Blognotice 12.6.2012

Vue sur le lido entre Leucate - Plage et Port Leucate depuis la
Vue sur le lido entre Leucate – Plage et Port Leucate depuis la pinède de la Falaise du Cap Leucate,  © C. Neff 30.5.2012

Pour en revenir à ma dernière blognotice sur les changements de paysages dans le pays Leucatois, à peine une journée après sa publication le 7 juin 2012 je tombe, en lisant le premier chapitre du Hors-Série N.1 de la revue le Palmier  sur le Chamaerops humilis ( livre édite par l’association „Les Fous de Palmiers“ dont j’écrirai sûrement plus tard  une critique un peu plus détaillée ):« un petit palmier qui ne perd pas le nord » chapitre écrit par Fréderic Tournay – encore une fois de plus une remarque sur la situation géobotanique exceptionnelle de Leucate.

Concernant les « peuplements résiduels » du palmier nain en France, nous trouvons dans ce petit chapitre de F. Tournay, la phrase – « Elle est enfin beaucoup plus rare à l’ouest du Rhône, où elle est très localement recensée dans le massif  de la Clape au Sud de Narbonne et à Leucate dans l’Aude (Noble, com. pers.) (Tournay, F. 2012, 8) ». Cette petite phrase, montre une fois de plus la singularité géobotanique et paysagère des différentes parties de la presqu’île de Leucate, plateau de Leucate, falaises, Cap Leucate etc. est très bien connue dans les milieux scientifiques (des sciences de la terre, du vivant et du paysage) – mais cette notoriété écologique des paysages de Leucate semble échapper à une partie des élus communaux. Ceci pourrait être une des raisons pour expliquer la construction d’un restaurant gastronomique sur un site Natura 2000 (Plateau de Leucate), – construction dont je parlais dans mon dernier billet.

Concernant les Chamaerops humilis de Leucate, je ne peux que confirmer la phrase de Tournay, car j’ai personnellement travaillé un peu  sur les palmiers et d’autres plantes exotiques (ou rares)  sur le territoire de la commune de Leucate (Neff1998,  1999, 2003). Dans la publication de 1999 il se trouve même une petite carte répertoriant les différents sites où  on trouvait des  palmiers nains. Le site du petit mini-golf abandonné, qui était un des sites de départ de naturalisation du palmier nain, a fait place à un nouveau rond-point de la D. 627 au sud-est de Leucate – Village (ancien Moural) – et a donc disparu.

Mais par contre dans les Pinèdes longeant la falaise aussi bien à La Franqui qu’à Leucate-Plage on peut trouver ici et là des Chamaerops humilis. Mais il faut préciser que je n’ai plus fait moi-même de prospections/relevés dans ces pinèdes depuis 2006. Par contre  à Port Leucate, j’ai pu observer dernièrement de jeunes pousses de Chamaerops humilis, – mais ceux-ci (comme les pousses assez fréquentes  de Phœnix canariensis (cf. Neff 1998))  sont assez souvent systématiquement « éliminées» par les services des espaces verts ou des jardiniers privés.

Leucate, avec le développement touristique des dernières décennies est aussi devenu  un paysage de palmiers, les palmiers les plus fréquemment plantés  sont Phœnix canariensis, Sabal palmetto (surtout à Port Leucate), et Chamaerops humilis. Notons qu’à la Franqui on trouve aussi quelques beaux exemplaires de Trachycarpus fortunei.

Sur le fond, je suis assez d’accord avec l’actuelle équipe municipale et son maire « Michel Py »,  qu’ il faut essayer d’étendre la saison touristique si possible à une grande partie de l’année. Mais ceci nécessite une politique d’aménagement touristique raisonnable et durable qui ne dilapide pas le capital  naturel  du pays Leucatois:  son formidable paysage !

Bibliographie et sources citées :

Les Fous de Palmiers (2012)(Ed): Chamaerops humilis. Les Fous de Palmier, Hors – Série N. 1, Janvier 2012.(plus d’info ici)

Neff, C. (1998): Kulturlandschaftswandel, Fremdenverkehr und Biodiversität auf der Halbinsel Leucate (Dept. Aude/ Frankreich). In: Fremdenverkehrsgebiete des Mittelmeerraumes im Umbruch. Beiträge der Tagung des Arbeitskreises „Geographische Mittelmeerländer- Forschung“ vom 11.-13. Oktober 1996 in Regensburg. Regensburger Geographische Schriften, H. 27, 99-135, Regensburg. (ISBN 3-88 246-193-4)

Neff, C. (1999): Observation géographique  et floristique sur la presqu’île de Leucate. In: Bul. Soc. Et. Sc. Nat. Nimes et Gard, T. 62, 1999, 23-34. DOI: 10.5445/IR/1000121552 (Download sur KITopen) .

Neff, C. (2003): Les Corbières maritimes – forment-elles un étage de végétation méditerranéenne thermophile masqué par la pression humaine ? In: Fouache, E. (Ed.): The Mediterranean World Environment and History. IAG Working Group on Geo-archeology, Symposium Proceedings. Environmental Dynamics and History in Mediterranean Areas, Paris, Université de Paris – Sorbonne 24 – 26 avril 2002. Paris, 191 – 202, (Elsevier France, ISBN 2-84299-452-3)

Tournay, F.(2012): Un petit palmier qui ne perd pas le nord. In : Les Fous de Palmiers (2012)(Ed): Chamaerops humilis. Les Fous de Palmier, Hors- Série N. 1, Janvier 2012, p.6-9

Photo:  © C. Neff – Vue sur le lido entre Leucate-Plage et Port Leucate depuis la pinède de la falaise du Cap Leucate 30.5.2012

Christophe Neff, le 12.6.2012

Blognotice 7.6.2012: changements de paysages dans le pays Leucatois

Vue sur la Franqui 31.5.2012
Vue sur la Franqui,  © C. Neff  31.5.2012

Cela fait presque 20 ans déjà que je fais des  cours pratiques  sur les paysages méditerranéens, géobotanique et dynamiques des changements de paysages, souvent dans le « Midi méditerranéen français », – mais aussi au Portugal, en Italie etc.  Pour une fois de plus, avec 20 étudiants en géographie & écologie du paysage, nous avons passé une semaine (du 26.5 au 3.6.2012) à la découverte des changements de paysages et de la géobotanique dans les Corbières maritimes et le pays Leucatois. Et des changements de paysages, petits et grands, étaient au rendez-vous.

la gare de Leucate - la Franqui 31.5.2012
la gare de Leucate – la Franqui, © C. Neff  31.5.2012

La petite gare de Leucate-La Franquia eu droit à une nouvelle horloge. J’inclus toujours la petite gare de Leucate la Franqui dans mes cours, car d’une part on peut très bien expliquer le développement du premier tourisme balnéaire à la Franqui et à Leucate Plage, développement touristique qui était dans ses débuts très lié aux chemins de Fer. La petite  station balnéaire de la Franqui, fut une des premières stations balnéaires de la côte du Languedoc, et ceci déjà au 19eme siècle. En plus la gare de Leucate est un site privilégié pour observer les cigales, – les arbres longeant voie et quais de la petit gare sont, pendant l’été, « couverts » de cigales. Malheureusement cette année, le chant des cigales n’était pas au rendez-vous, l’été n’ayant pour ainsi dire pas encore réellement commencé !

Entrez libres - au clus de Ninon 2.6.2012
Entrez libres – au clos de Ninon 2.6.2012, © C. Neff 1.6.2012

Au village, – à Leucate village, – découverte d’une nouvelle librairie indépendante « entrez libres – au clos de Ninon », – en fait  c’est une librairie salon de thé. Belle idée, – je cite le texte sur le site de cette nouvelle librairie Leucatoise « „Entrez Libres“ est une librairie pour se retrouver entre amis, mais aussi  faire de nouvelles rencontres, autour des mots et des idées. Elle se veut un lieu de paroles et d’expression, où pourront se mêler les styles, les cultures et les générations. »  Ainsi Leucate village, possède donc deux librairies, la librairie Adamus, – dont j’ai déjà parlé ici et et maintenant la librairie « entrez libres – au clos de Ninon ». Fait remarquable, car autre-part assez souvent les librairies, surtout les librairies indépendantes sont plutôt une « espèce en voie de disparition ».

