Blognotice 15.12.2013: Siggi – le vainqueur!

Ce fut un long et difficile chemin – mais à la fin du compte, Sigmar Gabriel remporta l’épreuve  du Mitgliederentscheid du SPD en grand vainqueur. Ce fut un vrai plébiscite pour le chef du SPD. Il y a presque six semaines, dans ma dernière blognotice, j’étais encore assez sceptique  sur ce que les « Mitglieder » – les membres du SPD suivraient le « Vorstand » vers une grande coalition avec la CDU.

Le score du Mitgliederentscheid est impressionnant, –  75,96% des adhérents  ont approuvé le Mitgliederentscheid. Ce score est d’autant plus incontestable que 77% des 474820 adhérents du SPD, (369680 exactement) ont pris part à ce vote qui constituait une procédure inédite dans l’histoire de la SPD (et dans l’histoire allemande comme le rappelle Frédéric Lemaitre dans son post de blog intitulé «Les sociaux-démocrates plébiscitent la grande coalition avec Merkel »).

Les deux arguments qui ont finalement fait basculer la pendule vers ce « oui massif » – étaient – le Mindestlohn – le salaire minimum à 8,50 euros, et la « Rente mit 63 » la retraite à 63 ans qui doit permettre aux salariés de 63 ans ayant cotisé 45 ans de prendre leur retraite sans pénalité, – car en ce moment l’âge de retraite, suivant  des classes d’âges se situe entre 65 1/2 et 67 ans. C’est la classe d’âge de 1964 qui partira en retraite en 2031 à l’âge de 67 ans. En introduisant la « Rente mit 63 » la SPD se réconcilie avec les « Facharbeiter »  – ces Facharbeiter qui commencent leur parcours professionnel  avec un apprentissage à l’âge de 14-18 ans, – et qui formaient jusqu’ aux fameuses réformes Hartz IV de Gerhard Schröder une grande partie de l’électorat traditionnel de la SPD.

Avec un tel plébiscite dans son  dos, Sigmar Gabriel renforce la position de la SPD dans la Grande Coalition, la fameuse Groko avec la CDU, à tel point que le verdict électoral des dernières Bundestagwahlen, qui fut un des plus mauvais résultats électoraux de la SPD depuis 1949 au niveau fédéral, semble presque oublié. Décidément, avec les résultats de ce Mitgliederentscheidt le poids politique de la SPD dans le Cabinet Merkel III surpasse largement son poids électoral actuel. Reste à savoir comment la Social-démocratie usera de cette nouvelle force politique au sein de la « Groko » au-delà du « Koalitionsvertrag ».

D’ailleurs le mot « Groko », pour finir ce petit billet, cet acronyme pour Große Koalition (Grande Coalition), a été élu « Wort de Jahres 2013 » (Mot de l’année  2013) – par la Gesellschaft für Deutsche Sprache !

Christophe Neff, le 15.12.2013

Blognotice: 04.11.2013 – SPD: le difficile chemin vers une grande coalition

Comme je l’ai déjà écrit dans mon dernier billet, « je pense que les barons de la SPD auront des grandes difficultés à  persuader les militants de la SPD de voter pour une « Grande Coalition » lors du Mitgliederentscheid ».  Sauf miracle, le Mitgliederentscheid qui est prévu pour la semaine du 6 au 12. Décembre, pourra se relever d’un désastre pour les dirigeants de la SPD. Une très grande parti des militants du SPD semblent être opposées à une grande coalition. La Unterhaardter Rundschau commence son reportage sur le Parteitag du SPD-Unterbezirks Neustadt/Bad Dürkheim du 30.10.2013 à Grünstadt avec les mots suivants:   „Si le débat sur la grande coalition pendant le SPD-Unterparteitag  reflète les avis de tout le parti en Allemagne, il n‘ y aura pas de majorité lors de la Mitgliederbefragung pour une participation de la SPD à  un prochain gouvernement (Wenn die Debatte über eine Große  Koalition beim SPD-Unterbezirksparteitag  ein Spiegelbild der Stimmungslage  der gesamten Partei ist, dann gibt es bei der Mitgliederbefragung keine Mehrheit für einen Eintritt der Sozialdemokraten in die Regierung (Die Rheinpfalz-Unterhaardter Rundschau 2.11.2013“). Dans ce même reportage on apprend aussi, que des dix orateurs, seulement deux se sont prononcée, à condition que dans le « Koalitionsvertrag » se retrouvent une  partie de principales « promesses électorales de la SPD, pour une participation de la SPD dans le prochain gouvernement Merkel.  Ces deux orateurs étaient Manfred Geis, le député de la SPD de la circonscription de Bad Dürkheim au Landtag de Rhénanie-Palatinat, – et un certain Christophe Neff de Grünstadt (bloggeur sur le Monde.fr.) Vu l’applaudimètre, – l’approbation de l’intervention de Manfred Geis et de la mienne par les délègues de la SPD fut plutôt faible, les autres orateurs se prononçant pour une non-participation de la SPD à un gouvernement Merkel furent véritablement ovationné par les militants-délégués de la SPD !

Etant moi-même membre de la SPD, – je ne peux que réitérer ma position prononcée  pendant ce Unterbezirksparteitag, position qui a été aussi reprise par la presse régionale (Unterhaardter Rundschau). A condition  que le Koalitionsvertrag reprenne  les principales promesses électorales  de la SPD, dont le « Mindestlohn (SMIC) », – un investissement massif dans les infrastructures et dans la recherche universitaire, je pense que le SPD devraient prendre le chemin d’une grande coalition. En plus il faut peut-être le rappeler, – le SPD est déjà sortie vainqueur d’une grande coalition, – ce fut en 1969, quand Willy Brandt après 3 années de grand coalition sous le chancelier Kurt Georg Kiesinger, gagna les élections fédérales de 1969, donc le SPD en aucune façon ne devrait avoir peur de Madame Merkel. Ajoutons à cela aussi un point de vue franco-allemand (et européen), – l’installation d’un Mindestlohn en Allemagne, –  mettrait enfin fin à certaine pratique de concurrence déloyale de certaines branches industrielles (par. Ex. l’abattage) et de  plus permettrait dans certaines régions de l’Allemagne de l’Est  que les employée puissent  enfin vivre dignement de leur salaire !

Mais soyons clairs, – vue la « Stimmung » actuelle des simples militants de base de la base de la SPD, – le chemin de la SPD vers une coalition sous la chancelière Angela Merkel me semble être particulièrement difficile. Sauf miracle, je pense même  que le résultat du fameux Mitgliederentscheid en Décembre sera un grand «Nein (Non) »  à une participation gouvernementale de la SPD dans une coalition avec la CDU !

