Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr (24.4.2011)

En écrivant mon dernier billet je me rendais compte qu’en fait il y n’avait pas d’article dans la Wikipedia.fr sur les cloches de Pâques. Il y a une petite ébauche sur le film de Louis Feuillade éponyme, mais pas d’article sur les cloches de Pâques. Dans l’article Pâques on trouve dans le chapitre « Fêtes et traditions populaires » les phrases suivantes (dernière consultation 24.4.2011 21:15): « En Belgique et en France, ce sont les cloches de Pâques qui apportent les œufs de Pâques. Depuis le jeudi saint, les cloches sont silencieuses, en signe de deuil. On dit qu’elles sont parties pour Rome, et qu’elles reviennent le jour de Pâques en ramenant des œufs qu’elles sèment à leur passage. En Allemagne et en France, le repas de Pâques est souvent l’occasion de partager un gigot d’agneau rôti accompagné de flageolets ». Ce n’est pas grand-chose, aucune source indiquée et en plus, concernant le repas de Pâques en Allemagne, c’est faux,  le gigot d’agneau pour le repas de Pâques n’est pas une tradition allemande,  peut être est-ce en train de le devenir sous l’impulsion de « live-style » magazine, mais ce que les auteurs de wikipedia – en fait l’auteur Gwalarn le 27.3.2005  à 19 :10  révèlent, relève en ce qui concerne l’Allemagne de la pure fiction. Donc ce qu’on trouve dans la wikipedia sur les cloches de Pâques est bien maigre ! C’est un peu dommage, car personnellement je crois qu’autrefois il y avait en effet un vrai fossé culturel – une sorte de röschti-graben qui séparait la culture francophone (catholique) – celle des cloches de Pâques – et allemande (protestante) celle du lièvre de Pâques – le fameux Osterhase. Déjà comme petit gamin durant les week-ends pascaux à Eckbolsheim, je m’apercevais de cette différence fondamentale entre l’Allemagne et la France. En fait, qu’on parlait français à Strasbourg, – grandissant dans un ménage bilingue cela ne m’a pas étonné, en plus le dialecte alsacien qu’on entendait ici et la dans la rue ne m’était pas étranger, car le Schramberger Schwäbisch est linguistiquement relativement proche du dialecte alsacien comme on le pratique à Strasbourg et dans une partie du Bas – Rhin. C’est la tradition des cloches de Pâques qui n’existait pas en Allemagne, qui m’a fait ressentir comme gamin de 4 ou 5 ans que Strasbourg et la France étaient donc un autre univers, l’univers où les œufs de pâques étaient rapportés par les cloches. En plus pour mes copains du Kindergarten St. Maria au Sulgen, – aussi bien qu’à la Grundschule Sulgen – la tradition de cloches était totalement inconnue. C’est Jean Egen dans les Tilleuls de Lautenbach qui a très bien décrit ce phénomène de frontière culturelle entre cloches de pâques et lièvre de pâques que j’ai moi-même connu comme gamin. « Le lièvre de Pâques, c’est comme la cigogne et Saint Nicolas, mes copains francs-comtois ne le connaissent pas, ils disent que les œufs sont apportes par les cloches, ce qui est difficile ä croire – comment feraient les cloches pour les retenir sous leur jupe et comment feraient les œufs pour ne pas se casser en tombant ? En Alsace, on est quand même plus sérieux, le jour de Pâques, après la grand-messe, mes Cousins, mon petit frère et moi, nous faisions chacun notre nid de paille dans le verger de grand-mère, puis nous passions à table en attendant que le lièvre distribue les trésors de sa hotte. » et quelques phrases plus tard « Nous courions vers les nids, ils étaient pleins d’œufs, de poissons, de lapins et de cocottes en sucre, en frangipane, en chocolat, il y avait aussi un agneau pascal en génoise et de véritables œufs durs qu’en temps ordinaire nous aurions dédaignés mais que nous engloutissions jusqu’ä l’étouffement parce qu’ils étaient peints en rouge ou en bleu » (Egen, Jean 1992, p.142-143). Chez mes grands-parents à Eckbolsheim, cela se passait semblablement, – sauf à un détail près, très important, – ma grand mère de souche lorraine, – qui avait déjà intégré avec grande habileté toutes ces pâtes italiennes (capeletti , gniocchi, etc. etc.) (dans ce contexte voir ici et ici) dans son ménage,  et ces pâtes- la elle les faisait encore elle-même jusque à la fin des années 1990, – elle intégra les lièvres de pâques alemano-alsaciens dans les cloches franco – françaises. Naturellement c’était les cloches qui nous rapportaient les lièvres rouges en sucre que nos parents transportaient depuis Schramberg pour approvisionner les cloches d’Eckbolsheim. Les cloches qui lâchaient toutes ces friandises dans le grand jardin de la maison familiale rue des pommes à Eckbolsheim, sous le grand cerisier, sous les buissons de groseilliers – et il y en avait des groseilliers – des noirs (cassis), des rouges, et même des Groseilliers à maquereau.

Au début des années 1970 mes grand – parents déménagèrent vers le Midi français, – un pays où le lièvre de pâques était un vrai inconnu,  sauf naturellement dans notre famille où les cloches franco-allemandes avaient toujours un « Osterhase » dans leurs bagages, que se soit à Aubord ou à Port Leucate. Si je me souviens bien, je crois avoir aperçu les premiers lièvres de pâques en chocolat dans le midi, au début des années 1980 – juste quelque temps avant l’élection de François Mitterrand, chez quelques pâtissiers-confiseurs. C’était pour ainsi dire un des avant-signes de la mondialisation. Entre-temps le « Osterhase » allemand devenait un article de la consommation de masse , le lièvre de pâques en chocolat qu’on trouve en Allemagne de nos jours dès début février dans les Supermarchés a presque failli faire disparaitre les rote Zuckerhasen de mon enfance. C’est devenu tellement rare que les rares pâtissiers-confiseurs qui prennent encore le temps de faire des rote Zuckerhasen, sont présenté dans des articles de presse (p.Ex. ici) – les rote Zuckerhasen autrefois une spécialité de l’Allemagne du Sud-  sont de nos jours une espèce en voie de disparition.

