Blognotice 14.01.2013: sur les débuts de l’Opération Serval

Vendredi  11. Janvier 2013 «François Hollande engage l’armée française dans le conflit malien ». A juste titre le Monde du Dimanche 13 – Lundi 14 janvier 2013 écrit « La France entre en guerre contre les islamistes au Mali ». François Hollande a pris une décision courageuse, – face à des choix extrêmement difficiles.  Sans intervention extérieure, les islamistes auraient fait tomber Bamako en deux ou trois jours. Bamako aux mains des narco-islamistes aurait pu déstabiliser une grande partie de l’Afrique occidentale, le Sahel, le Maghreb et cette chute aurait certainement eu aussi des conséquences géopolitiques pour les états riverains de la méditerranée. D’autre part il plane une menace horrible sur le sort des otages français aux mains des groupes islamistes.

Mais on oublie assez souvent les centaines de milliers de maliens pris en otages par les diffèrent groupes de la mouvance narco-islamiste. Ces maliens qui attendent avec impatience qu’ils soient enfin délivrés de ce régime moyenâgeux qui les terrorisa avec tout l’épouvantail des châtiments corporels que prévoit la charia – lapidation, amputation des membres ….  Dans ce contexte il faut aussi rappeler le courage des populations locales, que ce soit à  Tombouctou comme à Gao, qui durant l’été dernier ont eu le courage de manifester contre leurs tortionnaires. Et en plus il y eut la destruction des mausolées de Tombouctou, trésor de l’humanité. Pour avoir une image des cauchemars vécus par les populations du Nord du Mali je conseille de (ré)-lire l’interview de Moctar Mariko, président de l’Association malienne des droits de l’homme, publiée dans slateaafrique le 6. Décembre 2012.

J’approuve la décision courageuse de François Hollande de répondre aux demandes d’aide des autorités maliennes et d’intervenir militairement au Mali. Par contre je ne crois pas que l’utilisation de forces armées des pays membres de la Cédéao soit une bonne idée. Cédéao cela rime toujours avec chaos et envinemement – là je rejoins l’analyse de Philippe Duval « En sortir, ce n’est sûrement pas introduire sur le théâtre malien les troupes de la Cédéao, qui, dans toutes les crises régionales où elles sont intervenues, ont joué le rôle d’aggrave-affaires. »  publié récemment dans un article (Nord-Mali: les djihadistes surestiment leurs forces) de Slate-Afrique. Il est sûr que les différents groupes et groupuscules rebelles du Nord du Mali ne partiront pas sans l’utilisation de la force. Mais la force ne résoudra pas les problèmes fondamentaux du Nord du Mali. Une fois l’intégrité territoriale du Mali restituée – il faudra enfin trouver des solutions durables pour le développement du Nord du Mali – et cela inclut aussi de trouver enfin une vraie solution aux problèmes des Touaregs , sans quoi les problèmes réapparaitront au plus tard  au cours la prochaine décennie.

Pour finir, j’aimerais aussi porter l’attention sur les fables qui circulent dans les medias et la toile sur les liens entre l’intervention franco-anglo-americaine en Lybie et la désintégration territoriale du Mali. La chute du régime de Kadhafi en Lybie a certes précipité certaines dynamiques au Nord du Mali, – mais bien avant la chute de Kadhafi le Nord du Mali était un pays aux proies des islamo-trafiquants – où  l’autorité de l’état malien était quasiment inexistante et l’industrie de l’enlèvement florissait. Qui se souvient encore de la fin tragique de Michel Germaneau (j’en parlai aussi un petit peu ici) pour citer un seul nom ?Intervenir au Mali et restituer l’intégrité territoriale du Mali, cela veut dire aussi  en finir pour toujours avec cette industrie de l’enlèvement qui sévit dans le Nord du Mali.

Mais actuellement nous ne sommes qu’au début de l’opération Serval – et l’intégrité territoriale du Mali est encore loin d’être rétablie. L’opération Serval  risque aussi de devenir une longue opération militaire avec une issue incertaine – des victimes, des dégâts collatéraux etc. Mais si la France avait  décidé de ne pas intervenir au Mali – on risquerait bien de voir le drapeau noir des djihadistes flotter sur les toits de Bamako avant la fin du mois de janvier 2013.

