Blognotice 25.9.2011

L’automne astronomique a débuté avec un splendide temps de fin d’été sur l’Unterhaardt.  Les vendanges se poursuivent dans les vignobles de l’Unterhaardt, la campagne de betteraves sucrières tourne à plein régime et sur la petite ligne de chemins de fer reliant Grünstadt à Neuoffstein, la untere Eistalbahn, le trafic des trains de sucres a repris. C’est Wincanton rail qui  assure ce service de proximité et qui fait vivre cette petite ligne de chemin de fer, car la deutsche Bahn, plus exactement DB Schenker Rail n’est pas très intéressée  par ce petit trafic: donc sans Wincanton rail, plus de trafic sur la untere Eistalbahn.  Ce sont ces  Opérateurs ferroviaires de proximité qui, en Allemagne, assurent la survie de beaucoup de petites lignes de chemin de fer, ce concept n’est pas encore très connu en France   et les petite lignes de chemin de fer disparaissent de plus en plus et cela va empirer : je cite le dossier « la fermeture des lignes aux marchandises » dans la Vie du Rail 3325/26 de Dominique Paris et al. (2011) « Des 5000 km de lignes SV qui subsistent actuellement, RFF estime pouvoir en sauver 10%. Il s’agit naturellement des seules lignes qui recèlent un fort potentiel de trafic actuel mais aussi futur. »  Donc 90 % des lignes sans trafic voyageurs vont  disparaitre dans les prochaines années en France. La France fête ses 30 ans de TGV, mais elle met à la casse en même temps son patrimoine ferroviaire.  Cependant il y a de très rares exemples où le trafic ferroviaire de proximité peut aussi fonctionner en France, comme c’est le cas pour le  Train du Pays Cathare et du Fenouillèdes (TPCF)    qui assure le trafic marchandise entre Rivesaltes et Axat sur l’ancienne Ligne Sncf Carcassonne – Rivesaltes.

Qui va enfin stopper cette spirale infernale du déclin du patrimoine ferroviaire français ? Cela mériterait aussi le débat lors des prochaines élections présidentielles !

Photo : © J.J. Neff  Train de marchandise partant vers la sucrerie de Neuoffstein   assuré par une 202 (Ex DBAG) de la Wincanton rail

Sources citées :

Paris, Dominique ; Étaix, Stéphane (2011) : La fermeture des lignes aux marchandises. La Vie du Rail N. 3325 + 3326.

Christophe Neff 25.9.2011

Blognotice 22.9.2011: – les pirates à Berlin

Dimanche dernier Berlin votait son Abgeordnetenhaus, – Klaus Wowereit sort vainqueur – même si il perd des voix,  la FDP est le grand perdant de ce dimanche électoral, -et à la grande surprise de tous «  les pirates »  le Landesverband Berlin der Piratenpartei Deutschlands avec comme tête de file Andreas Baum fut élu avec 8,9% des voix au Abgeordnetenhaus de Berlin. La surprise fut si grande que la wikipedia allemande mit presque deux heures à éditer un article sur le chef de file des pirates à Berlin Andreas Baum. En fait l’Allemagne découvre une nouvelle formation politique sur laquelle on ne sait pas grand-chose – jung, männlich, engagiert écrit le SPON (jeune, masculin, engagé). En fait parmi les élus, un trouve une seule femmeSusanne Graf – qui grâce à cela (femme, la benjamine de la liste)  a eu droit à un interview sur le SPON. En plus les pères ou mères de familles sont rarissimes, on en trouve un seul, Pavel Mayer sur cette liste de 15 élus.

