Blognotice 4.1.2011

Toujours l‘ hiver et  la neige à  Grünstadt et dans la Unterhaardt. Il a même fait très froid dernièrement – la Rheinpfalz (29.12.2010) nous parle de – 22,2 C (24,7) dans le nuit du 25 au 26.12.2010 à Friedelsheim où les vignes ont commencé à geler. Depuis le 29.11.2010 un manteau de neige couvre Grünstadt, la Unterhaardt et le Linage. Nous avons eu quelques périodes de redoux, – mais ces périodes de redoux n’ont jamais suffi à  faire fondre toute la neige. La prochaine période de redoux nous est annoncée pour Jeudi le 6.01.2011 – jour de l’épiphanie. A voir si cette période de redoux sera assez longue et assez douce pour faire disparaître la couverture de neige de la Unterhaardt. Peut – être, mais habituellement la période des grands froids arrive plutôt vers la fin janvier et début  février.

Froid et neige, il n’y en a pas seulement eu ici dans la vallée du Rhin mais aussi sur les rivages du sud de la méditerranée, il fait froid en Algérie et en Tunisie ; j’en parlais dans ma blognotice du 20.12.2010. ,mais derrière le froid et la neige se cachent de véritables tragédies. Les événements de fin de décembre à Jendouba qui ont fait venir du monde sur le blog paysages – ont été, je le suppose, les manifestations de solidarité à Jendouba pour Mohamed Bouazizi qui a tenté de mettre fin à ses jours par immolation à Sidi Bouzid. Combien de désespoir se cache derrière ce geste ! Oui le froid et la neige dans le Djebel cachent beaucoup de désespoir. Ici en Allemagne on est tellement occupé par l’hiver et la neige que les événements de  Sidi Bouzid n’ont trouvé aucun reflet dans les medias. Même le remaniement ministériel qui suivit les événements de Sidi Bouzid est passé quasiment inaperçu dans le paysage médiatique allemand.

Pour finir – comme je parle de paysage médiatique allemand – dans le dernier Spiegel (1/2011) on trouve une très belle critique « Vorsicht mit Urgoßmutter » signée Romain Leick de la traduction allemande du « Portrait » de Pierre Assouline. Pierre Assouline qui nous est présenté comme auteur (Schriftsteller), Kritiker (Critique), Biograf (biographe) – fait parler le portrait de Betty de Rothschild – « Er läßt das Gemälde sprechen, Bettys Seele ist in ihr Bild gewandert, von der Leinwand herab erzählt sie, sich an die Vergangenheit ihres erfüllten Lebens nachsichtig erinnernd und das Treiben der Gegenwart scharfsinnig beobachtend ». Le critique de Romain Leik donne envie de lire le Portrait (en version française) – et je dirais avec le temps la traduction allemande – pour comparer l’original et la traduction de Maja Ueberle Pfaff.  Traduction et Traducteurs (les passeurs) qui ont toujours leur place dans la république des livres. Pour finir , comme la République des livres nous parle d’un père manquant dans  « La déchirante lettre à une ombre d’Héctor Abad »  , j’aimerais signaler un livre qui nous raconte aussi l’histoire d’un père manquant : « Apostoloff » de Sibylle Lewitscharoff. Pour ce livre Lewitscharoff fut récompensée en 2009 par le « Preis der Leipziger Buchmesse ». Un livre qui joue à Stuttgart Degerloch et en Bulgarie. C’est aussi un portrait d’une Bulgarie inconnue. Le livre de Lewitscharoff nous dévoile un paysage inconnu et nous rappelle un paysage de dialecte de langue allemande en voie de disparation – le Herrgottzack et le Heilandzack – qui connait encore ses deux expression archaïques souabes ? C’est dans ce langage souabe que je grandis dans la Raumschaft Schramberg: Stuttgart était la capitale économique  et Tübingen « Hauptstadt des Geistes » le centre intellectuel du Württemberg  et la Bulgarie un pays inconnu derrière le « eiserne Vorhang », le rideau de fer. Apostoloff mériterait sûrement d’être traduit en français – mais comment traduire le « Herrgottzack » et le « Heilandzack »?

Sources citées :

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau – Mittwoch 29. Dezember 2010: Frostschäden in Pfälzer Weinbergen

Leick, Romain (2011): Vorsicht mit Urgroßmutter ! Literaturkritik: Pierre Assouline historischer Roman über Baronin Betty de Rothschild. In: Der Spiegel 1/2011, p. 114.

Lewitscharoff, Sybille (2010): Apostoloff. Suhrkamp Taschenbuch 4180, Frankfurt am Main, ISBN 978-3-518-46180-8

Christophe Neff, Grünstadt le 4.1.2011

Blognotice 20.12.2010: partout de la neige – en France, en Allemagne et même à Jendouba en Tunisie

Chamaerops humilis couvert de neige Grünstadt 17.12.2010
le doum de Grünstadt couvert par la neige de decembre 2010

Le « Doum » (Chamaerops humilis) de Grünstadt couvert par les neiges de décembre 2010 © C. Neff 17.12.2010

