Am Samstag, den 27.10.2012 wurde das Leiningerland vom frühen Wintereinbruch und vor allem vom nachhaltigen Schneefällen überrascht. Ich hatte schon am 27.10.2012 eine kleine französischsprachige Blognotiz über diese ungewöhnlichen Schneefälle verfasst. Im Stadtbereich von Grünstadt gab es den ganzen Samstagmorgen heftige Schneefälle, aber der Schnee blieb nicht liegen. Aber außerhalb des Stadtbereiches von Grünstadt hatte sich im Laufe des Samstagmorgens eine beachtliche Schneedecke gebildet. Rund um Grünstadt waren die Weinberge schneebedeckt und im Leiningertalzug konnte man entlang des Eckbaches, des Hönigerbaches den stillen Kontrast zwischen den herbstlich gefärbten Buchenwäldern und der weißen Schneedecke beobachten.
Ein seltenes Bild, – die herbstlichen gefärbten Buchenwälder des Leiningerlandes vom Schnee bedeckt zu sehen. In der Raumschaft Schramberg, Gegend in der ich aufgewachsen bin, kam das schon mal vor, daß es Ende Oktober/Anfang November zu den ersten Schneefällen kam. Im Grunde genommen ging man dort davon aus, daß man nach Abschluss der Kilbe mit den ersten Schneefällen rechnen konnte. Aber für den Oberrheingraben sind solche Oktoberschneefälle schon etwas Besonderes. Laut der Rheinpfalz (29.10.2012), welche die Aussage von Christian Müller vom Wetterbüro Palatina wiedergibt, hat es solche nachhaltigen Schneefälle in den Niederungen der Oberrheinebene seit über 60 Jahren nicht mehr gegeben, – zuletzt am 26. Oktober 1947.
Quellen:
Die Rheinpfalz (29.10.2012): Aus der Pfalz – Schnee und Eis schon im Oktober.Montag 29 Oktober 2012. Jahrgang 68. Nr. 252.
Pour ce week-end, on nous annonce des chutes de neige de 20-30 cm en Forêt – Noire et dans les Alpes bavaroises. Pour la Forêt-Noire les chutes de neige fin octobre n’ont rien d’exceptionnel, – les chants de Kilbe, le fameux « Kilbesingen » dans la Raumschaft Schramberg annonçaient le début de l’hiver et parfois quelques jours après que les bougies des Rübengeister et les Lanternes de la Kilbe avaient une dernière fois à la nuit tombante d’automne traversé bourgs, champs et forêts des environs de Schramberg, les premières neiges couvraient les montagnes et forêts de la Raumschaft Schramberg. Par contre ici en Palatinat, les neiges d’Octobre ont quelque chose d’assez exceptionnel. Notons pour finir cette petite note qui nous annonce le début de l’hiver dans la Unterhaardt – la Kilbe cette coutume des pays de la Raumschaft Schramberg est en train de disparaître – mais la Narrenzunft Schramberg essaie de faire revivre cette tradition – qui est aussi menacée par les potirons de Halloween , a ainsi organisé une Kilbesingen à Schramberg ce dernier mardi (23.10.2012). J’aurais bien aimé de participer à ce Kilbesingen, mais malheureusement les obligations professionnelles en ont décidé autrement. Mais d’après ce que j’ai pu lire dans la presse locale ce « Kilbesingen » organisé par la Narrenzunft Schramberg fut un grand succès. Il ne me reste que les souvenirs d’enfant,-observant à travers les vitres les petites lumières qui traversaient la nuit entre le Schoren, le Feurenmoos et la Hutneck à Schramberg – Sulgen – les chants qui traversaient le silence de la nuit – « Hit isch Kilbe, morga isch Kilbe, bis am Middwoch Obend… Ich geh’ mit meiner Laterne und meine Laterne mit mir. Dort oben leuchten die Sterne und unten leuchten wir. Mein Licht geht aus, wir geh’ n nach Haus, ra bimmel ra bammel ra bum bum bum.“ on sentait l’hiver arrivé.