Cap Leucate - vignes et sémaphore du Cap Leucate
Cap Leucate – vignes et sémaphore du Cap Leucate, © C. Neff 1.6.2012

Autre découverte, – le Mas des Caprices, un nouveau producteur de vins, qui s’est installé à Leucate, depuis quelques années déjà, mais que je viens de découvrir seulement maintenant.  Mireille et Pierre Mann, d’origine alsacienne, ont  tenté  en 2005 leur aventure vigneronne bio sur le plateau de Leucate.  Une partie de leurs vignes, se situe juste en face du sémaphore du Cap Leucate, pas loin de la parcelle sur laquelle je « suis » attentivement depuis de  longue années la dynamique végétale (Neff, C. 1999). Le blanc de l’œuf, Corbières blanc délicieux, provient de ce vignoble du Cap Leucate, à quelques pas, du sémaphore, de la falaise et de la fameuse plagette, et naturellement de la parcelle dont je suis la dynamique depuis de longues années. De voir  la « vigne » renaitre entre plateau et falaise de Leucate  et en même temps, il faut le noter, la reprise du pâturage sur une partie du plateau de Leucate,  laisse espérer  que la dynamique du paysage a pris, au moins sur cette partie de la « presqu’ile de Leucate » la bonne direction.

Cap Leucate – vue sur le Klim & Ko et le phare du Cap Leucate, © C. Neff 1.6.2012

Mais le changement de paysages le plus visible dans le pays Leucatois est certainement le restaurant Klim & Ko sur la falaise pas loin du Phare du Cap Leucate.  Comme une surcoupe volante le Klim & Ko, – disons le bâtiment conçu par Éric Raffy, survole  les vignes et garrigues du Cap Leucate. Esthétiquement parlant  le bâtiment est plutôt une réussite – pour le reste on dirait que c’est  un « vestige » bien visible du « Sarkozistan »  qui garnira pendant longtemps le paysage visuel du Cap Leucate. On pourrait naturellement se demander légitimement comment une telle construction – en pleine  zone Natura 2000 – peut obtenir un permis de construction. Et ceci dans un des derniers sites en France où  l’on trouve encore  la  Violette ligneuse (Viola arborescens) (cf. Neff 2003),espèce protégée au niveau national  français (fiche sur Viola arborescens sur le réseau telabotanica)  – qui en dehors du site entre le phare du Cap Leucate et le Sémaphore du Cap Leucate a presque entièrement disparu en France. Mais dans la France du Sarzkozistan, – et malheureusement même avant l’ère Sarkozistan – on a toujours eu une grande liberté avec les lois environnementales.

Ici la ville de Leucate investit pour vous Site de la falaise/Cap Leucate, © C. Neff 28.05.2012

En plus, sur les panneaux encore en place devant le Klim & Ko nous apprenons que la ville de Leucate a investi ici pour un « site d’accueil et promotion de la falaise » ,mais en fait il s’agit d’un restaurant gastronomique, ce qui n’est pas mentionné sur le panneau d’autopromotion de la marie de Leucate. On pourrait aussi légitimement se demander si l’argent de du contribuable doit servir à faire démarrer un « restaurant gastronomique » sur un site protégé ?!

Cette histoire du Klim & Ko, construite sur une des dernières perles sauvages de la méditerranée, un des derniers sites où  on trouve encore des Violettes  ligneuses, n’est certainement pas une référence pour le Maire de Leucate, Michel Py, qui en ce moment se présente pour la députation de la deuxième circonscription de l’Aude. Peut-être Michel Py entrera –t-il dans l’histoire politique, pour y avoir arraché cette circonscription historique, – ce fut la circonscription de Leon Blum pendant la troisième république, à la gauche, et ceci grâce  aux rivalités et guerres  de clan de la gauche Audoise. Notons que l’Indépendant pense que Michel Py na guerre de chance de prendre place sur le « fauteuil de Léon Blum ». Mais Monsieur Py, avec cette obscure idée  d’utiliser l’argent du contribuable, pour valoriser le site de la falaise de Leucate, en y construisant un restaurant gastronomique, dans un site classe Natura 2000, risque bien de trouver sa place dans les livre d’histoire du paysage français, comme le maire, ayant sacrifié  un des derniers  sites  de « Viola arborescens » françaises ,en fait  ce fut la plus grande station de Viola arborescens en France !

Concernant le Klim & Ko, étant entre autre aussi amateur de  bonne cuisine & de bons restaurant, – je vais certainement un jour y rendre visite, – le mal est déjà fait, – et donc pourquoi pas en profiter pour un bon repas gastronomique, en espérant  que les travaux de construction (qui  vont bientôt atteindre leurs fins) et les piétinements en plus que va certainement occasionner ce restaurant sur la falaise, ne vont pas sonner le glas pour les derniers viola arbustives. Concernant le cadre et le site du restaurant, – il est certes très exceptionnel, – mais de croire comme l’a fait Michel Py durant l’inauguration du Klim & Ko, je cite la dépêche du Midi « Leucate ; le restaurant Klim and Co inauguré : Enfin, Michel Py, maire de Leucate, a félicité tous les partenaires de ce projet qui offrira un nouveau haut lieu de la gastronomie ouvert à l’année afin d’ouvrir davantage le tourisme aux quatre saisons, en espérant également que ce site magnifique mènera ces nouveaux chefs vers toutes les étoiles.» – que le seul fait d’avoir un cite exceptionnel  pourrait être un  gage pour recevoir une  des fameuses  étoiles Michelin montre que Monsieur le Maire n’a que de piètres  connaissances de la géographie gastronomique française. Une très grande partie des tables étoilées françaises ne se trouvent pas sur un  site paysage exceptionnel,  bien au contraire. Il y en a, – mais c’est plutôt rare. Les tables étoilées, ont eu droit à leur(s) étoile(s) grâce au génie de leurs « grands chefs » – mais le cadre paysages n’y est pour rien !

Le grand virtail de St. Jacques de Port Leucate, © C. Neff 2.6.2012

Je finis donc  ce petit tour d’horizon  des changements de paysages dans le pays leucatois, – avec le constat, qu’une fois de plus  les hommes et le temps ont modifié le paysage. La gare a une nouvelle horloge, le village a maintenant  une libraire de plus et un nouveau domaine viticole bio. Le nouveau restaurant Klim & Ko sur la falaise, – est certes une réussite au niveau architectural, – concernant la géographie gastronomique des Corbières cela pourrait  enrichir le paysage culinaire régional, – pour le volet environnemental ce projet de valorisation de la falaise de Leucate pourrait bel et bien sonner le glas pour un site qui fut considéré comme la plus grande  et plus belle station de Viola arborecens en France. Pour enfin finir ce tour d’horizon de changements de paysage récent dans le pays Leucatois, notons que le premier des vitraux crée par  Jacques Loire du Centre international du vitrail de Chartres pour l’Eglise St. Jacques à Port Leucate vient d’arriver à destination. Le nouveau vitrail montre St. Jacques arrivant en bateau baigné par les couleurs et lumières en plein nef de la nouvelle église de Port Leucate. Là, enfin, – une vraie réussite !

Je viens donc de passer une très belle semaine de cours sur  la dynamique & géobotanique des paysages méditerranéens avec un groupe d’étudiants très engagé. Semaine riche en observations dont j’ai décrit quelques impressions ici même. Ce fut aussi une semaine avec une météo estivale, – sur le plateau de Leucate les températures oscillaient entre 29 et 34 C., presque pas de vent, ce qui est assez exceptionnel pour Leucate. Qui, même sans chant de cigales, cette semaine fut une vraie semaine de paysages estivaux dans le pays Leucatois entre Mer, Falaise et Corbières.

Bibliographie:

Neff, C. (1999): Observation géographiques et floristiques sur la presqu’île de Leucate. In: Bul. Soc. Et. Sc. Nat. Nimes et Gard, T. 62, 1999, 23-34. DOI: 10.5445/IR/1000121552, (Download KITopen).