Dans notre monde mondialisé  où les coutumes disparaissent ou se transforment en mode de consommation de masse,  l’histoire du père noël en chocolat qui finit en lièvre de chocolat et qui est présent dans les étalages de supermarchés allemands de début Septembre jusque début mai est un triste exemple, il est clair que les différences culturelles, ce röschti-graben culturel entre le monde germanophone et francophone que j’ai moi-même encore connu entre le Osterhase et les cloches et qui est si bien décrit par Jean Egen dans les Tilleuls de Lautenbach se rétrécit de plus en plus.

Je pense quand même que les cloches de pâques mériteraient un bon article dans la wiki.fr. – si même le lièvre de pâques en a un (même si l’article se dénomme lapin de pâques – ce qui est historiquement faux – car c’est  bien le lièvre de pâques qui fut le premier à s’établir dans le vocabulaire, puisque c’est bien la traduction littérale du terme Osterhase  et  par la porte de l’Alsace le lièvre de pâques débarquait donc dans la langue française); mais un article bien sourcé qui nous raconte l’origine historique et religieux des cloches de pâques qui ramenaient les œufs de pâques serait certainement le bienvenu. Naturellement il reste la question de savoir si ces fameuses cloches de pâques sont simplement une tradition franco-française, ou si on trouve cette tradition dans la partie francophone de la Belgique, au Québec, en Suisse romande, ou même en Afrique francophone, – où la France n’a pas seulement laissé sa langue mais aussi partiellement le catholicisme comme par exemple dans le Sud de la Côte d‘ Ivoire.

Source & Citations :

Egen, Jean (1992) : Les tilleuls de Lautenbach. Mémoires d‘ Alscae. T 1. 3ème édition. Paris, Stock, ISBN 2-234-02523-0.

Joyeuses Pâques à tous mes lecteurs et toutes mes lectrices

Christophe Neff, Grünstadt le  24.4.2011

Billet de Gründonnerstag 2011

Gründonnerstag est le nom utilisé pour Jeudi saint en Allemagne. En Alsace autrefois le terme « Greendonnerschdaa » était aussi utilisé en Alsace. Comme en Allemagne c’était le Jour des Epinards – la Unterhaardter Rundschau y consacre aujourd’hui même un article sous le titre « Heute ist der Spinattag des Jahres  – Einem alten Brauch zufolge gibt es bei fast allen Familien, am Gründonnerstag Spinat, Kohl, Salate oder grüner Kräuter (Aujourd’hui c’est le jour des épinards – d’après une vielle tradition dans presque toutes les familles on sert des Epinards, Choux, Salades ou herbes vertes»).  Cette tradition est encore pratiquée en Allemagne dans certaines familles. Concernant les traditions pascales alsaciennes – il faudrait aussi mentionner que c’est ici que la tradition du lièvre de pâques est née, – même si la wikipedia francaise l’ignore (l’article wiki.fr est consacré au lapin de Pâques), – mais dans l’article de wikipedia.de sur l’Osterhase – l’histoire est bien décrite en citant même le récit de Georg Franck von Franckenau (De Ovis Paschalibus. Von Oster-Eyern (= Satyrae medicae, 18) (Heidelberg 1682, Dissertation des Johannes Richier)  qui décrivait la coutume (Volksglaube) des « Osterhasen » et des « Ostereier » dans certaines régions protestantes alsaciennes. Personnellement, pour revenir sur mon dernier billet, – j’ai passé beaucoup de week-ends pascaux en Alsace – car je n’ai pas seulement grandi dans la Raumschaft Schramberg, – à vrai dire avant que mes grands parents n’aient déménagé dans le Midi français au début des années 1970 – mon enfance, je la partageais entre Eckbolsheim et Schramberg-Sulgen. Je suivais le rhythme des saisons sous le grand cerisier dans le grand jardin de mes grand-parents à Eckbolsheim – et le chant des forêts du Feuerenmoos au Schoren à Schramberg – Sulgen en Forêt Noire. Mais cette histoire d’une enfance entre paysages de plaines alsaciennes pleins d’urbanité et les paysages ruraux de montagne de la Forêt Noire de la Raumschaft Schramberg, ce sera pour un autre billet. A Eckbolsheim c’était les cloches qui apportaient aussi bien des œufs de pâques et naturellement des „Osterlaemmele “ ainsi que des grands lièvres de pâques en sucre rouge. En fait ces grands lièvres en sucre rouge (rote Zuckerhasen ) étaient une spécialité de la maison « Café – Konditorei Brandtner » à Schramberg ( maison qui a disparu au moins dans sa formule pâtissier-salon de thé » depuis longtemps du paysage urbain de Schramberg) que mes parents rapportaient de Schramberg pour les cloches catholiques de Eckbolsheim.

Sources :

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau : Heute ist der Spinattag des Jahres  – Einem alten Brauch zufolge gibt es bei fast allen Familien, am Gründonnerstag Spinat, Kohl, Salate oder grüne Kräuter. Donnerstag 21. April 2011