Christophe Neff, le 14.01.2013

Blognotice 06.01.2013: sur les fleurs d’amandiers

Le dernier posting sur paysages, – mes vœux de bonne année 2013 pour les lecteurs de paysages–  ont reçu une attention exceptionnelle de la part de mes visiteurs/lecteurs.  La photo des fleurs d’amandiers utilisée dans ces vœux je l’avais déjà publiée dans la Blognotice du 17.3.2012. Personnellement j’aurais aussi souhaité un tel intérêt pour la « Blognotice 30.12.2012: Réflexions sur « les Zungenknoten – ungebetene Gäste» de Martin Graff », qui parle du déclin du français en Allemagne et de l’allemand en France, mais hélas les lecteurs ont préféré les vœux de nouvel an. La floraison d’amandiers  (Mandelblüte) de la Weinstrasse en Allemagne est considérée comme  le début du printemps en Allemagne. Paradoxalement il n’existe pas d’article Wikipedia.de sur la Mandelblüte, mais seulement sur le Gimmeldinger Mandelblütenfest.  Les fleurs d’amandiers sur la photo prise durant le printemps 2013 entre Herxheim am Berg et Kallstadt montre les fleurs d’une Dürkheimer Krachmandel, une variété d’amandiers à fleur blanche. La plupart de Amandiers fleurissant sur la « Weinstraße » ont des fleurs roses – et en réalité ce ne sont pas de  vrais Amandiers – mais des hybrides entre Amandiers & Pêches – les Mandelpfirsiche (Prunus amygdalo-persica (West) Rehd.). Ces hybrides qu’on rencontre aussi assez rarement à l’état spontané où on trouve les deux parents sont cultivés de nos jours pour les belles fleurs roses. Durant le printemps, – normalement en Mars, les allées de la région de la Weinstrasse sont donc plongées dans un bain de fleurs roses des Mandelpfirsische. Notons que la plupart des habitants de la Weinstrasse ne sont pas au courant de ce que les fleurs d’amandiers roses proviennent des Mandelspfirsiche, mais depuis que la culture d’amandiers a perdu toute importance économique, les amandiers avec à fleurs blanches (les vraies comme la Dürkheimer Krachmandel) se raréfient  de plus en plus. Notons en fin de cette petite blognotice sur les fleurs d’amandiers, qu’il y a un petit pays en France,  où dans les endroits abrités de la Tramontane glacée de janvier on peut trouver ici et là les premiers amandiers en fleurs dès le début du mois janvier – c’est le plateau de la presqu’ile de Leucate. Les premières fleurs d’amandier apparaissent durant le mois de janvier, et en février une véritable « neige florale » baigne le plateau de Leucate. Dans le livre « Leucate – plein cadre (Hautemanière & Hiron(2004) » – on trouve quelques photos des amandiers en fleurs sur le plateau de Leucate. La vue sur les amandiers et les vignes du plateau de Leucate avec l’étang de Leucate et le massif du Canigou couvert d’un épais manteau de neige en arrière-plan est sûrement un des (de mon point vue) plus beaux paysages d’hiver méditerranéen que je connaisse. Dommage que je n’en possède (sauf peut-être dans les fonds de mes cartons d’archive de diapositives) pas de photos de ce paysage  hivernal méditerranéen exceptionnel, paysage de pierre, vignes et fleurs d’amandiers. Notons aussi que les vignobles Cap Leucate (anciennement les vignerons du Cap Leucate) fête annuellement une Fête des amandiers en fleurs, mais cet évènement à caractère local, régional n’est pas comparable aux Gimmeldinger Mandelblütenfest qui est un évènement national, – car la Mandelbüte de la Weinstrasse est traitée chaque année dans la presse nationale allemande comme le début du « véritable printemps » en Allemagne !

Pour finir, – en attendant le printemps et la floraison  des amandiers sur la Weinstrasse  j’espère que l’hiver ne sera pas trop rude ici dans la Unterhaardt – car même si la neige manque assez souvent ici entre Bad Dürkheim et Grünstadt – il peut aussi y avoir des périodes de grands froids, en février 2012 nous avons eu droit à des nuits entre – 18 et- 22° (1,2) !