Sources citées :

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau (2013) : „Zur Sache Debatte zur Großen Koalition“,   Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, Nr. 254, Samstag 2. November 2013.

Christophe Neff, le 04.11.2013

Blognotice 28.10.2013: Bienvenue au Merkelland

Mandats directs lors de l’élection du 22 septembre 2013. Légende: bleu = CDU/CSU, rouge = SPD, violet = die Linke, vert = les Verts. Source Wikimedia.org 2013

Il y a maintenant plus que quatre semaines Madame Merkel a remporté un grand succès électoral, frôlant presque la majorité des sièges du 18ème Bundestag. Politiquement parlé, ce succès électoral, qui fut un véritable raz de marée pour la CDU( voir  les résultats directs (Direktmandate) de la CDU)fut plutôt une victoire à la Pyrrhus, plus de quatre semaines après les élections, le nouveau gouvernement ne s’est pas encore formé. En ce moment il semble qu’une grande coalition avec la SPD est en train de se former, mais il ne semble pas du tout acquis que les troupes de la SPD suivront leur général Sigmar Gabriel pour une grande coalition sous la chancelière Merkel. Est-ce que les membres du SPD, voteront lors du « Mitgliederentscheid », qui est prévu afin de finaliser les « pourparlers de Coalition »  pour le « Koalitionsvertrag » avec la CDU. Ce Mitgliederentscheid semble encore très loin, mais actuellement je pense que les barons de la SPD auront des grandes difficultés à  persuader les militants de la SPD de voter pour une « Grande Coalition » lors du Mitgliederentscheid. La peur d’être marginalisés par la superpuissante Angela Merkel et la CDU est grande chez les simples « Mitglieder »(adhérents) de la SPD. Et si Angela Merkel ne trouvait pas de partenaire, elle ne semble guère tentée par l’option d’une Minderheitsregierung (Gouvernement minoritaire), – des nouvelles élections,  les Neuwahlen , des potentielles nouvelles élections porteront vraisemblablement la CDU vers une majorité absolue au Bundestag, une situation, il faut le rappeler, que jusqu’à présent seulement Kondrad Adenauer avait réussi  lors des élections fédérales de 1957 à affronter. La SPD se trouve donc aussi dans une situation délicate. Pour voir à quel point la CDU est déjà omniprésente dans le paysage politique allemand depuis les Bundestagswahlen 2013 il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte des Direktmandate (Mandants directs), le bleu (CDU) (191 mandats directs) et le bleu-foncé (CSU) (45 mandats directs) dominent largement, – par contre l’opposition en rouge le SPD (58), la Linke en violet (4 mandats directs), et les verts en vert (avec 1 mandat quasiment invisible) est presque invisible face aux couleurs bleu dominantes. J’ai bien l’impression, qu’en France, cette facette du succès électoral de Madame Merkel est restée inconnue. Lisant assez souvent les commentaires dans les divers articles du Monde sur l’Allemagne, dans le Blog de Frédéric Lemaitre etc. on a assez souvent l’impression qu’une grande partie de commentateurs croient vraiment qu’une grande partie des Allemands vit sous le seuil de pauvreté, végétant au niveau Hartz IV avec des petits boulots à 1 euro l’heure.  Mais ceci est une image d’Epinal qui et ici je reprends une citation de Guillaume Duval (2013 : 10) « ne peut cependant fonctionner que parce-que qu’elle s’appuie sur l’ignorance profonde et probablement croissante de sujet de l’Allemagne ». Madame Merkel n’aurait jamais rapporté ce raz de marée électoral le 22. Septembre 2013, si une grande partie de la population allemande vivait sous le seuil de pauvreté avec un salaire guère au-dessus du niveau Hartz IV. Naturellement il y a de la pauvreté, des exclus, des marginaux dans l’Allemagne des années 2013, oui il y a même comme en France des quartiers à Berlin ou à Dortmund ou à Duisburg où la police n’ose pas trop entrer, – cela existe – mais cela est loin d’être une généralité dans l’ Allemagne de l’an 2013.

Pour avoir un tableau assez réussi de l’Allemagne avant électorale de 2012 & 2013 je ne peux que recommander le livre de Guillaume Duval « Made in Germany. Le Modèle allemand au-delà des Mythes » même si ici et là se trouvent quelques erreurs d’approximations. La grande victoire électorale de Madame Merkel du Septembre 2013, même si au niveau politique cela ressemble plutôt  à une victoire à la Pyrrhus, montre à quel point une très grande majorité des allemands sont satisfaits  de  leur situation socio-économique actuelle. Au niveau actuel il est encore difficile de déchiffrer la silhouette du prochain gouvernement allemand. Par contre ce gouvernent devra résoudre au moins deux défis majeurs. S’attaquer enfin au problème d’une infrastructure en pleine décomposition.  À part le réseau classique ferroviaire français qui vu l’état des lignes de chemin de Fer dans le Massif central, les Vosges du Nord etc. est dans piètre état, on peut dire qu’en général  les voies de communication en France sont dans un meilleur état qu’en Allemagne. Le deuxième défi c’est d’enfin s’attaquer  au grave dysfonctionnement de la recherche universitaire et appliquée en Allemagne. Dans une très grande partie des matières scientifiques une majeure partie des Post-Docs est obligée d’émigre aux Etats-Unis, au Canada, en Suisse – et même en France  – car ils n’ont aucune chance de trouver un poste permanant dans le système de recherche allemand, grâce à la fameuse règle de 12 ans[1]. Une société, qui est tellement dépendante  du savoir-faire de ces ingénieurs et scientifiques comme la société allemande va droit au mur si elle n’est pas capable de créer des débouchés et des perspectives pour ses meilleures têtes ! Donc déjà deux défis énormes à affronter pour le prochain gouvernement allemand, il y a de plus le problème démographique qui pèse lourdement sur l’avenir allemand,  la société allemande est une société vieillissante ! Mais pour le problème démographique allemand il n’y a certes pas de solution politique à court et moyen terme !

Mais pour l’instant, l’Allemagne attend surtout avec une impatience grandissante la composition du nouveau gouvernement Merkel. Avec qui Madame Merkel, avec quelle équipe va-t-elle gouverner l’Allemagne pendant les prochaines quatre ans ?

