Le Piranga vermillon, un migrateur aux couleurs de feu, à Porto au Portugal

Piranga rubra par © José Nunes 22.02.2026 à Porto (Portugal)

Le matin du lundi 23 février 2026, je découvre sur mon mur Facebook une très belle photo d’un Piranga vermillon (Piranga rubra) à Porto, postée par José Nunes dans le groupe Aves de Portugal Continental 2.0. Facebook semble avoir découvert que je m’intéresse aussi à l’avifaune et me montre de temps en temps des images d’oiseaux. Comme je me considère également comme biogéographe, cela ne me paraît pas si étrange. Depuis l’épidémie de Covid-19, je note dans un tableau Excel tous les oiseaux que je parviens à identifier visuellement ou par leur chant autour de mon domicile à Grünstadt. Et si j’arrive à prendre une photo ou à enregistrer le chant des oiseaux, je dépose l’observation sur iNaturalist, comme récemment cette observation nocturne du chant de grues cendrées dans le ciel de Grünstadt[1].

Je suis vraiment fasciné par cette belle photo de Piranga rubra – et je me demande comment cette espèce américaine a finalement trouvé son chemin vers le Portugal[2] ? Fuite ou migration transatlantique ? Migration transatlantique – poussée par les tempêtes successives qui ont traversé l’Atlantique ces dernières semaines ? Ayant longtemps travaillé aux Açores – et n’ayant pas encore perdu l’espoir de revenir à Faial un jour, malgré toutes les complications liées à la maladie de Mitterrand –, je sais bien que l’Atlantique Nord est aussi une route de migration pour les plantes et les oiseaux[3]. D’ailleurs, mes collègues José María Fernandez-Palacios et al, viennent de publier un article intéressant sur la Classification biogéographique de la Macaronésie[4].

L’observation de Piranga rubra à Porto par José Nunes et d’autres observateurs naturalistes est une découverte très importante au niveau de la biogéographie européenne. Est-ce le début d’une colonisation du continent européen par Piranga rubra, ou cette observation témoigne-t-elle plutôt d’un événement éphémère ? À suivre !

Au-delà de toutes ces considérations scientifiques, la photo publiée par José Nunes est tout simplement une très belle photo. Elle me rappelle que « observer » et « écouter » la nature sans but précis me réjouit tout simplement.

Comme le disait un de mes enfants pendant la période de confinement du Covid : « Papa ne souffre pas trop du confinement, car il vit avec ses livres, parle aux fleurs, aux arbres et aux oiseaux – et donc, pas de grand changement pour lui pendant ce « shut-down » »[5].

Pour finir, je publie une capture d’écran de la photo de José Nunes – j’ai demandé son accord sur Facebook, et j’interprète son bouton « J’aime » comme une autorisation !

J’avais pensé à écrire un billet bilingue – français-portugais –, mais j’ai laissé tomber. J’ai bien appris le portugais il y a quarante ans à l’université de Mannheim[6], mais sans l’aide de DeepL ou d’une autre IA, je n’aurais jamais pu traduire mon propre texte en un temps raisonnable. Je lis convenablement le portugais, et après quelques jours d’acclimatation dans un pays lusophone, je peux aussi le parler sans trop de problèmes !

Les lecteurs portugais, sans connaissance du français, pourront naturellement se faire traduire le texte par DeepL ou un autre programme d’intelligence artificielle. Mes textes de blog sont tous écrits de ma main : ce sont mes idées et mes mots que je tape sur l’ordinateur. Le seul domaine où j’utilise l’IA, c’est la relecture – pour détecter les fautes d’orthographe ou de grammaire !

C’est ainsi que Le Chat de Mistral épargne à ma famille et à mes ami(e)s la corvée de corriger mes textes pour le blog paysages !

Photo :

Piranga rubra par © José Nunes 22.02.2026 à Porto (Portugal). « Sanhaço de fogo migrante. Piranga rubra. Porto. 22.02.2026   O ídolo do momento. (Sanhaço de fogo migrateur. Piranga rubra. Porto. 22.02.2026   L’idole du moment). » Publication orignale sur Facebook, Aves de Portugal Continental 2.

Bibliographie :

Fernández-Palacios, José María et al. : In defence of the entity of Macaronesia as a biogeographical region. Biol. Rev. (2024), 99, pp. 2060–2081. DOI : 10.1111/brv.13112

Christophe Neff, Grünstadt, le 25 février 2026


[1] Voir l’observation dans inaturalist inaturalist.org/observations/339616404

[2] On trouve aussi une observation de Pirangra rubra à Porta dans inaturalist faite par Luis Santos (inaturalist observations/339901873) du 23.02.2026.