Pendant que la neige couvre une bonne partie de l‘ Europe, semant souvent le chaos , – surtout en Allemagne où il y  a eu des scènes tumultueuses  à  l’aéroport de Francfort  – mes craintes formulées dans mon dernier billet concernant la situation en Cote d‘ Ivoire sont malheureusement en train de devenir une triste réalité.  Mais ici en Europe c’est surtout la neige qui semble nous couper le souffle. Aéroports partiellement bloques, Autoroutes fermées  pour cause de camions bloquant la chaussée – et en Allemagne même les chemins de Fer ont de grandes difficultés à maintenir le trafic.  On pourrait croire que nous avions perdu tout simplement l’habitude d’un hiver normal comme les hivers de mon enfance en Forêt Noire.  A en croire les  commentaires de presse (en Allemagne et en France) on pourrait croire que nous sommes en face d’un véritable «Jahrhundertwinter – Hiver du siècle» – mais cela montre à quel point la mémoire collective est d’assez courte durée. Le dernier hiver assez long et relativement rude pour l’Allemagne ne date pas d’une vingtaine d’années – mais ce fut tout simplement le dernier hiver – l’hiver 2009-2010 – j’avais même écrit un petit billet sur cet hiver – l’Allemagne fatiguée de son hiver . Quelques mois d’été passent et tout est oublié. En ce qui concerne les Autoroutes bloquées par de longues  files de camions, nos sociétés payent le prix du choix d’une société « tout camion » – et en ce qui concerne les difficultés des trains de la DB-Ag je me demande pourquoi les trains de mon enfance  durant les hivers souvent  plus rudes que ce que vivions en ce moment  circulaient sans grands problèmes. Mais pendant cette période là- les aiguilles étaient encore chauffées pendant les hivers et il y avait aussi assez de personnel et de chasse-neiges à  socs et rotatives pour faire circuler les trains pendant les périodes de fortes chutes de neige. Naturellement dans une société « 100% camion » on n‘ a naturellement plus besoin de telles précautions.  Mais quand la neige arrive on paie l’addition. En moyenne Europe un hiver avec de la neige est tout à fait normal et n’a rien d’anodin.

Et tout cela va surement  empirer  avec les « Super Camions » – les fameux Jumbolaster  ou Gigalaster– qui seront testés à  partir de l’année prochaine en Allemagne.  Il n’y a pas seulement de la neige en Europe en ce moment. Le blog paysages a subit un véritable assaut de visites  grâce à l’article « De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka ».  En observant ce rush vers ce billet – je me suis dit – il neige sûrement en Kroumirie en ce moment. Eh bien, oui, c‘ est ainsi – j‘ ai trouvé une dépêche de Agence Tunis Afrique Presse datée du 16.12.2010 « Jendouba sous la neige » – où  on lis – je cite « JENDOUBA, 16 déc. 2010 (TAP) – La quantité de neige tombée, au cours des dernières 24 heures, sur les hauteurs de Ghardimaou, Balta Bouaouan et Fernana dans le gouvernorat de Jendouba est de 15 à 20 cm. » 20 cm c‘ est un peu plus qu’à Grünstadt en ce moment.

Les neiges tombent et sous leur blanc manteau le paysage devient silencieux. Très silencieux même sur  certains événement – nous apprenons tant sur les révélations de wikileaks – mais quel  silence sur l’éviction de Éric Fottorino du directoire du Monde.  Ici et là quelques révélations ou réactions  – mais jusqu’à  présent je n’ai pas reçu une explication cohérente de l’événement. Les abonnés du Monde, les lecteurs du Monde, tous les lecteurs du Monde, ont  le droit de savoir – de recevoir une explication cohérente pour comprendre ce qu’il se passe au sein  de leurs journal. Je ne juge pas ,mais on aimerait tout  simplement comprendre. Actuellement on a plutôt le sentiment que ce changement à la tète du Monde se perd sous le neiges hivernales.

A titre personnel  j‘ appréciais  les éditos de Fottorino – dernièrement  L’amour de soi et la haine des autres – c‘ était je crois son dernier éditos avant la révocation datant du mercredi 15.12.2010. En plus, j‘ ai beaucoup aimé  son avant dernier livre «L’Homme qui m’aimait tout bas »  qui nous parle, comme je le fais ici dans cette petite notice sur les paysages tunisiens, parfois sur les paysages de Tunisie- et quelle  coïncidence le 15.12.2010 le jour de la révocation de Éric Fottorino le blog «Enfin livre » – blog littéraire de Nicole Volle nous présente une très belle et chaleureuse critique du livre « L’Homme qui m’aimait tout bas »  dont je cite la phrase concernant les paysages tunisiens « De  sa Tunisie natale, il avait gardé le teint mat et l’amour du soleil, une certaine nostalgie aussi. ».

Et comme je parlais de voyage dans mon dernier billet – un voyage que j’aimerais bien faire – et cela en dehors de toute  considérations professionnelle , c’est de revoir cette  magnifique forêt de Kroumirie, de Chêne Zeen, de Chêne liège – et visiter le parc national de El Feija – parc national que je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter. Par manque de photo de la Kroumirie couvert de manteau neigeux j’ai présenté comme photo d’introduction notre Chamaerops humilis  – le doum de Grünstadt – couvert de neige. Pour les petits palmiers de chine (Trachycarpus fortunei) je ne crains pas trop – mais lui, le palmier nain – un vrai palmier méditerranéen, va-t-il survivre à  cet hiver ? Dans les anciens textes phytosociologiques  on nous présentait le palmier nain comme l’espèce thermomediterranéenne  typique ne supportant guerre les fortes gelées, mais de nos jours la littérature horticole nous donne  d’autres  données. Albano écrit dans son livre sur la culture des palmiers «D’une façon générale, les premiers dégâts sur le feuilles sont observés entre – 9 C. et – 12 C, mais certaines plantes sont capables de supporter des gels brefs de – 15. (Albano 2002, 132) ».  Dans « Winterharte Palmen », la véritable bible pour les amoureux de palmier de pleine terre en Moyenne Europe de Stähler & Spanner on trouve – 10 à – 13 C. (Stähler & Spanner 2007 155).  Jusqu’àprésent  le thermomètre ici à Grünstadt et la Unterhaardt n‘ est pas encore descendu en dessous de  – 10.