Christophe Neff, Grünstadt le 21.4.2011

Dimanche des rameaux 2011 à Grünstadt

Ici à Grünstadt le « Palmsonntag », le Dimanche des rameaux, se fête avec des petits bouquets de buis, comme dans une grande partie de l’Allemagne (catholique). Dans la Raumschaft Schramberg, où j’ai grandi, il y avait une autre tradition, là c’était (et c’est encore) des branches de Houx qui accompagnaient la procession des fidèles du dimanche des rameux. Des houx, il y en a assez dans le Raumschaft Schramberg, la région est connue pour les belles forêts de Sapins et de houx – parfois même on trouve de tres beaux houx dans les rares prés encore entretenus sur les hauteurs entre le Fohrenbühl et la vallée de la Kinzig, – par exemple au lieudit « auf der Grub » ,duquel on a une magnifique vue sur les Grinden de la Forêt Noire du Nord et le Brandenkopf ; Brandenkopf le nom témoigne d’un vaste incendie que décima la montagne en 1730. Le Palmsonntag, -que ce soit à Schramberg ou au Sulgen se passait souvent dans la neige. Dans la vallée de la Kinzig les cerisiers étaient déjà en fleurs et dans la Raumschaft Schramberg les montagnes portaient encore leur manteau de neige. Il faut dire que je n’ai pas trop de souvenir des Palmsonntage à Schramberg, car assez souvent nous passions pâques dans le Midi, où le dimanche des rameux se dénomme aussi Dimanche des palmes ( ce qui est la traduction littérale de Palmsonntag , des mots allemand du Dimanche des rameaux). La visite de la messe dominicale c’était en plus le domaine de ma mère, – qui comme vraie catholique de gauche et membre de la SPD (Linkskatholikin) y allait régulièrement. Par contre mon père ayant reçu un surdosage de catholicisme traditionnel souabe était un des vrais et rares laïques allemands que j’aie connus. Il faut préciser que le catholicisme traditionnel du Württemberg en Oberschwaben, même si il fut extrêmement conservateur (ce qu’il est en plus certainement encore) , il a eu quand même a le mérite de ne pas se compromettre aves le nazisme, durant les plus sombres années de l’Allemagne. Les accusations publiques de Joann Baptist Sproll contre le programme de l’action T 4 qui se déroula à Grafeneck fut un des rares actes de résistance publique pendant le troisième Reich en Allemagne. Soit, personnellement je vais occasionnellement aussi bien en Allemagne qu’en France à la messe. Et je constate que les messes se vident, au moins dans les paysages ruraux, de plus en plus. Il faut admettre qu’aujourd’hui la messe du Palmsonntag á St. Peter était assez bien remplie, et que j’ai déjà participé a des messes pleine à craquer à St. Jacques de Port Leucate . Les messes se vident, et les messes se vidant de plus en plus en plus, c’est une certaine ruralité qui s’endort : Messe und Frühschoppen ,ces traditions se perdent de plus en plus dans le Sud de l’Allemagne catholique. Et il y a des régions, où non seulement les messes se vident, mais où les infrastructures qui sont cruciales pour la survie de la vie rurale se perdent de plus en plus, bureau de postes, postes de gendarmerie, hôpital etc. Ainsi la Raumschaft Schramberg va sauf miracle perdre son hôpital – les grand houx dans les Sapinières entourant les montagnes de Schramberg vont perdurer et produire encore des bouquets de houx pour les dimanches des rameaux , mais sans hôpital ,sans le Kreiskrankenhaus Schramberg la vie quotidienne dans la Raumschaft Schramberg deviendra sûrement plus difficile. Oui, les messes se vident, et cette ruralité que ce soit en France ou en Allemagne s’endort de plus en plus.

Coïncidence , mais en revenant de la messe des rameux comme j’allais autrefois durant mes années étudiantes avec des amis au Frühschoppen(l’apéro, assez souvent on y allait sans détours par l’église) je me branche sur la république de livres – et je retrouve une phrase dans le billet sur les mémoires de Bernard Pivot – qui résume fort bien le petit microcosmes de cette ruralité en voie de disparition : « C’est un homme du centre du centre de la France, héritier d’une lignée de paysans au cul de plomb, enracinés sur leur terre au point de ne jamais s’interroger sur l’au-delà de leur ligne d’horizon, qui en concevra une secrète fascination pour les cosmopolites, les apatrides, les gens et les esprits venus d’ailleurs, ceux dont il dit joliment qu’ils sont nés dans les pliures de la géographie et qu’ils ont grandi dans les codicilles de l’Histoire. » – c’est très franco – français – mais c’est aussi valable pour les paysages ruraux du Sud de l’Allemagne.

Je finis ce petit billet de dimanche des rameaux en me rappelant la collecte faite à l’église de St. Peter de Grünstadt lors de la messe des rameaux , collecte pour les chrétiens de Terre sainte. Terre sainte cela veux dire Israël et Palestine : dans ces pays lointains les rares chrétiens n’ont pas la vie facile ,la communauté chrétienne se rétrécit comme une peau de chagrin.

Christophe Neff, Grünstadt le 18.4.2011

Blognotice 1.2.2011

Temps gris d‘ hiver comme d‘ habitude dans le „Oberrheingraben“, – temps même tres gris. Pour oublier la grisaille de février ce soir la RDL nous recommande de regarder « A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU » de Nina Companéez (ce soir 1.2.2011 et demain 2.2.2011 sur A2). Peut être une bonne idée ? Normalement je ne regarde que rarement la télé – parfois Thalassa et Eisenbahnromantik – c’est tout. Mais cette semaine – il y a eu un événement télévisé en Allemagne qui m’a donc fait revenir vers le petit écran. Encore un Schimanski :«Schuld und Sühne » (Dimanche 30.1.2011 ARD 20:15) ,Schimanski comme durant mes années étudiantes à Mannheim.  Très belle critique du Schimanski « Schuld und Sühne » de Christian Buß dans le SPON. Durant mes années étudiantes à Mannheim, je n’avais même pas de Télé – donc le « Tatort Schimanski », c’était chez des amis ou chez les parents à  Schramberg en Forêt Noire. Pour le premier Schimanski (1982  Duisburg – Ruhrort) – j’étais encore lycéen – je n’avais même pas vingt ans , donc 19 ans après le premier Schimanski ,nous avons encore droit à notre dose de Schimanski. Nous n’avons certainement pas rajeuni – Schimanski non plus ;mais même avec un Götz George  ayant atteint ses 72 ans , Schimanski a encore un grand cœur, il est du côté de ceux qui n’ont pas toujours eu de chance dans leur vie … Dans « Schuld und Sühne » Schimanski  est confronté à la triste réalité du « Polizeialltag »( quotidien de la police) dans un milieu difficile, de la corruption entre ex. collègues etc. Ce Schimanski, c’est aussi un peu un Western ,les tournées dans sa vieille Citroën CX dans le port de Duisburg – le showdown remarquable  avec les policiers corrompus Petra Kroppen (Daniela Schulz) et Günther Patzaks (Hannes Jaenicke).  Oui c’est parfois un peu western, un peu nostalgique mais cela rappelle à ma génération les  années de nos vingt ans. Apres le Schimi – je me suis même permis le luxe de regarder  le talkshow politique Anne Will où on discutait sur l’affaire Gorch Fock et les  autres affaires qui actuellement secouent le ministre de la défense allemand sous le titre « Der „Selbstverteidigungsminister“ – bröckelt der Guttenberg-Mythos? ». Je me demande pourquoi ces affaires jusqu‘ á présent ne trouvent aucun reflet médiatique en France, car c’est la première fois que Karl-Theodor zu Guttenberg reçoit des sévères critiques de la part d’une grande partie de la presse politique allemande.