[3] Voir aussi « “Capelo mon amour” – Fajã Grande, Flores, Capelo, Faial 1999 – 2023. 24 anos de investigação ecológica e geográfica nos Açores (Présentation orale archivée dans KITopen :  DOI: 10.5445/IR/10001627199) » et « Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores) » et « Neff, C. (2021). Observations de la dynamique végétale sur le Volcan des Capelinhos (Île de Faial, Açores, Portugal). Finisterra, 56 (117), 107–126. doi:10.18055/Finis18523.

[4] José María Fernández-Palacios et al. : In defence of the entity of Macaronesia as a biogeographical region. Biol. Rev. (2024), 99, pp. 2060–2081. DOI : 10.1111/brv.13112

[5] Voir aussi « Rétrospective sur le blog paysages en 2020 » et « Se ressourcer – auftanken, – über versteckte Orte in der Zeit vom 14. Juli 2022 – und andere Ferne und Nahe „Aufladestationen“ »

[6] Voir aussi « Le Cartographe des absences / O Mapeador de Ausências  – ou comment découvrir la géographie secrète des paysages de la Baía de Sofala avec le poète Diogo Santiago ».

Jeudi 12 février 2026 : La tempête Nils balaye le Cap Leucate avec des rafales atteignant 157 km/h

Jeudi 12 février 2026, je suivais les conséquences de la tempête Nils pour le Midi français sur Internet. Leucate confirmait sa vocation de « pays du vent et du soleil », car c’est à la station météorologique du Cap Leucate de Météo-France, située au sémaphore de la Marine nationale, qu’à 7 heures du matin, les rafales de la tempête Nils atteignaient 157,7 km/h[1]. On retrouve les données de la station météorologique de Leucate sur le site infoclimat.fr. La station météorologique de Leucate est d’ailleurs l’une des stations les plus arides de la France continentale, avec une moyenne RR de précipitations annuelles de 351,22 mm[2].  C’est dans le contexte des conséquences régionales du changement climatique en milieu méditerranéen que j’ai co-dirigé, avec Almuth Arneth, la thèse de master en géographie de Laura Ringeisen sur les premiers signes du changement climatique dans la région méditerranéenne du sud-ouest de la France, entre le cap Leucate et le cap Béar[3].  Je pense que la région entre Leucate et la frontière espagnole sera certainement une des régions françaises  les plus sensibles au choc du réchauffement climatique !

Revenons à la tempête Nils. Concernant les dégâts occasionnés par la tempête Nils à Leucate et dans les environs, ce sont surtout des toitures arrachées et de nombreux arbres qui n’ont pas résisté aux rafales de vent. La route départementale 627, comme souvent par temps de tramontane, a été submergée par les vagues de l’étang de Leucate entre Leucate-Plage et le Grau de Leucate. De plus, la route a été temporairement bloquée par un camion renversé par les rafales de Nils. L’autoroute A9 a également été fermée entre Leucate et Perpignan, car des camions renversés par la tempête bloquaient la chaussée[4]. Mais c’est surtout sur la façade atlantique, notamment en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, que Nils a laissé derrière lui un paysage de dévastation, avec des crues majeures. Au moment où j’écris ces lignes, la Garonne est encore en vigilance crue rouge[5].

Vu les conséquences majeures, l’ampleur et la force destructive de la tempête Nils sur le sud de la France, je suis assez surpris de ne pas trouver d’article sur cette tempête dans la Wikipédia francophone, à part une petite notice d’environ dix lignes dans l’article « Saison des tempêtes hivernales en Europe de 2025-2026 ».

Personnellement, je contribue très occasionnellement à Wikipédia, parfois sous mon nom, parfois sous une adresse IP. Je préfère écrire des articles pour mon blog personnel, paysages, plutôt que de contribuer à Wikipédia. Cette tempête entre sans doute dans la catégorie virtuelle des « phénomènes météorologiques exceptionnels à Leucate »[6] dans mon blog. Mais le phénomène météorologique le plus exceptionnel que j’ai vécu à Leucate n’était pas une tempête : c’était la banquise qui s’était formée dans le port de Port-Leucate et partiellement sur l’étang de Leucate en février 2012. J’en témoigne dans la notice « Blognotice 12.2.2012 : la banquise bloque le port de Port-Leucate », car j’étais sur place avec un groupe d’étudiants du KIT[7]. Le mercredi 8 février 2012, on avait mesuré -5,8 °C à la station météorologique de Leucate [8]. C’est depuis la température la plus basse mesurée à Leucate. Les rafales de vent, de la tempête Nils, avec les 157,7km/h mesurés le 12.02.2026 sont aussi très exceptionnelles. Jamais on n’a mesuré de rafales de vent avec cette vitesse à Leucate. C’est incontestablement un record de vitesse pour la station météorologique de Leucate. À voir si ce record sera pulvérisé pendant les prochaines tempêtes !