Œuvres citées :

Hautemanière, Nöel ; Hiron, Jacques (2004): Leucate : plein cadre ; livre de photographies. Toreilles, ISBN 2-9516053-3-1

Christophe Neff, le 6.1.2013

Blognotice 30.12.2012: Réflexions sur « les Zungenknoten – ungebetene Gäste» de Martin Graff

Le 22. Janvier 2013 on fêtera le cinquantième anniversaire du traité de l’Elysée! On prononcera des beaux discours, – des « Sonntagsreden » sur la « Deutsch-Französische Freundschaft », – sur l’amitié franco-allemande, – des discours parfois très loin des réalités de terrain – la maîtrise du français en Allemagne (voir aussi: «Blognotice 22.09.2012: Commémoration du discours historique de Charles de Gaulle du 9.9.1962 à Ludwigsburg » ) est en plein déclin, – l’apprentissage de l’Allemand en France ne se porte guère mieux! Martin Graff a dédié son dernier Zungenknoten « Zungenknoten – ungebetene Gäste» à ce casse -tête linguistique, – le fait que ,en dehors des beaux discours , de moins en moins d’Allemands et de Français sont capables de se parler, de se comprendre dans leurs langues réciproques.  En plus Martin Graff déplore le fait que de plus en plus d’allemands et de français utilisent  l’anglais pour communiquer entre eux. Je me permets de citer quelques petits passages de ce « Zungenknoten » -« Dans quelques jours ist es soweit, nous  inaugurons un demi-siècle d’amitié franco-allemande dont l’anniversaire exact am 22. Januar gefeiert wird, le jour où Charles de Gaulle et Konrad Adenauer ont signé le fameux traité de l’Elysée, Grundstein einer neuen Ära der deutsch-französischen Beziehungen. Damals wurde auch das Deutsch- Französische Jugendwerk gegründet, une entreprise de paix qui succéda à toutes les entreprises de guerre zwischen Frankreich und Deutschland. Ziel der Begegnungen war unter anderem, aus Franzosen und Deutschen Sprachakrobaten zumachen. Le but n’a jamais été atteint, …. Die Lobeshymnen, die zu erwarten sind, ne changeront rien à la donne. Wir entfernen uns, en paix certes, aber wir entfernen uns (Graff, M. 2012) ». Oui, Monsieur Graff, décrit bien la situation, – les deux parties du couple franco-allemand    s’éloignent de plus en plus, en paix certes, mais ils s’éloignent – et ceci n’est pas seulement dû  à l‘incompréhension linguistique, je pense que depuis quelques années il y aussi un vrai fossé  socio-culturel qui se creuse entre l’Allemagne et la France. On pourrait aussi se poser la question combien de député(e)s du Bundestag maitrisent  le français, – ou combien de député(e)s de l’assemblée nationale maîtrisent l’allemand ? Ou pourquoi une telle enquête n’a pas été menée dans les deux assemblées de Berlin et de Paris pour les festivités du cinquantenaire du traité de l’Elysée. Mais peut-être a-t-on aussi eu un peu peur d’une telle « ehrliche Bestandsaufnahme » des connaissances linguistiques des député(e)s français en allemand, des MdB (MdB = Membre du Bundestag = député allemand) en français. Naturellement au niveau individuel il y a toujours des exceptions, – ici et là on les trouve encore ces Sprachvagabunden.  Pour finir cette blognotice avec une touche positive je cite ces trois étudiants d’un de mes cours, qui ont bien voulu s’attaquer en dépit de l’obstacle linguistique à  préparer  un travail sur les « écosystèmes du Mali », une analyse de la réception scientifique de l’ouvrage « la terre incendiée » de  Georges Kuhnholtz – Lordat et d’une relecture critique de la réédition du texte clef de René Dumont « L’Afrique noire est mal partie » – ainsi que les préfaces de Abdou Diouf (Afrique, le continent du futur) et de Jean Ziegler ( René Dumont – visionnaire et prophète),pour mener ce travail à fond, – car il n’existe à  priori pas de littérature scientifique non francophone sur ces trois sujets. Oui, cela existe encore dans l’Allemagne de nos jours, des étudiants allemands, qui maîtrisent si bien le français, qu’ils  peuvent lire et comprendre textes scientifiques, livres …. écrits en français, – donc le travail  de l’  Office franco-allemand pour la jeunesse n’était pas pour rien, le travail des professeurs de français dans les Lycées (Gymnasien) et oui, même dans les Gesamtschulen et les Realschulen n’était pas en vain. Des étudiants allemands maîtrisent le français cela existe encore de nos jours, mais cela devient de plus en plus rare dans l’Allemagne de l’an 2012/13.