Neff, C. (2003): Les Corbières maritimes – forment-elles un étage de végétation méditerranéenne thermophile masqué par la pression humaine ? In: Fouache, E. (Ed.): The Mediterranean World Environment and History. IAG Working Group on Geo-archeology, Symposium Proceedings. Environmental Dynamics and History in Mediterranean Areas, Paris, Université de Paris – Sorbonne 24 – 26 avril 2002. Paris, 191 – 202, (Elsevier France, ISBN 2-84299-452-3)

Photos : Toutes © C. Neff; 1. Vue sur la Franqui (31.5.2012), 2. La Gare de Leucate – la Franqui (31.5.2012), 3. Entrez libre – le Clos de Ninon à Leucate Village (2.6.2012), 4. Vignes et Sémaphore du Cap Leucate (1.6.2012),  5. Vue sur le Klim & Ko et le phare du Cap Leucate depuis le plateau de Leucate (16.2012), 6. Ici la ville investit pour vous (Site de la Falaise/Cap Leucate 28.5.2012), 7. le grand virtail de St. Jacques de Port Leucate (2.6.2012)

Christophe Neff, le 7.6.2012

Blognotice 19.5.2012: décidément la météo

Le mardi 15.5.2012 matin, jour de l’investiture du 7ème président de la Vème République, Monsieur François Hollande, en écoutant la radio pendant le petit déjeuner, on nous annonçait des fortes chutes de neige pour les divers Mittelgebirge (Forêt Noire, Jura Souabe) je me disais « décidément, la météo, cette première visite présidentielle prévue pour le soir du 15.5. à Berlin chez la chancelière ne sera, déjà de par le fait des aléas météorologiques  pas «  une promenade de printemps ». Le soir même l’avion présidentiel, avec François Hollande à bord, fut touché par la foudre, et retarda le voyage présidentiel vers Berlin. Et pendant ce temps, la neige couvrait les « Mittelgebirge allemands » (moyennes altitudes)presque 20 centimètres sur les hauteurs de la Forêt Noire.  Cette réapparition brusque d’une météo hivernale, cela me rappelait des souvenirs d’enfance : combien de fois les fleurs de notre « cerisier du japon » à Schramberg – Sulgen au Lärchenweg  et de notre Magnolia stellata, qui fleurissaient toujours début/mi-mai furent  couvertes de neige. En fait la Raumschaft Schramberg, ce petit pays, en moyenne forêt noire, ce fut aussi un pays sans vrai printemps, – souvent des chutes de neige jusqu’ à début /mi-mai  et après, tout d’un coup l’été arrivait, chaleur, temps lourd apportant ces séries d’orages remontant de l’alsace par la vallée de la Kinzig et s’accrochant aux sommets des « sargdeckel de Buntsandstein »(couvercles de cercueil en grès rose)  pour plonger vallées et montagnes  dans des pluies parfois diluviennes qui provoquent  parfois ici et là des inondations considérables dans la Raumschaft Schramberg. Une fois l’orage passé, chaleurs et temps lourd  revenaient en attendant le prochain « orage de montagne ». La Raumschaft Schramberg, n’était sûrement pas un pays de printemps. Si en Allemagne, il y a une région avec un beau printemps, c’est sûrement la « Pfalz » – le palatinat rhénan  – pays de vins et de la Mandelblüte (floraison des amandiers) – et la Pfalz depuis quelque temps s’autodésigne aussi comme « Deutsche Toskana (toscane allemande) ».  L’Allemagne,  ou au moins une partie du « Deutsche Bildungsbürgertum » est liée par des liens particulièrement affectifs avec l’Italie, ou disons avec une certaine image d’une Italie, image que personnellement je ne partage pas ; mais ceci est surement dû à mes racines familiales franco-italiennes. Pour revenir au petit livre, « Tour de Franz » dont je parlai dans mon dernier billet, je trouve le chapitre « Italienisch für Angeber (Italien pour prétentieux)» particulièrement réussi. Dans ce chapitre (pages 121-125), Cécile Calla, – dans un ton charmant dévoile cet « amour allemand » pour cette « Italie imaginaire ».

L’Allemagne politique a certainement honoré la nomination de  Jean – Marc Ayrault comme premier ministre, – la presse allemande a interprèté ceci comm eun  geste de bonne volonté envers l’Allemagne et le gouvernement Merkel. Personnellement, j’étais assez surpris de voir Laurent Fabius, farouche opposant de la constitution européenne lors du Référendum français sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe , nommé  Ministre des Affaires étrangères. Françoise Fressoz interprète cette nomination comme « signal aux électeurs de la France du non » – mais hélas cette explication ne convainc guère.

Au niveau personnel, j’étais ému de voir Aurélie Filippetti, promue  ministre de la Culture et de la Communication . Nous partageons, pour ainsi dire les mêmes racines, – l’immigration italienne dans le « Haut-Pays de Lorraine » ces « italiens » qui arrivaient parfois par trains complets pour y travailler dans les mines de Fer – et dans mon premier billet de paysages j’avais dédié un petit chapitre à son roman « Les Derniers Jours de la Classe ouvrière » – je cite « Revenant aux paysages, en lisant il y a quelques jours Les Derniers Jours de la Classe ouvrière de Aurélie Filippetti, je commence à replonger dans les paysages imaginaires de mon enfance, les paysages des histoires de mes grand parents, de l‘ immigration italienne en Lorraine, de la résistance, du combat politique de la classe ouvrière ». Et quelques semaines plus tard un autre billet, – et depuis en lisant assez régulièrement son blog, j’ai un peu suivit le parcours politique de « Madame la Ministre ». Mes grands-parents, surtout mon grand-père Jean Migliori, auraient surement été émus de voir un « macaroni » nommé Ministre, Ministre dans un gouvernement de gauche. C’était un peu leurs rêves – que les enfants des couches populaires, immigre ou pas, – nés français ou de souche italienne, polonaise etc. (L’immigration maghrébine n’existait pas encore – au moins dans leur temps d’ Instituteurs à l’école d’Hussigny), – puissent  grâce à l’école laïque changer le monde vers un meilleur monde, mais aussi par l’acquis des connaissances puissent  accéder à des hautes responsabilités politiques dans la république française.

Aurélie Filippetti se présente dans la première circonscription de Moselle à Metz pour la députation. Ce ne sera sûrement pas facile, mais je crois qu’elle pourrait bien réussir ce pari électoral. En tous cas, je lui souhaite bonne chance !

Je finis l’écriture de cette blognotice, – même si la « Unterhaardt » fait partie de ce pays de printemps du palatinat rhénan : nous connaissons aussi temps lourds et orages. Il fait assez lourd et je pense que nous risquons peut être ce soir un orage de printemps sur le Linange et la Unterhaardt.

Ouvrages citées :

Calla, Cécila (2009) : Tour de Franz.  Mein Rendezvous mit den Deutschen.Unter Mitarbeit von Johanna Lühr. Aus dem Franzöischen von Brigitte Lindecke. Berlin (Ullstein), ISBN 978-3-548-26862-0

Filippetti, Aurélie (2003) : Les derniers Jours de la classe ouvrière. (Stock – Le Livre de Poche), ISBN 2-253-10859-6

Ecrit le 19.5.2012, publié le 20.5.2012

Christophe Neff, Grünstadt

Dimanche 13.5.2012 – avant dernier jour du règne de „Merkozy“

paysage de Bunias d'orient dans le Linage entre Sausenheim et Ne
Paysage de jaune de Bunis d’Orient (Bunias orientalis) dans le linage entre Sausenheim et Neuleiningen, © Christophe Neff 13.5.2012 

Le Dimanche 13.5.2012, avant dernier jour du règne de « Merkozy » fut une belle journée  de printemps dans le « Leiningerland », ensoleillée mais relativement fraiche pour un début mai. Les « Bunias d’orient (Bunias orientalis)» ont commencé à envahir les bords de route, friches, prairies des fauches dans le Linange tremper une partie du paysage dans une étrange couleur jaune.

Dans le Leiningerland, comme dans une grande partie de L’Allemagne, – la saison des asperges – die Spargelsaison – vient de commencer.  Dans le petit livre charmant de Cécille Calla –  « Tour de Franz » de Cécile Calla, on trouve un petit chapitre sur l’importance de la « Spargelsaison » – Spargel, eine deutsche Passion (L’Asperge, une passion allemande) pour les Allemands. Malheureusement ce livre n’a, à ma connaissance, jamais été traduit en français. Dommage, on aurait bien  pu glisser cette petite lecture dans les bagages de Monsieur Hollande pour son prochain voyage à Berlin, – son premier  rendez-vous  avec la chancelière Angela  Merkel. Au-delà du tout politique du monde politicien ce livre nous présente une  petite  vue intérieure de cette Allemagne, qui est restée une grande inconnue pour beaucoup de français, y compris une grande partie de la classe politique française. En fait ce livre nous reflète un peu la vie courante du citoyen allemand, vue par une journaliste française résidant à Berlin.