Photo © C.Neff: Le « Doum » (Chamaerops humilis) de Grünstadt couvert par les neiges de décembre 2010 © C. Neff 17.12.2010

Livres et sources citées :

Agence Tunis Afrique  Presse 16.12.2010 « Jendouba sous la neige »

Albano, P.-O. (2002) : La connaissance des palmiers. Culture et utilisation. Les principales espèces utiles et ornementales pour jardins tempérés et tropicaux. Aix – en-  Provence, EDISUD, ISBN 2-85744-0303-5

Fottorino, Éric (2009) : L‘ Homme qui m‘ aimait tout bas. Paris, Gallimard, ISBN 978-2-07-012463-3

Stähler, M, Spanner, T.W. (2007) : Winterharte Palmen. In Mitteleuropa erfolgreich auspflanzen, pflegen und überwintern. Medemia Verlag Berlin, ISBN 978-3-940033-01-7

Christophe Neff, Grünstadt le 20.12.2010

Lundi le 29.11.2010 – et enfin la neige arriva à Grünstadt

Lundi le 29.11.2010 enfin la neige arriva à Grünstadt et les enfants partaient avec leurs „Schlitten“ dans les collines et vignobles pour y pratiquer la luge. Donc tout l’Allemagne du Sud est couverte d’un manteau neigeux. Une grande partie des stations de ski de forêt noire sont ouvert depuis le dernier week-end. Sur l’autre-côte des Vosges la station du Champ de Feu va ouvrir le 4.12.2010. Depuis Grünstadt le Ruhestein et le Vogelskopf sur la Schwarzwaldhochstraße et le Champ du Feu dans les Vosges sont les pistes les plus près de Grünstadt. A Grünstadt comme dans toute la Unterhaardt la neige normalement, sauf exception comme l’année dernière où nous avons aussi eu droit à plusieurs semaines de neige de décembre et de janvier, se me a fondre après quelques jours. Donc pour pouvoir profiter des paysages de neige il faut se déplacer vers les Vosges ou vers la Forêt Noire. A voire comment cet hiver va ce passer ici. En ce qui concerne les palmiers de la Unterhaardt, d’ont je parlai dans la Blognotice Samedi 27.11.2010: les premiers flocons de neige 2010 à Grünstadt et dans la Unterhaardt après le dernier hiver relativement rigoureux, beaucoup d`amateurs jardiniers des palmiers ont pris leurs précautions  et ont emballé leurs palmiers dans un emballage de protection.

Photo:  Blick auf die Martinskirche Grünstadt – Nebel und Novemberschnee 29.11.2010 © C.Neff

Christophe Neff, Grünstadt le 29.11.2010

Blognotice Samedi 27.11.2010: les premiers flocons de neige 2010 à Grünstadt et dans la Unterhaardt

Les premiers flocons de neige sont arrivées à Grünstadt et la Unterhaardt. Depuis jeudi 25.11.2010 ici et là quelques flocons de neige sont tombés à Grünstadt, – mais nous n‘ avons pas eu droit aux chutes de neige prévues par les prévisions météorologiques dont je parlais  dans la Blog notice Dimanche 21.11.2010. Dommage pour les enfants qui avaient tant espéré de revoir les paysages de vignes de la Unterhaardt couverts par un manteau de neige. La neige fond  assez vite, ce qui n’a rien d‘ exceptionnel, car la Unterhaardt comme tout le Hardtrand est trachycarpus-blatter-mit-erstem-novemberschnee-grunstadt-27112010.1290881750.jpgconsidérée comme un des paysages les plus « méridionaux » de l‘ Allemagne. On parle assez souvent, surtout dans la publicité touristique de : die Pfalz , die Toskana Deutschland , le palatinat ,la toscane allemande. Terme publicitaire qui ne décrit en aucun cas les paysages du Haardtrand. La Unterhaardt est en tout cas la région avec  la plus forte concentration de palmiers de jardin de pleine terre en Allemagne. Ces palmiers de jardin sont à 95% des Palmiers de Chine (Trachycarpus fortunei).

Le dernier hiver, qui était assez rigoureux , a sûrement eu raison d‘ un 1/3 de la population des palmiers de jardins. Donc 2/3 ont d‘ après mes observation survécu à cet hiver de 2009/10  qui fut assez froid et surtout relativement long. Mais il ne reste qu’environ 1/3 de cette population car beaucoup de propriétaires, vu le piteux état de leurs palmiers après le dernier hiver, au lieu d‘ attendre que les palmiers se régénèrent durant l‘ été, se sont tous simplement débarrassés de leurs palmiers. On ne veut pas de palmier, on veut un  beau palmier en pleine terre. C’est ainsi que la belle plantation de Palmiers de Chine de Bad Dürkheim (voir la photo ici), dont au moins 60% avaient  survécu au dernier hiver, on été abattus pour des raison purement esthétiques.