Donc avec cette surdose de télévision je ne sais vraiment pas si je regarderai A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU » de Nina Companéez, même si il faut avouer que le dernier billet de la RDL« Proust toujours ! La télévision rattrape le temps perdu »  donne vraiment envie d’allumer le poste de Télé ce soir. Mais j’ai encore devant moi la lecture du « Cannstatter Zuckerle » ,roman policier de Sigrid Ramge, qui joue à Stuttgart (le Cannstadter Zuckerle est un terroir viticole longeant le Neckar à Stuttgart Bad Cannstadt) et en Egypte et en plus une très belle anthologie des Poèmes de Johannes Bobrowski « Nachbarschaft » parue dans les Klaus Wagenbachs Oktavhefte. Les Poèmes de Bobrowski qui nous font découvrir des paysages perdus de l‘ Est  , méritent sûrement la lecture nocturne. Peut être plus qu’un téléfilm – même si il s‘ agit d‘ un téléfilm qui ose  toucher à un monument national pour citer les mots de Pierre Assouline.

Livres citées :

Ramge, Sigrid (2010) : Cannstadter Zuckerle. Ein Stuttgart-Krimi. Tübingen, Silberburg Verlag, ISBN 978-3-87407-990-7

Bobrowski, Johannes; Wagenbach, Klaus (2010):  Nachbarschaft : Gedichte / Johannes Bobrowski. Ausgewählt und mit einem Nachwort von Klaus Wagenbach. Klaus Wagenbachs Oktavhefte, Berlin, Klaus Wagenbach Verlag, ISBN 978-3-8031-3231-4

Christophe Neff, Grünstadt le 1.2.2011

Blognotice 20.12.2010: partout de la neige – en France, en Allemagne et même à Jendouba en Tunisie

Chamaerops humilis couvert de neige Grünstadt 17.12.2010
le doum de Grünstadt couvert par la neige de decembre 2010

Le « Doum » (Chamaerops humilis) de Grünstadt couvert par les neiges de décembre 2010 © C. Neff 17.12.2010

Pendant que la neige couvre une bonne partie de l‘ Europe, semant souvent le chaos , – surtout en Allemagne où il y  a eu des scènes tumultueuses  à  l’aéroport de Francfort  – mes craintes formulées dans mon dernier billet concernant la situation en Cote d‘ Ivoire sont malheureusement en train de devenir une triste réalité.  Mais ici en Europe c’est surtout la neige qui semble nous couper le souffle. Aéroports partiellement bloques, Autoroutes fermées  pour cause de camions bloquant la chaussée – et en Allemagne même les chemins de Fer ont de grandes difficultés à maintenir le trafic.  On pourrait croire que nous avions perdu tout simplement l’habitude d’un hiver normal comme les hivers de mon enfance en Forêt Noire.  A en croire les  commentaires de presse (en Allemagne et en France) on pourrait croire que nous sommes en face d’un véritable «Jahrhundertwinter – Hiver du siècle» – mais cela montre à quel point la mémoire collective est d’assez courte durée. Le dernier hiver assez long et relativement rude pour l’Allemagne ne date pas d’une vingtaine d’années – mais ce fut tout simplement le dernier hiver – l’hiver 2009-2010 – j’avais même écrit un petit billet sur cet hiver – l’Allemagne fatiguée de son hiver . Quelques mois d’été passent et tout est oublié. En ce qui concerne les Autoroutes bloquées par de longues  files de camions, nos sociétés payent le prix du choix d’une société « tout camion » – et en ce qui concerne les difficultés des trains de la DB-Ag je me demande pourquoi les trains de mon enfance  durant les hivers souvent  plus rudes que ce que vivions en ce moment  circulaient sans grands problèmes. Mais pendant cette période là- les aiguilles étaient encore chauffées pendant les hivers et il y avait aussi assez de personnel et de chasse-neiges à  socs et rotatives pour faire circuler les trains pendant les périodes de fortes chutes de neige. Naturellement dans une société « 100% camion » on n‘ a naturellement plus besoin de telles précautions.  Mais quand la neige arrive on paie l’addition. En moyenne Europe un hiver avec de la neige est tout à fait normal et n’a rien d’anodin.

Et tout cela va surement  empirer  avec les « Super Camions » – les fameux Jumbolaster  ou Gigalaster– qui seront testés à  partir de l’année prochaine en Allemagne.  Il n’y a pas seulement de la neige en Europe en ce moment. Le blog paysages a subit un véritable assaut de visites  grâce à l’article « De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka ».  En observant ce rush vers ce billet – je me suis dit – il neige sûrement en Kroumirie en ce moment. Eh bien, oui, c‘ est ainsi – j‘ ai trouvé une dépêche de Agence Tunis Afrique Presse datée du 16.12.2010 « Jendouba sous la neige » – où  on lis – je cite « JENDOUBA, 16 déc. 2010 (TAP) – La quantité de neige tombée, au cours des dernières 24 heures, sur les hauteurs de Ghardimaou, Balta Bouaouan et Fernana dans le gouvernorat de Jendouba est de 15 à 20 cm. » 20 cm c‘ est un peu plus qu’à Grünstadt en ce moment.

Les neiges tombent et sous leur blanc manteau le paysage devient silencieux. Très silencieux même sur  certains événement – nous apprenons tant sur les révélations de wikileaks – mais quel  silence sur l’éviction de Éric Fottorino du directoire du Monde.  Ici et là quelques révélations ou réactions  – mais jusqu’à  présent je n’ai pas reçu une explication cohérente de l’événement. Les abonnés du Monde, les lecteurs du Monde, tous les lecteurs du Monde, ont  le droit de savoir – de recevoir une explication cohérente pour comprendre ce qu’il se passe au sein  de leurs journal. Je ne juge pas ,mais on aimerait tout  simplement comprendre. Actuellement on a plutôt le sentiment que ce changement à la tète du Monde se perd sous le neiges hivernales.