Nous avons été obligés d’abattre le grand bouleau de notre jardin. C’est en face de cet arbre que j’avais commencé à écrire les premiers billets de paysages. Les suites d’un grave accident m’avaient collé pendant des semaines, des mois au lit et mon angle de vision c’étaient les livres que je lisais, la république des livres, la radio et le manteau vert clair du grand bouleau. Même si on aime les arbres, on est parfois obligé d’en abattre un. Je cite une phrase du petit livre que Francis Hallée a consacré aux Arbres « Je tiens à être très clair : malgré toute la sympathie que m’inspirent les arbres, malgré toute l’admiration que j’éprouve à leur égard, je serai toujours pleinement d’accord avec l’abattage d’un arbre devenu dangereux ; respecter l’arbre en Ville, ce peut être de l’abattre au bon moment, puisqu’il est là pour améliorer notre existence, pas pour nous tuer. (Hallée, F. 2011, 45)»
Notre bouleau, qui en partie dépérissait déjà « côté sud » risquait par jour d’orage ou de tempête de s’écraser sur un terrain de jeux d’enfants avoisinant. Une voisine avait déjà fait la remarque que le bouleau par temps de tempête avait tendance à se pencher dangereusement, à perdre de branches mortes. Nous avons eu pendant quelques années un couple de Faucons crécerelle (Falco tinnunculus) qui nichait dans un ancien nid de pie dans la cime du « grand bouleau ». Le couple de Faucon a délaissé le nid l’été dernier, et comme nous craignons la saison de orages qui va bientôt débuter dans le « Oberrheingraben », – nous nous sommes résigné à abattre le grand bouleau avant qu’il ne s’écrase par jour de tempête sur l’espace jeux – ou tout simplement sur une partie de notre maison.
Mais en fin de compte c’est toujours triste de devoir abattre un arbre. Reste le souvenir d’un temps, -où j’étais collé au lit et à mes livres , ne sachant pas au moins pendant les premiers semaines – si je me remettrais véritablement des suites de l’accident – une fracture de colonne vertébrale. L’accident se produisit le 2. Mai 2009, – cela m’avait procuré un voyage en hélicoptère à la clinique à Ludwigshafen (BG-Unfallklinik Ludwigshafen), – et le 24. Mai j’écrivais mon premier billet de paysages.
Le grand bouleau, disons la vue que j’avais depuis ma chambre de malade, – j’en parlais dans un billet datant du premier juin 2009. Depuis presque 3 ans ont passé, – je me suis remis de l’accident ;à cette époque,pendant mes lectures , je faisais parfois des photos dont quelques unes furent même publiées ici dans paysages. Maintenant le grand bouleau a disparu, laissant un grand vide dans le jardin , une véritable « trouée ». Je ne sais pas pourquoi ce bouleau, les bouleaux en général me rappellent les paysages de Tolstoï et de Pasternak, me font parfois aussi penser à Selma Lagerlöf.
Sources :
Halle, Francis (2011) : Du bon usage des arbres. Un plaidoyer à l’attention des élus et des énarques. Arles (Actes Sud), ISBN 978—2-330-00005-9.
Après un long hiver froid et rigoureux, – et concernant le Palatinat presque sans neige (à Grünstadton a eu droit à quelques flocons de neige le 18.12.2012) – le printemps arrive. Les premiers amandiers ici et là commencent à fleurir. Deux, trois spécimens sur la Weinstraße entre Herxheim am Berg et Kallstadt ont commencé leurs floraisons, – un amandier à Grünstadt en fleure – le printemps vient enfin de commencer. Notons qu’en même temps le printemps littéraire en Allemagne vient aussi débuter avec la Leipziger Buchmesse, – Wolfgang Herrndorf c’est vu décerner le « Preis der Leipziger Buchmesse 2012 » pour son roman « Sand » dans la catégorie Belletristik. L’œuvre littéraire de Herrndorf reste encore à découvrir en France, – je pense a « Tschick » véritable « road movie litteraire » qui mériterait surement une traduction française – et naturellement au blog de Wolfgang Herrndorf – Arbeit und Struktur. Arbeit und Struktur est un blog littéraire où Wolfgang Herrndorf nous raconte sa vie, ses paysages, ses souvenirs. C’est que la maladie lui laisse comme reste de vie. Wolfgang Herrndorf est atteint d’un Glioblastome multiforme. Il n’a pas pu participer à la remise du prix « Preis der Leipziger Buchmesse 2012». Dans son dernier billet de « Arbeit und Struktur » Wolfgang Herrndorf se souvient de son chemin d’écolier.
