance que l’auteur ait relu la traduction française avant la publication de l’œuvre.  Malheureusement nous n’avons pas toujours droit à de telles circonstances. Comme l’écrit Helen Vendler – nous devons faire confiance au traducteur.  Pour les traductions allemandes de Tanströmer surtout à Hanns Grössel, pour les traductions françaises je crois surtout à Jacques Outin. Je ne crois pas que l’œuvre de Tranströmer deviendra un bestseller, mais je ne pense pas, qu’un Nobel, un Goncourt, ou un deutscher Buchpreis ait  la fonction de produire des « bestsellers »,  même si les maisons d’éditions aimeraient bien qu’un prix littéraire transforme l’œuvre d’un écrivain en bestseller.  « Tauben fliegen auf » le roman de Melinda Nadj Abonji  qui fut récompensé  par le deutsche Buchpreis 2010, ne fut pas un Bestseller – est cela a provoqué beaucoup d’agitation dans le milieu d’édition allemand.  Peut être le lauréat 2011 du Deutsche Buchpreis, le roman « In Zeiten des abnehmenden Lichts»» de Eugen Ruge trouvera plus de lecteurs  que «Tauben fliegen auf ».

Un prix littéraire, que se soit le Nobel, le deutsche Buchpreis, le Goncourt, le Joseph-Breitbach Preis ou un simple prix de poésie régional  doit surtout inciter le lecteur curieux à découvrir un nouveau paysage littéraire.  C’est en ce sens que vais surement lire une des œuvres de Tranströmer, pour découvrir un nouveau paysages poétique. Peut être aussi « Tauben fliegen auf » de Melinda Nadj Abonji , si le livre sort en version poche , car je manque cruellement de place pour ranger mes livres. Comme je l’avais fait il a y quelques années avec V.S. Naipaul, lauréat du Nobel de littérature 2001, – en lisant « a House for Mr. Biswas » dans la traduction allemande de Karin Graf « Ein Haus für Mr. Biswas » – roman dans lequel  je  découvris un paysage littéraire  totalement inconnu.

Sources citées :

Ericson, HC (2011): Tradarbeten – Flechtwerk (Übersetzung ins Deutsche Julia Baum). Stockholm, Carlson Bokförlag, ISBN 978-91-7331-4527

Martin-Liao, Tienchi ; Xia, Liu (Eds) (2011): Liu Xiaobo. Ich habe keine Feinde, ich kenne keinen Hass. Ausgewählte Schriften und Gedichte. Aus dem Chinesischen von Karin Betz und Hans Peter Hoffmann. Mit einem Vorwort von Václav Havel.  S. Fischer Verlag Frankfurt, ISBN 978-3-10-092591-6

Naipaul, V.S. (2001) : Ein Haus für Mr. Biswas. Deutsch von Karin Graf.  Ungekürzte Ausgabe.  2 Auflage Dezember 2001.  Titel der englischen Original Ausgabe « A House for Mr. Biswas ©V.S. Naipaul), München,  Deutscher Taschenbuchverlag, ISBN 3-423-12020-7

Xingjian, Gao (2000): Le Montagne de l‘âme. Traduit du chinois par Noel et Liliane Dutrait.  Titre original « Lingshan ». Paris, Éditions de l’Aube (© Gao Xingjian , © éditions de l’Aube 1995 & 2000 pour la traduction française.), ISBN 2-87678-526-9

Christophe Neff, le 11.10.2011

09 octobre 1981 – 09 octobre 2011

Il y a trente ans, le 09. Octobre  1981 la loi abolissant la peine de mort en France fut promulguée. Ce fut un grand jour pour les droits de l’homme en France.  Le fameux discours du 17. Septembre 1981  de Robert Badinter devant l’assemblé nationale reste gravé comme un des grands moments de l’histoire de France.

« Demain, grâce à vous la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées.  A cet instant plus qu’à aucun autre, j’ai le sentiment d’assumer mon ministère, au sens ancien, au sens noble, le plus noble qui soit, c’est-à-dire au sens de „service“. Demain, vous voterez l’abolition de la peine de mort. Législateur français, de tout mon cœur, je vous en remercie.» (Voire la vidéo du discours de Robert Badinter à l’assemble nationale ).