A titre personnel  j‘ appréciais  les éditos de Fottorino – dernièrement  L’amour de soi et la haine des autres – c‘ était je crois son dernier éditos avant la révocation datant du mercredi 15.12.2010. En plus, j‘ ai beaucoup aimé  son avant dernier livre «L’Homme qui m’aimait tout bas »  qui nous parle, comme je le fais ici dans cette petite notice sur les paysages tunisiens, parfois sur les paysages de Tunisie- et quelle  coïncidence le 15.12.2010 le jour de la révocation de Éric Fottorino le blog «Enfin livre » – blog littéraire de Nicole Volle nous présente une très belle et chaleureuse critique du livre « L’Homme qui m’aimait tout bas »  dont je cite la phrase concernant les paysages tunisiens « De  sa Tunisie natale, il avait gardé le teint mat et l’amour du soleil, une certaine nostalgie aussi. ».

Et comme je parlais de voyage dans mon dernier billet – un voyage que j’aimerais bien faire – et cela en dehors de toute  considérations professionnelle , c’est de revoir cette  magnifique forêt de Kroumirie, de Chêne Zeen, de Chêne liège – et visiter le parc national de El Feija – parc national que je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter. Par manque de photo de la Kroumirie couvert de manteau neigeux j’ai présenté comme photo d’introduction notre Chamaerops humilis  – le doum de Grünstadt – couvert de neige. Pour les petits palmiers de chine (Trachycarpus fortunei) je ne crains pas trop – mais lui, le palmier nain – un vrai palmier méditerranéen, va-t-il survivre à  cet hiver ? Dans les anciens textes phytosociologiques  on nous présentait le palmier nain comme l’espèce thermomediterranéenne  typique ne supportant guerre les fortes gelées, mais de nos jours la littérature horticole nous donne  d’autres  données. Albano écrit dans son livre sur la culture des palmiers «D’une façon générale, les premiers dégâts sur le feuilles sont observés entre – 9 C. et – 12 C, mais certaines plantes sont capables de supporter des gels brefs de – 15. (Albano 2002, 132) ».  Dans « Winterharte Palmen », la véritable bible pour les amoureux de palmier de pleine terre en Moyenne Europe de Stähler & Spanner on trouve – 10 à – 13 C. (Stähler & Spanner 2007 155).  Jusqu’àprésent  le thermomètre ici à Grünstadt et la Unterhaardt n‘ est pas encore descendu en dessous de  – 10.

Photo © C.Neff: Le « Doum » (Chamaerops humilis) de Grünstadt couvert par les neiges de décembre 2010 © C. Neff 17.12.2010

Livres et sources citées :

Agence Tunis Afrique  Presse 16.12.2010 « Jendouba sous la neige »

Albano, P.-O. (2002) : La connaissance des palmiers. Culture et utilisation. Les principales espèces utiles et ornementales pour jardins tempérés et tropicaux. Aix – en-  Provence, EDISUD, ISBN 2-85744-0303-5

Fottorino, Éric (2009) : L‘ Homme qui m‘ aimait tout bas. Paris, Gallimard, ISBN 978-2-07-012463-3

Stähler, M, Spanner, T.W. (2007) : Winterharte Palmen. In Mitteleuropa erfolgreich auspflanzen, pflegen und überwintern. Medemia Verlag Berlin, ISBN 978-3-940033-01-7

Christophe Neff, Grünstadt le 20.12.2010

Quelques mots sur le reportage „la route australe“ d’Emilio Pacull dans l’émission Thalassa du vendredi 26.11.2010

Même si l’émission est passée sur l’écran il y a maintenant déjà plus d’une semaine je consacre quelques mots  à ce beau reportage de Emilio Pacull sur la Carretera Austral. Par mes obligations professionnelles je suis obligé de voyager beaucoup, et je serais prêt à travailler dans la plupart des pays, sauf dans les pays où je juge que le régime politique est vraiment inadmissible du point de vue de leur « gestion des droits de l’homme » comme par exemple actuellement l’Iran ou la Corée du Nord – et naturellement les pays qui sont simplement trop dangereux comme en ce moment la Somalie etc. Donc voyage professionnel  pour ce que le « Dienstherr » ou le « Drittmittelprojektgeber »  finance. Pour mes voyages privés je n’ai pas beaucoup de destinations de rêve. J’aime l’Allemagne, la France, la Suisse & Mitteleuropa – le monde méditerranéen – le mare nostrum – der altweltliche Mittelmeerraum dans le sens large incluant aussi le Portugal et les iles macaronésiennes mais en dehors de cela je n’ai pas beaucoup de destinations de rêve. Peut être que j‘ aimerais  refaire le voyage que j’ai fait comme étudiant à travers la Cote d‘ Ivoire en hiver-printemps 1990 – mais j‘ aimerais refaire ce voyage à travers ces magnifiques paysages de forêts et de savannes dans un pays démocratique et libre où les vieux démons de l‘ Afrique ne seraient qu‘ un malheureux souvenir lointain. Vu les actuels événements à Abidjan, – l’auto proclamation de Laurent Gbagbo comme président de la République de la Côte d‘ Ivoire – je crains vraiment le pire pour ce pays que j’ai connu étant la perle de Afrique de l’Ouest.

Un des voyage de j’aimerais bien faire en dehors de toute obligation professionnelle – c’est la Carretera austral – la route australe qui traverse la Patagonie chilienne du Nord au Sud. Naturellement je sais que la route australe a été un des projets phare du gouvernement de Pinochet. J’ai grandi dans un environnement de vieille tradition de gauche et dans notre demeure famille du Lärchenweg à Schramberg figurait en bonne place dans le salon un tableau de Uwe Rettkowski  en mémoire de Salvadore Allende. Le 11. Septembre 1973, j’avais juste 9 ans, m’avait terriblement marqué.  Cela m’avait tellement marqué  que 14 ans plus tard pendant mes études de géographie à Mannheim je me suis inscrit dans un séminaire de Ludwig Spielmann sur le putsch de Pinochet et les années Pinochet. Je me suis même mis à apprendre l’espagnol pour pouvoir lire les analyses et textes en version originale, car je voulais comprendre pourquoi le héros de mon enfance fut la victime d’un terrible putsch. Mais les plans de la route australe ne date pas des années Pinochet, – l’idée d’une route reliant le Sud du Chili a été déjà débattue durant les années 1950 à ce que je sache. Mais c’est le gouvernement de Pinochet qui réalisa enfin l’idée. Cela rappelle  un peu les Reichsautobahnen qui furent déjà projetées   et même partiellement construites durant la République de Weimar en Allemagne, mais qui fut un des grands succès de la Propagande du 1000 jährige Reich.