Les autres lauréats 2012 du Preis der Leipziger Buchmesse sont ; – Jörg Baberowski « Verbrannte Erde. Stalins Herrschaft der Gewalt » dans la catégorie essai et dans la catégorie traduction – Christina Viragh pour la traduction allemande de Parallelgeschichten (Histoires parallèles (Párhuzamos történetek)) de Péter Nádas.
Il fait froid en Europe – et même en Afrique du Nord le froid sévit. Oui l’Afrique du Nord est sévèrement touchée même si les medias en Europe n’en parlent pas – situation dramatique dans la Wilaya de Tizi Ouzou en Algérie – beaucoup de neige aussi dans la délégation d’Aïn Draham en Tunisie. Je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois qu’il fait froid en Tunisie mon billet «De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka» est pris d’assaut. Et comme je l’écrivais dans la Blognotice 22.12.2011 «la faim et le froid sont un des dangers les plus redoutables pour une jeune démocratie, pour une société que se reconstruit». Mais aussi ici en Europe on subit les conséquences du froid. A Grünstadt – la piscine- tous temps – le fameux Allwetterbad Grünstadt – fut victime du grand froid et de l’incompétence des « édiles politiques locaux » (voir mon dernier billet (en allemand)). La nuit du mardi 7 au mercredi 8 février fut la nuit la plus froide de cet hiver à Grünstadt – avec – 18° – ce qui provoqua l’éclatement d’une partie de l’alimentation en eau de l’Hôpital. Et ces – 18 ° ont eu apparemment raison de mon petit Chamaerops humilis. On verra si au printemps il reprendra de la souche. Par contre mes trois Trachycarpus fortunei ont assez bien supporté cette vague de froid. Mais c’est dans le midi méditerranéen qu’on peut actuellement découvrir un des témoins les plus bizarres de cette vague de froid qui sévit en Europe et Afrique du Nord – l’Etang de Leucate partiellement gelé, – « la banquise » qui bloque le Port de Leucate. Le froid et la neige dans les Montagnes de l’Afrique du Nord, en réalité ceci est phénomène naturel qui se reproduit de temps en temps.
Mais voir le Port de Port Leucate bloqué par la glace, formant une sorte de banquise, cela est assez exceptionnel, un véritable événement centenaire. J’avoue n’avoir jamais vu cela, et je connais le site depuis plus de quarante ans !
Es ist kalt geworden in Deutschland. Das war auch so angekündigt worden und deshalb dürfte die Kältewelle eigentlich niemanden überrascht haben. In Schramberg hatte man jedoch vergessen, dass der Winter noch nicht vorbei ist. Das Bächle und der Narrenbrunnen waren immer noch mit der Schiltach verbunden und der strenge Frost hat dann das seinige getan um Narrenbrunnen und Bächle zu einer Eislandschaft aus frostigen Gebilden zu verwandeln. In der Pfalz ist es auch knackig kalt geworden. Es liegt zwar so gut wie kein Schnee, aber der strenge Frost hat Seen, Teiche und Gewässerläufe in große Eisflächen verwandelt, die nun zum Schlittschuhlaufen einladen. Der strenge Frost im Leiningerland hat jedoch noch ganz andere völlig „unvorhersehbaren“ Nebenwirkungen provoziert – der strenge Forst an der Unterhaardt hat zur völlig unerwarteten Schließung des Allwetterbades Grünstadt geführt. In der Unterhaardter Rundschau vom 4. Februar 2012 kann man unter Aktuell notiert u.a. folgendes lesen: „Allwetterbad Grünstadt bis auf Weiteres geschlossen. Das Allwetterbad ist ab dem heutigen Samstag bis auf Weiteres für den Badebetrieb geschlossen. Dies teilten die Stadtwerke gestern Mittag mit. Auf Grund der extremen Temperaturen ist die Verkehrssicherheit der Besucher nicht mehr gegeben“. Weiterhin heißt es in der gleichen Meldung „Nächste Woche soll bei einem Ortstermin geklärt werden, ob es vertretbar sei, das Bad überhaupt noch einmal zu öffnen.“ Die Zukunft des Grünstadter Allwetterbades wurde ja schon seit längerem in der Grünstadter Kommunalpolitik diskutiert, – wobei man bisher vor allem diskutierte und die Zeit verstreichen ließ – und dieses wohl mit der Hoffnung versehen, dass sich das Problem mit der Zeit von selbst löst. Das ganze Prozedere erinnert doch sehr stark an die vergangenen Zeiten der verblichenen Deutschen Bundesbahn – als diese systematisch, durch langanhaltende Investitionsstaus, Fahrplanausdünnungen etc. langsam und beharrlich einen Großteil der ländlichen Nebenstrecken ins Aus führte. Irgendwann kam dann der Tag an dem dann die Betriebssicherheit auf der einen oder anderen Nebenstrecke nicht mehr gewährleistet werden konnte und man dann die Strecke sozusagen über Nacht schließen musste. So geschah es u.a. mit der Bahnstrecke Schiltach-Schramberg Anfang der 1990 Jahre. Was die Zukunft des Allwetterbades Grünstadt betrifft, wird man wohl Ende der kommenden Woche wissen, ob das Bad überhaupt jemals wieder geöffnet werden wird.