A voir comment cela va se passer cet hiver. Est-ce que les deux petits Trachycarpus fortunei et le Chamerops humilis plantés ce printemps dans notre jardin vont survivre à cet hiver ?

Photo: Premières neiges de Novembres sur palme de petit Trachycarpus fortunei à Grünstadt 27.11.2010 © C.Neff

Christophe Neff, Grünstadt le 27.11.2010

Blognotice Dimanche 21.11.2010

novembermorgenlicht-uber-den-dachern-von-grunstadt-20112010.1290319537.jpg Après avoir disparu pendant un moment, les images de la plateforme de blog du Monde ont fait réapparition durant la journée du dimanche 14. et du lundi 15.11.2010. Après tout, les techniciens du Monde ont quand même fait un travail considérable, au moins sur le blog paysages, la plupart des photos ont ressurgi durant la journée du lundi 15.11.2010. Plutôt bloggeurs de weekend et des jours fériés je n’aurais jamais eu le temps de réparer tous cela manuellement, – même si j’ai stocké toutes les photos utilisées dans le blog. Il ne reste à ce jour que l’article Vendredi, journée de marché à Leucate (16.10.2009) où il semble encore y avoir des problèmes. Donc en ce qui concerne le blog paysages, l’épisode « du crash de la plateforme des blogs le Monde », vu avec un peu de recul s’est plutôt bien samstag-20112010-erste-sonnenstahlen-uber-grunstadt.1290319721.jpgpassé ! Pour les blogs « photos » du Monde c’était une vraie catastrophe,  mais je crois que là aussi les problèmes majeurs ont été résolus depuis le dernier week-end.  En dehors de la question des fichiers images disparus et ils semblent maintenant retrouvés dans la plus part des cas, il reste la question du problème d’archivage des mémoires collectives dans le cyberspace, que j’ai posée dans ma dernière  notice de blog « Le jour où les images des blogs le monde ont disparu ». Drôle de Coïncidence, mais juste avant que les images des blogs le Monde ne disparaissent, j’avais commencé la lecture du Livre de Robert Darnton « the case for Books » – où ce problème de l’archivage de la mémoire collective hors de la « Galaxie Gutenberg » est élucidé de manière intéressante. Même chose mais sous un autre angle dans « N’espérez pas vous débarrasser des livres » de Carrière, Jean-Claude & Eco, Umberto, livre que j’ai lu quelques jours avant le crash.

Le stockage des textes et images  dans l’espace digital restent jusque à présent un problème non résolu.  Le « Mur de la honte de l’Atlantique » pour reprendre  le titre du billet du 18.11.2010 de la République de livres, -les Vestiges des « Bunker des Atlantikwalls » ont toutes les  chances de témoigner encore dans les centenaires même millénaires prochains d’une sombre époque qui s’abattait sur l’Europe – mais combien de temps le billet de Pierre Assouline et ses 460 commentaires vont-il survivre dans l’espace digital ?

Comme je parle de mémoire collective dans ce billet, le weekend dernier dans les confins du Wurtemberg entre Forêt Noire, les Gäue et le Neckar  – un dernier vestige de la lutte ouvrière du Wurtemberg disparaissait dans un incendie. Je parle du AWO Heim à Waldmössingen (petit village appartenant à la ville de Schramberg), – haut lieu de la Social-démocratie entre Jura Souabe et Foret Noire où la génération de mes parents planifiait les campagnes électorales de la SPD durant les années 1970 et 1980. C’est ici, et je m’en souviens encore bien, que mes parents et leurs amis du SPD (avec leurs enfants en bagage) cherchaient les tracts, les banderoles, les Aufkleber, la Sonntagszeitung du SPD, pour soutenir Klaus Kirschner, – un des derniers vrais  ouvriers membre du Bundestag et de la SPD. Est-ce qu’il y en ce moment encore un vrai travailleur qui siège pour la SPD au Bundestag à Berlin ? Je ne crois pas ! Au P.S. français – pas sur du tout !

Pour les bacheliers de Schramberg le AWO Heim de Waldmössingen avait une tout autre importance, au moins pour ma génération de bacheliers. C’était un lieu idéal pour faire de fêtes, -car la « Arbeiterwohlfahrt Schramberg » dans sa tradition de « gauche populaire » était une des rares organisations qui prêtaient leur salle et locaux volontairement aux bacheliers et autres groupes de jeunes des environs de Schramberg, de la ainsi dénommée Raumschaft Schramberg. Combien de premiers petits baisers furent échangés à l’AWO Heim à Waldmössingen. La presse locale écrit « AWO-Heim nicht mehr zu retten  » – et dans quelques  temps ce vestige de la lutte ouvrière et de la Social-démocratie du Wurtemberg tombera dans  l’oubli.  En plus, d‘ après les sondages, le SPD du Baden-Württemberg se porte plutôt mal, les verts on détrôné le SPD comme premier parti d’opposition au Baden-Württemberg grâce à leur opposition à Stuttgart 21 .  Mais les sondages, c’est un peu comme les prévisions météorologiques  peut on vraiment y croire ? Si on en croit vraiment les sondages qui circulent en ce moment, les verts on toutes les chances  de pouvoir remporter les élections régionales en mars 2011 et même de freitagnachmittag-19112010-weihnachtsbaum-im-stuttgarter-hbf.1290319959.JPGs’emparer du titre du Ministerpräsident ! Qui sait ? La Rheinpfalz nous annonce de la neige pour les plaines rhénanes, donc si cela s’avérait juste, Mercredi 24 ou Jeudi 25 il tomberait un peu de neige sur Grünstadt et la Unterhaardt. A voir donc ! En ce qui concerne les prévisions métrologiques – notons que l’Allemagne en ce moment est confrontée au fantôme du « Jahrtausendwinter » –  il y aurait des soi-disant  prévisions météorologiques qui prédiraient un hiver super froid et enneigé pour l’Allemagne. novemberlicher-schienenbewuchs-ailanthus-stuttgart-hbf-19112010.1290331953.JPGA voir – personnellement je suis plutôt sceptique et je ne crois guère  telle prévision , mais à en croire Gernot Schütz du Südwestfunk, même si un « Hiver millénaire (Jahrtausendwinter) n’est pas à craindre ,il y aurait une certaine probabilité que l’hiver prochain en Allemagne se révélerait plutôt froid. Donc à voir.