Je ne sais pas si les décideurs du P.S. en choisissant la date du 9. Octobre 2011 pour les « primaires » ont eu conscience de la porte historique de la date choisi.  Il me semble aussi important de rappeler le courage politique de François Mitterrand, qui en pleine campagne présidentielle 1981 a eu le courage d’assumer au plus fort sa conviction d’abolir la peine de mort  – sachant bien qu’une grande majorité de français était contre l’abolition de la peine capitale.  Ce fut le 16 mars 1981 dans l’émission « Carte sur Table » sur A 2 face à Alain Duhamel et Jean – Pierre Elkabbach. Ce geste montre le courage politique de François Mitterrand, courage politique que de nos jours, ou les « politiques » restent trop souvent « prisonniers des sondages », semble se volatiliser de plus en plus.

Pour finir ce petit billet, il semble aussi important de rappeler que Jacques Chirac et Philippe Seguin furent un des rares députes de l’opposition qui votèrent pour l’abolition de la peine de mort en 1981. D’ailleurs dans son dernier livre, Serge Moati consacra quelque lignes au vote de Philippe Seguin « A l’assemble nationale, un jeune députe des Vosges avait voté, contre son camp l’abolition. C’était Philippe Seguin. Je le connaissais très bien, on était « pays » (la Tunisie), et je l’aimerais ce frère, jusque a sa mort. »

Sources citées :

Moati, Serge (2011): 30 ans après.  Paris, Editions du Seuil, ISBN 978-2-02-098819-3.

Christophe Neff, le 9.10.2011

Blognotice 5.10.2011 – neiges automnales & prochain lauréat du Prix Nobel de littérature

Finies  les belles journées de fin d’été – l’automne n’est plus loin, pour jeudi le 6. Octobre 2011 on nous annonce de la neige à partir de 1200 mètres sur les sommets des Vosges et de la Forêt Noire.  Le jeudi  6. Octobre on nous annoncera aussi le prochain lauréat du Prix  Nobel de littérature.  En fait je n’ai aucune idée de qui pourrait se voir  attribuer le prix. Normalement un ou deux jours avant l’annonce on trouve quelques renseignements sur la RDL. Mais cette année au moment où j’écris ces lignes,  aucune annonce dans la RDL.  Un de meilleurs romans que j’aie lu durant ces dernières années, fut le roman Melnitz de Charles Lewinsky. Mais Charles Lewinsky ne figure sur aucune liste de potentiels lauréats du  Nobel de littérature. Chez Ladbrokes c’est Adonis qui figure actuellement en tête.  Mais M.A. Orthofer dans le Literary Saloon ne veut pas trop y croire, – ses favoris sont Ibrahim al-Koni et Ngũgĩ wa Thiong’o.  Le guardian nous présente Assia Djebar. En fait je n’ai aucune idée  mais une attribution du prix  Nobel de littérature à Adonis aurait au moins le charme de guider un peu plus l’opinion publique sur ce qui ce passe actuellement en Syrie.  Au début de l’été 2011, en signe de solidarité silencieuse aves le mouvement d’opposition je me suis mis à lire  « Mémoire du  vent » d’Adonis. Je sais bien que cela ne sert pas à grand-chose.  En fait cela ne sert à rien du tout,  le sang des innocents coule dans les villes syriennes, seul le vent emporte les cris des victimes du régime de  Bachar el-Assad  et j’ai l’impression que les massacres continueront encore longtemps. Au fait qui parle encore du printemps arabe ? Il y aura des élections en Tunisie le 23. Octobre 2011, mais on n’en parle guère dans la presse francophone.  Il semble que Ennahda puisse remporter les élections du 23.10.2011, – très belle analyse de Joshua Hammer dans la New York Review of Books – sur ce sujet.  Mais tout cela n’a rien à voir avec  l’annonce du lauréat du Nobel de Littérature 2011, mais on pourrait au moins espérer  autant d’attention médiatique pour les prochaines élections tunisiennes ou pour la tragédie que se passe en Syrie que pour l’annonce du lauréat du Nobel de Littérature 2011. Un lauréat du Maghreb, du Proche – Orient pourrait au moins porter  une lame d’espérance pour ce qui fut ce printemps , le début démocratique arabe.  Nefflinger tu rêves les yeux ouverts!