Das „Allwetterbad Grünstadt“ ein erster Kollateralschadens des strengen Februarfrostes 2012 an der Unterhaardt? Wenn die Lage für das Grünstadter Allwetterbad nicht so ernst wäre, hätte das sogar einen gewissen Unterhaltungswert. Grotesk ist es allemal. Könnte fast eine Schlagzeile fürs Schramberger Narrenblättle die Hoorig Katz sein „Jahrhunderstfrost sorgt fürs Ende des Grünstadter Allwetterbades“ – ja, wenn es nur nicht so traurig wäre. Denn wenn sich in Sachen Schwimmbad in Grünstadt nicht endlich etwas grundlegendes tut, dann kommt es vielleicht noch dazu, dass die Stadt Grünstadt (einschließlich der Umlandgemeinden) endgültig ohne Schwimmbad dasteht. Dann gibt es auch an den heißen Sommertagen in Grünstadt keinen Badespaß mehr.
La neige qui nous manque à Grünstadt elle est tombée à Aïn Draham en Tunisie. Les premiers flocons de neige qui sont tomés à Grünstadt le 18.12.2011 se sont vite transformés en pluie, – et depuis il pleut presque sans interruption sur la Unterhaardt. Par contre le Nord de la Tunisie était confronté durant ces jours à une véritable vague de froid, – et Aïn Draham était couvert par un manteau de neige d’une épaisseur dépassant les vingt centimètres. Je me suis aperçu de cette vague de froid touchant le Nord de la Tunisie, car paysages – et plus particulièrement le petit billet « De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka » étaient véritablement pris d’assaut. Il fait froid en Tunisie et il manque le gaz pour cuisiner & chauffer, car la Tunisie est actuellement confrontée à une véritable pénurie de bouteille de gaz. La faim et le froid sont un des dangers les plus redoutable pour une jeune démocratie, pour une société que se reconstruit. Comme l’écrit Isabelle Mandraud dans son article « Retour à Sidi Bouzid, capitale des maux de la Tunisie » dans le Monde.fr du 16.12.2011, reportage sur l’anniversaire du printemps arabe qui débuta avec l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid le 17 décembre 2010 – anniversaire qui à reçu aucune retombé médiatique en Allemagne il faut le préciser – la pauvreté rurale n’a pas disparu, au contraire – et le prix de bouteille de gaz a même doubleé! Une vague de froid, comme celle qui sévissait dernièrement sur le Nord de Tunisie, ne peut que empirer les choses.
Le grand défi du « printemps tunisien » sera de améliorer profondément la situation socio-économique de la Tunisie rurale, car si cette situation ne s’améliore pas visiblement – ce printemps démocratique tunisien aura des grandes difficultés à se pérenniser.
Le dimanche matin le 18.12.2011 nous avons eu droit aux premiers flocons de neige de cet hiver. En fait deux trois flocons de neige pas plus – pas à comparer à la situation en Forêt Noire où à certains endroits la saison de ski vient de débuter. Aucune trace de neige dans les vignobles dans l’Unterhaardt. En 2009 nous avons eu droit aux premières neiges dans la nuit du 12 au 13 décembre, et en 2010 les premiers flocons arrivaient le 27. Novembre, les réelles chutes de neige qui couvraient les vignobles d’un grand manteau neigeux débutèrent le lundi 29. Novembre 2010. A vrai dire les deux derniers hivers furent particulièrement rigoureux dans le Palatinat. A voir ce que cet hiver nous apportera ici dans le Leiningerland. Comment mes quatre palmiers vont-ils s’en tirer (un Chamerops humilis et trois Trachycarpus fortunei) ? Le doum de Grünstadt va-t-il encore devoir affronter de jours de grands froids comme en début de janvier 2011 ? Ou peut être que nous n’aurons pas droit cet hiver ni à la neige, ni aux grands froids. Les grand froids, je m’en passerais volontairement, mais ayant grandi dans les montagnes enneigées de la Forêt Noire, j’aime encore assez bien la neige!