Ouvrages et sources cités :

Birnbaum, Philippe (2012) : Biodiversité au Sahel. Les forêts du Mali. Éditions Quae, Versailles, ISBN 978-2-7592-1811-0

Desjeux, Catheriné ; Desjeux, Bernard (2011) : Fleuve Niger. Cœur du Mali. Éditions Grandvaux, Brinon sur Sauldre, ISBN 978-2-909550-73-2

Dumont, René (2012): L’Afrique Noire est mal partie. Préfaces de Abdou Diouf et Jean Ziegler. Paris. Éditions du Seuil, ISBN 978-2-02-108644-7

Graff, Martin(2012): Zungenknoten – ungebetene Gäste. In: Die Rheinpfalz  Nr. 302– Ihr Wochenende – Balkon über Grenzen.  Samstag, 29. Dezember 2012.

Kuhnholtz-Lordat, G. (1939) : La Terre incendiée. Essai d‘ agronomie comparée. Nîmes (Éditions de la Maison carrée)

Christophe Neff, le 30.12.2012

Blognotice 9.12.2012: Regards d’Allemagne – un nouveau blog lemonde.fr sur L’Allemagne

Sur les Blogs lemonde.fr on trouve depuis début Decembre un nouveau blog sur l’Allemagne. Frédéric Lemaître, correspondant du Monde à Berlin nous promet  dans « Regards d’Allemagne » de suivre la campagne électorale pour le prochain Bundestag. Cette campagne dont l’issue sera décisive non  seulement pour l’Allemagne mais pour  l’ensemble de l’Union européenne et notamment pour la France. Regards d’Allemagne  rappelle un peu le blog « Berlin en parle » de Claire- Luis Buis, l’ancienne correspondante du Monde à Berlin : c’est en fait ce blog qui avait inspiré mes début de bloggeur sur paysages. « Berlin en parle » a depuis longtemps disparu de la blogosphère,  nous lisons à l’adresse du blog  – http://clbuis.blog.lemonde.fr/ – « WordPress» Erreur – Ce site a été archivé ou suspendu » – Claire Luis publie sur son propre site « Ideenlab » depuis Février 2010, un site franco-allemand dédié aux idées  et aux  livres politiques et philosophiques.  La disparition du contenu  de « Berlin en parle » – révèle  un grave problème de la Blogosphère. Ici c’est aussi mon esprit  professionnel de chercheur qui s’exprime: comment la recherche peut-elle  restituer les paysages médiatiques d’une certaine aire si les contenus disparaissent. Est-ce-que le Monde archive ses blogs ? Ou est-ce que le contenu de ces blogs disparait pour toujours ? Berlin en parle était dans un certain dégré le reflet de la grande coalition, le début de l’ère « Merkel ». Die Ära-Merkel  qui se poursuivra peut –être au-delà du 23.9.2013. Mais comme je l’ai déjà écrit le 29.09.2012 « Peer Steinbrück pourra redresser la SPD de la dure défaite des dernières Bundestagswahlen,  et peut être au-delà ouvrir de nouveaux  choix stratégiques pour reconquérir le « Bundeskanzleramt » ». « Les regards d’Allemagne » nous promettent donc de suivre de près cette campagne électorale qui pourrait ouvrir à Angela Merkel, la Mutti comme elle est souvent désignée dans les medias allemands, une troisième période au Bundeskanzleramt.  Mais c’est  peut être moins la cote de grands partis comme la CDU et de la SPD, qui va décider du destin de Madame Merkel ou de Monsieur Steinbrück , ce seront peut-être le score des pirates, de la FDP et des Verts aux Bundestagswahlen qui seront les « Kanzlermacher ».

Concernant les blogs le Monde.fr un autre évènement est à signaler – la République des livres a quitté les blogs du Monde – depuis le 26. Novembre 2012la République des livres navigue sous son propre pavillon. Et durant les premiers jours de la République des livres  sous son propre pavillon – pendants quelques heures, le contenu de l’ancien site sur le Monde avait disparu. Même si depuis, les billets et commentaires de l’ancien blog de la République de livres  ont réapparu, cela montre que l’archivage des contenus  des blogs,  mais aussi de tous les medias électroniques (livres, musiques, films) reste un grand défi. Car si nous ne faisons pas attention  de  cette ère super médiatisée il risque de ne rester qu’un souvenir vide de contenu!

Les regards d’Allemagne pourront donc permettre aux lecteurs français et  francophones un regard rapproché sur la campagne électorale pour le 18 eme Bundestag. Personnellement j’espère que les lettres d’Allemagne que Frédéric Lemaître publie régulièrement sur le journal le Monde – ne disparaissent  pas, car j’aimais et j’aime beaucoup  lire ces prises de vue françaises sur l’Allemagne contemporaine!