Sur les objectifs politiques on n’en sait guère trop, – liberté sur internet, transports en commun gratuits à Berlin etc. et la publication d’un blog « Piratenfraktion Berlin » d’après le SPON, mais jusqu’à présent on ne trouve guère de contenu sur ce blog. Pour vraiment cerner le contenu politique de ce nouveau parti  il est intéressant de lire l’article de la Süddeutsche Zeitung sur Andreas Baum , nous y lisons qu’Andreas Baum se caractérise comme libéral (den Idealen des Liberalismus verpflichtet). Donc une sorte de libéral de gauche. Il y avait une fois, voilà presque quarante ans, un parti social-libéral en Allemagne – il s’appelait FDP – et son Ministre des affaires étrangères Walter Scheel était avec Willy Brandt un des architectes de la Entspannungspolitik, ce Walter Scheel qui signa avec Willy Brandt le traité de Varsovie. L’icône de cette FDP social-libérale fut certainement Gerhart Baum. Quel changement – la FDP de nos jours menait une campagne électorale populiste anti – euro à Berlin – le résultat fut une catastrophe , 1,8% des voix , mais cela montre bien à quel point la FDP a changé depuis le temps de Walter Scheel et de Gerhart Baum. Je ne sais pas si les pirates sont vraiment un parti social-libéral, peut être que l’interview de Andreas Baum dans la Süddeutsche reflétait seulement ses opinions personnelles. Mais si les pirates savent s’affranchir de leurs bases électorales assez étroites (jeunes, masculines, engagées – voire l’article de Lisa Erdmann dans le SPON) et remplir le vide d’un social-libéralisme manquant en Allemagne, ils pourront peut être devenir une force politique non-négligeable. Peut – être  oui  ou peut être non et dans 4 ans on ne se souviendra même plus de ce que fut le mouvement des Pirates. Néanmoins: 8,9 % de voix pour l’élection du 17ème Abgeordnetenhaus de Berlin est indiscutablement un succès assez remarquable !

Christophe Neff, le 22.9.2011

Blognotice 16.09.2011

Belles journées de fin d’été (Spätsommer) dans l’Unterhaardt. Les vendanges battent à plein, – les vendangeuses sillonnent les vignes de la Unterhaardt. Les vendangeuses – ces grandes machines  – véritables araignées sur roues – qui récoltent les raisins de vignobles deviennent de plus en plus un élément du paysage des vendages de l’Unterhaardt entre Bad Dürkheim et Grünstadt. La campagne de betteraves sucrières vient aussi de commencer, – la sucrerie de Neu-Offstein tourne à plein régime et bientôt le traffic des trains de sucres sur la untere Eistalbahn va recommencer et redonner un peu de vie à cette petite ligne de chemin de fer. Mais l’automne est proche – les prévisions métrologiques nous promettent les premiers pluies d’automnes et un net refroidissement pour les jours suivants. Finissons ce petit billet avec une prévision culturel, – hier Edgar Reitz a annoncé que si le land de Rheinland-Pfalz voudrait bien lui boucler le financement pour un nouveaux film de la triologie  Heimat  – qui deviendrait  tétralogie avec « die andere HeimatHeimat 4 – Die Auswanderer » , en fait il manque encore 800.000 Euro ( à peu près 10% du financement nécessaire) il allait bientôt commencer avec le tournage de ce film qui jouera comme les autres filmes de « Heimat » à Schabbach dans le Hunsrück. En attendant die « andere Heimat » de Edgar Reitz regardons les rythmes des saisons changer les couleurs des paysages de la Unterhaardt et du Leiningerland. Bientôt l’automne baignera les vignes dans des couleurs jaunes- dorées, – et plus tard peut être les premiers flocons de neiges annonceront l’arrive de l’hiver.

Christophe Neff 16.09.2011

Blognotice 29.8.2011

En écrivant mon dernier billet sur les 100 premiers jours du gouvernement Kretschmann, j’ai découvert le blog franco-allemand bilingue 3 Rives Ufer. C’est en cherchant une vue française sur le début du gouvernement Kretschmann que je suis tombé sur le billet « Le vert-rouge plaît au Baden-Württemberg » et c’est ainsi que j’ai découvert ce 3 Rives Ufer  qui se nomme aussi erste Deutsch-Französische Internet Zeitung  et semble avoir pour objectif d’informer en bilingue franco-allemand sur les événements au long du Rhin entre Bâle, Colmar, Freiburg, Offenburg et Strasbourg. C’est assez sympathique et depuis je lis assez régulièrement 3 Rives Ufer. Notons d’après mes recherches que 3 Rives Ufer était le seul media francophone avec un reportage sur les 100 premiers jours du gouvernement Kretschmann, maintenant il y a mon propre billet  mais ceci me semble être vraiment assez maigre vu l’importance historique du changement de gouvernement au Baden-Württemberg. On a bien l’impression que de l’autre côté du Rhin on n’a pas encore bien réalisé la dimension de ce changement politique à Stuttgart.