Cette  route australe, la nationale 7 chilienne qui traverse la Patagonie chilienne sur près de 1000 km est au centre du  reportage d‘Emilio Pacull de 37 minutes montré  dans l’émission du 26.11.2010 de Thalassa. Cette route, d‘ après ma géographie imaginaire qui se forge sur lectures et reportage & documentations de films, doit traverse un des plus magnifiques paysages du monde. Forêts, fjords, glaciers et volcans longeant les milles kilomètres de cette route à travers la Patagonie chilienne. Mais si on suit le reportage cette route qui amena progrès et civilisation dans cette partie de la Patagonie devient de plus en plus une menace pour ce formidable paysage (barrages hydroélectriques, prolifération des fermes d‘ élevage en mer, réchauffement climatique, changements globaux). Donc il faudrait plutôt faire vite pour réaliser  mon rêve de traverser  la Patagonie chilienne en empruntant la N.7, la ruta siete. Pas seulement la Patagonie chilienne, – mais en fait toute la Patagonie, – qu’elle soit Chilienne ou Argentine.  Donc pour conclure – ce reportage d’Emilio Pacull fut vraiment un des rares bijoux de la télévision publique. Un reportage qui renforçait mon désir de partir un jour en Patagonie pour découvrir ce paysage mystérieux.

« Une des images les plus impressionnantes  des Andes est la formidable ossature granitique du mont Fitz-Roy, en Argentine, semblable à une baleine qui sillonnerait le ciel, son dos ocre et neigeux émergeant des nuages. Les rayons des nuages dorent ses sommets, mais sur une des pentes les plus basses de la montagne, la nuit est tombée. Sa charge dramatique et son sens, cependant, ne viennent pas de l’écrasante puissance de  ce monde naturel, mais, par comparaison, de la fragilité  et de l’insignifiance  de l’être humain, cet invisible habitant d’un minuscule hameau surgissant, comme à la dérobée, au pied de la cordillère cyclopienne, sous la forme d’une trainée de maisons presque indiscernables, qu’on prendrait pour des flocons de neige tombés de la haut. Ce contraste est d’un grand effet plastique ; mais il souligne aussi quel esprit indomptable, quelle volonté de fer et quel héroïsme silencieux il a fallu aux êtres humains pour prendre racines dans les Andes. Et combien la vie, dans certaines régions andines, malgré les progrès de la modernité, demeure un combat  quotidien. » (Vargas Llosa, Mario (2005) : Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine, Chapitre Andes, p. 40)

La route australe – progrès de la modernité – ou menace pour ces magnifiques et fragiles paysages  de la Patagonie ? Je n’ai pas de réponse !

Je ferme les yeux, – et je vois l’ossature de la baleine de Mario Vargas Llosa surgissant des nuages à l’horizon formant un étrange paysage de neige et de roches, comme une montagne magique.

Sources :

Vargas Llosa, Mario (2005) : Dictionnaire amoureux de l‘ Amerique latine. Paris (Plon), ISBN 978-2-259-202258-9.

Christophe Neff, Grünstadt le 5.12.2010

Lundi le 29.11.2010 – et enfin la neige arriva à Grünstadt

Lundi le 29.11.2010 enfin la neige arriva à Grünstadt et les enfants partaient avec leurs „Schlitten“ dans les collines et vignobles pour y pratiquer la luge. Donc tout l’Allemagne du Sud est couverte d’un manteau neigeux. Une grande partie des stations de ski de forêt noire sont ouvert depuis le dernier week-end. Sur l’autre-côte des Vosges la station du Champ de Feu va ouvrir le 4.12.2010. Depuis Grünstadt le Ruhestein et le Vogelskopf sur la Schwarzwaldhochstraße et le Champ du Feu dans les Vosges sont les pistes les plus près de Grünstadt. A Grünstadt comme dans toute la Unterhaardt la neige normalement, sauf exception comme l’année dernière où nous avons aussi eu droit à plusieurs semaines de neige de décembre et de janvier, se me a fondre après quelques jours. Donc pour pouvoir profiter des paysages de neige il faut se déplacer vers les Vosges ou vers la Forêt Noire. A voire comment cet hiver va ce passer ici. En ce qui concerne les palmiers de la Unterhaardt, d’ont je parlai dans la Blognotice Samedi 27.11.2010: les premiers flocons de neige 2010 à Grünstadt et dans la Unterhaardt après le dernier hiver relativement rigoureux, beaucoup d`amateurs jardiniers des palmiers ont pris leurs précautions  et ont emballé leurs palmiers dans un emballage de protection.

Photo:  Blick auf die Martinskirche Grünstadt – Nebel und Novemberschnee 29.11.2010 © C.Neff

Christophe Neff, Grünstadt le 29.11.2010

Blog notice Dimanche 28.11.2010: chutes de neige de fin novembre 2010 en Forêt Noire et dans la Raumschaft Schramberg

Pour revenir sur mon dernier billet Blognotice- les premiers flocons de neige 2010  à Grünstadt et dans la Unterhaardt.  Pour le reste du Sud de l’Allemagne les prévisions météorologiques ont été par contre plutôt correctes. Il y a eu beaucoup de neige, surtout en Forêt Noire. A Schramberg , entre Schramberg et Schramberg -Sulgen , – il y a eu tellement de neige que le port de chaînes pour les poids-lourds était devenu obligatoire , d’après les annonces des divers radios trafics. Des chaines neiges fin  novembre , même pour la forêt noire c’est assez exceptionnel. Ces fortes chutes de neige de fin novembre en Forêt Noire me font poser la question aux forces politiques qui veulent à tout  prix fermer l’Hôpital de Schramberg (Kreiskrankenhaus Schramberg). Qui assura la couverture médicale durant les longs hivers de montagne, qui prendra en charge les accidentés de la Raumschaft Schramberg , si comme cela arrive si souvent, la route B 462 entre Sulgen et Dunningen est coupée pour cause de neige verglaçante ?