Photo: © C. Neff Winterblick auf Grünstadt/Vue d’hiver sur Grünstadt 2.11.2012

Christophe Neff, le 9.12.2012

Blognotice 25.11.2012: la 47ème semaine – une semaine des petits et grands conflits géopolitiques

Pendant que le Monde médiatique se penchait une fois de plus sur le drame de Gaza, – Monsieur Morsi arrivait à se faire une certaine renommée internationale en méditant un cessez le feu entre le Hamas et Israël. Mais en même temps il s’octroyait des pleins pouvoirs quasiment pharaoniques. L’Egypte semble de plus en plus  se transformer en Etat autoritaire version frères musulmans. En Tunisie Ennahda essaye de plus en plus de verrouiller le droit d’expression, mais jusqu’à présent on semble encore être loin des dérives autoritaires du régime de Monsieur Morsi. Pendant le drame de Gaza la guerre civile en Syrie poursuivait son chemin sanglant. Combien de morts, de disparus en Syrie – pendant les jours dramatiques à Gaza. Pendant que le monde médiatique penchait ses yeux sur Gaza,  le régime syrien, les bouchers de Damas continuaient sans états d’âme leur travail sanglant.  Mais c’est au cœur de l’Afrique, très très loin de toute attention médiatique, aux confins de la région des grand lacs qu’un véritable drame eut lieu – le M23 (Mouvement du 23 Mars) progresseGoma, Saké tombée – et bientôt peut-être Bukavu , qui sait. Le M23 est responsable des crimes de guerres à grande échelle,  mais malheureusement leurs adversaires, pour le dire diplomatiquement, ne sont pas des enfants de chœur. Il est intéressant de noter que dans la version anglaise de l’article Wikipédia sur le M.23 le rapport (francophone) « RD Congo : Les rebelles du M23 commettent des crimes de guerre » de Human Rights Watch n’est pas mentionné. La Guerre du Kivu, le conflit le plus meurtrier depuis la fin de la seconde guerre mondiale, semble une fois de plus  s’éveiller comme un vieux volcan sans que nous en prenions note. La région des grands lacs semble une fois de plus être un pays où la mort et la violence gratuite ont encore un bel avenir devant eux. Mais croire que le sang qui a coulé à flot dans la région des grands lacs, qui coule encore dans cette région ne nous regarde pas est une erreur !

Le téléphone mobile, le Smartphone que nous utilisons tous les jours, cet outil devenu si indispensable dans notre vie – contient du Coltan  et dans la plupart des cas ce minerai rare (il est presque indispensable pour la hardware supportant notre vie virtuelle) provient de la région des grands lacs, du Kivu. Le trafic du Coltan, n’est certes pas la seule cause des interminables violences à l’est de la RDC,  mais une des questions clefs géopolitiques pour comprendre un peu ce qui se passe  là- bas, loin de nos yeux, est le contrôle du trafic de ce minerai rare et indispensable pour la fabrication des « mobiles ». Le téléphone mobile, le Smartphone,  ce petit outil, qui est devenu si indispensable dans notre quotidien contemporain, dans ce petit outil il y a pour ainsi dire le sang du Kivu qui coule. Il y a deux ans, il y avait même un film documentaire danois intitulé « Blood in the Mobile » (voir ici la critique du Guardian : a shocking connection – film makers uncovers blood in the mobile) qui avait essayé de sensibiliser le grand public sur ces liens « inconnus » entre l’Est de la RDC et le Mobile que nous tenons dans nos mains. Le conflit et les conflits du Kivu se réveillent comme un vieux volcan, annoncent une énième guerre sanglante… et les capitales occidentales, une grande partie des medias internationaux  semblent préférer imiter la Monusco, bien fermer les yeux, ne  rien voir et ne rien entendre!

Christophe Neff, le 25.11.2012

Blognotice 18.11.2012: Et Hossein Derakhshan ? And Hossein Derakhshan ? Oublié? Forgotten?