Donc charmante petite vue intérieure de l’Allemagne, même si je trouve que le point de vue est un peu trop « Berlinerisch », – car Berlin est Berlin, – et l’Allemagne, surtout les ruraux allemands, n’ont pas grand-chose de commun avec la « Großstadtluft de Berlin ». Ce petit livre mérite quand même d’avoir une place dans le bagage de Monsieur Hollande, – car ce premier rendez-vous avec Madame la chancelière ne sera certainement pas une « promenade de dimanche » – en plus que après avoir subi un tel revers   en Rhénanie-du-Nord-Westphalie,  avec à peine 26% de voix pour la CDU – un score historiquement bas – sa position dans la «CDU » est plutôt fragilisée, ce qui n’augmente sûrement pas sa marge de manœuvre au niveau de la coalition « noire-jaune ». En plus ce qui ne semble pas être connu  en France, –  la politique d’austérité de Madame est toujours très populaire en Allemagne, – même dans un partie de la SPD – à ce point que le SPD n’ose pas présenter un vrai programme économique alternatif  à la politique d’austérité de Madame Merkel. Un vrai dilemme pour la SPD.

Le voyage de Monsieur Hollande à Berlin, voyage prévu pour le mardi 15.5.2012 ne sera certainement pas une promenade de dimanche de printemps.  Mais j’espère que les proches, les consultants politiques de Monsieur Hollande auront certainement bien préparé ce voyage à Berlin – et ils pourront certainement résumer  quelques chapitres du petit livre de Cécile Calla pour éviter d’avance ces quelques petites « deutsch-französische Mißverständnisse » ces petits malentendus franco-allemands, qui sont si souvent dus à la méconnaissance du « Alltag » – de la vie quotidienne de l’autre !

Livre cité :

Calla, Cécila (2009) : Tour de Franz.  Mein Rendezvous mit den Deutschen.Unter Mitarbeit von Johanna Lühr. Aus dem Franzöischen von Brigitte Lindecke. Berlin (Ullstein), ISBN 978-3-548-26862-0

Christophe Neff, le 13.5.2012

Blognotice 5.5.2012 : – la géographie le grand gagnant du scrutin des présidentielles 2012

Le matin du mercredi deux mai, le jour où la France se préparait au fameux débat présidentiel, le face en face du second tour de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, je préparais un cours sur les changements de paysages et  la géobotanique en Outre-Forêt. Les orages matinaux  se dissipaient, la chaussée encore mouillée, – avant de me mettre au travail je déposai ma procuration de vote pour le deuxième tour des présidentielles à la (nouvelle) gendarmerie de Lauterbourg. En fait, je voulais faire une prospection botanique dans le delta de la Sauer à Munchhausen, – faire une reconnaissance géobotanique & phénologique pour voir quelles plantes était déjà en fleurs,  si les orchidées avaient déjà commencé leur floraison. La route entre Mothern et Munchhausen était coupée, j’ai dû prendre la route de déviation via Neewiller-près-Lauterbourg, Wintzenbach pour accéder à Munchhausen, et c’est ainsi que je découvris une fois de plus la géographie de la France, – cette petite face d’Outre-Forêt que je ne connais guère. La grotte de lourdes, la soi-disant grotte du curé Heitz à Mothern, – un petit restaurant de campagne pittoresque  à Neewiller-près-Lauterbourg, le restaurant de la République, une allée de platane, la D. 468 entre   Neewiller-près-Lauterbourg   et Wintzenbach digne des plus belles allées de platanes dans le midi français, ici et là quelques vestiges du vignoble nord-alsacien, qui autrement a presque disparu du nord de l’Alsace, sauf dans les environs de Cleebourg ou la viticulture subsiste encore (le fameux vignoble de Cleebourg qui s’étend sur les communes de Cleebourg, Rott, Oberhoffen les Wissembourg, Steinseltz et de Riedseltz),  et dans la tranche que la route creuse entre Wintzenbach et Munchhausen à travers les dépôts limoneux et quelques vestiges de lœss les muscaris à toupet en pleine floraison. Arrivé  à  Munchhausen, après avoir traversé le pont de la Sauer à pied, – les Euphorbe des marais en fleurs, le paysage acoustique des chants du Coucou et des Cigognes claquetant.  De loin, parfois le lointain bruit résonnant d’un train sur la ligne Strasbourg-Lauterbourg.  Autrement c’est presque calme, – un paysage acoustique qui a presque disparu en Allemagne. Par vent d’est on peut entendre les vibrations de moteurs diesel des chalands du Rhin. Je fais quelques photos,  en fait j’ai déjà une vraie petite collection  de photos des paysages de Munchhausen, à travers les diverses saisons. Retravesant le pont de la Sauer, le clocher de Munchhausen en face de moi, je constate qu’on a beaucoup parlé de géographie durant cette campagne présidentielle – de paysages, des ruraux, de désindustrialisation – toute cette campagne elle etait pleine de géographie – un vrai tableau géographique de la France 2012.

Décidemment la « géographie » semble être le grand gagnant de cette élection présidentielle, et ceci grâce au petit livre gris du géographe Christophe Guilluy « fractures françaises » – livre qui a été écrit en 2010 et qui essaye de nous expliquer la perception de la mondialisation par les couches populaires françaises. Le livre a remis la géographie à la une des journaux (p.Ex « Intellectuels et politiques, une planète en recomposition dans le Monde.fr, ou «Au fond, la gauche pense que les électeurs du FN sont stupides» sur slate.fr ), et l’auteur Christophe Guilluy a eu droit à quelques interviews dans la presse nationale, dernièrement dans le Nouvel Observateur sous le titre « Le FN à une sociologie de gauche ». Le livre nous propose une lecture intéressante de la « géographie sociale actuelle de la France » et il a certainement le mérite de parler des milieux populaire dans l’espace rural français. Parfois je me demande, si les journalistes qui aiment tant citer le livre de Christophe Guilluy ont vraiment lu ce petit livre gris. La vote FN, en fait n’est ni une fatalité, ni un phénomène nouveau, – je renvoie  à l’élection présidentielles en 1995 et le score exceptionnel du FN en Alsace.

Les saisons d’Alsace avait consacré un fort intéressant numéro « Réinventer l’Alsace – face aux dérives extrémistes et au repli identitaire » – livre qui mériterait certainement la relecture   et la comparaison avec l’ouvrage de Christophe Guilluy. La France périphérique dont nous parle le livre de Guilluy, c’est cette France rurale & périphérique dans laquelle je travaille depuis vingt ans, – embroussaillement, fermeture du paysage, risque croissant des incendies de forêt, mais aussi « californisation » des paysages ruraux – engrenage de l’habitat avec la forêt croissante   – c’est l’autre image de ces ruraux périphériques. Et cette image ne se limite pas à la France, en fait elle se rencontre aussi bien dans l’Alentejo au Portugal, qu’en Forêt Noire en Allemagne. Le désert médical est une autre facette de cet abandon des ruraux européens, – le petit pays où j’ai grandi en Forêt-Noire en Allemagne, la Raumschaft Schramberg,  qui depuis quelque mois ne dispose plus d’hôpital ! Si j’ai une remarque critique envers le livre « fractures françaises » c’est  qu’il ne nous présente pas la dimension européenne du problème, car si nous voulons trouver des solutions durables  pour les multiples problèmes que subissent les ruraux périphériques européens face aux conséquences d’une « mondialisation dérapant » il  faut les trouver au niveau européen. Repliés  sur eux-mêmes, ni la France, ni l’Allemagne ne pourront pas y faire face. Néanmoins je trouve que le livre de Christophe Guilluy nous propose une lecture intéressante de la géographie de la France, – même si je n’adhère pas aux « interprétations marxistes » ou « néo-marxistes » de l’auteur. Mais le livre de Guilluy a déjà le mérite d’exister et de rappeler que la géographie a aussi son mot à dire. En Allemagne, la géographie, comme science universitaire et comme science applique se rétrécit de plus en plus.