Pour préparer un cours de géobotanique et une sortie botanique de la Pollichia je fis durant les derniers jours plusieurs « sorties d’éclaireur » sur le Grünstadter Berg, colline surplombant la ville de Grünstadt, dont je parlais déjà dans la notice Balade d’été sur le Grünstadter Berg. Le Grünstadter Berg est connu pour sa richesse floristique, beaucoup d’Orchidées et en plus c’est pour quelques plantes une des rares stations connues en Allemagne, comme par exemple la Scorsonère pourpre (Scorzonera purpurea) – que l’on trouve encore assez couramment dans les pelouses sèches du Grünstadter Berg.
En France nous retrouvons la Scorsonère pourpre à peu près 800 km plus au Sud, dans les collines calcaires sèches du Gard, de l’Hérault, de l’Aveyron et de la Lozère. Malheureusement ce site botanique particulièrement intéressant qui est partiellement protégé, présente aussi des mauvaises surprises. Vandalisme et dégradations, – qui ne sont pas seulement monnaie courante dans les sites protègés du Grünstadter Berg, mais qu’on retrouve de plus en plus dans les autres sites classés du Palatinat (Naturschutzgebiete). Je me rappelle bien que quand j’ai débuté mon parcours professionnel il y a plus de 15 ans, des dégradations des sites classé par vandalisme étaient presque inconnues en Allemagne, pour rencontrer ces phénomènes il fallait bien franchir le Rhin , car en France ces phénomènes de dégradations étaient déjà assez courants.
Mais j’avoue que je préfère constater ces phénomènes loin de mon lotissement sur le Grünstadter Berg que devant mon propre jardin. Car les petites et moyennes villes allemandes sont de plus en plus confrontées à un phénomène de vandalisme et de dégradations – dont il y a vingt ans dans les paisibles campagnes allemandes on pensait que cela ne pouvait seulement arriver en France. Les Feux de Poubelles durant les week – ends de plein été sont malheureusement devenus dans de nombreuses petites et moyennes villes allemandes des phénomènes récurrents. Que ce soit à Grünstadt, à Schramberg (ou ici à Schramberg – Sulgen) ou dans des autres villes moyennes , même si l’on n’aime pas trop en parler ,ce phénomène est en augmentation constante dans beaucoup de petite et moyenne villes de l’Allemagne du Sud. Et parfois cela touche au cœur de l’Allemagne du Bildungsbürgertum – le « Gymnasium » – ainsi le Leininger-Gymnasium, un des plus anciens lycées du Palatinat est de plus en plus confronté aux actes de vandalisme, poubelles en feux, etc. – ce qui une fois de plus fut confirmé par le proviseur du Lycée Madame Knopp durant la sortie de la Pollichia sur le Grünstadter Berg le dimanche 15.5.2011.
Revenons aux paysages du Grünstadter Berg, un autre aspect des paysages du Grünstadter Berg, – aspect que certains puristes écologistes désigneraient comme nuisance, est la population de bords de chemins, friches etc. par le Bunias d’Orient (Bunias orientalis) sur une grande partie du Grünstader Berg. Personnellement je considère cela plutôt comme un phénomène de dynamique de paysages naturelle sans grand danger pour la fonctionnalité de l’écosystème, mais notons qu’en Suisse le Bunias d’ Orient est considéré comme une espèce invasive qui est mentionnée dans la Watch-Liste de la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages. Notons aussi que dans la Hesse rhénane la dynamique de population du Bunias d’ Orient a pris une telle ampleur qu’ une association environnementale (Gesellschaft Mensch und Natur) a organisé une campagne de sensibilisation. Personnellement je ne crois pas que la forte progression du Bunias d’Orient est un danger pour les paysages du Grünstadter Berg, là je vois comme je l’ai écrit plus haut d’autres dangers plus préoccupants : d’ une part le vandalisme décrit plus haut, d’autre part l’embroussaillement progressif dû à l’abandon du pâturage de brebis. Même si les associations écologiques qui gérent un peu le milieu met de temps un temps sous contrat un berger avec son troupeau , l’embroussaillement gagne de plus en plus du terrain. Peut être un chantier de brûlage dirigé pourrait- il dans certains endroits donner des résultats un peu plus encourageants que le pâturage trop éphémère.