En écrivant ma dernière Blognotice «13.11.2012: Sattar Beheshti – torturé à mort pour avoir osé critiquer le régime de Téhéran sur Facebook », – je me posais la question – et Hossein Derakhshan, il devient quoi ? Il périt comme beaucoup d’autres prisonniers politiques en Iran dans une prison inconnue – avec encore 18,5 d’années de prison devant lui, mais en réalité nous ne savons pas grand-chose sur lui. En me demandant ce qu’est devenu  Hossein Derakhshan je suis tombé sur un article de Jillian C. York  «The forgotten bloggers  (les bloggeurs oubliés)»publié sur Aljazeera, qui nous rappelle le triste destin des bloggeurs emprisonnés  (et des  autres prisonniers politiques) à Téhéran, à Damas, au Bahreïn. En écrivant mon dernier post, je me suis demandé si cela sert à quelque-chose, si un bloggeur-du-week-end élève sa voix pour un bloggeur torturé à mort dans une prison d’Iran  comme ce fut le cas pour Sattar Beheshti – si il essaie de rappeler le destin tragique d’un Bloggeur qui a encore devant lui presque 20 ans de prison, comme c’est actuellement le cas pour  Hossein Derakhshan. Oui je crois que cela peut servir à quelque chose – briser le silence et l’oublie– car l’oubli et le silence sont un des pires ennemis des prisonniers politiques. Ou comme l’écrit  Jillian C. York «We must continue to help raise their voices to ensure they are not forgotten. (On doit continuer de les aider de à se faire entendre pour s’assurer qu’il ne soit pas oublié) ». Briser le silence pour combattre l’oubli, c’est peut – être la seule chose  que nous puissions faire pour Hossein Derakhshan  et les autres prisonniers politiques iraniens et dans ce sens je pense  que la petite voix d’un bloggeur franco-allemand  qui normalement écrit principalement sur les paysages et les livres, parfois aussi sur les relations franco-allemandes, oui je pense qu’elle  peut servir à quelque chose.

As I wrote my last Blognotice  « Sattar Beheshti – torture to death for having risked criticizing the Tehran regime on Facebook » I asked myself – and Hossein Derakhshan – how is he? At the moment he perishes altogether with other political prisoners in Iran an unknown prison, facing 18, 5 years of prisons – but in fact we don’t know much about him at current time. As I tried to answer this question I discovered an article “The forgotten bloggers” written by Jillian C. York   and published on Aljazeera, a text remembering us the sad destiny of bloggers imprisoned (and other political prisoners) in Tehran, Damascus and Bahrain. When I wrote my last Blognotice I asked myself if it benefits for anyone if a week-end blogger rise up his voice to remember a blogger tortured to death as it was the case for Sattar Beheshti – or if he tries to remember the sad destiny of a blogger who has to spent the next twenty years in prison as it is the case of Hossein Derakhshan.

Yes that could be of use, breaking the silence and combatting forgetfulness – because silence and forgetfulness are one of the worst enemies for political prisoners. As Jillian C. York writes “We must continue to help raise their voices to ensure they are not forgotten.”

Breaking the silence and combatting the forgetfulness, that’s perhaps the only thing we can do for Hossein Derakhshan and other political prisoners in Iran (and elsewhere) , – and in this sense I think that the voice of franco-german week-end blogger, who mainly writes on landscapes and books, sometimes also on the French-German relations, could be useful at all!

Christophe Neff, le 18.11.2012

Blognotice 13.11.2012: Sattar Beheshti – torturé à mort pour avoir osé critiquer le régime de Téhéran sur Facebook/ Sattar Beheshti – torture to death for having risked criticizing the Tehran regime on Facebook

Le mardi 6. Novembre Sattar Beheshti fut torturé à mort à la prison d’Evin pour avoir osé critiquer le régime des mollahs à Téhéran. Cela rappelle un peu  Zahra Kazemi – cette photographe irano -canadienne morte des suites des tortures infligées à la prison d’Evin en juillet 2003. Zahra Kazemi avait osé  photographier les familles de détenus de la prison d’Evin qui manifestaient devant ce centre de torture qui est la prison d’Evin.

Il y avait dernièrement dans le Monde un éditorial intitulé – N’oublions pas la dissidence iranienne –  qui nous  a rappelé que le parlement européen avait décerné à Nasrin Sotoudeh et Jafar Panahi  le prix Sakharov 2012.

En 2009 pendant que le régime de Téhéran écrasait les hommes et les femmes du „printemps iranien“ de 2009 – j’avais écrit dans paysages – « et ouvrons quant à nous nos portes quand ils en auront besoin ». Ce peut être la seule chose que nous puissions faire pour ces courageux hommes et femmes qui osent  faire face à la barbarie du régime de Téhéran et qui, pour une grande partie, croupissent à Evin ou dans des autres prisons: ne pas les oublier  et si par chance ils auront la possibilité de quitter les prisons iraniennes vivants, de quitter l’Iran, de les accueillir chez nous, – en France, aux Etats – Unis, etc. dans tous les pays où les mots « liberté & démocratie » ne sont pas de vaines paroles. Le 6 Novembre 2012 un homme est mort sous la torture simplement parce qu’il avait osé  critiquer sur Facebook le régime de Téhéran …. Il se nommait Sattar Beheshti : ne l’oublions pas!