Concernant les risques climatiques pour Leucate, après plus de trente ans de carrière scientifique universitaire en tant que géographe de terrain, je pense que les submersions marines (surtout pour Port-Leucate), les feux de forêt, ainsi que l’aridité et les sécheresses répétées (pour les vignerons de la commune + la gestion de l’eau potable) seront les grands défis climatiques pour la commune de Leucate durant les prochaines décennies !

Bibliographie

Ringeisen, Laura (2024): Signs of Climate Change in the Mediterranean Area in Southwestern France between Cap Leucate and Cap Béar. Master’s Thesis in Geography (Supervisors: Dr. Christophe Neff/Prof. Almut Arneth, IFGG, KIT). Karlsruhe Institute of Technology (KIT), DOI: 10.5445/IR/1000184793 .

Christophe Neff,  Fevrier 2026, publié le 15.02.2026

P.S. (15.02.2026): J’ai découvert une interview intéressante avec la climatologue Françoise Vimeux dans le Monde juste après avoir publié cette notice sur la tempête Nils dans « paysages » :  « Inondations : « Les pluies torrentielles déversées par les tempêtes sont plus fortes aujourd’hui : c’est la marque d’un climat plus chaud », « Climatologue à l’Institut de recherche pour le développement, Françoise Vimeux rappelle que la tempête Nils et les précipitations qu’elle a apportées ne sont pas hors norme dans les conditions climatiques actuelles. Mais elle déplore l’impréparation du pays ». Le Monde, 15.02.2026


[1] Voir « Climatologie du jour 12.02.2026, station métrologique de Leucate, infoclimat.fr  (dernière consultation 15.02.2026

[2] Voir « Climatologie globale, station méterologique de Leucate, infoclimat.fr (dernière consultation 15.02.2026) »

[3] Ringeisen, Laura (2024): Signs of Climate Change in the Mediterranean Area in Southwestern France between Cap Leucate and Cap Béar. Master’s Thesis in Geography (Supervisors: Dr. Christophe Neff/Prof. Almut Arneth, IFGG, KIT). Karlsruhe Institute of Technology (KIT), DOI: 10.5445/IR/1000184793 .

[4] Voir aussi : „Tempête Nils : l’A9 coupée entre Leucate et Perpignan, cinq poids lourds renversés (107.7. Vinci autoroutes, 12.02.2026, (dernière consulation, 15.02.2026) »

[5] Voir „Bulletin de vigilance crues Gironde-Adour-Dordogne, 15.02.2026 à 09h55, vigicrues. (dernière consultation 15.02.2026).

[6] Voir les par exemples les articles : Sturm Xynthia : Blick von der Unterhaardt auf La Faute-sur-Mer, L’Aiguillon und Port Leucate, Le 8 mars 2010 – de la neige à Port Leucate,  Lundi 11 octobre 2010 – la mer se déchaîne sur la plage de Port Leucate, Notice de blog 17.10.2010 – mémoires collectives et tempêtes oubliées à Leucate,  Blognotice 13.10.2016: La mer déferle sur les plages leucatoises , Fukushima pays de neige – Souvenirs du Vendredi 11 Mars 2011 et aussi Blognotice 12.2.2012: la banquise bloque le Port de Port Leucate (aussi disponible en version PDF dans la bibliotheque KITopen DOI: 10.5445/IR/1000157186)

[7] Voir l’article « Blognotice 22.2.2012 » qui contient une photo de groupe des etudiants du KIT. Nous etions venue pour assister aux chantiers de brûlage dirige de la cellule feu de forêt de l’ONF 11 en fevrier 2012.

[8] Voir « Climatologie globale, station méterologique de Leucate, infoclimat.fr (dernière consultation 15.02.2026) »

Blognotice 18.01.2026 : « Iran – Une pensée pour les femmes et les hommes iraniens qui manifestent avec courage pour leur liberté »

« La terreur, ultime moteur du régime iranien », c’est l’édito du Monde du samedi 17.01.2026. Dimanche dernier, j’ai republié via Mastodon, sous le titre « Une pensée pour les femmes et les hommes iraniens qui manifestent avec courage pour leur liberté », le poème « Courir toujours plus loin pour un brin de liberté », que j’avais écrit pour le mouvement « Femme, Vie, Liberté » en novembre 2022.