Sources:

Duval, Guillaume (2013): Made in Germany. Le Modèle allemand au-delà des Mythes. Paris, Éditions du Seuil janvier 2013, ISBN 978-2-02-109779-5

Wikimedia Org (9.10.2013): Carte des mandats directs = Direktmandate nach Partei und Vorsprung – Bundestagswahl 2013, endgueltiges Ergebnis Source: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Direktmandate_nach_Partei_und_Vorsprung_%E2%80%93_Bundestagswahl_2013,_endgueltiges_Ergebnis.svg  et  http://vis.uell.net/btw/13/atlas.html?wkr13sieger dernière consultation des deux sources 27.10.2013 19:00

Christophe Neff, le 28.10.2013


[1] La fameuse règle de 12 ans (Wissenschaftszeitvertragsgesetz) préconise que avec un doctorat on peut au maximum travailler 12 ans (6 ans de temps de doctorat, 6 ans de temps post-doc) dans la recherche scientifique sur un contrat à durée déterminée. Si durant ces 12 ans on ne trouve pas de poste permanent (unbefristete Planstelle) on doit quitter la recherche universitaire (ou établissement équivalent) !

Blognotiz 21.09.2013: Mehr Demokratie wagen mit Heike Mrosek – Handwerk

Meine drei letzten Artikel (1,2,3)  in Paysages waren größtenteils dem Wahlkampf der SPD Direktkandidatin des Bundestagswahlkreis Neustadt – Speyer  Heike Mrosek-Handwerk gewidmet. So schrieb ich beispielsweise in meinem letzten Blogbeitrag „Blognotice 19.09.2013: dernier marathon électorale pour les Bundestagswahlen du 22.9.2013“ über den sehr engagierten Wahlkampf von Heike Mrosek-Handwerk – „unermündlich im Wahlkreis Neustadt-Speyer unterwegs, um dem Bürger ihr Gehör zu schenken versucht sie das unvorstellbare, nämlich Norbert Schindler den Wahlkreis streitig zu machen (im franz. Original « Ainsi dans la circonscription de Neustadt – Speyer Heike Mrosek-Handwerk tente l’imaginable,  de battre Norbert Schindler pour le « Direktmandat ». On a l’impression qu’elle est partout, toujours à l’écoute du citoyen. »).

Wenn man mich nach einem passenden Wahlkampfslogan für den Wahlkampf für Heike Mrosek-Handwerk gefragt hätte, dann hätte ich mit einem abgewandelten Willy Brandt Zitat geantwortet „mehr Demokratie wagen, deshalb Heike Mrosek-Handwerk wählen“.

Vor vier Jahren gab es in paysages ein kleines Posting zur Unterstützung des SPD – Kandidaten Dr. Wolfgang Ressmann mit dem Titel „Mit der roten Berta nach Berlin“. Heute am Vorabend der Bundestagswahlen, schreibe ich einfach „Mehr Demokratie wagen mit Heike Mrosek – Handwerk!“.

Christophe Neff, le 21.09.2013

Blognotice 19.09.2013: dernier marathon électorale pour les Bundestagswahlen du 22.9.2013

Les Bundestagswahlen (Élections fédérales allemandes de 2013) du 23.9.2013 se rapprochent de plus en plus. Les candidats, surtout ceux n’ayant pas la chance d’obtenir une bonne place sur les Landeslisten (voir aussi mon dernier post), essaye dans un dernier marathon électorale de persuader les électeurs de leurs circonscription de leur donner leur voix.  Ainsi dans la circonscription de Neustadt – Speyer Heike Mrosek-Handwerk tente l’imaginable,  de battre Norbert Schindler pour le « Direktmandat ». On a l’impression qu’elle est partout, toujours à l’écoute du citoyen.

Mais même les candidats ayant une place sure dans le prochain Bundestag, grâce à la fameuse Landesliste, essayent de gagner leurs mandat directement, – car la loi électoral a été change le 9.5.2013[1], – et le nombre des mandats  du prochain Bundestag pourrait considérablement augmenter grâce aux nouveaux  « Ausgleichsmandate ». Par exemple « Cansel Kiziltepe » candidat du SPD à Kreuzberg, tente sa chance face  à Hans-Christian Ströbele, le seul candidat des verts arrivé en tête dans une circonscription lors d’élections de 2009. Fréderic Lemaitre (2013) a d’ailleurs dressé un sympathique portrait de la candidate SPD  dans le Monde Dimanche15- Lundi 16 septembre 2013. J’ai fait la connaissance virtuel de « Cansel Kiziltepe » en rédigeant mes deux articles sur Ottmar Schreiner (voire ici et ici) et je pense que la candidate symbolise aussi le renouveau de la SPD. Mais Cansel Kiziltepe n’est pas la seule candidate SPD issue de l’immigration turque, – il y a par exemple Ergun Can dans la circonscription de Rottweil-Tuttlingen, qui essaye de réussir un bon résultat face à Volker Kauder,  un bon résultat qui pourrait lui permettre de se positionner pour une meilleure place sur la « Landesliste » pour les election de 2017.

C’est avec des personnalités comme « Cansel Kiziltepe, Heike Mrosek-Handwerk, Ergun Can», des candidats issus du milieu de la société, que la SPD pourrait rebondir dans quatre ans. Car même si dans les sondages de la SPD semble enfin grimper un peu, – la chancellerie, sauf miracle, restera dans les mains de la CDU. La question est plutôt de savoir avec qui Madame Merkel pourra gouverner l’Allemagne pour les prochains quatre ans.

Est-ce que le FDP pourra vraiment se maintenir au Bundestag ? Mais la grande énigme des élections du 23.9.2013 sera le score de l’AFD. Est-ce que ce nouveau parti réussira-t-il de sauter au-dessus de la barre fatidique de 5% des « Zweitstimmen ». Ce parti se présente la première fois pour les élections législatives, et les instituts de sondage, ont du mal à cerner sa vraie importance électoral. Personnellement je crois, que l’AFD a des vraies chances de faire partie du prochain Bundestag, – vue les marges d’erreurs statistiques des sondages, une telle perspective me semble pas tellement inimaginable.

Peut-être le choix du corps électoral allemands nous réservera aussi quelques surprises !  Dimanche le 22.09.2013 vers dix-huit heures on en saurra un peu plus !