Finissons avec une autre image d’outre-foret: en traversant la voie ferrée qui relie la gare Sncf de Lauterbourg au port rhénan de Lauterbourg  et en voyant le début d’une reprise végétale sur la voie ferrée, suggérant qu’il n’y a plus beaucoup de trains qui circulent entre le port rhénan de Lauterbourg et la gare Sncf, si il y en circule encore de trains et l’observation  qu’ il y a quelques années sur les faisceaux de voies sur la gare de Lauterbourg étaient encore garés des longs trains de marchandises – aujourd’hui ce faisceaux de voies la plus part du temps il est vide; l’abandon des ruraux français par la Sncf est une très bonne image de la désindustrialisation de tout un pays. Le fait que la voie ferrée reliant le port de Lauterbourg au réseau Sncf est de plus en plus recouverte  par l’herbe –ce n’ est certainement pas un drame – mais de voir comment la ligne des Causses et la ligne des Cévennes sont de plus vouées à un lent abandon – on pourrait se demander  si dans cinq ans le massif central  sera aussi un désert ferroviaire. Fermeture des paysages par la reprise végétale massive, (et dans le midi cette fermeture du paysages est toujours équivalente de  l’augmentation des risques d’incendies des forêts), désindustrialisation, abandon du service publique (fermeture d’hôpitaux, de ligne de chemins de fer, de classes d’écoles) sont souvent les conséquences de ce que j’appelle les « changements globaux » dans mes cours – et dans beaucoup de paysages ruraux – la population qui subit ces conséquences  se sent trop souvent à l’abandon. Ce sentiment d’abandon il se manifestera surement dans les résultats des prochaines législatives de juin 2012. Le livre de Christophe Guilluy nous propose une intéressante lecture de cette France que se sent à l’abandon – et il nous donne  des explications pour pouvoir comprendre  le vote FN.

Pourquoi avoir combiné les impressions d’une reconnaissance de terrain pour un cours de géographie dans un terroir français, un pays français qui se nomme Outre-Forêt avec l’analyse d’un livre de géographie sur dynamique de la géographie humaine française et les conséquences territoriales des effets de la mondialisation? Comme géographe, j’observe les changements des paysages, je les analyse et je les interprète;  je suis pour ainsi dire à l’écoute des paysages et  surtout à l’écoute de la dynamique du manteau végétal, de géographe agraire, de la géographie des paysages. C’est mon métier!

Les élus devraient aussi investir plus de temps pour être à l’écoute des ruraux français et de chercher des solutions pour l’attente des habitants de « ruraux français ». Naturellement des solutions miracles, comme le précise Christophe Guilluy dans son livre n’existent  pas – mais le fameux « alternativlos » – le soi-disant « sans-alternative » – qu’on entend si facilement sortir de bouches de hommes & femmes politiques, que ce soit en France ou en Allemagne, – cette politique peut entraîner une (grande)  partie de l’électorat rural dans les bras des parties extrémistes ! Etre à l’écoute permanente de ses électeurs –pas seulement avant une échéance électorale, trouver des solutions, même si cela n’est pas toujours facile, – c’est aussi le métier d’un élu!

Photos: toutes © C. Neff  1.) Vue sur Munchhausen (2.5.2012), 2.) le restaurant de la République à Neewiller-près-Lauterbourg (2.5.2012), 3.) Fleur de Muscari comosum bordant la D. 80 entre Munchhausen & Wintzenbach (2.5.2012).

Livres et articles citées :

Guilluy, Christophe (2010) : Fractures françaises. Paris, ( François Bourin Editeur), ISBN 978-2-84941-201-5

Le Nouvel Observateur (2012) : Le FN a une sociologie de gauche. Une interview  de Christophe Guilluy. Propos recueillis par Herve Algalarrondo. Le Nouvel Observateur, 3 mai 2012, p.44, n. 2478

Reumaux, Bernard (Éd.)(1995) : Réinventer l’Alsace. Face aux dérives extrémistes et au repli identitaire. Les Saisons d’Alsace, Automne 1995, n. 129.

Christophe Neff, le 5.5.2012

Blognotice 28.4.2012

la mer, le cap – vue sur la mer depuis le Cap Leucate, © C. Neff 16.6.2011

En complément de ma dernière blognotice voici les résultats du premier tour des élections présidentielles à Leucate (voire Tab. 1). D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi les services du monde (ou les modérateurs WordPress) avaient fermé les commentaires de cette petite blognotice électorale. A Leucate Nicolas Sarkozy dépasse largement sa moyenne nationale, – mais en comparant aux résultats de 2007 il perd presque 6 %.  Néanmoins Leucate est certainement un des fiefs de l’UMP dans L’Aude. Leucate c’est surtout le fief du président départemental de l’UMP Michel Py.  Michel PY est le maire UMP de Leucate et il est candidat à la députation sur la 2e circonscription de l’Aude (Narbonne-Sigean) aux prochaines élections législatives. François Hollande obtient à peu près le même nombre de voix que Ségolène Royal en 2007. Marine Le Pen gagne à peu près 10,5% de voix de plus que son père en 2007, -et c’est elle en en fait la grande gagnante du premier tour des élections présidentielles à Leucate.

TAB. 1 résultats des élections présidentielles du 22.4.2012 à Leucate

 %Voix
Nicolas Sarkozy  (UMP)29,67987
François Hollande (PS)24,23806
Marine Le Pen (FN)23,90795
Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche)10,24341
François Bayrou (MOUVEMENT DÉMOCRATE)6,76225
Eva Joly (EUROPE ECOLOGIE LES VERTS)2,40 80
Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République)1,2642
Philippe Poutou  (NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE)0,9030
Nathalie Arthaud (LUTTE OUVRIÈRE)0,3913
Jacques Cheminade (SOLIDARITÉ ET PROGRÈS)0,248

INSCRITS  4 106, ABSTENTIONS 725 (17,66%), VOTANTS  3381 (82,34%), BLANCS ET NULS 54 (1,32%), EXPRIMÉS 3327 (81,03%) Source : Services le Monde Elections présidentielles 2012 23.4.2012 (http://www.lemonde.fr/resultats-election-presidentielle/leucate,11370/)

Concernant le score du Front national aussi bien au niveau local qu’au niveau national, ce n’était pas une grande surprise. Le matin du dimanche 22.4.2012 j’ai téléphoné avec une ancienne dirigeante de la social-démocratie franco- allemande en lui annonçant en très fort score pour le FN – bien au-dessus des estimations des « sondeurs » – oui que je craignais même « And who knows – perhaps today we will have a « Wiedersehen » avec le 21.4.2002”. Que les sondeurs aient systématiquement sous-estimé le vote du Front national est une chose. Mais qu’une grande partie de la classe politique ait été tellement surprise par les résultats de Marine le Pen, cela montre à quel point une grande partie des élus se sont éloignés des soucis quotidiens des français. De mes voyages, – de mes observations des paysages français – de mes lectures – j’ai l’impression d’être le témoin d’un important changement de la « géographie de la France » (voir aussi le billet  « La vie à la « campagne-galère », une lecture géographique du vote Le Pen » du Blog Sucy – en – Brie Terminus Pavillion), mais ce changement profond de la géographie français, les élites politiques françaises ont apparemment encore du mal à le percevoir  .  A propos lectures  un ouvrage  qui aide à déchiffrer cette nouvelle géographe française, à comprendre le vote du 22.4.2012 est le livre du géographe Christophe Guilluy « Fractures françaises ». Et pour finir, cet instructif chapitre « cultiver son jardin » sur les changements profonds qu’ont subi les paysages agricoles français depuis les années 1960 dans le nouveau livre de Eric Fottorino « Mon tour du Monde » (les pages 92-106).