On Tuesday the 6 November Sattar Beheshti was tortured to death in the Evin prison for having risked criticizing the Mullah regime of Tehran on Facebook. It’s a perhaps similar to the case of the irano -Canadian photographer Zahra Kazemi who died after having been tortured heavily in the Evin prison.  Zahra Kazemi risked taking pictures of protesting family members of Evin prisons political prisoners.

Some days ago the French newspaper Le Monde published an editorial “N’oublions pas la dissidence iranienne (Do not forget the Tehran dissidents)” an editorial which remembers us the current political situation in Iran and the fact that two dissidents,  Nasrin Sotoudeh and Jafar Panahi  have been awarded with the Sakharov price 2012 by the European parliament. In 2009 while the Tehran regime overruns brutally the Iranian spring I wrote in paysages “«we should open our doors when they will be knocking and ask for our help». Do not forget them – perhaps it’s the only think we could do for the courageous men and women who face the barbaric regime of Tehran. Most of them are currently suffering in Evin or other Iranian prisons, – and if by chance they could leave  prison alive , leave the Iran, provide them a safe haven – in France, the U.S.A., and all other countries where liberty and democracy are not only hot air. On November the 6.2012 a man has been tortured to death for having risked criticizing the Tehran regime on Facebook … his name was Sattar Beheshti – we should not forget him!

Sources:

Deghan, Saeed Kamali (2012): Iran accused of torturing blogger to death – Sattar Beheshti’s family told of his death in prison a week after he was arrested for criticising Iran on Facebook. The Guardian, Thursday 8 November 2012 18.03 GMT.

Le Monde/Le Monde.fr (2012): Éditorial 28.10.2012 – N’oublions pas la dissidence iranienne.

Reza, Assal (2012): Un blogueur critique du régime meurt en prison sous la torture. Nouvelles d’Iran – un blog de la rédaction le Monde.

Christophe Neff, le 13.11.2012

Blognotice 05.11.2012:

Les neiges d’octobre dans le Leiningerland (1,2) ont fait place aux pluies et brumes de Novembre. Un vrai temps de Brumaire,-  digne du calendrier républicain, des mots  «des brouillards & des brumes basses qui sont la transudation de la nature d’octobre en novembre » que le poète Fabre d’Églantine avait choisi pour désigner la période du 22. Octobre au 20. Novembre dans le Calendrier républicain français. Parfois pendant  de courts instants, le soleil de Novembre illumine vignobles et villages de la Unterhaardt. Mais à part ces quelques minutes de lumières et couleurs,  ce sont des paysages de brumes, des ondées,  les feuilles mortes emportées  par le vent de Novembre qui dominent les paysages de la Unterhaardt. Ce matin même via Facebook, je découvre mon cousin  Charles Sluznis accompagnant les feuilles mortes de Joseph Kosma dans une vidéo Daily motion, – me rappelant mes propres années étudiantes – des vraies années chantant – où nous chantions entre amis étudiants aussi bien des chansons françaises comme par exemple les feuilles mortes (ou en version anglaise automn leaves) – ou des blues américains (voire aussi Manne mer Deck (en allemand)) – ou même des chansons & blues allemands (Joey Fleming, Wolle Kriwanek  etc). Depuis, beaucoup de saisons ont passé, beaucoup de tempêtes se sont épanouies dans les paysages automnaux. Mais même de nos jours,  la nature des paysages, le temps,le  soleil et les  tempêtes peuvent encore influencer nos destins. Je crois que si Barack Obama réellement emporte un deuxième mandat à l’élection présidentielle aux U.S.A., ceci sera aussi du grâce à son management des conséquences dramatiques  de l’Ouragan Sandy. Je suis de très près la campagne présidentielle  aux U.S.A dans les medias allemands, français, et U.S. ,je pensais sincèrement que Mitt Romney avait toutes les chances d’ emporter les élections.  Encore mercredi dernier  après avoir lu le chat de Alain Frachon sur les derniers jours de la campagne présidentielles aux U.S.A je pensais que Mitt Romney allait gagner les élections présidentielles aux U.S.A d’une courte manche. Maintenant avec  les conséquences de l’ouragan Sandy, le soutien du maire de New York Michael Bloomberg, – Obama a peut encore une chance de gagner son second mandat présidentiel aux Etats-Unis. Tout cela ressemble un peu à la situation de Bundestagswahlen 2002 où le chancelier Schröder gagne son deuxième mandat d’un courte manche grâce à son management remarquable des conséquences du Elbhochwasser face à son adversaire Edmund Stoiber. Quoi qu’il arrive, – les années Obama ont déjà laissé leurs traces dans le paysage littéraire français – La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker –  roman qui a grande chance de remporter le prochain Prix Goncourt, – et qui semble être un grand roman sur l’Amérique contemporaine. Personnellement je crois plutôt que sera Lame de fond de Linda Lê qui pourrait remporter le Goncourt. Mais comme pour les élections américaines – wait and see – en attendant les résultats des deux évènement j’observe le vent du Nord emporter les feuilles mortes des vignobles de la Unterhaardt, des forêts du Leiningerland..et le vent du nord les emporte