Cet hôpital fut pendant des décennies une des composantes majeures du paysage de la Talstadt Schramberg. Combien de jours lui reste-t-il ? Combien d’hivers encore ?

Il y a dix-neuf ans, fin novembre 1991 mon propre père  sortit de cet hôpital de campagne avec le diagnostic mortelle d’un cancer généralisé. Les premières neiges étaient déjà tombées ,même dans la Talstadt(vallée) Schramberg. Un hiver assez rude s’annonçait. Le médecin de famille le Dr. Gäckle et un ami de la Famille Werner Klank , lui aussi médecin étaient prêts à assurer les soins pendant les dernières semaines que mon père avaient encore à vivre et cela lui permit de passer ce temps chez lui avec sa famille. Mais Werner le rouge par conviction politique n’avait pas de voiture. Je lui prêtai donc la mienne, une petite Peugeot rouge 205, que j’avais financé avec l’argent gagné durant mes périodes de réserve militaire. Dans le coffre il y avait les chaînes  neige. En lui remettant la voiture Je lui disais, « Werner hier sind die Schneeketten, vielleicht  wirst du die ja brauchen ». En fait ce fut un hiver, rude, assez long, – Werner a été obligé, je crois, de mettre deux ou trois fois les chaînes. Quelques semaines plus tard, en Janvier 1992 nous enterrions notre père au cimetière de Sulgen sous un épais manteau de neige. C’était un vrai hiver de Forêt Noire. Dunkle Tannen (sombre sapins) et belles lumières, beaucoup de chutes de neige, à tel point que les croix en bois des morts  récents au cimetière du Sulgen disparaissaient sous la couverture neigeuse.

Christophe Neff, Grünstadt le 28.11.2010

Blognotice Samedi 27.11.2010: les premiers flocons de neige 2010 à Grünstadt et dans la Unterhaardt

Les premiers flocons de neige sont arrivées à Grünstadt et la Unterhaardt. Depuis jeudi 25.11.2010 ici et là quelques flocons de neige sont tombés à Grünstadt, – mais nous n‘ avons pas eu droit aux chutes de neige prévues par les prévisions météorologiques dont je parlais  dans la Blog notice Dimanche 21.11.2010. Dommage pour les enfants qui avaient tant espéré de revoir les paysages de vignes de la Unterhaardt couverts par un manteau de neige. La neige fond  assez vite, ce qui n’a rien d‘ exceptionnel, car la Unterhaardt comme tout le Hardtrand est trachycarpus-blatter-mit-erstem-novemberschnee-grunstadt-27112010.1290881750.jpgconsidérée comme un des paysages les plus « méridionaux » de l‘ Allemagne. On parle assez souvent, surtout dans la publicité touristique de : die Pfalz , die Toskana Deutschland , le palatinat ,la toscane allemande. Terme publicitaire qui ne décrit en aucun cas les paysages du Haardtrand. La Unterhaardt est en tout cas la région avec  la plus forte concentration de palmiers de jardin de pleine terre en Allemagne. Ces palmiers de jardin sont à 95% des Palmiers de Chine (Trachycarpus fortunei).

Le dernier hiver, qui était assez rigoureux , a sûrement eu raison d‘ un 1/3 de la population des palmiers de jardins. Donc 2/3 ont d‘ après mes observation survécu à cet hiver de 2009/10  qui fut assez froid et surtout relativement long. Mais il ne reste qu’environ 1/3 de cette population car beaucoup de propriétaires, vu le piteux état de leurs palmiers après le dernier hiver, au lieu d‘ attendre que les palmiers se régénèrent durant l‘ été, se sont tous simplement débarrassés de leurs palmiers. On ne veut pas de palmier, on veut un  beau palmier en pleine terre. C’est ainsi que la belle plantation de Palmiers de Chine de Bad Dürkheim (voir la photo ici), dont au moins 60% avaient  survécu au dernier hiver, on été abattus pour des raison purement esthétiques.

A voir comment cela va se passer cet hiver. Est-ce que les deux petits Trachycarpus fortunei et le Chamerops humilis plantés ce printemps dans notre jardin vont survivre à cet hiver ?

Photo: Premières neiges de Novembres sur palme de petit Trachycarpus fortunei à Grünstadt 27.11.2010 © C.Neff

Christophe Neff, Grünstadt le 27.11.2010

Blognotice Dimanche 21.11.2010

novembermorgenlicht-uber-den-dachern-von-grunstadt-20112010.1290319537.jpg Après avoir disparu pendant un moment, les images de la plateforme de blog du Monde ont fait réapparition durant la journée du dimanche 14. et du lundi 15.11.2010. Après tout, les techniciens du Monde ont quand même fait un travail considérable, au moins sur le blog paysages, la plupart des photos ont ressurgi durant la journée du lundi 15.11.2010. Plutôt bloggeurs de weekend et des jours fériés je n’aurais jamais eu le temps de réparer tous cela manuellement, – même si j’ai stocké toutes les photos utilisées dans le blog. Il ne reste à ce jour que l’article Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009) où il semble encore y avoir des problèmes. Donc en ce qui concerne le blog paysages, l’épisode « du crash de la plateforme des blogs le Monde », vu avec un peu de recul s’est plutôt bien samstag-20112010-erste-sonnenstahlen-uber-grunstadt.1290319721.jpgpassé ! Pour les blogs « photos » du Monde c’était une vraie catastrophe,  mais je crois que là aussi les problèmes majeurs ont été résolus depuis le dernier week-end.  En dehors de la question des fichiers images disparus et ils semblent maintenant retrouvés dans la plus part des cas, il reste la question du problème d’archivage des mémoires collectives dans le cyberspace, que j’ai posée dans ma dernière  notice de blog « Le jour où les images des blogs le monde ont disparu ». Drôle de Coïncidence, mais juste avant que les images des blogs le Monde ne disparaissent, j’avais commencé la lecture du Livre de Robert Darnton « the case for Books » – où ce problème de l’archivage de la mémoire collective hors de la « Galaxie Gutenberg » est élucidé de manière intéressante. Même chose mais sous un autre angle dans « N’espérez pas vous débarrasser des livres » de Carrière, Jean-Claude & Eco, Umberto, livre que j’ai lu quelques jours avant le crash.