Pour finir, après le nouveau gouvernement Kretschmann ce fut le tour du nouveau gouvernement rouge-vert Beck à Mayence de franchir la barre symbolique de 100 premiers jours! Mais comparé à l’image positive des premiers pas du gouvernement Kretschmann que les medias allemands régionaux nous proposent actuellement, les choses ne se passent si bien pour le gouvernement Beck. Même si on ne peut pas parler de véritable « Fehlstart » (départ manqué) les medias ici dans la Pfalz sont assez critiques avec le nouveau gouvernement Beck, avis que je partage aussi, mais cela mériterait une analyse approfondie et sûrement un billet spécial du blog paysages!

Christophe Neff 29.8.2011

Les 100 premiers jours du gouvernement vert – rouge Kretschmann à Stuttgart (20.8.2011)

Le gouvernement Kretschmann vient de passer la barre des ses premiers 100 jours de gouvernance. Les medias allemands jusqu’à présent sont plutôt favorables à ce premier Gouvernement vert – rouge en Allemagne  et un sondage commandé par la Stuttgarter Zeitung pour les 100 premier jours du gouvernement Kretschmann souligne l’image très positive du gouvernement Kretschmann. D’après ce sondage cette image positive est surtout à l’effet Kretschmann – Winfried Kretschmann est devenu une vrai star de la vie politique allemande.  Même l’initiative pour la double nationalité devant le Bundesrat de la ministre de l’intégration Bilkay Öney, initiative que j’approuve personnellement,  car jusqu’ à présent la double nationalité était un fait exceptionnel et  rarissime en Allemagne,  n’a pas terni l’image positive du gouvernement Kretschmann. On aurait pu croire que dans un Land comme le Baden-Württemberg qui est considéré comme extrêmement conservateur et dans ce contexte on parlait aussi du CDU Staat, une initiative comme celle engagée par Bilkay Öney aurait pu avoir des conséquences négatives dans les sondages, mais il n’en est rien. Ceci montre peut-être a quel point les résultats des dernières élections ne furent pas seulement dûs au Fall – Out politique de Fukushima  mais aussi aux fissures qui gangrenaient de plus en plus le CDU-Staat. Après 60 ans de pouvoir la CDU avait de plus en plus perdu le contact avec ses électeurs plus que le fameux débat sur Stuttgart 21, la décision de fermer l’Hôpital de Schramberg (Fermeture du Kreiskrankenhaus Schramberg – j’en parlais ici dans les posts 1, 2 ,3, 4, 5, 6, 7, 8, 9)  montre à quel point le fameux CDU Staat sous le gouvernement Mappus avait pris de sérieuses fissures ;  les prédécesseurs  de Mappus auraient tout fait pour   éviter la fermeture d’un hôpital dans les fiefs ruraux de la CDU, ou auraient au moins essayer de compenser une telle fermeture par la création d’une Fachhochschule ou d’un autre établissement publique.

La décision de fermer l’Hôpital de Schramberg est seulement un exemple, mais il montre très bien que sous le gouvernement Mappus le CDU Staat avait atteint ses limites. L’ancien député de la FDP Dieter Kleinmann qui fut un de protagoniste de la fermeture de l’Hôpital de Schramberg paya cher son combat pour la fermeture de l’Hôpital de Schramberg, il ne fut plus réélu au Landtag aux élections régionales du 27 mars 2011. En tout FDP et CDU avaient perdu plus que 10 % de voix  résultats d’un pouvoir trop sûr de lui et qui s’était éloigné de ses propres bases électorales. Ce fut la fin du CDU Staat. En fait, à part l’initiative Bilkay Öney pour l’établissement de la double-nationalité – le gouvernement Kretschmann n’a jusqu’à présent pas encore pris de grandes initiatives législatives. Mais c’est à l’intérieur du pouvoir exécutif, là où le CDU Staat se manifestait le plus  dans les postes clefs de la haute fonction publique, les vrais changements politiques se font sentir de plus en plus. Le départ de Zinelli le rouge, Herbert Zinell, – l’ancien maire SPD de Schramberg vers Stuttgart pour devenir Ministerialdirektor au Ministère de l’intérieur  donc Amtschef , le plus haut fonctionnaire du  Ministère de l’intérieur qui est dirigé par Reinhold Gall  est plus qu’ un symbole. C’est ici chez les hauts fonctionnaires que le changement politique à Stuttgart se fait réellement sentir, car c’est le fin rouage entre la Ministerialbürokratie et la CDU qui à condition de savoir jouer habilement sur se clavier  était crucial, ce qui ne fut pas le cas pour le malheureux Stefan Mappus  – le garant du succès politique du CDU Staat.  Chaque jour que le gouvernement Kretschmann réussit à gouverner, à survivre politiquement (car il ne faut pas être dupe, l’épée de Damoclès pour le gouvernement Kretschmann – reste la fameuse question de Stuttgart 21) les structures du CDU Staat solidement ancrées dans  les 60 ans de gouvernement CDU vont peu à peu disparaitre. Les bons sondages et la bonne image médiatique des premiers 100 jours du gouvernement Kretschmann  ne doivent pas faire oublier  que Stuttgart 21 est devenu un défi quasiment insurmontable les verts sont contre , l’actuel ministre des Transports et des Infrastructures Winfried Hermann est un farouche opposant du projet Stuttgart 21  et la SPD est pour le projet Stuttgart 21. Je ne vois pas comment Winfried Kretschmann pourra combler le fossé profond qui sépare les Verts et la SPD dans la question du projet Stuttgart 21. Stuttgart 21 est le Talon d’Achille du premier gouvernement vert – rouge en Allemagne ! Actuellement aucune issue politique à ce problème clef ne semble être en vue.