Sources:

Lemaître, Frédéric (2013): Mme Kiziltepe, candidate issue de l’immigration. Dans le Monde, Dimanche15- Lundi 16 septembre 2013, p. 2. (L’article dans l’édition abonnés electronique)

Photo/Scan : Carte postal promotionnel d’ Heike Mrosek-Handwerk pour les Bundestagswahlen 2013. (Texte « Vivre la démocratie – allez voter le 22.09.2013, première voix Heike Mrosek – Handwerk, deuxième voix SPD »)

Christophe Neff, le 19.09.2013

 

 


[1] La loi respective fut votée le 21.2.2013 (Zweiundzwanzigstes Gesetz zur Änderung des Bundeswahlgesetzes http://dipbt.bundestag.de/extrakt/ba/WP17/495/49591.html)

Blognotice 09.09.2013: Quand Willy fut élu chancelier

« Als Willy Kanzler wurde » – quand Willy fut élu chancelier – tel est le titre de l’article de Rheinpfalz (2013) qui dresse un portrait de la candidate de la SPD Heike Mrosek-Handwerk  (sur Heike Mrosek-Handwerk voir aussi mon dernier article Auf ein Glas Wein mit Heike beim Kraftsportverein Grünstadt am 12.08.2013) pour la circonscription de Neustadt – Speyer pour les Élections fédérales allemandes de 2013 du 22.9.2013. En fait Willy Brandt  fut élu chancelier le 22 Octobre 1969, le premier gouvernement Brandt, commença avec cette fameuse phrase « Mehr Demokratie wagen (oser plus de democratie) »  dans la « Regierungserklärung du 28.10.1969 ».  Le premier gouvernement Brandt de 1969 fut donc le premier gouvernement de gauche allemand d’après-guerre. D’ailleurs dans le sympathique petit livre de Guillaume Duval (2013) sur le Modèle allemand (Made in Germany. Le Modèle allemand au-delà des Mythes)  l’auteur fait une grand erreur d’approximation écrivant sur Gerhard Schröder le vainqueur de Helmut Kohl « Rien de tel en 1988 : l’alternance fut complète, la gauche était majoritaire seule, les Verts et le SPD disposant  de la majorité absolue au Bundestag. Jusque-là, lorsque le SPD avait accédé au gouvernement, il avait dû le faire soit dans le cadre d’une grand coalition avec la CDU (1966-69), soit en s’appuyant sur le FDP, le petit parti libéral de centre droit (1969-1982). »

La FDP des deux gouvernements Brandt  n’était pas un parti libéral de centre droit, mais c’était un parti de tendance gauche-libérale, comparé  à la FDP de nos jours on pourrait même parler d’un vrai parti de gauche. La FDP d’aujourd’hui est un autre parti, – le « Social-libéralisme » est devenu  une « note de bas de page » de l’histoire de la FDP, – le libéralisme de gauche , on le retrouve aujourd’hui surtout chez les Verts allemands, et aussi en partie dans la SPD. Les gouvernements de Willy Brandt, sont donc considérés  dans la mémoire collective allemande (à juste titre) comme les premiers gouvernements de gauche de la Bundesrepublik Deutschland. D’ailleurs Willy Brandt avait tellement « remué » la Société allemande au début des années 1970, qu’il procura à la SPD dans les Élections fédérales allemandes de 1972  un score de 45,8% des voix (Zweitstimmen),  un résulta historique, que jamais la SPD n’a atteint depuis. De nos jours on est loin de tels résultats électoraux. Oui, Willy Brandt avait réussi l’exploit de remuer profondément la société allemande durant les débuts des années 1970. Je me souviens encore bien, j’étais un petit gamin, quand mon père en 1972 avant les élections fédérale m’avait amenait à accompagner sa classe bachelière pour une visite des usines Junghans à Schramberg. Une très grande majorité des bacheliers portaient de badges « Willy Brandt»  cela m’avait  profondément impressionné. Le premier gouvernement Brandt avait rabaissé l’Age électoral à 18 ans, les élections du 19. Novembre 1972 furent les premières s élections au niveau fédéral où les 18-20ans pouvaient voter. Jamais depuis ce 19. Novembre 1972 la SPD n’a pu retrouver cet élan électoral. Cette  véritable «onde de choc démocratique », cette « conscience sociale », qui avait touché l’Allemagne durant les années Brandt avait rapproché  la jeune écolière Heike Mrosek vers le SPD. 11 ans après la démission du chancelier Brandt, en 1985, Heike Mrosek entra dans la SPD. Et maintenant 28 ans après son début dans la SPD, 44 ans après que Willy Brandt fut élu chancelier de la jeune République fédérale allemande elle essaye de gagner la circonscription de Neustadt – Speyer pour le SPD. Pas facile, – la circonscription de Neustadt – Speyer est le fief de Norbert Schindler de la CDU, sorte de Christian Jacob allemand, vice-président du très influent Deutscher Bauernverband. Gagner le « Direktmandat »  contre Schindler serait presque un miracle. Reste la voie par les « Zweitstimmen » – mais pour réussir à avoir une bonne place sur les fameuses « Landeslisten » il faut convaincre les barons régionaux de la SPD. Comme l’a décrit dernièrement Karl Lauterbach (2013) lors d’une interview dans le Spiegel le système d’attribution des places sur les listes de la SPD (et des autres partis)  est problématique et le procédé est complètement opaque[1]. Madame Mrosek-Handwerk n’a pas réussi à gagner une bonne place sur la Landesliste du SPD Rheinland Pfalz. Pour qu’elle puisse avoir une réelle chance d’être élue au prochain Bundestag la SPD devraient au moins dépasser les 30% de voix au niveau fédéral. Même si après le « duel télévisé entre la chancelière Meckel  et le candidat Steinbrück  du 1.9.2013» la cote de la SPD semble monter un peu, – entre 25 à 28% – on est très loin des 45% que Willy Brand récolta  pour la SPD en 1972, – les chances pour Heike Mrosek – Handwerk de pouvoir siéger au prochain Bundestag sont assez faibles. Mais en débit de faibles chances de se voir élue au prochain Bundestag, Heike Mrosek-Handwerk ne cesse  son combat électoral sur le terrain de la circonscription de Neustadt – Speyer. Avec le souffle de Willy Brandt dans le dos elle essaye de convaincre les électeurs du fief de Norbert Schindler que le SPD est encore un parti de gauche. Un parti de gauche, qui incarne encore les idées de Willy Brandt sur la justice sociale et l’égalité des chances, une gauche qui essaye d’améliorer les conditions de vie du peuple.

Sources :

Duval, Guillaume (2013): Made in Germany. Le Modèle allemand au-delà des Mythes. Paris, Éditions du Seuil janvier 2013, ISBN 978-2-02-109779-5

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau (2013): Als „Willy“ Kanzler wurde.  Die Direktkandidaten (7). Heike Mrosek-Handwerk stammt aus einer Arbeiterfamilie. Ihre Eltern ermöglichten ihr eine gute Ausbildung. Diese Erfahrung und das, was sie als Fachanwältin für Familienrecht erlebt, sind die Gründe, weshalb sich die SPD-Kandidatin für Bildung und Chancengleichheit junger Menschen einsetzt – unabhängig vom Einkommen der Eltern.  In: Die Rheinpfalz Nr. 195, Freitag 23. August 2013.