Pour finir : ma prévision personnelle  pour le Nobel de littérature 2011, ce ne sera ni Charles Lewinsky ni Serge Moati, mes trois – quatre favoris sont Assia Djebar, Adonis, Ibrahim al-Koni et Ngũgĩ wa Thiong’o.

Jeudi après midi – si les prévisions météo d’aujourd’hui ne se trompent pas trop, nous retrouvons la neige sur les sommets des Vosges et de la Forêt Noire et nous connaîtrons le lauréat du Nobel de Littérature 2011.

Christophe Neff, le 5.10.2011

Blognotice 1.10.2011

Jeudi 29.9.2011 le Bundestag a voté le plan de sauvetage de l’euro, la Kanzlermehrheit est au rendez-vous et depuis, Madame Merkel pourra un peu reprendre son souffle,  le lendemain Pierre Assouline se permet de faire l’éloge de wikipedia « N’est pas Karl Kraus qui veut (pour une fois, la notice Wikipédia est excellente) »  ce qui a aussi quelque chose d’ historique , de en plus le billet fait découvrir une nouvelle expression – archéo-postsoixantehuitard– eine echte Wortkreation! Un véritable néologisme. Après une longue pause, Au jour le jour nous présente un billet automnale et nous témoigne une fois de plus à  quel point l’auteure, ancienne grande dame de la Socialdemokratie du Südweststaat, désespère une fois de plus des baronnies locales, des grands et petits chefs du P.S. français. Elle devrait peut être lire « 30 ans après »  de Serge Moati. C’est bien écrit, cela fait revivre de bons souvenirs, et cela peut donner du courage pour affronter l’épreuve des présidentielles en 2012.

Pour revenir au  vote du plan de sauvetage de l’Euro au Bundestag, je me suis longtemps interrogé comment j’aurais voté moi – même en ce jour décisif au Bundestag. J’aurais certainement voté pour, comme une grande majorité de la SPD et des Verts, mais avec le cœur lourd, même très lourd, car le traitement que ce plan envisage pour  les pays en difficulté est à mes yeux une politique digne de la politique économique du gouvernement Brüning qui mena l’Allemagne au désastre politique connu.  Aux  Etats Unis durant ces temps mouvementés et pleins de désespérance socio-économique, Franklin Delano Roosevelt commença sa politique du New Deal et sortit les Etats Unis grandis de cette rude épreuve, pendant que l’Allemagne s’enfonça dans un des plus sombres chapitres de son histoire.  Parfois tout cela me rappelle du déjà vu  et je reviens à une lecture  qui m’avait très impressionne durant mes études, le fameux livre de Charles Kindleberger « The World in Depression. 1929–1939 » que j’avais lu en traduction allemande « Die Weltwirtschaftskrise ». Ce livre mériterait d’être lu (ou relu) par nos élites politiques. Le capitalisme sans limites, qui parfois me semble être digne d’un « Freibeuterkapitalismus », d’un capitalisme flibustier, comporte tous les ingrédients pour mettre nos sociétés au bord du gouffre.

Je finis cette petite blognotice avec une citation, que j’ai découverte  en lisant « 30 ans » de Serge Moati  « Le véritable ennemi, j’allais dire le seul, parce que tout passe par chez lui, le véritable ennemi si l’on est bien sur le terrain de la rupture initiale, des structures économiques, c’est celui qui tient les clefs… c’est celui qui est installé sur ce terrain là, c’est celui qu’il faut déloger… c’est le Monopole ! terme extensif… pour signifier toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! »  – ce petit bout de phrase est issue du discours d’Epinay de François Mitterrand („QU’ALLONS-NOUS FAIRE DE L’UNITÉ ET SURTOUT, COMMENT ALLONS-NOUS FAIRE ?“ (EPINAY, 13 JUIN 1971))– et ce petit bout de phrase n’a rien perdu de son  actualité ni de sa véracité.