hall-des-pas-perdus-nordausgang-stgt-hbf-19112010.1290320223.jpgComme je parlais  beaucoup de mémoires collectives, d’images disparues, et des prévisions météorologiques j‘ ai garni ce billet avec quelques photos de la gare centrale de Stuttgart pris lors d‘ un deplacement professionel le vendredi 19.11.2010, le fameux Bonatzbau censé a disparaitre avec le projet Stuttgart 21 (des autres photos du Stuttgarter Hbf se trouvent ici et ici ) et quelques petites images de ciel de novembre à Grünstadt.

Photos ©toutes Christophe Neff

1.) Novembermorgenlicht über den Dächern von Grünstadt © C.Neff

2.) Samstag 20.11.2010, erste Sonnenstrahlen über Grünstadt © C.Neff

3.) Freitagnachmittag 19.11.2010 – ein Weihnachtsbaum im Stuttgarter Hauptbahnhof © C.Neff

4.) novemberlicher Schienenbewuchs – Ailanthus – Stuttgart Hbf  19.11.2010 © C.Neff

5.) Hall des Pas Perdu, Nordausgang Stuttgart Hbf, Freitagnachmittag 19.11.2010 © C.Neff

Sources et ouvrages cités :

Carrière, Jean-Claude; Eco, Umberto (2009 ) : N’espérez pas vous débarrasser des livres – entretiens menés par Jean-Philippe de Tonnac. Éditions Grasset & Fasquelle (le livre de Poche). ISBN 978-3-455-50175-9

Darnton, Robert (2009): The Case for Books. Past, Present, and Future. With a New Chapter on Google and the Digital Future. New York, PublicAffairs. ISBN 978-1-58648-902-1.

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, Samstag 20. November 2010: Heute mild, morgen kälter. Das Wetter: Ab nächster Woche ist mit Schnee zu rechnen.

Christophe Neff, Grünstadt le 21.11.2010

Les premiers jours de brumaire 2010 dans le Sud de l’Allemagne (Unterhaardt et Grünstadt, vallée du Neckar)

 Gelées blanches, brouillards givrants, pluies et grisailles – les brumes rhénanes couvrant la plaine du Rhin, – un froid fin de novembre faisait tout honneur au premier jour du mois de brumaire du calendrier républicain. Les brumes laissant réapparaitre les fantômes – et le deux brumaire la Rheinpfalz nous informe que la panthère des Ardennes semble avoir fait des apparitions dans la région de Trier (Die Rheinpfalz 23.10.2010 : Gar nicht rosarot – im nachhinein : Wie die Menschen in den Tälern von Mosel und Ruwer das Auftreten eines Panthers fürchten). Le deux brumaire la RDL nous en apprend plus sur le Portrait-robot du cyber-pirate littéraire. Mais après tout, ces cyber-pirates , ils lisent au moins encore. La rentrée universitaire au KIT a débuté cette semaine – et le premier  brumaire 2010 je fis une excursion avec mes étudiants dans la vallée du Neckar entre Lauffen am Neckar et Hesigheim – analyse des paysages de vignoble du Neckar – les Felsengärten – et les paysages d’enfance de jeunesse de Hölderlin – car pour une grande majorité des étudiants (ou au moins des étudiants que je connais) – Hölderlin est plutôt un illustre inconnu . J’espère pour la poignée d’étudiants qui suivaient la sortie, qu’ils auront pour le moins quelques souvenirs de Hölderlin – nous avons eu droit à Lauffen (ville natale de Hölderlin) à une petite introduction historique et littéraire impressionnante de Eva Ehrenfeldt sur la vie de Friedrich Hölderlin. La vallée du Neckar, entre Heilbronn, Stuttgart et Tübingen – c’est un paysage à très ancienne tradition viticole – terre de vignobles, terre de poètes, terre de philosophes – et aussi, il faut le rappeler, terre du Piétisme ; ce fut ce que je considère comme les « württembergische Kernlande » (Altwürttemberg ). On pourrait se demander si au temps de Hölderlin, Schiller, Mörike, Uhland le vignoble du Württemberg était déjà les terres du Trollinger, du Schwarzriesling (Pinot Meunier)? Mais c’était certainement déjà les  paysages des vignobles accolés aux rochers, des raides versants de la vallée du Neckar – les Felsengärten (les jardins des rochers) car la culture du vin fut interdite sur les fonds de vallée, les plaines – ces terres- là étaient dit ont réservées à la production des victuailles. Pour clore la notice, l’excursion et le cours sur les paysages de la vallée du Neckar finissait à la Felsengartenkellerei Besigheim (la cave coopérative vinicole de Besigheim) – avec un cours du Dr. Götz Reustle sur la vinification et les cépages traditionnels (Trollinger, Schwarzriesling, Lemberger ) du Württemberg et un bon verre de Trollinger.