Lauterbach, Karl (2013): „Illoyal, herablassend, falsch“  Spiegel – Gespräch. Der SPD-Abgeordnete Prof. Dr. Dr. Karl Lauterbach, 50, über das schwierige Verhältnis von Intelligenz und Politik, die Wandlung vom Wissenschaftler zum Politiker und seinen Widerstand gegen den damaligen SPD-Chef Kurt Beck. In: Der Spiegel, 36/2013, 46-48.

Christophe Neff, le 09.09.2013


[1] Lauterbach (2013, 47): „Das System der Listenaufstellung ist in allen Parteien, auch in der SPD, ziemlich fragwürdig, das Verfahren völlig intrasparent.“

Blognotiz 23.08.2013: Auf ein Glas Wein mit Heike beim Kraftsportverein Grünstadt am 12.08.2013

Am Montag den 12.08.2013 habe ich an der  Wahlkampveranstaltung der SPD Direktkandidatin des Bundestagswahlkreis Neustadt – Speyer  Heike Mrosek-Handwerk, „Auf ein Glas Wein mit Heike beim Kraftsportverein Grünstadt“  teilgenommen.  Inzwischen sind zwar schon ein paar Tage vergangen, aber da die Presse, sprich die örtliche Ausgabe der Rheinpfalz – die Unterhaardter Rundschau – nichts darüber schrieb, – und mir die Veranstaltung sehr gut gefiel – möchte ich doch ein paar Worte darüber im Paysagesblog erzählen.

In kleinem Kreis hat sich die Kandidatin vorgestellt und ihre wichtigsten politischen Anliegen wie Chancengleichheit und soziale Gerechtigkeit dargestellt. Daraus haben sich lebhafte Diskussionen entwickelt. Einerseits war das Publikum der Kandidatin wohlgesonnen, andrerseits schwebte der unheilvolle Schatten von Hartz IV über der Diskussion (Zu meiner Meinung zu Hartz IV siehe u.a. hier).  Ein Teil der anwesenden Bürger schien durchaus mit der SPD und deren  „Wertvorstellung“  zu sympathisieren, andrerseits empfand man deshalb gerade die „Hartz-Gesetze“, aber auch die Rente mit 67, als „Verrat“ an der Sache der „kleinen Leute“. Frau Mrosek-Handwerk hat es jedoch mit bewundernswerte Ruhe geschafft, dem Publikum klar zu machen, dass es eine „positive Veränderung“ der Hartz-Gesetze in Richtung mehr soziale Gerechtigkeit wohl nur mit der SPD geben wird. Mehr soziale Gerechtigkeit so ihre klare Botschaft, wird es nur mit der SPD geben.

Als sich gegen Ende der Veranstaltung die Wogen etwas geglättet hatten, habe ich mir noch eine allgemeine Bemerkung über die Bedeutung der Bildung in diesem Wahlkampf erlaubt, – nämlich, dass in diesem Bundestagswahlkampf bisher kaum um Bildungspolitische Inhalte  „gerungen“ wird.  Ein paar Tage später hat Marion Schmidt in der Zeit über diese „Lücke“ – einen Artikel namens – „Wo ist die Bildung im Wahlkampf? (Schmidt, Marion 2013)“ geschrieben.  Vor allem wies ich auf die desaströsen Zukunftsaussichten für den wissenschaftlichen Nachwuchs in Deutschland hin. Man liest hin und wieder darüber in Spiegel und Zeit, – wie letztens in einem Artikel von Annika Sartor in der Zeit – aber die Politik scheint das geradezu parteiübergreifend zu ignorieren.

Bemerkenswerte Weise hat die Kandidatin auch hier eine interessante Antwort, Antwort die sie teilweise aus ihrer Biographie begründet,  – Forschung und Lehre dürfen nicht privatisiert werden – und Bildungsgerechtigkeit  als Voraussetzung für Chancengerechtigkeit gehören für sie zu den Kernbereichen Sozialdemokratischer  Politik.  Das hört sich gut an, – erinnert ein bisschen an die sozialdemokratische Bildungseuphorie der 1970 Jahre, – andrerseits muss man sich fragen wie man angesichts „leerer Kassen“ und „Schuldenbremse“ die Grundfinanzierung  der Universitäten und Hochschulen mittelfristig nachhaltig verbessern wird.

Aber man merkt es ist ihr Thema, – Bildung und Chancengerechtigkeit für junge Menschen, – Aufbruch in eine neue Zeit. Als ich an diesem Abend durch die nächtlichen Gassen Grünstadts nach Hause lief, hatte ich das Gefühl – dass die SPD Kandidatin bei mir Erinnerungen an die große Zeit der Sozialdemokratie unter Willy Brandt weckte.  Zumindest darin habe ich mich nicht getäuscht, denn der heutige Artikel über die SPD-Kandidatin in der Unterhaardter Rundschau beginnt mit den Worten „Als Willy Kanzler wurde“.

Quellen:

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau (2013): Als „Willy“ Kanzler wurde.  Die Direktkandidaten (7). Heike Mrosek-Handwerk stammt aus einer Arbeiterfamilie. Ihre Eltern ermöglichten ihr eine gute Ausbildung. Diese Erfahrung und das, was sie als Fachanwältin für Familienrecht erlebt, sind die Gründe, weshalb sich die SPD-Kandidatin für Bildung und Chancengleichheit junger Menschen einsetzt – unabhängig vom Einkommen der Eltern.  In: Die Rheinpfalz Nr. 195, Freitag 23. August 2013

Schmidt, Marion (2013): Wo ist die Bildung im Wahlkampf? Für bessere Schulen und Unis machen die Parteien keine Werbung. In: Die Zeit, 14. August 2013, N. 34, p. 63

Geschrieben am 23.08.2013, veröffentlicht am 24.08.2013

Ottmar Schreiner – Socialiste, officier parachutiste et catholique (28.04.2013)