Pour finir ce billet, pour tous ceux qui lisent l’allemand  et qui s’intéressent de plus près au phénomène Winfried Kretschmann , je suggère de lire la biographie « Winfried Kretschmann. Das Portrait» écrite par les époux Henkel.

Source :

Henkel, Peter; Henkel-Waidhofer, Johanna (2011) : Winfried Kretschmann. Das Portrai.     ISBN 978-3-451-33255-5 (Herder), Freiburg 2011.

Christophe Neff 20.8.2011

Blognotice 17.8.2011

Le dernier week-end fut un week-end de commémoration en Allemagne. Il y a cinquante ans, le 13.8.1961 le mur de Berlin, – die Berliner Mauer – fut construit. Les medias allemands étaient pleins d’articles, d’émissions de commémorations,  –  postings de blogs de souvenirs etc.  Ceci pour la version officielle , mais j’ai bien eu l’impression que tous ces « événements  de souvenirs» , pour une grande partie de la population n’ont plus une très grande importance ; au moins pour les jeunes générations, pour eux le Mur de Berlin «  die deutsche Teilung » c’était le Monde de leur parents, de leurs grand parents  et tout cela est pour eux très loin du « Alltag » du quotidien contemporain.  J’appartiens à une génération, ( même si je n’ai pas vécu le Mauerbau, car je suis ne en 1964) qui a toujours vécu avec l’omniprésence du mur  – die Mauer im Kopf – jusqu’ à la chute du mur en novembre  1989. En automne 1989 quelques semaines avant la chute du mur de Berlin  j’absolvais mon stage d’élève d’officier de réserve à la Offiziersschule des Heeres à Hanovre  et durant ce stage nous avons fait un sortie de reconnaissance du rideau de fer : armés de jumelles nous étions censés reconnaitre les grades et les unités des Grenztruppen en service quelque  part  dans le secteur entre Wolfsburg et Goslar.  Quelques semaines plus tard, le 11 novembre 1989 ce fut la chute du mur de Berlin et  l’ Allemagne trouva enfin la paix après 136 morts les « Maueropfer » dont Ida Siekmann, Heinz_Sokolowski, Peter FechterChris Gueffroy et 132 autres (voir Liste der Todesopfer an der Berliner Mauer ).