Des très belles photos de la flore du Grünstadter Berg se trouvent aussi sur le site de Günther Blaich dédie au lieu-dit Gemeindeberg du Grünstadter Berg.
Ici à Grünstadt le « Palmsonntag », le Dimanche des rameaux, se fête avec des petits bouquets de buis, comme dans une grande partie de l’Allemagne (catholique). Dans la Raumschaft Schramberg, où j’ai grandi, il y avait une autre tradition, là c’était (et c’est encore) des branches de Houx qui accompagnaient la procession des fidèles du dimanche des rameux. Des houx, il y en a assez dans le Raumschaft Schramberg, la région est connue pour les belles forêts de Sapins et de houx – parfois même on trouve de tres beaux houx dans les rares prés encore entretenus sur les hauteurs entre le Fohrenbühl et la vallée de la Kinzig, – par exemple au lieudit « auf der Grub » ,duquel on a une magnifique vue sur les Grinden de la Forêt Noire du Nord et le Brandenkopf ; Brandenkopf le nom témoigne d’un vaste incendie que décima la montagne en 1730. Le Palmsonntag, -que ce soit à Schramberg ou au Sulgen se passait souvent dans la neige. Dans la vallée de la Kinzig les cerisiers étaient déjà en fleurs et dans la Raumschaft Schramberg les montagnes portaient encore leur manteau de neige. Il faut dire que je n’ai pas trop de souvenir des Palmsonntage à Schramberg, car assez souvent nous passions pâques dans le Midi, où le dimanche des rameux se dénomme aussi Dimanche des palmes ( ce qui est la traduction littérale de Palmsonntag , des mots allemand du Dimanche des rameaux). La visite de la messe dominicale c’était en plus le domaine de ma mère, – qui comme vraie catholique de gauche et membre de la SPD (Linkskatholikin) y allait régulièrement. Par contre mon père ayant reçu un surdosage de catholicisme traditionnel souabe était un des vrais et rares laïques allemands que j’aie connus. Il faut préciser que le catholicisme traditionnel du Württemberg en Oberschwaben, même si il fut extrêmement conservateur (ce qu’il est en plus certainement encore) , il a eu quand même a le mérite de ne pas se compromettre aves le nazisme, durant les plus sombres années de l’Allemagne. Les accusations publiques de Joann Baptist Sproll contre le programme de l’action T 4 qui se déroula à Grafeneck fut un des rares actes de résistance publique pendant le troisième Reich en Allemagne. Soit, personnellement je vais occasionnellement aussi bien en Allemagne qu’en France à la messe. Et je constate que les messes se vident, au moins dans les paysages ruraux, de plus en plus. Il faut admettre qu’aujourd’hui la messe du Palmsonntag á St. Peter était assez bien remplie, et que j’ai déjà participé a des messes pleine à craquer à St. Jacques de Port Leucate . Les messes se vident, et les messes se vidant de plus en plus en plus, c’est une certaine ruralité qui s’endort : Messe und Frühschoppen ,ces traditions se perdent de plus en plus dans le Sud de l’Allemagne catholique. Et il y a des régions, où non seulement les messes se vident, mais où les infrastructures qui sont cruciales pour la survie de la vie rurale se perdent de plus en plus, bureau de postes, postes de gendarmerie, hôpital etc. Ainsi la Raumschaft Schramberg va sauf miracle perdre son hôpital – les grand houx dans les Sapinières entourant les montagnes de Schramberg vont perdurer et produire encore des bouquets de houx pour les dimanches des rameaux , mais sans hôpital ,sans le Kreiskrankenhaus Schramberg la vie quotidienne dans la Raumschaft Schramberg deviendra sûrement plus difficile. Oui, les messes se vident, et cette ruralité que ce soit en France ou en Allemagne s’endort de plus en plus.
Je finis ce petit billet de dimanche des rameaux en me rappelant la collecte faite à l’église de St. Peter de Grünstadt lors de la messe des rameaux , collecte pour les chrétiens de Terre sainte. Terre sainte cela veux dire Israël et Palestine : dans ces pays lointains les rares chrétiens n’ont pas la vie facile ,la communauté chrétienne se rétrécit comme une peau de chagrin.