Sources citées :

Moati, Serge (2011) : 30 ans après.  Paris, Editions du Seuil, ISBN 978-2-02-098819-3.

Christophe Neff, le 1.10.2011

Blognotice 25.9.2011

L’automne astronomique a débuté avec un splendide temps de fin d’été sur l’Unterhaardt.  Les vendanges se poursuivent dans les vignobles de l’Unterhaardt, la campagne de betteraves sucrières tourne à plein régime et sur la petite ligne de chemins de fer reliant Grünstadt à Neuoffstein, la untere Eistalbahn, le trafic des trains de sucres a repris. C’est Wincanton rail qui  assure ce service de proximité et qui fait vivre cette petite ligne de chemin de fer, car la deutsche Bahn, plus exactement DB Schenker Rail n’est pas très intéressée  par ce petit trafic: donc sans Wincanton rail, plus de trafic sur la untere Eistalbahn.  Ce sont ces  Opérateurs ferroviaires de proximité qui, en Allemagne, assurent la survie de beaucoup de petites lignes de chemin de fer, ce concept n’est pas encore très connu en France   et les petite lignes de chemin de fer disparaissent de plus en plus et cela va empirer : je cite le dossier « la fermeture des lignes aux marchandises » dans la Vie du Rail 3325/26 de Dominique Paris et al. (2011) « Des 5000 km de lignes SV qui subsistent actuellement, RFF estime pouvoir en sauver 10%. Il s’agit naturellement des seules lignes qui recèlent un fort potentiel de trafic actuel mais aussi futur. »  Donc 90 % des lignes sans trafic voyageurs vont  disparaitre dans les prochaines années en France. La France fête ses 30 ans de TGV, mais elle met à la casse en même temps son patrimoine ferroviaire.  Cependant il y a de très rares exemples où le trafic ferroviaire de proximité peut aussi fonctionner en France, comme c’est le cas pour le  Train du Pays Cathare et du Fenouillèdes (TPCF)    qui assure le trafic marchandise entre Rivesaltes et Axat sur l’ancienne Ligne Sncf Carcassonne – Rivesaltes.

Qui va enfin stopper cette spirale infernale du déclin du patrimoine ferroviaire français ? Cela mériterait aussi le débat lors des prochaines élections présidentielles !

Photo : © J.J. Neff  Train de marchandise partant vers la sucrerie de Neuoffstein   assuré par une 202 (Ex DBAG) de la Wincanton rail

Sources citées :

Paris, Dominique ; Étaix, Stéphane (2011) : La fermeture des lignes aux marchandises. La Vie du Rail N. 3325 + 3326.

Christophe Neff 25.9.2011

Blognotice 22.9.2011: – les pirates à Berlin

Dimanche dernier Berlin votait son Abgeordnetenhaus, – Klaus Wowereit sort vainqueur – même si il perd des voix,  la FDP est le grand perdant de ce dimanche électoral, -et à la grande surprise de tous «  les pirates »  le Landesverband Berlin der Piratenpartei Deutschlands avec comme tête de file Andreas Baum fut élu avec 8,9% des voix au Abgeordnetenhaus de Berlin. La surprise fut si grande que la wikipedia allemande mit presque deux heures à éditer un article sur le chef de file des pirates à Berlin Andreas Baum. En fait l’Allemagne découvre une nouvelle formation politique sur laquelle on ne sait pas grand-chose – jung, männlich, engagiert écrit le SPON (jeune, masculin, engagé). En fait parmi les élus, un trouve une seule femmeSusanne Graf – qui grâce à cela (femme, la benjamine de la liste)  a eu droit à un interview sur le SPON. En plus les pères ou mères de familles sont rarissimes, on en trouve un seul, Pavel Mayer sur cette liste de 15 élus.