Photos ©toutes Christophe Neff

1.) Pluies et grisailles sur Grünstadt et la Unterhaardt (24.10.2010) © C.Neff

2.) Plaque commémorative pour Friedrich Hölderlin au Heimatmuseum Lauffen am Neckar (22.10.2010) © C.Neff

3.) Le Neckar et les Felsengärten de Hessigheim. (22.10.2010) © C.Neff

Grünstadt le 3 brumaire 2010 (24.10.2010)

P.S.: Eva Ehrenfeldt est la responsable du Hölderlinzimmer du Heimatmuseum de Lauffen am Neckar. Le Dr. Götz Reustle est directeur du département biotechnologique des cépages de l’Agrosciences Gmbh RLP , et en plus c’est l’actuel directeur du comité directeur de la coopérative vinicole Felsengartenkellerei Besigheim.

En ce qui concerne les traditionnels vin de cépages du Württemberg, – le Trollinger, le Schwarzrieslig et le Lemberger la Felsengartenkellerei est certainement une bonne adresse. Naturellement en matière de vins, les goûts peuvent différer, – mais à titre personnel j’apprécie leur Trollinger et Schwarzriesling.

Beaucoup de bruit pour – Der patagonische Hase. Erinnerungen von Claude Lanzmann – en Allemagne

Triste dimanche d‘ automne à Grünstadt. Beaucoup de bruit pour rien est le titre d’un des derniers billets de la RDL – et souvent les dimanches matin je prends le temps pour lire billet et commentaires de la RDL, mais l’a j’avoue que j’avais ni courage ni le temps de lire les presque 300 commentaires (283 commentaires exactement). Une fois la pluie termine je fit une petit ballade en ville, car ce dimanche ce fut un « verkaufsoffener Sonntag » – avec petit tour chez mon libraire la « Buchhandlung Frank » – et j’ai découvert que le livre – « Der patagonische Hase. Erinnerungen von Claude Lanzmann ( la traduction allemande du livre « Le Lièvre de Patagonie ») était déjà dans la Spiegelbestsellerliste (39/2010 ) – exactement à la place 13. Cela n’arrive pas si souvent qu’une traduction d’un livre français arrive dès la sortie sur la Spiegelbestsellerliste.

En fait ici en Allemagne, radio, journaux, tous parlent du livre de Lanzmann ou de Claude Lanzmann tout court (p.ex. ici dans le Spiegel un Interview avec Claude Lanzmann). La sortie du livre de Lanzmann est devenue un véritable événement littéraire en Allemagne – c’ est pourquoi j’ai emprunté une partie du titre du billet de la RDL – même si « Much Ado About Nothing » is much older. Le livre de Lanzmann mérite certainement ce bruit médiatique en Allemagne – et dans ce contexte je conseille la lecture ou la relecture du billet « Claude Lanzmann, le maître du temps » de Pierre Assouline sur le livre.

La pluie reprenait ;vers le soir , je découvris un nouveau billet de la RDL – où j’ai laissé mes traces en allemand (disparus entre – temps – mais quelques vestiges subsistent dans le commentaire de mal d’accents du 27.09.2010 2 :30) sur le nouveau roman de Robert Bober «On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux». Un billet qui donne envie de lire le livre – mais comme je l’ai déjà remarqué dans le commentaire en allemand – „Sehr schön geschrieben Passou – in Grünstadt beginnt der Herbst mit Regenwetter – aber wer soll denn das alles lesen – all die Bücher die Sie uns vorstellen“ – qui peut lire tous ces livres dont la RDL nous parle avec tant de verve. Par exemple je n’ai pas lu le lièvre de Patagonie – je vois très bien l’emplacement du livre dans la bibliothèque familiale à Port Leucate. Quand est- ce que j’ aurai enfin le temps de lire le livre de Lanzmann. Mais qui a le temps de lire tous ces livres dont la RDL nous parle ?

En lisant dans Jules, Jim et Bober les phrases «On est parisien comme seuls ces yids-là savaient l’être. On croise des gens qui furent des personnes avant de devenir des personnages. Le fameux clown Pipo, qui faisait rire les spectateurs sous la botte, et qui était le seul du cirque à ne pas rire car lui seul savait qu’il était né Sosman. Cette Boubé qui décida d’être muette sous l’Occupation car « les mots qui sortaient de sa bouche portaient tous une étoile jaune », qui s’est rattrapée depuis sans apprendre le français pour autant et serait bien capable de dire « rue des Hospitalières-Saint-Gervais » en yiddish » – il me vient à l’ esprit que dans la ville où je vis Grünstadt, on parlait aussi le yiddish jusqu’en 1933 – Grünstadt jusqu’en 1933 hébergeait une des plus grandes communautés juives du Palatinat – mais le Pfälzer Landjudentum a disparu depuis – «On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux ».

Christophe Neff, Grünstadt dimanche/lundi 26./27.9.2010

Vue de Grünstadt – clocher et carillon de Sankt Martin résonnent de nouveau sur l’Unterhaardt

 L’automne arrive – après de longues semaines sans carillon et sans clocher de St. Martin de Grünstadt – nous avons droit de nouveau à  cette petite musique qui baigne les vignes des environs de Grünstadt dans un paysage de sons. De  plus, l’horloge de l’église de St. Martin Grünstadt nous donne enfin l’heure exacte. 