Ouvrages cités :

Fottorino, Éric (2012) : Mon Tour du « Monde » – récit. Paris, (Gallimard), ISBN 978-2-07-013419-9

Guilluy, Christophe (2010) : Fractures françaises. Paris, ( François Bourin Editeur), ISBN 978-2-84941-201-5

Christophe Neff, le 28.4.2012

Blognotice: 22.4.2012 – un dimanche électoral en France

le marché de Leucate - village le vendredi 22.07.2011 © C. Neff

La France entame son premier tour des élections présidentielles. Ce matin je découvre dans la RDL, un billet avec le titre  « Abstention, piège à cons ! ». Bon titre mais parfois les réalités de terrain sont un peu plus complexes ! Dans ce billet de la RDL, où on trouve entre autre aussi les intentions de vote, de soutien de divers écrivains, romanciers et intellectuelles de tout bord, j’ai laissé le commentaire suivant. «  Très bon billet ! Mais pour les français vivant à l’étranger, les expats ce n’est pas toujours si facile. Quand est ce qu’on aura enfin en France un droit de vote moderne, avec la possibilité de vote par correspondance, comme en Allemagne ou aux Etats-Unis ? En Allemagne cela s’appelle « Briefwahl » ! En France c’est inexistant, il y a que le vote par procuration – on se croirait aux « Paléolithique supérieur électoral ». Et en plus – le réseau consulaire se rétrécie de plus en plus – (au moins en Allemagne) ! Que je prends un billet d’avion pour Berlin (ambassade française) – ou billet d’avion pour Perpignan pour voter à Leucate– cela reviens au même. Dans le pays-leucatois il y au moins le soleil en plus ! RDV peut – être dans deux semaines ! And who knows – perhaps today we will have a « Wiedersehen » avec le 21.4.2002”. Il s’agit ici, d’un point d’un citoyen franco-allemand (binational) – qui a encore des fortes attaches en France. Peut-être le Président gagnant de ces élections présidentielles peut entamer enfin le chemin pour un droit de vote par correspondance comme dans les autres grandes démocraties occidentales. A noter que la wikipedia.fe ne connait pas le terme de vote par correspondance, mais dans la wikipedia.de on trouve Briefwahl et dans wikipedia.en Postal voting.

Je pense, que les expats, devraient s’ils ont encore de fortes attaches vers un commune, un pays en France, – devraient avoir la possibilité de voter dans leurs point d’attache sans le détour via la vote par procuration. Pour moi ce point d’attache, c’est depuis quelques années la commune de Leucate dans l’Aude. Avant pendant presque vingt ans c’était le petit village d’Aubord, entre Vistrenque et Costières dans le Gard. Mais à vrai dire, – le pays Leucatois – je le connais depuis bien plus que 40 ans. Je participe (un petit peu) à la vie associative, j’achète mon vin dans la coopérative viticole locale, je fréquente la messe du dimanche dans la nouvelle église de Port Leucate, participe ici et là, quand j’ai l’occasion de descendre au « pays » aux divers élections, – et naturellement j’y profite du vent et du soleil ! En fait c’est le pays du vent et du soleil. Le vent et le soleil – c’est un peu l’or du pays leucatois et des Corbières maritimes. Et parfois même, je passe même des vacances, en famille dans ce pays de soleil et de vent. Pourquoi  voterai-je donc dans un consulat lointain, à Berlin – ou à Frankfurt – si ces attaches « territoriales » sont encore si fortes. Je pense, que la France devrait enfin se procurer d’un droit électoral moderne y inclut la possibilité du « droit de vote par correspondance ».

Concernant les débats électoraux, même si je suis en partie d’accord avec l’analyse de Mathieu von Rohr(2012) « auf dem Mond (sur la lune) » paru dans le Spiegel, qu’un vrai débat sur la politique économique et sociale a manqué, – cette élection m’a permis de découvrir une nouvelle géographie sociale de la France. Je pense ici au livre de géographie – Fractures françaises – de Christophe de Guilluy. Je ne sais pas si le livre est comparable au « Tableau politique de la France de l’Ouest sous la Troisième République » d’André Siegfried, dont nous trouvons l’éloge dans le dernier livre d’ Éric Fottorino « Je n’avais pas tant retenue l’auteur du célèbre «Tableau politique de la France de l’Ouest sous la Troisième République », usant avec génie de la géologie le vote des départements du seigle et de la châtaigne, que le voyageur, l’observateur, l’homme de savoir et de méthode (Fottorino, E. 2012, 59). Mais le livre de Christophe de Guilly est instructif – et il permet de comprendre en partie le vote des couches populaires et des classes moyennes dans les élections précédentes. Et qui sait, peut-être le livre, pourrait nous aussi donner des indications précieuses pour ces élections présidentielles de 2012. Concernant les reportages de « voyages électoraux » – dont la lecture peut compléter la lecture des fractures françaises je pense au reportage de Gerow von Randow « Rache der Kleinen  – Viel versprochen, nichts gehalten – Frankreich hat nicht nur von seinem Präsidenten genug. Ein politischer Reisebericht aus dem Nachbarland. » Paru dans la Zeit – et a l‘impressionnante prise de vue – Une vie dans un vote –  paru dans le blog Avallon N 6, km 220 de Pascale Robert – Diard.

Ouvrages et livres citées :

Fottorino, Éric (2012) : Mon Tour du « Monde » – récit. Paris, (Gallimard), ISBN 978-2-07-013419-9

Guilluy, Christophe (2010) : Fractures françaises. Paris, ( François Bourin Editeur), ISBN 978-2-84941-201-5

Von Rohr, Matthieu (2012) : Auf dem Mond. Am Sonntag findet in Frankreich der erste Teil der Präsidentschaftswahlen statt, nach einem eigenartigen Wahlkampf, in dem viel von Personen, aber wenig von Wirtschaftsproblemen die Rede war. In: Der Spiegel, 16/2012, 94-95.

Christophe Neff, le 22.4.2012

Commentaire sur le «Guide des plantes invasives» de Guillaume Fried (20.4.2012)

couverture guide plantes invasives friedLe «Guide des plantes invasives» de Guillaume Fried est certainement une première pour la France métropolitaine. A ma connaissance même pour le reste de l’Europe un tel guide n’existe pas. Pour l’Allemagne j’en suis sûr, – actuellement il n’existe pas d’ouvrage sur les « plantes invasives » en Allemagne – la « Feldflora  zu den invasiven Pflanzenarten Mitteleuropas » attend encore sa naissance. Le livre de Guillaume Fried, – préfacée par Jacques Maillet nous présente sur 272 pages cent seize espèces invasives ou potentiellement invasives en France (France métropolitaine + Corse) et pays limitrophes. Le guide s’adresse au grand public. Après une petite introduction – les 116 espèces reconnues comme invasives ou potentiellement invasives sont décrites  dans des fiches de deux pages avec photos d’indentification. La fiche des plantes comprend 5 sections : impact, origine, répartition, habitat & risque de confusion.  Ces fiches sont relativement détaillées. Ils comprennent tous les informations nécessaires pour identifier ces « plantes exotiques » sur le terrain. L’introduction d’une dizaine de pages est une sorte de « review article » pour le grand public – où l’auteur nous rassemble les connaissances  actuelles de la recherche internationale sur les plantes invasives – et surtout les transpose aux réalités géographiques & environnementales de France métropolitaine et des pays limitrophes. Ainsi l’auteur nous présente une définition très utiles et applicables pour l’écologiste de terrain pour un premier « diagnostique de terrain » des « plantés invasives ». Je cite : « Une part plus restreinte des plantes introduites parvient à se reproduire de façon autonome et à persister sans intervention humaine. Après vingt-cinq ans de présence, elles sont considère par les botanistes comme naturalisées. Les plantes invasives sont un sous-ensemble de ces plantes naturalisées qui sont capables d’étendre rapidement leur aire de distribution ou elles sont introduites. Cette extension ce manifeste souvent par des populations de taille importante, qui s’accompagnent parfois d’impacts environnementaux ou économiques (Fried, 2012, 9). L’introduction finit par un remarquable chapitre final dénommé « Faut–il lutter contre les plantes invasives ? ».  Ce chapitre est un résumée sur notre responsabilité envers les écosystèmes – et il n’a rien à voir avec la « hystérie » de certain mouvement écologiste envers les  « néophytes invasives/invasive Néophyten » en Allemagne durant la décennie entre 1990 et 2000 – cette hystérie « anti néophytes » qui fut remarquablement bien analysé par Ute Eser dans son livre « Der Naturschutz und das Fremde » – bien au contraire. Je cite « En réalité, tout le monde s’accorde pour reconnaître que la grande majorité des introductions ont été bénéfiques. Il suffit de penser aux nombreuses plantes alimentaires tellement présentées dans notre quotidien que l’on oublie parfois qu’elles ont un jour été introduites (Tomates, Pomme de terre, Noyer etc.). Inversement, on peut noter qu’il existe aussi des plans de lutte contre des espèces indigènes comme la Fougère-aigle ou le Prunellier, qui peuvent envahir les milieux ouverts suite à l’abandon d’activités pastorales (la nécessité de lutter contre la fermeture naturelle des milieux est un autre débat … ). Cela montre bien que le critère déclenchant une intervention n’est pas le caractère étranger de la plante, mais bien son impact (mesurable) sur les milieux (Fried, 2012, 28).