Sur les objectifs politiques on n’en sait guère trop, – liberté sur internet, transports en commun gratuits à Berlin etc. et la publication d’un blog « Piratenfraktion Berlin » d’après le SPON, mais jusqu’à présent on ne trouve guère de contenu sur ce blog. Pour vraiment cerner le contenu politique de ce nouveau parti  il est intéressant de lire l’article de la Süddeutsche Zeitung sur Andreas Baum , nous y lisons qu’Andreas Baum se caractérise comme libéral (den Idealen des Liberalismus verpflichtet). Donc une sorte de libéral de gauche. Il y avait une fois, voilà presque quarante ans, un parti social-libéral en Allemagne – il s’appelait FDP – et son Ministre des affaires étrangères Walter Scheel était avec Willy Brandt un des architectes de la Entspannungspolitik, ce Walter Scheel qui signa avec Willy Brandt le traité de Varsovie. L’icône de cette FDP social-libérale fut certainement Gerhart Baum. Quel changement – la FDP de nos jours menait une campagne électorale populiste anti – euro à Berlin – le résultat fut une catastrophe , 1,8% des voix , mais cela montre bien à quel point la FDP a changé depuis le temps de Walter Scheel et de Gerhart Baum. Je ne sais pas si les pirates sont vraiment un parti social-libéral, peut être que l’interview de Andreas Baum dans la Süddeutsche reflétait seulement ses opinions personnelles. Mais si les pirates savent s’affranchir de leurs bases électorales assez étroites (jeunes, masculines, engagées – voire l’article de Lisa Erdmann dans le SPON) et remplir le vide d’un social-libéralisme manquant en Allemagne, ils pourront peut être devenir une force politique non-négligeable. Peut – être  oui  ou peut être non et dans 4 ans on ne se souviendra même plus de ce que fut le mouvement des Pirates. Néanmoins: 8,9 % de voix pour l’élection du 17ème Abgeordnetenhaus de Berlin est indiscutablement un succès assez remarquable !

Christophe Neff, le 22.9.2011

Blognotice 16.09.2011

Belles journées de fin d’été (Spätsommer) dans l’Unterhaardt. Les vendanges battent à plein, – les vendangeuses sillonnent les vignes de la Unterhaardt. Les vendangeuses – ces grandes machines  – véritables araignées sur roues – qui récoltent les raisins de vignobles deviennent de plus en plus un élément du paysage des vendages de l’Unterhaardt entre Bad Dürkheim et Grünstadt. La campagne de betteraves sucrières vient aussi de commencer, – la sucrerie de Neu-Offstein tourne à plein régime et bientôt le traffic des trains de sucres sur la untere Eistalbahn va recommencer et redonner un peu de vie à cette petite ligne de chemin de fer. Mais l’automne est proche – les prévisions métrologiques nous promettent les premiers pluies d’automnes et un net refroidissement pour les jours suivants. Finissons ce petit billet avec une prévision culturel, – hier Edgar Reitz a annoncé que si le land de Rheinland-Pfalz voudrait bien lui boucler le financement pour un nouveaux film de la triologie  Heimat  – qui deviendrait  tétralogie avec « die andere HeimatHeimat 4 – Die Auswanderer » , en fait il manque encore 800.000 Euro ( à peu près 10% du financement nécessaire) il allait bientôt commencer avec le tournage de ce film qui jouera comme les autres filmes de « Heimat » à Schabbach dans le Hunsrück. En attendant die « andere Heimat » de Edgar Reitz regardons les rythmes des saisons changer les couleurs des paysages de la Unterhaardt et du Leiningerland. Bientôt l’automne baignera les vignes dans des couleurs jaunes- dorées, – et plus tard peut être les premiers flocons de neiges annonceront l’arrive de l’hiver.

Christophe Neff 16.09.2011

Blognotice 29.8.2011

En écrivant mon dernier billet sur les 100 premiers jours du gouvernement Kretschmann, j’ai découvert le blog franco-allemand bilingue 3 Rives Ufer. C’est en cherchant une vue française sur le début du gouvernement Kretschmann que je suis tombé sur le billet « Le vert-rouge plaît au Baden-Württemberg » et c’est ainsi que j’ai découvert ce 3 Rives Ufer  qui se nomme aussi erste Deutsch-Französische Internet Zeitung  et semble avoir pour objectif d’informer en bilingue franco-allemand sur les événements au long du Rhin entre Bâle, Colmar, Freiburg, Offenburg et Strasbourg. C’est assez sympathique et depuis je lis assez régulièrement 3 Rives Ufer. Notons d’après mes recherches que 3 Rives Ufer était le seul media francophone avec un reportage sur les 100 premiers jours du gouvernement Kretschmann, maintenant il y a mon propre billet  mais ceci me semble être vraiment assez maigre vu l’importance historique du changement de gouvernement au Baden-Württemberg. On a bien l’impression que de l’autre côté du Rhin on n’a pas encore bien réalisé la dimension de ce changement politique à Stuttgart.