Une chose que je trouvais assez stupéfiante durant ce week-end de commémoration du « Mauerbau » – on ne parla guère du fameux discours de Willy Brandt devant les Berliner Abgeordneten du 13.8.1961 , j’ai trouvé une petite citation dans l’article « 50 ans après, l’Allemagne se souvient du „Mur de la Honte“ » de Frédéric Lemaître,  – «Cinquante ans après, les dirigeants de l’Allemagne réunifiée ont tenu à commémorer „ce jour fatal de l’histoire allemande“, selon l’expression du président de la République, Christian Wulff. Devant environ 500 invités dont la chancelière Angela Merkel et une foule de plusieurs centaines de personnes, le président a rendu hommage aux 136 victimes décédées lorsqu’elles tentaient de franchir le Mur. Un nombre sans doute inférieur à la réalité. „Nul ne connaît le nombre exact“ a rappelé le président. Évidemment, celui-ci s’est également félicité que „la liberté soit invincible“ et que le Mur soit tombé le 9 novembre 1989. Voulant, comme sa fonction l’exige, se tenir au-dessus des partis, Christian Wulff, membre de la CDU, a aussi salué Willy Brandt, maire social-démocrate de Berlin en 1961 qui, dès le 13 août, a déclaré que „les hommes ne peuvent être tenus durablement en esclavage“ »  mais dans les medias allemands je n’ai pas trouvé  grand chose.  Le Bundespräsident Christian Wulf dans son discours de commémoration l’avait bien cité « Willy Brandt hatte es bereits am Abend des 13. August 1961 den Bürgern in der DDR und in Ostberlin zugerufen: „Noch niemals konnten Menschen auf die Dauer in der Sklaverei gehalten werden.“ – comme l’écrit Lemaitre  dans « 50 ans après, l’Allemagne se souvient du „Mur de la Honte“»  mais la retombée médiatique en Allemagne ne fut presque pas audible.

Discours de Willy Brandt qui mérite encore de nos jours d’être lu et relu – car on y trouve des phrases qui n’on rien perdu de leurs actualité « Lassen Sie sich nicht fortreißen, so stark und berechtigt die Erbitterung auch sein mag. Ergeben Sie sich nicht der Verzweiflung. Noch ist nicht aller Tage Abend. Die Mächte der Finsternis werden nicht siegen. Noch niemals konnten Menschen auf die Dauer in der Sklaverei gehalten werden.  (Ne vous laissez pas arracher par l’amertume, – même si celle ci semble insupportable et justifie. Ne vous laissez par emporter par le désespoir.  Ce n’est pas la fin du Monde.  La tyrannie des ténèbres ne va pas triompher. Les hommes ne peuvent être tenus éternellement en esclavage (trad. C.Neff))». Ces mots que Willy Brandt exprima lors de la construction du mur de la honte à Berlin, – n’ont rien perdu de leur pertinence – il suffit simplement de porter le regard vers la Corée du Nord, l’Iran, la Syrie  – pour en citer quelques uns de ces états où la liberté d’opinion est quasiment inexistante – et l’homme souvent réduit à l’esclavage.

Source :

Brandt, Willy (1961): Erklärung des Regierenden Bürgermeisters von Berlin, Willy Brandt, vor dem Berliner Abgeordnetenhaus am 13. August 1961. Pressedienst des Landes Berlin, Nr. 173 vom 13. August 1961, S. 3-8. Abgedruckt in  Siegfried Heimann (Bearb.): Berlin bleibt frei. Politik in und für Berlin 1947- 1966 (Willy Brandt – Berliner Ausgabe, Band 3, hrsg. von der Bundeskanzler-Willy-Brandt- Stiftung, Bonn 2004, Dokument Nr. 66). Download/chargeable chez la Bundeskanzler Willy-Brandt Stiftung.

Christophe Neff

De Mogadiscio à Port Leucate (10.8.2011)

Il y a quelque temps déjà que j’ai rencontré un médecin somalien originaire de Mogadiscio passant régulièrement ses vacances à Port Leucate.   A ma question pourquoi il venait si régulièrement à Port Leucate, il me répondit  qu’il aimait beaucoup le climat ici à Port Leucate , surtout l’omniprésence du soleil, le vent un peu moins – mais le soleil oui cela lui rappelait le soleil et le temps à Mogadiscio, – les souvenirs d’un temps où Mogadiscio était encore une ville heureuse. Il a quitté la Somalie depuis longtemps, études de médecine en Allemagne et après il s’est installé en Angleterre.  En Angleterre le soleil lui manque et c’est pourquoi il revient régulièrement dans le pays Leucatois.

Seule chose qu’il lui manque à Leucate – c’est la cuisine italo-somalienne que la communauté somalienne a importée à Londres. Il n’y a pas de restaurant italo-somalien à Leucate,  ni même un restaurant italien,  autrefois on trouvait de très bonnes pizzas au Fort de l’eau  à Port Leucate ;le Bar- Restaurant les voiliers qui a pris la relève du Fort de l’eau  est aussi une bonne adresse pour les pizzas – mais un vrai restaurant italien – ou une sorte de grotto ticinese avec pasta, risotto et pizzas manque terriblement dans le pays Leucatois.