Au niveau de plantes traitées, je crois que l’auteur a vraiment le mérite de décrire presque toutes les plantes invasives ou potentiellement invasives de France métropolitaine et des pays limitrophes. Je pense qu’en considérant que le guide s’adresse en partie aussi au pays francophones européens – (partie francophones de la Belgique, Luxembourg, Suisse romande, Val d’Aoste en Italie) – ou aux pays où le français est encore pratiqué par une partie considérable de la population – je pense au Tessin (suisse italienne) – il manque au moins le palmier de Chine (ou palmier à chanvre) (Trachycarpus fortunei). D’ailleurs dans le langage courant le palmier de Chine est aussi dénommée Palmier du Tessin. Concernant mes propres recherches dans le midi méditerranéen français je pense qu’il faudrait rajouter aux espèces traitées par Guillaume Fried – Phormium tenax, Saccharum spontaneum, Nicotiana glauca (Neff 2003), Aptenia cordifolia et Caesalpinia gilliesii (Neff & Scheid 2005). Ces espèces pourraient certainement être introduites dans une deuxième édition révisée et augmentée de l’ouvrage de Fried, édition qui serait certainement « une bienvenue ».

Critiques – en fait je ne trouve pas beaucoup de point de critique. On aurait pu ci et là – nommer les synonymes de certains noms scientifique – car si le livre est destiné au grand public il faudrait peut-être aussi faire apparaitre les synonymes scientifiques sous lesquelles les espèces sont peut être connues d’un plus grand public. Je pense par exemple au « Cyano »  Acacia cyanophylla Lindley – qui nous e présente sous « Acacia saligna (Labill.) H.L. Wendl.  Ce qui est certainement correct d’après la nomenclature botanique actuelle en service – mais le grand public – est-il vraiment au courant de cette nomenclature botanique? Et ne parlons pas – du nom vernaculaire utilisé pour Acacia saligna, – le Mimosa bleuâtre –  mais peut-être j’ai simplement trop longtemps travaillé en Afrique du Nord – ou disons-le – l’espèce c’est tout le simplement « le Cyano ». Mais tout ça, ce sont, comme par exemple le fait de traiter les cinq espèces de PhyllostachysPhyllostachys aurea, Phyllostachys viridiglaucens, Phyllostachys nigra, Phyllostachys pubescens et Phyllostachys bambusoides dans un seul fichier ne tache guerre l’impression très positives de l’ouvrage. Concernant Phyllostachys – je crois les diffèrent espèces de bambous  (Phyllostachys spec.) – très difficile à déterminer pour les non spécialistes sont peut-être les espèces avec un « potentiel invasive » sous- estimé. C’est mon impression que je rapporte aussi bien du Tessin, du pays de Gex, de l’Alsace (Neff 2007) et du Pays de Bade. Autre petit b-Moll que je rajouterai, – c’est la petite Bibliographie d’une page que je considère comme largement insuffisante. Un ouvrage grand public devrait aussi donner une orientation bibliographique plus large. Le nouveau Kowarik (2010)  « Biologische Invasionen – Neophyten und Neozoen in Mitteleuropa »  la soi-disant bible pour les espèces invasive en Moyenne Europe (Mitteleuropa) – devrait y être mentionnée – c’est une référence qui avec une bibliographie d’une cinquantaine de pages est une véritable mine d’or pour l’analyse des espèces invasives en Europe Centrale. Même si le livre est écrit en allemand – et les connaissances d’allemand se rétrécissent de plus en plus en France – je crois que l’ait encore assez de « botanistes de terrain » avec de solides connaissances d’allemand. Même chose pour le nouvel ouvrage de Rotherham & Lambert (2011) sur la perception des espèces invasives par l’homme. Je pense aussi que l’un ou l’autre article scientifique aurait certainement enrichit la bibliographie du livre. Vue de la médiatisation de L’ Ambrosie (Ambrosia artimisiifolia) en France (et en Suisse romande) – on aurait certainement y inclure l’article de Bruno Chauvel & Émilie Cadet « Introduction et dispersion d’une espèce envahissante : le cas de l’ambroisie  à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) en France » paru dans Acta botanica gallica. Mais ces petit b-Moll ne tache guerre l’impression positive du guide des espèces invasives écrit par Guillaume Fried.

Ce petit livre, – qui a aussi le mérite d’être « léger » et de trouver de la place dans un équipement de travail de terrain – est une prestigieuse aide pour le « géographe, botaniste, écologue  » professionnels travaillant (encore sur le terrain)  – ou tout simplement un bon guide de terrain pour toute amateur de la nature désirant savoir un peu plus sur les milieux qu’il fréquent.

Le guide s’adresse au grand publique de la France métropolitaine et des pays limitrophes – (partie francophones de la Belgique, Luxembourg, Suisse romande, Val d’Aoste) – ou au pays où le français est encore pratiqué par une partie considérable de la population – mais je pense que ce « guide & livre » peut très bien être utilisé en Espagne et au Portugal et même en Italie. Même chose pour le Maghreb. Connaissant assez bien la Tunisie, – je pense que c’est un guide idéal pour travailler sur l’impact des plantes invasives sur les écosystèmes tunisiens. Concernant la Suisse alémanique, – et considérant qu’en Suisse alémanique – les connaissances de français sont encore assez bonne – ce guide peut être une bonne aide de terrain pour des prospections de terrain sur les espèces invasives. Le guide de Guillaume Fried, peut aussi servir dans la partie Sud de l’Allemagne – (Baden-Würrtemberg, Rheinland –Pfalz, Hessen, Bayern) – peut-être même dans la partie septentrionale de Nordrhein Westfalen. Sachant bien que la connaissance du français en Allemagne sont en pleine dégringolade – je considère néanmoins – que le guide avec « ausreichenden Schulfranzösischkenntnissen » – faute d’une « Feldflora  zu den invasiven Pflanzenarten Mitteleuropas » actuellement disponible – peut être un aide précieuse pour la « Feldarbeit » – le travail de terrain.

Je résumé- le „Guide des plantes invasives „ de Guillaume Fried est une première pour la France métropolitaine (et peut-être pour une grand partie du reste de l’Europe). Je pense que ce petit livre est une vraie réussite, et qu’il vaut largement le prix de 18,90 Euro.

 

Fried, Guillaume (2012): Guide des plantes invasives.

Paris.  (Éditions Belin), 272 pages.  ISBN 978-2-7011-5793-1

Prix : 18,90 Euro

 

Literature et ouvrages citées :

Chauvel, Bruno; Cadet, Émilie (2011) : Introduction et dispersion d’une espèce envahissante : le cas de l’ambroisie  à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) en France. In : Acta Botanica Gallica, 158 (3), 309-327, 2011.

Eser, Ute (1999): Der Naturschutz und das Fremde. Ökologische und normative Grundlagen der Umweltethik. Frankfurt/New York (Campus Verlag). ISBN 3-593-36250-3.

Fried, Guillaume (2012): Guide des plantes invasives. Paris (Éditions Belin), 272 pages.  ISBN 978-2-7011-5793-1

Kowarik, Ingo (2010): Biologische Invasionen. Neophyten und Neozoen in Mitteleuropa. Mit Beiträgen von Wolfgang Rabitsch. 2. Wesentlich erweiterte Auflage. Stuttgart, (Eugen Ulmer), ISBN 978-3-8001-5889-8

Neff, C. (2003): Les Corbières maritimes – forment-elles un étage de végétation méditerranéenne thermophile masqué par la pression humaine ? In: Fouache, E. (Ed.): The Mediterranean World Environment and History. IAG Working Group on Geo-archeology, Symposium Proceedings. Environmental Dynamics and History in Mediterranean Areas, Paris, Université de Paris – Sorbonne 24 – 26 avril 2002. Paris, 191 – 202, (Elsevier France, ISBN 2-84299-452-3).