Pour finir, après le nouveau gouvernement Kretschmann ce fut le tour du nouveau gouvernement rouge-vert Beck à Mayence de franchir la barre symbolique de 100 premiers jours! Mais comparé à l’image positive des premiers pas du gouvernement Kretschmann que les medias allemands régionaux nous proposent actuellement, les choses ne se passent si bien pour le gouvernement Beck. Même si on ne peut pas parler de véritable « Fehlstart » (départ manqué) les medias ici dans la Pfalz sont assez critiques avec le nouveau gouvernement Beck, avis que je partage aussi, mais cela mériterait une analyse approfondie et sûrement un billet spécial du blog paysages!

Christophe Neff 29.8.2011

Les 100 premiers jours du gouvernement vert – rouge Kretschmann à Stuttgart (20.8.2011)

Le gouvernement Kretschmann vient de passer la barre des ses premiers 100 jours de gouvernance. Les medias allemands jusqu’à présent sont plutôt favorables à ce premier Gouvernement vert – rouge en Allemagne  et un sondage commandé par la Stuttgarter Zeitung pour les 100 premier jours du gouvernement Kretschmann souligne l’image très positive du gouvernement Kretschmann. D’après ce sondage cette image positive est surtout à l’effet Kretschmann – Winfried Kretschmann est devenu une vrai star de la vie politique allemande.  Même l’initiative pour la double nationalité devant le Bundesrat de la ministre de l’intégration Bilkay Öney, initiative que j’approuve personnellement,  car jusqu’ à présent la double nationalité était un fait exceptionnel et  rarissime en Allemagne,  n’a pas terni l’image positive du gouvernement Kretschmann. On aurait pu croire que dans un Land comme le Baden-Württemberg qui est considéré comme extrêmement conservateur et dans ce contexte on parlait aussi du CDU Staat, une initiative comme celle engagée par Bilkay Öney aurait pu avoir des conséquences négatives dans les sondages, mais il n’en est rien. Ceci montre peut-être a quel point les résultats des dernières élections ne furent pas seulement dûs au Fall – Out politique de Fukushima  mais aussi aux fissures qui gangrenaient de plus en plus le CDU-Staat. Après 60 ans de pouvoir la CDU avait de plus en plus perdu le contact avec ses électeurs plus que le fameux débat sur Stuttgart 21, la décision de fermer l’Hôpital de Schramberg (Fermeture du Kreiskrankenhaus Schramberg – j’en parlais ici dans les posts 1, 2 ,3, 4, 5, 6, 7, 8, 9)  montre à quel point le fameux CDU Staat sous le gouvernement Mappus avait pris de sérieuses fissures ;  les prédécesseurs  de Mappus auraient tout fait pour   éviter la fermeture d’un hôpital dans les fiefs ruraux de la CDU, ou auraient au moins essayer de compenser une telle fermeture par la création d’une Fachhochschule ou d’un autre établissement publique.