Ottmar Schreiner, qui est décédé le 6. Avril 2013 à Saarlouis, était quasiment inconnu en France. Ottmar Schreiner était un des derniers socialiste de la SPD. Je luis avais dédié mon dernier billet (allemand) sous le titre « Ottmar Schreiner – Sozialdemokrat, Fallschirmjägeroffizier und Katholik (Ottmar Schreiner – Socialiste, officier parachutiste et catholique)) ». Avec le décès d’Ottmar Schreiner la SPD perd un de ses derniers hommes de gauche. Ottmar Schreiner a toujours combattu l’ « agenda 2010, les lois Hartz » – mais il n’a jamais quitté la SPD – il a toujours essayé de se battre pour ses convictions dans la SPD. Parfois il était seul, très seul – les medias – le désignaient  « Betonlinker  (Gauche de béton) – mais il n’a jamais pensé à cesser son combat pour ses idées de justice sociale. Sa force de résistance, sa volonté de résister  il les a souvent expliquées par sa biographie personnelle – son parcours d’officier parachutiste (Fallschirmjägeroffizier) dans la Bundeswehr. Durant sa jeunesse, Ottmar Schreiner s’était engagé dans les paras allemands (Fallschirmjäger) pour devenir officier. C’était dans les années 1960,  avant sa carrière d’homme politique dans la SPD. Sa résistance, sa force de résistance, souvent il les expliquait par sa qualité d’ancien officier parachutiste  « Über Jahre in einer Minderheitenposition zu stehen, ist sehr belastend. Aber ich bin ausgebildeter Fallschirmoffizier, die schmeißen nicht hin (être pendant des années dans une position minoritaire, c’est ne pas facile. Mais je suis officier parachutiste, les officiers parachutiste n’abandonnent  jamais ». En enfait, Ottmar Schreiner poursuivait ses périodes de réserves chez les Fallschirmjäger  jusque à la fin de ses 50ans, – il participait même à des exercices de saut en parachute. Il faut préciser qu’avant la création du KSK, les paras allemands – les Fallschirmjäger étaient considérés comme l’élite de l’armée de Terre  (Heer) de la Bundeswehr. Les aristocrates devenaient officiers  dans la « Panzeraufklärungstruppe (sorte de cavalerie légère mécanisée), les sportifs qui aimaient l’escalades & le ski devenaient officiers  chez les Gebirgsjäger (chasseurs alpins), les combattants, les guerriers, devenaient officiers parachutistes.  Ottmar Schreiner n’a jamais abandonné son idée de se battre pour ces positions de gauche dans la SPD. Il a en plus renoncé à la tentation populiste version Oskar Lafontaine, – qui a rejoint la Linke – ou pour prendre un exemple actuel franco-français il  a renoncé à des positions de gauche populiste-autoritaire version Jean-Luc Mélenchon.  La SPD fête les 150 ans de la « Arbeiterbewegung (lutte ouvrière) », mais on se demande comment la SPD va combler ce vide que la disparition de Ottmar Schreiner laisse derrière lui. C’était un des derniers piliers de l’aile gauche qui se battait pour les idées de justice sociale au sein de la SPD.

Concernant les nécrologies pour Ottmar Schreiner dans le paysage médiatique allemand – je retiendrai celle de Peter Altmeier l’actuel ministre de l’environnement fédéral (membre de la CDU)  dans la Zeit  «Über alle Grenzen – Ottmar Schreiner wird mir fehlen ( a travers toutes les frontieres – Ottmar Schreiner va me manquer »   – et surtout le très émouvant témoignage de Cansel Kiziltepe. Cansel Kiziltepe, candidate de la SPD pour 83 circonscription du Bundestag 2013 (Wahlkreis 83 Berlin-Friedrichshain – Kreuzberg – Prenzlauer Berg Ost Bundestagswahl 2013)a publié dans son blog sous le titre «Tiefe Trauer – ein Kämpfer ist von uns gegangen (Grand tristesse – un combattant nous a quittée) » – un témoignage personnel sur Ottmar Schreiner , elle nous décrit une personnalité combative qui ne cessa jamais de croire que la SPD avait le devoir de se battre pour le rêve d’un monde meilleur, le rêve d’une justice sociale, mais aussi le rêve de l’ascension sociale. En lisant les mots de Cansel Kiziltepe – je pensais à mes propres mots dans un des mes premier billet de blog –  Villa Jasmin « Une Europe unie, libre, démocratique, juste et sociale – ceci pourrait être une image pour une gauche visionnaire qui est encore capable de mobiliser des hommes et des idées un peu comme les valeurs et les idées qui ont mobilisé Serge Moati père et ses camarades socialistes, mon grand père Jean Migliori et tous les autres pendant les années 30 et 40 d’une autre ère. » Serge Moati père, Jean Migliori, Ottmar Schreiner – chacun à  sa manière a combattu pour ce rêve d’un monde meilleur et juste. Ottmar Schreiner c’était un des derniers socialistes de la SPD, un des derniers défenseurs de la classe ouvrière au sein de la SPD.

Christophe Neff, le 28.04.2013

Ottmar Schreiner – Sozialdemokrat, Fallschirmjägeroffizier und Katholik (21.04.2013)

Ich hatte es letzte Woche durch den SPON erfahren, „Gegner der Agenda 2010: SPD-Politiker Ottmar Schreiner ist tot“. Peter Altmeier hat einen bewegenden Nachruf für die Zeit verfasst, die Saarbrücker Zeitung bezeichnete ihn als das „soziale Gewissen“ der SPD. Bewegend auch der Nachruf von Cansel Kiziltepe, mit dem Titel „Ein Kämpfer ist von uns gegangen“, – Cansel Kiziltepe die Ottmar Schreiner auch als ihren politischen Ziehvater bezeichnet, – was an sich schon bemerkenswert ist. Es gibt wohl nur wenige in der SPD die Ottmar Schreiner als ihren persönlichen Ziehvater bezeichnen.

Ich habe Ottmar Schreiner persönlich nicht gekannt, – aber dennoch fühlte ich mich in vielen Dingen mit ihm verbunden. Im Nachruf von Peter Altmeier finden wir folgende Sätze: Ottmar Schreiner war Fallschirmjäger, Fußballer und Jurist. Vor allem aber war er Sozialpolitiker und Sozialdemokrat, und zwar in dieser Reihenfolge….. Er hielt der SPD weiterhin die Treue, obwohl er die Politik der Agenda 2010 niemals akzeptiert hat.“ Hartz IV und die Agenda 2010, – das ist nun schon 10 Jahre Vergangenheit – aber ich war damals selbst strikter Gegner der sogenannten Agenda – sowie Ottmar Schreiner. Ich hatte damals auch intensiv über einen Parteiaustritt aus der SPD nachgedacht, – aber ich bin jetzt 10 Jahre nach der Agenda 2010 immer noch Mitglied der SPD – obwohl ich große Teile der Agenda 2010 immer noch für einen Fehler halte. In der SPD geblieben bin ich auch deshalb, weil es Menschen wie Ottmar Schreiner gab, die sich obwohl weitgehend vom „Parteimainstream“ isoliert für die „Kernaufgabe“ der Sozialdemokratie einsetzten, – für soziale Gerechtigkeit – der Vision einer sozial gerechten Gesellschaft.