Neff, C. (2007) : Naturkundliche Beobachtungen in Munchhausen (Frankreich) Sauerdelta und Laurophyllisation in Munchhausen.. In: VOGT, J., D. BURGER, T.K. BUTTSCHARDT, A. MEGERLE (Eds): Karlsruhe, Stadt und Region. Ein Landeskundlicher Führer zu bekannten und unbekannten Exkursionszielen. Karlsruhe, Regionalwissenschaftlicher Fachverlag, p. 201 – 215, ISBN 978-3-9811189-2-6

Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.

Rotherham, I.D., Lambert, R.A. (Eds) (2011): Invasive & Introduced Plants & Animals. Human Perceptions, Attitudes and Approaches to Management. London, (Earthscan), ISBN 978-1-84971-071-8

Christophe Neff, le 20.4.2012

Blognotiz 18.4.2012: Kommentar zu Dirk Kurbjuweit „Die Freiheit der Wölfe – Wird das Internet zu einer neuen Schule der Barbarei?“

Es gibt Debattenbeiträge, denen wünscht man eine große Aufmerksamkeit. Sie verdienen es diskutiert zu werden. Zu diesen Beiträgen zählt der Beitrag von Dirk KurbjuweitDie Freiheit der Wölfe – Wird das Internet zu einer neuen Schule der Barbarei?“ welcher bisher nur in der aktuellen Printausgabe des Spiegel (Der Spiegel 36/2012 p.24-25) abgedruckt wurde.  Sascha Lobo hat am 17.4.2012 einen lesenswerten Beitrag über die (aktuelle) Bedeutung der deutschsprachigen Blogszene geschrieben. Bemerkenswerterweise wird dem Essay von Kurbjuweit über die Freiheit im Internet, über den Freiheitsbegriff der Piratenpartei, soweit man von einzelnen Beiträgen wie  z.B. dem von Klaus Bethge absieht, in der deutschsprachigen Blogszene kaum Beachtung geschenkt.  Das ist schon merkwürdig, wenn man bedenkt, dass sich der Essay Kurbjuweits mit dem Kern des Freiheitsbegriffes der Piratenpartei auseinandersetzt. „Als neue Partei der Bürgerrechte gelten die Piraten. Ihr großes Wort ist mein großes Wort: Freiheit. Aber viele Piraten und große Teile der Internetgemeinde meinen damit etwas, das ich nicht meine. Sie versuchen gerade dieses Wort, eines der wichtigsten der Menschheitsgeschichte, mit ihren Deutungen zu besetzen. Sollte ihnen das gelingen, wären die alten Freunde der Freiheit tatsächlich die neuen Freunde der Unfreiheit.“ Die totale Freiheit, so Kurbjuweit führt zur „Tyrannei der Starken gegenüber den Schwachen“ – und dabei zitiert er Isaiah Berlin mit den Worten „Die Freiheit der Wölfe ist der Tod der Lämmer.“

Kurbjuweit diskutiert auch den Zusammenhang zwischen Anonymität, Respektlosigkeit, Debattenkultur und Demokratie. Er nennt es erbärmlich in einem Land, in dem die Meinungsfreiheit gilt  sich bei Meinungsäußerungen hinter der Anonymität zu verstecken, sein Gesicht nicht zu zeigen. Kurbjuweit hat recht wenn er schreibt, dass in Deutschland die Meinungsfreiheit gilt – und fortfährt „ Das Netz ist voll von diesen Erbärmlichkeiten. Da wird massenhaft gezetert, geschimpft und beleidigt, ohne dass der Schreiber seinen wahren Namen nennt.“ Da kann man dem Spiegelautor nur recht geben, – auch ich habe da schon bisweilen leidvolle Erfahrungen machen müssen. Wobei schon Jaron Lanier darauf hinwies, dass man sich bei Internetpost nicht hinter seiner Anonymität verstecken sollte – „D’ont post anonymously unless you really might be in danger (Lanier, J. 2010, 21) (dazu auch auf Deutsch von Jaron Lanier das Spiegelinterview „Dynamik der Meute„).  In Deutschland gilt die Meinungsfreiheit – und man wird sich in den seltensten Fällen in eine Gefahrensituation begeben, wenn man offen und ehrlich seine Meinung darlegt und diese auch hinreichend begründet.

Zum Schluss des Beitrages zitiert Kurbjuweit noch Popper  – hier erlaube ich mir den ganzen Schlussabsatz des Spiegelessays wiederzugeben:  Der wahre Freund der Freiheit ist derjenige, der manche Unfreiheiten in Kauf nimmt. Es gilt, was der Philosoph Karl Popper schrieb: Uneingeschränkte Freiheit habe „das Gegenteil der Freiheit zur Folge; denn ohne schutz und Einschränkungen durch das Gesetz muss die Freiheit zu einer Tyrannei der Starken über die Schwachen führen.“ Zur Freiheit des Einzelnen gehört untrennbar die Verantwortung für die anderen (Kurbjuweit 2012).

Der Essay von Dirk Kurbjuweit ist ein wichtiger Debattenbeitrag über die Freiheit im Internet. Er legt den Finger tief in die Wunde einer Partei die sich als neue Partei der Freiheit, als die neue Bürgerrechtsbewegung deklamiert. Die „Wunde“ der Piratenpartei ist deren problematischer Freiheitsbegriff. Die Debatte um die „Urheberschaftsrechte“ wird dabei fast schon zur Marginalie.  Die Angst vor dem Shitstorm ist der erste Schritt in die Tyrannei des Kollektivs, – des Netzkollektivs. Man nennt das heute in euphemistischer Manier auch „Schwarmintelligenz“.

Zitierte Quellen:

Kurbjuweit, Dirk (2012): Die Freiheit der Wölfe – Wird das Internet zu einer neuen Schule der Barbarei? In:  Der Spiegel, 36/2012, p.24-25.

Lanier, Jaron (2010): You are not a Gadget – A Manifesto.  New York, Alfred A. Knopf, ISBN 978-0-307-26964-5

Christophe Neff, 18.4.2012

7 Apr 2011 to 7 Apr 2012: – one year of Clustrmaps in paysages. (16.4.2012)

ClustrMaps  is a hit counter map widget which allows showing the locations of the visitors of one specific site in a map. Geographer by education, I was interested to know, where the visitors of “Paysages” come from, so I installed the widget on 7 of April 2011. And since this date its running, providing me and the visitors of paysages nice maps with yellow and red dots. In one year Clustrmaps counted about 13877 readers visiting paysages. Most of the visitors of paysages come from France, followed by visitors from Germany and Tunisia. About more than 80 % of the visitors come from France, Germany, Tunisia, USA & Switzerland (Details see Tab 1.). The fact that a large part of the visitors came from France is not surprising, paysages is a francophone Blog, mainly written in French,  a blog written mostly for readers in the “francophone world”. Some articles are written in German, and very rarely paysages provides “posts” in English, – in fact this article is the tenth post written in English. To finish this blogostatistique – the mostly visited article – (as told by the wordpress – Le Monde dashboard) is – 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes. I have also written an English version of this post called “The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)” but this article has not got the audience of the “incendie meurtrier”, this perhaps due to the fact that the “drama of the 19 août 1949” is still present in the collective memory of France, – mainly in South West France. Concerning posts written in German, it seems that “Sturm Xynthia : Blick von der Unterhaardt auf La Faute-sur-Mer, L’Aiguillon und Port Leucate” and “Das Biafrakind” have got a broader audience.  Currently since the beginning of paysages – in May 2009 (first English article published on 29 of May 2009) – paysages received 76,477 visitors.

Tab. 1:  The geographical provenance of visitors of paysages from 7.4.2011 – 7.4.2012 (source Clustrmaps 7.4.2012)

Country Visitors absolute Visitors %
France

6450

46,47%

Germany

3003

21,64%

Tunisia

765

5,51%

USA

644

4,64%

Switzerland

504

3,63%

Belgium

477

3,43%

Canada

338

2,79%

Austria

160

1,15%

Algeria

142

1,02%

Netherlands

110

0,79%

total

91,07%

 

Pictures = screenshots from paysages-clustrmaps 7.4.2012

Christophe Neff,  16.4.2012