La décision de fermer l’Hôpital de Schramberg est seulement un exemple, mais il montre très bien que sous le gouvernement Mappus le CDU Staat avait atteint ses limites. L’ancien député de la FDP Dieter Kleinmann qui fut un de protagoniste de la fermeture de l’Hôpital de Schramberg paya cher son combat pour la fermeture de l’Hôpital de Schramberg, il ne fut plus réélu au Landtag aux élections régionales du 27 mars 2011. En tout FDP et CDU avaient perdu plus que 10 % de voix  résultats d’un pouvoir trop sûr de lui et qui s’était éloigné de ses propres bases électorales. Ce fut la fin du CDU Staat. En fait, à part l’initiative Bilkay Öney pour l’établissement de la double-nationalité – le gouvernement Kretschmann n’a jusqu’à présent pas encore pris de grandes initiatives législatives. Mais c’est à l’intérieur du pouvoir exécutif, là où le CDU Staat se manifestait le plus  dans les postes clefs de la haute fonction publique, les vrais changements politiques se font sentir de plus en plus. Le départ de Zinelli le rouge, Herbert Zinell, – l’ancien maire SPD de Schramberg vers Stuttgart pour devenir Ministerialdirektor au Ministère de l’intérieur  donc Amtschef , le plus haut fonctionnaire du  Ministère de l’intérieur qui est dirigé par Reinhold Gall  est plus qu’ un symbole. C’est ici chez les hauts fonctionnaires que le changement politique à Stuttgart se fait réellement sentir, car c’est le fin rouage entre la Ministerialbürokratie et la CDU qui à condition de savoir jouer habilement sur se clavier  était crucial, ce qui ne fut pas le cas pour le malheureux Stefan Mappus  – le garant du succès politique du CDU Staat.  Chaque jour que le gouvernement Kretschmann réussit à gouverner, à survivre politiquement (car il ne faut pas être dupe, l’épée de Damoclès pour le gouvernement Kretschmann – reste la fameuse question de Stuttgart 21) les structures du CDU Staat solidement ancrées dans  les 60 ans de gouvernement CDU vont peu à peu disparaitre. Les bons sondages et la bonne image médiatique des premiers 100 jours du gouvernement Kretschmann  ne doivent pas faire oublier  que Stuttgart 21 est devenu un défi quasiment insurmontable les verts sont contre , l’actuel ministre des Transports et des Infrastructures Winfried Hermann est un farouche opposant du projet Stuttgart 21  et la SPD est pour le projet Stuttgart 21. Je ne vois pas comment Winfried Kretschmann pourra combler le fossé profond qui sépare les Verts et la SPD dans la question du projet Stuttgart 21. Stuttgart 21 est le Talon d’Achille du premier gouvernement vert – rouge en Allemagne ! Actuellement aucune issue politique à ce problème clef ne semble être en vue.

Pour finir ce billet, pour tous ceux qui lisent l’allemand  et qui s’intéressent de plus près au phénomène Winfried Kretschmann , je suggère de lire la biographie « Winfried Kretschmann. Das Portrait» écrite par les époux Henkel.

Source :

Henkel, Peter; Henkel-Waidhofer, Johanna (2011) : Winfried Kretschmann. Das Portrai.     ISBN 978-3-451-33255-5 (Herder), Freiburg 2011.

Christophe Neff 20.8.2011

Blognotice 17.8.2011

Le dernier week-end fut un week-end de commémoration en Allemagne. Il y a cinquante ans, le 13.8.1961 le mur de Berlin, – die Berliner Mauer – fut construit. Les medias allemands étaient pleins d’articles, d’émissions de commémorations,  –  postings de blogs de souvenirs etc.  Ceci pour la version officielle , mais j’ai bien eu l’impression que tous ces « événements  de souvenirs» , pour une grande partie de la population n’ont plus une très grande importance ; au moins pour les jeunes générations, pour eux le Mur de Berlin «  die deutsche Teilung » c’était le Monde de leur parents, de leurs grand parents  et tout cela est pour eux très loin du « Alltag » du quotidien contemporain.  J’appartiens à une génération, ( même si je n’ai pas vécu le Mauerbau, car je suis ne en 1964) qui a toujours vécu avec l’omniprésence du mur  – die Mauer im Kopf – jusqu’ à la chute du mur en novembre  1989. En automne 1989 quelques semaines avant la chute du mur de Berlin  j’absolvais mon stage d’élève d’officier de réserve à la Offiziersschule des Heeres à Hanovre  et durant ce stage nous avons fait un sortie de reconnaissance du rideau de fer : armés de jumelles nous étions censés reconnaitre les grades et les unités des Grenztruppen en service quelque  part  dans le secteur entre Wolfsburg et Goslar.  Quelques semaines plus tard, le 11 novembre 1989 ce fut la chute du mur de Berlin et  l’ Allemagne trouva enfin la paix après 136 morts les « Maueropfer » dont Ida Siekmann, Heinz_Sokolowski, Peter FechterChris Gueffroy et 132 autres (voir Liste der Todesopfer an der Berliner Mauer ).