Im SPON Nachruf auf Ottmar Schreiner kann man folgenden Sätze finden „Doch Schreiner blieb in der SPD. „Über Jahre in einer Minderheitenposition zu stehen, ist sehr belastend. Aber ich bin ausgebildeter Fallschirmoffizier, die schmeißen nicht hin“, sagte Schreiner einmal“. Ottmar Schreiner bezeichnete sich gern als Fallschirmoffizier, Fallschirmjägeroffizier – er stand offensiv zu seiner Bundeswehrvergangenheit, zu seiner Fallschirmjägerzeit, seiner Offiziersausbildung, – die Tatsache, dass er bis Ende 50 noch Reserveübungen absolvierte – auch das hat mich beeindruckt. Es gibt kaum Politiker, dazu noch sozialdemokratische, die so offensiv zur Bundeswehr gestanden sind, wie es Ottmar Schreiner getan hat. Die Fallschirmjägeroffiziersausbildung, – das ist sozusagen der weitere Baustein der mich mit Ottmar Schreiner verbindet. Ich habe mich fast zwanzig Jahre nach Ottmar Schreiner während meiner Wehrdienstzeit im Fallschirmjägerbataillon 251  in Calw, als ROB-W15 zum Reserveoffizier ausbilden lassen. Die Ausbildung zum Reserveoffizier erfolgte damals für die ROB-W15 (Reserveoffiziersbewerber W-15) über die erfolgreiche Ausbildung zum (Fallschirmjäger) – Unteroffizier, – danach folgten  die Reserveoffizierslehrgänge und die Truppenpraxis. Den Unteroffizierslehrgang Teil I habe ich Sommer 1985 im Fallschirmjägerbataillon 251 in Calw u.a. zusammen mit Dirk Niebel und Boris Grundl absolviert. Danach bis zur Auflösung der Luftlandebrigade 25 immer wieder meine Wehrübungen in Nagold (Fallschirmjägerbataillon 253) und später in Münsingen (Fallschirmpanzerabwehrbataillon 283)  abgeleistet. Nach der Auflösung der Luftlandebrigade 25 ging es mit den Wehrübungen weiter, – zwar nicht mehr bei der Fallschirmtruppe – und zwar bis heute. Meine letzte Wehrübung liegt keine 2 Wochen zurück, – die Kaserne habe ich am 5.4.2013 verlassen, – einen Tag bevor der Krebs Ottmar Schreiner endgültig besiegt hatte.  Dass Ottmar Schreiner seine Ausbildung zum  „Fallschirmoffizier“ als so prägend erlebte, dass er immer sie immer wieder als Bewegrund angab, weshalb er seinen Widerstand gegen die Agenda 2010, gegen Hartz IV, auf fast aussichtslosen Posten innerhalb der SPD, niemals aufgab, das kann ich gut verstehen. Wer damals zu Ottmar Schreiners Zeit, – oder in den 1980 Jahren in Calw oder Nagold die Ausbildung zum Reserveoffizier durchlief, – der lernte vor allem eines – durchzuhalten und zu kämpfen. Ottmar Schreiner, hat seine Vorstellungen von sozialer Gerechtigkeit niemals dem sozialdemokratischen Mainstream geopfert – auch wenn er dafür oft als „Betonlinker“ verunglimpft wurde.

Klagt nicht Männer, kämpft“ – an diesen Spruch aus meinen Calw & Nagolder Tagen musste immer wieder denken, wenn ich sah, wie Ottmar Schreiner, auf fast schon verlorenen Posten in der SPD für seine Vorstellungen von sozialer Gerechtigkeit kämpfte.

Die veröffentlichte Meinung in Deutschland glaubt ja bis heute größtenteils, dass die jetzige Wettbewerbsfähigkeit Deutschlands, vor allem auf den Erfolg der Schröder’ischen Reformpolitik also Hartz V, Agenda 2010 etc. zurückzuführen ist. Wie gesagt, das ist vor allem ein Glaube, – einen ernst zu nehmenden empirischen Beweis dafür, dass dem tatsächlich so ist, – habe ich bisher nirgendwo finden können.  Die einzig bisher empirisch belastbare Studie erscheint mir Arbeit von Richard Koo , über die der Spiegel unlängst berichtete, zu sein. Ich kenne zwar das Originalpaper(Vortrag) nicht, aber die Vorgehensweise von Koo erscheint mir nachvollziehbar und plausibel – und das Ergebnis erscheint mir auch plausibel: „Unrecht haben jene Linken, die jeden positiven Einfluss der Reformen auf die deutsche Wirtschaft abstreiten. Aber auch jene Wirtschaftsliberalen, die Deutschlands exportgetriebenes Wirtschaftswunder allein auf den härteren Umgang mit Arbeitslosen zurückführen“.

Wenn die SPD vielleicht etwas mehr bei der Agenda-Gestaltung auf Ottmar Schreiner gehört hätte, hätte Sie vielleicht mit einer ausgewogenere Agenda 2010 genau so viel erreichen können, wie erreicht worden ist, – ohne dabei so viel Glaubwürdigkeit in Fragen der sozialen Gerechtigkeit zu verlieren – wie sie in Folge der Agenda 2010 tatsächlich verloren hat. Mit Ottmar Schreiner hat die SPD, einen der letzten Kämpfer mit sozialdemokratischem Herzblut, einem der letzten Kämpfer für den sozialdemokratischen Traum einer besseren, gerechteren Welt, verloren. Man fragt sich wer diese Lücke innerhalb der SPD schließen soll.

Es gibt noch eine andere Seite an Ottmar Schreiner, jenseits von Politik die ich sehr geschätzt habe, etwas was mich über die Politik hinweg mit Ottmar Schreiner verbunden hat  – er war ein gläubiger Katholik. Vielleicht hat ihm auch der Glaube die Kraft gegeben, seine Kämpfe für seine Vorstellungen von Sozialdemokratische Politik, von sozialer Gerechtigkeit, aber auch der Kampf gegen die Krankheit, den Krebs, der ihn zwar dann doch letztendlich besiegt hat, zu führen.