Photo: . © C. Neff Couleurs et ciel de Novembre à Grünstadt 2.11.2012

Christophe Neff, le 5.11.2012

27.10.2012: les premiers flocons de neige de l’hiver 2012-13 arrivent à Grünstadt

Le matin  de ce samedi 27.10.2012 nous avons eu droit aux premiers flocons de neige de cet hiver (2012-13) à Grünstadt. En 2009 nous avons eu droit aux premières neiges dans la nuit du 12 au 13 décembre, et en 2010 les premiers flocons arrivaient le 27. Novembre, en 2011 les premières neiges arrivent à Grünstadt le 18.12.2011, mais c’était quasiment le seul jour de neige de l’hiver dernier, car l’hiver 2011-12 fut ici dans la Unterhaardt un hiver exceptionnellement froid mais un hiver sans neige.

Pour ce week-end, on nous annonce des chutes de neige de 20-30 cm en Forêt – Noire et dans les Alpes bavaroises. Pour  la Forêt-Noire les chutes de neige fin octobre n’ont rien d’exceptionnel, – les chants de Kilbe, le fameux « Kilbesingen » dans la Raumschaft Schramberg  annonçaient le début de l’hiver et parfois quelques jours après que les bougies des Rübengeister et les Lanternes de la Kilbe avaient une dernière fois à la nuit tombante  d’automne   traversé  bourgs, champs et forêts des environs de Schramberg, les premières neiges couvraient les montagnes et forêts de la Raumschaft Schramberg. Par contre ici en Palatinat, les neiges d’Octobre ont quelque chose d’assez exceptionnel. Notons pour finir cette petite note qui nous annonce le début de l’hiver dans la Unterhaardt – la Kilbe cette coutume des pays de la Raumschaft Schramberg est en train de disparaître – mais la Narrenzunft Schramberg essaie de faire revivre cette tradition – qui est aussi menacée par les potirons de Halloween , a ainsi organisé  une Kilbesingen à Schramberg ce dernier mardi (23.10.2012). J’aurais bien aimé de participer à ce Kilbesingen, mais malheureusement les obligations professionnelles en  ont décidé autrement. Mais d’après ce que j’ai pu lire dans la presse locale ce « Kilbesingen » organisé par la Narrenzunft Schramberg fut un grand succès. Il ne me reste que les souvenirs d’enfant,-observant à travers les vitres  les petites lumières  qui traversaient la nuit entre le Schoren, le Feurenmoos et la Hutneck à Schramberg – Sulgen – les chants qui traversaient le silence de la nuit – « Hit isch Kilbe, morga isch Kilbe, bis am Middwoch Obend… Ich geh’ mit meiner Laterne und meine Laterne mit mir. Dort oben leuchten die Sterne und unten leuchten wir. Mein Licht geht aus, wir geh’ n nach Haus, ra bimmel ra bammel ra bum bum bum.“   on sentait l’hiver arrivé.

Photos: 1.) Neiges d’Octobre dans le Linange entre Grünstadt et Höningen 27.10.2012/Oktoberschnee im Leiningerland zwischen Grünstadt und Höningen 27.10.2012. © C. Neff 2.) Flyer de la Narrenzunft Schramberg pour le „Kilbesingen“ du 23.10.2012. Flyer der Narrenzunft Schramberg für das „Kilbesingen“ am 23.10.2012. © Narrenzunft Schramberg.

Christophe Neff, le 27.10.2012