Le stockage des textes et images  dans l’espace digital restent jusque à présent un problème non résolu.  Le « Mur de la honte de l’Atlantique » pour reprendre  le titre du billet du 18.11.2010 de la République de livres, -les Vestiges des « Bunker des Atlantikwalls » ont toutes les  chances de témoigner encore dans les centenaires même millénaires prochains d’une sombre époque qui s’abattait sur l’Europe – mais combien de temps le billet de Pierre Assouline et ses 460 commentaires vont-il survivre dans l’espace digital ?

Comme je parle de mémoire collective dans ce billet, le weekend dernier dans les confins du Wurtemberg entre Forêt Noire, les Gäue et le Neckar  – un dernier vestige de la lutte ouvrière du Wurtemberg disparaissait dans un incendie. Je parle du AWO Heim à Waldmössingen (petit village appartenant à la ville de Schramberg), – haut lieu de la Social-démocratie entre Jura Souabe et Foret Noire où la génération de mes parents planifiait les campagnes électorales de la SPD durant les années 1970 et 1980. C’est ici, et je m’en souviens encore bien, que mes parents et leurs amis du SPD (avec leurs enfants en bagage) cherchaient les tracts, les banderoles, les Aufkleber, la Sonntagszeitung du SPD, pour soutenir Klaus Kirschner, – un des derniers vrais  ouvriers membre du Bundestag et de la SPD. Est-ce qu’il y en ce moment encore un vrai travailleur qui siège pour la SPD au Bundestag à Berlin ? Je ne crois pas ! Au P.S. français – pas sur du tout !

Pour les bacheliers de Schramberg le AWO Heim de Waldmössingen avait une tout autre importance, au moins pour ma génération de bacheliers. C’était un lieu idéal pour faire de fêtes, -car la « Arbeiterwohlfahrt Schramberg » dans sa tradition de « gauche populaire » était une des rares organisations qui prêtaient leur salle et locaux volontairement aux bacheliers et autres groupes de jeunes des environs de Schramberg, de la ainsi dénommée Raumschaft Schramberg. Combien de premiers petits baisers furent échangés à l’AWO Heim à Waldmössingen. La presse locale écrit « AWO-Heim nicht mehr zu retten  » – et dans quelques  temps ce vestige de la lutte ouvrière et de la Social-démocratie du Wurtemberg tombera dans  l’oubli.  En plus, d‘ après les sondages, le SPD du Baden-Württemberg se porte plutôt mal, les verts on détrôné le SPD comme premier parti d’opposition au Baden-Württemberg grâce à leur opposition à Stuttgart 21 .  Mais les sondages, c’est un peu comme les prévisions météorologiques  peut on vraiment y croire ? Si on en croit vraiment les sondages qui circulent en ce moment, les verts on toutes les chances  de pouvoir remporter les élections régionales en mars 2011 et même de freitagnachmittag-19112010-weihnachtsbaum-im-stuttgarter-hbf.1290319959.JPGs’emparer du titre du Ministerpräsident ! Qui sait ? La Rheinpfalz nous annonce de la neige pour les plaines rhénanes, donc si cela s’avérait juste, Mercredi 24 ou Jeudi 25 il tomberait un peu de neige sur Grünstadt et la Unterhaardt. A voir donc ! En ce qui concerne les prévisions métrologiques – notons que l’Allemagne en ce moment est confrontée au fantôme du « Jahrtausendwinter » –  il y aurait des soi-disant  prévisions météorologiques qui prédiraient un hiver super froid et enneigé pour l’Allemagne. novemberlicher-schienenbewuchs-ailanthus-stuttgart-hbf-19112010.1290331953.JPGA voir – personnellement je suis plutôt sceptique et je ne crois guère  telle prévision , mais à en croire Gernot Schütz du Südwestfunk, même si un « Hiver millénaire (Jahrtausendwinter) n’est pas à craindre ,il y aurait une certaine probabilité que l’hiver prochain en Allemagne se révélerait plutôt froid. Donc à voir.

hall-des-pas-perdus-nordausgang-stgt-hbf-19112010.1290320223.jpgComme je parlais  beaucoup de mémoires collectives, d’images disparues, et des prévisions météorologiques j‘ ai garni ce billet avec quelques photos de la gare centrale de Stuttgart pris lors d‘ un deplacement professionel le vendredi 19.11.2010, le fameux Bonatzbau censé a disparaitre avec le projet Stuttgart 21 (des autres photos du Stuttgarter Hbf se trouvent ici et ici ) et quelques petites images de ciel de novembre à Grünstadt.

Photos ©toutes Christophe Neff

1.) Novembermorgenlicht über den Dächern von Grünstadt © C.Neff

2.) Samstag 20.11.2010, erste Sonnenstrahlen über Grünstadt © C.Neff

3.) Freitagnachmittag 19.11.2010 – ein Weihnachtsbaum im Stuttgarter Hauptbahnhof © C.Neff

4.) novemberlicher Schienenbewuchs – Ailanthus – Stuttgart Hbf  19.11.2010 © C.Neff

5.) Hall des Pas Perdu, Nordausgang Stuttgart Hbf, Freitagnachmittag 19.11.2010 © C.Neff

Sources et ouvrages cités :

Carrière, Jean-Claude; Eco, Umberto (2009 ) : N’espérez pas vous débarrasser des livres – entretiens menés par Jean-Philippe de Tonnac. Éditions Grasset & Fasquelle (le livre de Poche). ISBN 978-3-455-50175-9

Darnton, Robert (2009): The Case for Books. Past, Present, and Future. With a New Chapter on Google and the Digital Future. New York, PublicAffairs. ISBN 978-1-58648-902-1.

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, Samstag 20. November 2010: Heute mild, morgen kälter. Das Wetter: Ab nächster Woche ist mit Schnee zu rechnen.

Christophe Neff, Grünstadt le 21.11.2010