Ich habe Ottmar Schreiner persönlich nicht gekannt, – aber dennoch fühlte ich mich in vielen Dingen mit ihm verbunden, deshalb habe ich auch diesen, sehr persönlich gefärbten Nachruf, verfasst. Ich schließe diesen Beitrag über Ottmar Schreiner mit dem Schlusssatz aus dem bewegenden Nachruf auf Ottmar Schreiner von  Cansel Kiziltepe „O Herr, lass mich da stehen, wo die Stürme wehen, und verschone mich nicht.

Christophe Neff, 21.04.2013

P.S.: Der Verfasser des Paysagesblog ist Oberstleutnant der Reserve und zur Zeit in einem Brigadestab in Süddeutschland Mobbeordert.

Blognotice 22.01.2013: pensées personnelles franco-allemandes sur le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée

Le couple franco-allemand fête le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée en grande  pompe à Berlin. Les medias français et allemands nous présentent  « éditons spéciales » sur cet anniversaire si spécial. Partout des « Symboles-Franco-Allemands » – récemment même un petit livret écrit par Andreas Rittau (2012 : Symboles Franco-allemands 1963-2013 – Construction d’un champ transnational) fut consacré au sujet. Durant une de ces Sondersendungen de la Télévision allemande, – nous fut présentée l’histoire des époux  Klinger, Francette et Gérard Klinger (1,2) qui se marièrent en 1966 et formèrent  depuis un couple franco-allemand. Quand Francette raconta la grande solitude des débuts du couple, cette histoire me rappela des souvenirs personnels. Mes parents formaient aussi un tel couple franco-allemand, mais ils n’eurent pas la chance de vivre une retraite paisible, de connaitre leurs petits-enfants franco-allemands, car mon père décéda des suites d’un cancer en janvier 1992. Mais la grande solitude, comme beaucoup de couples franco-allemands qui ont eu le courage d’affronter  les dures réalités d’un ménage franco-allemand, au début des années 1960 ils l’ont  aussi connue. Mes parents se sont mariés en 1962 à Dijon. Les parents de mon père, mes futurs grand parents allemands, n’avait pas participé à la cérémonie de mariage à Dijon. Ils n’apprécèrent pas trop, que leurs fils se marient avec une fille française. En fait, le rapprochement  ne se fit qu’à ma naissance à Tübingen en Juin 1964, à peu près 1 ½  ans après la signature du traité de l’Elysée. Dans le vieil album de photos familial qui se trouve encore chez ma mère,  mon père avait écrit quelques mois avant sa mort sous les photos de mon baptême – « und dann kamen Sie doch   (et ils arrivèrent tout de même) » ces photos sur lesquelles  on me voit entouré de mes grands-parents, les oncles et tantes allemandes. Ce fut ma naissance qui rapprocha enfin vraiment les deux familles. Avant ma naissance mes parents,  partiellement « boycottés» par la famille allemande, surtout ma mère, qui débarquait en Allemagne, sans comprendre ou parler un mot d’allemand avait dû faire face à des temps durs. Après cette naissance, – les choses s’arrangèrent  lentement. Les grands-parents allemands, Anton et Blanka Neff étaient aussi fiers de leur petit fils franco-allemand que les grands-parents français Jean et Germaine Migliori. Christophe Neff, – un petit franco-allemand, – avec une double nationalité franco-allemande – ce fut enfin le moment où la famille de mon père accepta le mariage de mon père avec une française. Un des premiers souvenirs de ma petite enfance, – c’est mon grand-père Anton Neff qui m’a amené voir les trains à la gare de Saulgau. Comme mon père m’amenait à la gare de Tübingen regarder les trains. Comme mon grand-père français Jean Migliori m’amenait au port du Rhin à Strasbourg voir les péniches et chalands du Rhin, – le Lookheed Constellation à Strasbourg-Neuhof (un ancien Constellation d’Air France transformé en bar (F-BHMJ / L1049G-82-98)), les visites de la gare de Strasbourg quand on allait chercher les tantes, ou les visites de aérodrome de Entzheim pour chercher la famille, qui arrivait d’ Angleterre ou des Etats-Unis. C’est ainsi que mes grand-pères, français et allemands en me faisant visiter gares, ports & aéroports m’avaient fait découvrir le monde de transports, – plus particulièrement le monde du Chemin de Fer, – le Monde du Chemins de Fer, qui fut dans un certain sens, aussi un de mes premiers amours.

De nos jours, – les couples franco-allemands n’ont plus affronté les dures réalités des années 1950, 1960, de fonder une famille franco-allemands quelques années après les douleurs de la guerre – c’était insensé. Aujourd’hui, 50 ans après la signature du traité de l’Elysée – fonder un couple franco-allemand n’a plus à faire face aux vieux démons de la guerre, des souvenirs de morts, de la déportation …… Un couple franco-allemand de nos jours n’a plus rien de spécial, – il doit faire face aux risques  de la vie normale de nos jours, – divorce, chômage, maladie … – mais grâce aux traités de l’Elysée les vieux démons de la guerre, des guerres (1870, 1914-18,1939-45) des souvenirs de guerre ont  disparu. D’avoir fait disparaitre ces vieux démons …. « Le bruit des bottes des SS qui résonne sur la cours de l’école de Hussigny » c’est aussi un des grands mérites du traité de l’Elysée. Parfois de nos jours, en critiquant l’état des relations franco-allemands, on oublie trop vite cette réalité …. Mes grands-parents n’ont jamais oublié Libéro Casciola mort en déportation à Bergen-Belsen, – mais ils ont quand même accepté que leur fille se marie avec un allemand. Ce fut en 1962, – le traité de l’Elysée n’était pas encore signé …. 41 ans plus tard, leur fille, en 2003 reçut  le Bundesverdienstkreuz, une des plus hautes décorations allemandes,  pour son travail politique au sein de la SPD, le travail pour les enfants en danger (Kinderschutzbund) – et la réconciliation franco-allemande.

Dommage, que mon père n’ait pas eu la chance de participer à cette cérémonie, lui qui avait risqué il y a maintenant 51 ans la rupture avec sa famille pour le simple fait d’épouser une jeune française.

Ouvrages et sources cités :

Rittau, Andreas(2012): Symboles franco-allemands. 1963-2013. Construction d’un champ transnational. Paris, L’Harmattan, Allemagne d’hier et d’aujourd’hui. ISBN 9788-2-296-99598-7

Christophe Neff, le 22.01.2013

P.S.: Les souvenirs très personnels franco-allemands de ma mère se trouvent dans le petit billet  «Cinquante ans … déjà! » du blog  Au jour le jour.