Petite tournée virtuelle dominicale – dans la RDL , nous apprenons par la voix de Passou que la grande majorité des commentaires proviennent des bureaux de lecteurs, donc le week-end le débat reste plutôt calme pour ainsi-dire.   a des obligations professionnelles j’ai passé la semaine en Forêt Noire, loin des mondes virtuels : il y  a même des endroits là- haut où on n’a toujours  pas accès au réseau de téléphone portable. Incroyable mais vrai : dans l’Allemagne de 2010, il y a des localités où l’utilisation de téléphone portable  n’est pas possible.  

Ayant travaillé pendant une semaine sur les changements globaux (un séminaire sur la « global change ecology »& sortie sur le terrain) et sur la dynamique des paysages dans la Raumschaft Schramberg (préparation d’un chantier de brûlage dirigé), même si il reste quelques trouées de communication pour les téléphones cellulaires , je me suis rendu compte à quel degré les changements globaux affectent  la région où j’ai  grandi. La Forêt progresse de plus en plus  et l’état, la ville et  la région  ont de plus en plus de mal à financer les infrastructures publiques. Il y a cinq ans Je n’aurais j’aimais cru que le jour viendrait où la question  de la survie de l’Hôpital de Schramberg se poserait !

Hier la petite ligne de chemins de fer reliant Schramberg au réseau ferroviaire (neutralisation 1989, dépos des voies 1992)- demain l’hôpital ,  quand parlera –t- on de la fermeture du lycée ? Sans Hôpital, sans lycée – la Raumschaft Schramberg, la ville de Schramberg sont programmées  pour  entrer dans une longue phase d’agonie socio-économique. Est-ce que les hommes et femmes politiques locaux et régionaux sauront stopper ce processus ? A voir, en attendant on peut observer la lente progression de la Forêt, comment  elle envahît lentement les paysages.  Pour les amoureux de la Forêt c’est certes une bonne chose, mais les habitants « du coin » préfèrent plutôt un paysage ouvert avec une mosaïque de forêts, de prés et de champs.

 Il y avait aussi un petit événement historique dans ce coin perdu de la Forêt Noire – Zinelli le rouge – Herbert Zinell  fêtait ses  vingt ans de Bourgmestre de Schramberg. Un maire de gauche – dans un fief traditionnellement  de droite, et cela depuis vingt ans , c’est vraiment remarquable .En ce moment,  Herbert Zinell a entamé un dur combat pour essayer de  sauver ce qui reste de l’Hôpital de Schramberg. Combat qui réunit tous les hommes et femmes politiques locales, quelle que soit leur appartenance politique, car ils savent tous qu’une fois l’Hôpital perdu, le déclin socio-économique de Schramberg, la perte du rôle de statut de Mittelzentrum sera inévitable. 

Zinelli le rouge aura besoin de beaucoup de courage et de sagesse pour gagner ce combat vital pour la Raumschaft Schramberg. Comme on parle de figure politique de la gauche,  dans le dernier billet « Retour de vacances » du blog Au jour le jour nous apprenons le décès d’un figure emblématique « marieausoleil, une femme de tête, fille de la mer et de la tramontane » de la gauche audoise, Marie-Claude Gleizes.  Je ne pourrais pas décrire son action politique en détail, mais dans les domaines où je me sens compétent je pense qui il faut rappeler qu’ elle a bien su mettre à l’ordre du jour  politique un des plus grands risques naturels  et environnementaux qui pourraient fortement mettre en danger  le territoire  de la commune de Leucate, submersion marine, rentrées  de mer, raz  de marée  etc. sont certainement les forces dynamiques  naturelles qui pourraient dans un proche futur  fortement perturber la vie des Leucatois (J’ en parlais ici et ici ).

Finissons avec le décès d’une autre personnalité – Bärbel Bohley vient de décéder – sans Bärbel Bohley, il n’y aurait pas eu de Neues Forum et en conséquences, pas de réunification allemande.

Photo: Les horloges des clochers de St. Martin et St. Peter de Grünstadt parfaitement synchronisées © C.Neff 11.9.2010 19.41.

Christophe Neff, Grünstadt le 12.9.2010

Vue depuis Grünstadt – Cathleen, le Kommissär Hunkeler et la voix de Hölderlin

Beaucoup d’orages et de pluies cet été.  Pendant que je lisais le nouveau roman policier de Hansjörg Schneider «Hunkeler und die Augen des Ödipus» Cathleen ravageait une partie de l’Allemagne, – surtout la région de Münster.  Même ici, dans le Leiningerland, il y a eu des dégâts considérables, – une route entière fut emportée par un glissement de terrain à Neuleiningen  (Die Rheinpfalz Unterhaardter Rundschau Samstag 28. August 2010) – et  la sortie de l‘ Autoroute (BAB 6 ) à Grünstadt fut submergée par les pluies d‘ orages du 26 au 27.8.2010.