En parlant de la cuisine italo-somalienne je pensais qu’ en ce moment à Mogadiscio on a terriblement faim, – et ce qui restait de la cuisine italo-somalienne a certainement disparu depuis longtemps dans les décombres de plus de vingt ans de guerre civile.  Je ne partage pas l’avis de beaucoup de soi- disant experts, qui essaient d’expliquer que la crise humanitaire qui secoue actuellement une grande partie de la corne d’Afrique est surtout une crise hydrique ou climatique. Non j’estime que c’est plutôt la conséquence de vingt-ans de guerre, conséquence catastrophique pour un « failed state »  qui nous intéresse seulement quand les medias nous présentent les images choquant d’enfants  mourants , les « ewige Biafrakinder (les éternels enfants de Biafra) » ;en fait depuis l’opération « restore Hope » il y a juste 21 ans , les choses en Somalie n’ont pas beaucoup changé. Guerre et famine sont un cercle infernal en Somalie  et les changements climatiques n’y sont pour rien (ou disons ne sont certainement pas les causes principales de l’actuelle famine), – même si quelques experts et journalistes essaient de le nous faire croire.

De Mogadiscio à Port Leucate , j’écris ce petit billet entre fortes ondées et orages et quelques rares rayons de soleils qui ici et là éclaircissent la plaine du Palatinat en me souvenant du Soleil de Leucate, ce Soleil de Leucate qui rappelait à ce médecin d’origine somalienne les souvenirs d’un temps où Mogadiscio était encore une ville heureuse.  Ce fut, il me semble, il y a très très longtemps.

Christophe Neff, 10.8.2011

Blognotice : 30.7.2011 les jours de marchés de la saison estivale 2011 à Leucate

Pendant que le mauvais temps baigne une  grande partie de l’Europe centrale, – surtout l’Allemagne a subi un juillet maussade avec  froids, pluies et inondations les Corbières maritimes et le pays de Leucate fut un ilot de soleil et de vents. Oui,  beaucoup de tramontane, – qui pendant que les pluies interminables inondaient une grande partie de l’Allemagne la tramontane chassait les nuages dans le pays leucatois. Donc des vacances pleines de vent et de soleil – et comme si souvent dédiées à la lecture  attentive de la version papier du Monde – découverte du magnifique feuilleton d’été du monde – la fin de l’euro – un vrai feuilleton franco-allemand. Lecture de la lettre d’Allemagne de Frédéric Lemaitre « „Atmosphäre, atmosphäre…“ » sur le livre de  Klaus Harpprecht sur Arletty. Malheureusement on y trouve un petit erreur cruciale – „Le président a dit : l’axe franco-allemand sera la priorité de mes successeurs quelle que soit leur appartenance politique, à l’exception de l’extrême droite et du Parti communiste. Pouvez-vous en dire autant ? Brandt a pris le temps de la réflexion et a répondu : je peux m’engager pour tous les chanceliers, y compris Franz Josef Strauss„. Franz Josef Strauss ne fut jamais chancelier de la BRD – heureusement , – là Lemaitre se trompe – ou cite mal Klaus Harpprecht.  Mais cette petite lettre d’Allemagne – écrite dans le Var – donne vraiment envie de lire l’ouvrage de Harpprecht sur Arletty – « Arletty und ihr deutscher Offizier:  Eine Liebe in Zeiten des Krieges ».  Une autre lecture que je suggère pour les vacanciers passant leurs vacances dans le pays leucatois est le petit livre «une gare de briques roses – voyages dans les Pyrénées Orientales – avec des écrivains d’hier et d’aujourd’hui » de Michel Wallon. Ce voyage littéraire à travers les paysages littéraires du Roussillon – paysages qui se trouvent à peine une dizaine de kilomètres du pays Leucatois – nous permet de découvrir le Roussillon par les verbes des écrivains. En plus ce livre est partiellement une vraie  anthologie littéraire franco-allemande.

Pour finir – vu du succès de la petite notice « Eté 2010 : les jours de marché à Leucate Village »,  je publie ici les jours de marchés de la saison estivale 2011 à Leucate.