Une chose que je trouvais assez stupéfiante durant ce week-end de commémoration du « Mauerbau » – on ne parla guère du fameux discours de Willy Brandt devant les Berliner Abgeordneten du 13.8.1961 , j’ai trouvé une petite citation dans l’article « 50 ans après, l’Allemagne se souvient du „Mur de la Honte“ » de Frédéric Lemaître,  – «Cinquante ans après, les dirigeants de l’Allemagne réunifiée ont tenu à commémorer „ce jour fatal de l’histoire allemande“, selon l’expression du président de la République, Christian Wulff. Devant environ 500 invités dont la chancelière Angela Merkel et une foule de plusieurs centaines de personnes, le président a rendu hommage aux 136 victimes décédées lorsqu’elles tentaient de franchir le Mur. Un nombre sans doute inférieur à la réalité. „Nul ne connaît le nombre exact“ a rappelé le président. Évidemment, celui-ci s’est également félicité que „la liberté soit invincible“ et que le Mur soit tombé le 9 novembre 1989. Voulant, comme sa fonction l’exige, se tenir au-dessus des partis, Christian Wulff, membre de la CDU, a aussi salué Willy Brandt, maire social-démocrate de Berlin en 1961 qui, dès le 13 août, a déclaré que „les hommes ne peuvent être tenus durablement en esclavage“ »  mais dans les medias allemands je n’ai pas trouvé  grand chose.  Le Bundespräsident Christian Wulf dans son discours de commémoration l’avait bien cité « Willy Brandt hatte es bereits am Abend des 13. August 1961 den Bürgern in der DDR und in Ostberlin zugerufen: „Noch niemals konnten Menschen auf die Dauer in der Sklaverei gehalten werden.“ – comme l’écrit Lemaitre  dans « 50 ans après, l’Allemagne se souvient du „Mur de la Honte“»  mais la retombée médiatique en Allemagne ne fut presque pas audible.

Discours de Willy Brandt qui mérite encore de nos jours d’être lu et relu – car on y trouve des phrases qui n’on rien perdu de leurs actualité « Lassen Sie sich nicht fortreißen, so stark und berechtigt die Erbitterung auch sein mag. Ergeben Sie sich nicht der Verzweiflung. Noch ist nicht aller Tage Abend. Die Mächte der Finsternis werden nicht siegen. Noch niemals konnten Menschen auf die Dauer in der Sklaverei gehalten werden.  (Ne vous laissez pas arracher par l’amertume, – même si celle ci semble insupportable et justifie. Ne vous laissez par emporter par le désespoir.  Ce n’est pas la fin du Monde.  La tyrannie des ténèbres ne va pas triompher. Les hommes ne peuvent être tenus éternellement en esclavage (trad. C.Neff))». Ces mots que Willy Brandt exprima lors de la construction du mur de la honte à Berlin, – n’ont rien perdu de leur pertinence – il suffit simplement de porter le regard vers la Corée du Nord, l’Iran, la Syrie  – pour en citer quelques uns de ces états où la liberté d’opinion est quasiment inexistante – et l’homme souvent réduit à l’esclavage.

Source :

Brandt, Willy (1961): Erklärung des Regierenden Bürgermeisters von Berlin, Willy Brandt, vor dem Berliner Abgeordnetenhaus am 13. August 1961. Pressedienst des Landes Berlin, Nr. 173 vom 13. August 1961, S. 3-8. Abgedruckt in  Siegfried Heimann (Bearb.): Berlin bleibt frei. Politik in und für Berlin 1947- 1966 (Willy Brandt – Berliner Ausgabe, Band 3, hrsg. von der Bundeskanzler-Willy-Brandt- Stiftung, Bonn 2004, Dokument Nr. 66). Download/chargeable chez la Bundeskanzler Willy-Brandt Stiftung.

Christophe Neff