A Grünstadt et dans l’Unterhaardt l’orage débuta  le jeudi  26.8.2010 vers 23.00 pour se terminer  le vendredi  après- midi 27.8.2010 vers 18 :00.  Parfois quelques  lueurs de soleil – et l’orage reprenait. Dans ces rares heures de soleil on a parfois l’impression de se trouver sur les Açores. Mais la pluie et l’orage reviennent beaucoup plus vite qu’aux Azores. On a plus souvent l’impression de se trouver au début d’un automne précoce.  J’ai une amie qui fait le Westweg à travers la forêt noire en ce moment, on y annonce des températures maximales en dessous les 10 dégrés.  Avec les nuages bas, les brouillards des hauteurs sont déchirés par les premières bourrasques des tempêtes venues de l’ouest cela  doit être déjà très automnal. Dans les sombres hauteurs de la Forêt Noire les premiers flocons de neige ne doivent pas être très loin.

Ici dans le Sud de l’Allemagne on a bien l’impression que nous sommes au début d’un automne précoce.

„Mit gelben Birnen hänget

Und voll mit wilden Rosen

Das Land in den See,

Ihr holden Schwäne,

Und trunken von Küssen

Tunkt ihr das Haupt

Ins heilignüchterne Wasser »

Weh mir, wo nehm‘ ich, wenn

Es Winter ist, die Blumen, und wo

Den Sonnenschein,

Und Schatten der Erde?

Die Mauern stehn

Sprachlos und kalt, im Winde

Klirren die Fahnen. .

buchdeckel-hunkeler-und-die-augen-des-odipus.1283098634.JPGC’est «Hälfte des Lebens» un poème d’automne de Hölderlin. Je l’ai  redécouvert en lisant le dernier roman policier de Hansjörg Schneider « Hunkeler und die Augen des Ödipus ». Le dernier roman sorti de la série des «Kömmissär Hunkeler». Un roman plein de citations, un peu de Brecht, mais surtout du Hölderlin.  Un roman qui joue dans le milieu du théâtre à Bâle , sur les quais du port de Bâle, et naturellement, comme si souvent chez Hunkeler ,cela se passe dans le Sundgau avoisinant. Même si dans ce Hunkeler le Sundgau ne joue plus le rôle qu’il jouait dans les autres Hunkeler, on peut aussi  découvrir les paysages du Sundgau avec ce roman-ci.  Oui, les romans de Hunkeler sont une vraie initiation à  la géographie, aux paysages du Sundgau – et parfois même aux  moments les plus sombres de l’histoire franco-allemande.  Dans «Hunkeler und der Fall Livius » Schneider fait ressurgir le souvenir  du massacre de Ballersdorf, un épisode tragique de la deuxième guerre mondiale, presque oublié, sauf peut être dans le Sundgau et à Ballersdorf. Je me demande pourquoi les « Kommissär Hunkeler » n’ont été pas encore traduits en français. La description de la nature, des paysages, des villages et même des brasseries, auberges et restaurants du Sundgau mériteraient déjà une traduction en français.  Donc dans ce dernier « Hunkeler » un peu moins de paysages du Sundgau, mais beaucoup d’atmosphère de quais, de port et de théâtre. Hunkeler est parti en retraite et nous apprenons qu’il rêve d‘ une retraire paisible, d‘ un bateau péniche pour faire les fleuves et canaux français. Peut être nous pourrions rencontrer  Hunkeler comme « détective privé » – il y aura certainement un public de lecteurs attentifs.

Même si les critiques ne sont pas unanimes en Allemagne (p.ex. ici dans le Kulturspiegel), j’ai lu le roman avec beaucoup de plaisir. Et quoi de  plus beau que d‘ entendre la voix du messager (du König Ödipus) faire résonner sur la Unterhaardt et la plaine du Rhin par temps de gros orage les mots de Sophocle traduits par Hölderlin, Hölderlin Passeur (pour utiliser l‘ expression de P. Assouline pour les traducteurs littéraires)  de Sophocle pour les pays de langue allemande :

Die goldnen Nadeln riß er vom Gewand,

Mit denen sie geschmückt war, tat es auf

Und stach ins Helle seiner Augen sich und sprach,

So ungefähr, es sei, damit er sie nicht säh

Und was er leid und was er schlimm getan,

Damit in Finsternis er anderer in Zukunft,

Die er nicht sehen dürft, ansichtig werden mög

Und denen er bekannt sei, unbekannt.

Und so frohlockend stieß er öfters, einmal nicht,

Die Wimpern haltend, und die blutigen

Augäpfel färbten ihm den Bart, und Tropfen nicht,

Als wie von Mord vergossen, rieselten, sondern schwarz

Vergossen ward das Blut, ein Hagelregen.

Aus einem Paare kam’s, kein einzeln Übel,

Ein Übel zusammen erzeugt von Mann und Weib.

Ihr alter Reichtum, wahrhaft war’s vor diesem

Ein Reichtum. Aber jetzt, an diesem Tage,

Geseufz und Irr und Tod und Schmach, so viel

Von allen Übeln Namen sind, es fehlet keins.

Livres et sources cités:

Schneider, Hansjörg (2009):Hunkeler und der Fall Livius. Bastei Lübbe, ISBN 978-3-404-15983-3 (Taschenbuchversion)

Schneider, Hansjörg (2010): Hunkeler und die Augen des Ödipus. Diogenes Verlag Zürich. ISBN 978-3-257-0661-3

Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau Samstag 28. August 2010 : Unwetter: Erdrutsch in Neuleinigen.

La citation du König Ödipus dans la version traduite par Friedrich Hölderlin provient du site „Projekt Gutenberg.De„. Même chose pour le poème «Hälfte des Lebens».

Christophe Neff, Grünstadt le 29.8.2010