Leucate Village : mardis, vendredis et dimanche (Place de république),

La Franqui : lundis et jeudis (Place de la Poste),

Leucate Plage : mercredis et samedis (Place de tennis)

Port Leucate : mercredis et dimanches (Place des Arènes) ; lundis et jeudis (Rue de Canelou)

Livres & ouvrages cités :

Harprecht, Klaus (2011) : Arletty und ihr deutscher Offizier:  Eine Liebe in Zeiten des Krieges. Frankfurt, (Fischer), ISBN 978-310030062.

Wallon, Michel (2011) : une gare de briques roses – voyages dans les Pyrénées Orientales – avec des écrivains d’hier et d’aujourd’hui.  Perpignan, (Éditions Talaia), ISBN 978-2-917859-20-9

Photo: © C. Neff. 22.7.2011: le marché de Leucate Village, – le vendredi 22.07.2011 sur la place de la république sous le regard vaillant de Francoise de Cezelli.

Christophe Neff,  le 30.7.2011

Blognotice 11.7.2011 – quelques mots sur le « Gedächtnishaus Fohrenbühl »

En écrivant mon dernier billet j’ai pensé instinctivement au Turm (dont je parlais  déjà ici), plus correctement au„Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein“ – ou Gedächtnishaus Fohrenbühl comme on dit dans la Raumschaft Schramberg. En fait en 1923, le württembergische Schwarzwaldverein fit construire sur la base de la vielle Turmhütte (alte Turmhütte) sur le Mooswaldkopf le « Gedächtnishaus Fohrenbühl (Maison du souvenir du Fohrenbühl) à la mémoire des morts des régiments du Württemberg durant la guerre de 1914-18. La décision de construire un tel monument fut prise lors de l’ assemblée générale , Hauptversammlung ,du württembergische Schwarzwaldverein le 17.6.1923. Le Gedächtnishaus fut construit à partir des plans et de la conception de Paul Bonatz et fut inauguré en août 1924. Dans le formidable livre de  Wolfgang Voigt & Roland May sur Paul Bonatz (Paul Bonatz 1877 – 1956    ), livre avec un « komplettes Werkverzeichnis » nous trouvons en page 208 les mots „Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein“ Lauterbach Fohrenbühl. Malheureusement on ne trouve pas plus d’info sur le Turm dans cette véritable bible de l’œuvre de Paul Bonatz, qui est en plus un livre bilingue (allemand-anglais).  En fait le Fohrenbühl était une des rares place de l’ancien Württemberg depuis laquelle on pouvait voir la chaîne des Vosges, la ligne des crêtes, – mais surtout le Sud de la chaîne des Vosges – Hohneck, Petit Ballon, Grand Ballon etc. Le Sud des Vosges, là où durant la guerre de 1914-18 la bataille des Vosges fit rage,  et où une partie des régiments  du« royaume du Württemberg » périrent. C’est ici sur les Mooswaldkopf que les anciens combattants du royaume du Wurttemberg se recueillaient, entourés des forêts du Fohrenbühl avec la vue imprenable sur la ligne des crêtes vosgiennes, pour se souvenir de leurs camarades tombés sur le front des Vosges et ailleurs. De nous jours la plupart des visiteurs du Gedächtnishaus Fohrenbühl ont oublié le sens des mots «Gedächtnishaus der Gefallenen des Weltkrieges 1914-18 vom Württembergischen Schwarzwaldverein (maison du souvenir des morts de la guerre mondiale 1924-18 du Schwarzwaldverein du Württemberg)» mais le site, les paysages n’ont guère changé. Le Gedächtnishaus est entouré de sapinières majestueuses, la vue (par temps clair) sur la chaîne des Alpes et les Vosges est toujours imprenable. Et c’est surtout un site silencieux, le vent qui bouge les branches des arbres, les oiseaux chantant  , et surtout le soir et la nuit , on n’ entend que le chant des forêts. Depuis le Turm, la tour du Gedächtnishaus  immergé en pleine forêt, immergé dans les silencieux chants des sapinières, en voyant la ligne bleue des crêtes des Vosges enneigée on peut encore très bien ressentir cette ambiance de derniers adieux et de mémoire que les anciens combattants du royaume du Wurtemberg ressentaient quand ils se souvenaient ,leurs regards tournés vers l’ouest, de leurs camarades tombés sur le front des Vosges (et ailleurs) !

En dehors de toute considérations historique – les paysages du Fohrenbühl, le Mooswaldkopf, – le Gedächtnishaus Fohrenbühl, le col du Fohrenbühl avec ses trois restaurant Adler, Schwanen et le Landhaus Lauble  sont des paysages typiques de la Moyenne Forêt Noire  avec des belles Sapinières pleines de Houx et des belles clairières, prés de vaches garnie d’ éoliennes , les « Kimmichginster » véritables paysages de promenade de moyenne montagne  qui valent sûrement quelques jours de vacances , surtout quand on recherche détente et paysages silencieux.

Photos :

Vue sur le Turm, – la Tour du Gedächtnishaus Fohrenbühl.  © C. Neff. 24.8.2008

Lumières matinales dans les Sapinières du Mooswaldkopf. © Car. Weiß-Neff. 24.8.2008

Sources :

a.) Sources ecrites – livres, articles etc.

Neff, C. (2004): Kimmichginster und Global Change. Presseinfo zur Global Change Exkursion der Universität Mannheim am 28.5.2004.

Scherfling, Karlheinz (2007): Das Gedächtnishaus auf dem Fohrenbühl. Ein gastliches Haus am Mittelweg gelegen.  In: Der Schwarzwald, 6 – 9, 2007-1, (download ici)

Voigt, Wolfgang ; May, Roland (Eds.) (2010): Paul Bonatz 1877 – 1956 . Tübingen ; Berlin : Wasmuth, ISBN: 978-3-8030-0729-2 ; 978-3-8030-0730-8.

b.: liens internet

Chronologie du Gedächtnishaus sur le site du Schwarzwaldverein Ortsgruppe Schramberg (en allemand)

Histoire du Gedächtnishaus Fohrenbühl sur le site de la Famille King les actuelle gérant du Gedächtnishaus Turm (en allemand).

Les lumières du Fohrenbühl et la révolution tunisienne sur le paysages-blog

Paysages et géographie gastronomique du Fohrenbühl sur le paysages-blog

Christophe Neff, Grünstadt le 11.7.2011

Quelques mots sur „die Jahrhundertversöhnung“ de Stefan Simons (6.7.2011)

Le matin du mardi 5.7.2011 en lisant le SPON j’ai découvert le texte „die Jahrhundertversöhnung“  de Stefan Simons, correspondant du Spiegel à Paris,  publiéle 1.7.2011 dans « einesTages » – le site d’histoire contemporaine du Spiegel (Zeitgeschichten auf Spiegelonline).  Die Jahrhundertversöhnung c’est l’histoire d’une rencontre tragique entre deux officiers durant la grand guerre de 1914-18 dans le Sud de l’Alsace pas loin du Hilsenfirst – l’un des deux fut l’officier français, le Capitaine André Vacquier – l’autre l’officier allemand, le sous-lieutenant Johannes Richter : les ombres ressurgissent du passé .  Le capitaine Vacquier ne rentrera pas de cette rencontre tragique – il mourut comme des milliers d’autres soldats français et allemands dans le terres du Sud de l’Alsace quelques part entre Vosges et Sundgau. Vers la fin du récit Stefan Simons nous  raconte comme après 89 ans  le petit fils du sous-lieutenant  Johannes Richter rapporte les dernières affaires personnelles au petit fils du  Capitaine Vacquier et c’est ici, à la fin du récit que nous apprenons que le petit fils du Capitaine Vacquier  est devenu lui – même Grand père d’une petite fille franco – allemande. Ce texte émouvant de Stefan Simons, mériterait d’être traduit en français, pour être connu par un très large public en France. Car dans ce récit, nous retrouvons l’âme de la réconciliation franco-allemande, – cette âme du « jamais plus cela » qui fut aussi le début de la construction européenne. L’espoir de ne « plus jamais » voir les champs & forêts de la Lorraine, de l’Alsace, des Flandres etc. tremper par le sang d’innombrables guerres  fut il n’y a pas si longtemps  le moteur de la construction européenne. De nos jours, ce souvenir de  ce que furent les espoirs de la construction s’oublie trop souvent.  Pour finir, ce récit d’un long chemin de réconciliation avec les douleurs de l’histoire franco-allemande, que Stefan Simons nous raconte, m’a une fois de plus réveillé les souvenirs de ma propre-histoire familial franco allemande (voir par exemple 1, 2, 3, 4, 5 ).

Christophe Neff, Grünstadt le 6.7.2011