Depuis, le cri des manifestants pour plus de liberté en Iran (Decembre 2025, Janvier 2026), pour la fin du régime des mollahs, a été noyé dans le sang par les dirigeants iraniens. Un cri de souffrance du peuple iranien, qui, une fois de plus, s’étouffe dans l’indifférence générale. Et ne parlons pas des promesses d’aide émises par les mégaphones de l’administration Trump – promesses creuses, comme trop souvent pendant les dernières décennies de l’histoire iranienne. Mais, pour ainsi dire, le « péché originel » fut l’opération « Ajax », menée par les services secrets américains et britanniques pour destituer le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh en 1953. Trop souvent, cette histoire est oubliée !

Concernant les espoirs de liberté du peuple iranien, si les États qui pourraient théoriquement leur venir en aide n’ont que de fausses promesses à faire, les États où la démocratie et l’État de droit sont encore en fonction, comme la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Canada, pourraient au moins proposer l’asile politique aux victimes des bourreaux du régime des mollahs. Comme je l’avais déjà écrit pendant la « vague verte », tout au début de mes notices de blog dans paysages, dans le billet « F comme Freidoune – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin » ! Au moins, cet ultime acte d’humanité que d’accueillir les victimes de la terreur des dirigeants de Téhéran.

Comme je m’intéresse à l’Iran depuis ma jeunesse, je possède une petite bibliothèque sur l’histoire récente de l’Iran. J’ai donc choisi d’ouvrir ce billet avec la couverture d’un de mes livres, « Des Iraniennes ». Ce livre, comme ce billet de blog, est aussi un hommage au mouvement « Femme, Vie, Liberté ».

Pour finir, je reprends l’image d’un post Facebook du 11 Janvier 2026 de Raphaël Glucksmann, qui commence par ces paroles : « Ils tuent, plongent le pays dans le noir, tuent encore, coupent les moyens de communication, tuent toujours. Ils ne savent plus faire que cela : tuer. C’est leur seule manière de s’accrocher au pouvoir. Qui croit encore en Iran à leurs discours, leurs mensonges, leur idéologie ? Seule reste la vérité nue du régime : la mort. La mort qui est tout ce qui raccroche cette gérontocratie intégriste finissante à la vie. » L’image « Free Iran » (sans mention de copyright) est une image forte. Une image qui restera. Comme, en plus, le blog paysages est archivé dans la « Deutsche Nationalbibliothek[1] », cette image durera au-delà des souvenirs sans lendemain et rappellera à ceux qui sont prêts à se souvenir du soulèvement du peuple iranien en janvier 2026.

En outre, le pays dans lequel je vis, l’Allemagne, semble tellement galvanisé par l’appétit de Donald Trump pour le Groenland que la situation en Iran semble être reléguée au second plan, voire au troisième, dans la perception médiatique. En Allemagne, on se rend compte que le « transatlantische Zeitalter (époque transatlantique)[2]» prend fin, et l’Iran finalement c’est donc très très loin !

Bibliographie

Alliance des femmes pour la démocratie (Eds.) (2024) : Des iraniennes : femme, vie, liberté Paris, 2024, © 2024, des femmes Antoinette Foque , ISBN, 978-2-7210-1305-7    

Christophe Neff, Grünstadt, 18.01.2026


[1] Voire « paysages: paysages et livres – Landschaften und Bücher », Deutsche Nationalbibliothek.

[2] Voir aussi ce billet de blog déjà écrit en  « Blognotiz 02.03.2025: Das Ende des transatlantischen Zeitalters » qui reprends la fin de l’époque transatlantique.

L’année 2025 sur le blog paysages – une rétrospective/eine Rückschau auf das Jahr 2025 im Paysagesblog

© Christophe Neff, 03.10.2025,  Vue sur l’aurore et les éoliennes maritimes depuis la plage de Port-Leucate

Comme les années précédentes[1], je publie une petite rétrospective de l’année 2025 du blog paysages présentant les billets les plus lus durant l’année 2025. Les 10 articles les plus lus (ou les plus visitées ou les plus cliquées – qui sait ?) de l’année 2025 se retrouvent dans le Tableau 1. Dans le Tableau 2 on retrouve l’origine géographique des lecteurs de paysages.

À l’exception des deux billets sur les incendies de forêt (Personal perception of the 2025 August wildfire in the Corbières (Aude/Mediterranean France) et 1949 – l’incendie meurtrier dans la forêt des Landes), tous les autres articles reflètent mes lectures quotidiennes, parfois aussi des lectures plus anciennes.

L’article concernant l’incendie des Corbières en 2025, que j’ai écrit en anglais, décrit un feu de forêt que je considère comme historique, car sa dynamique rappelle beaucoup celle des incendies au Portugal. Avec les changements climatiques, mais aussi avec le phénomène de déprise agricole combiné à celui de « californisation », ce « nouveau type d’incendie de forêt » pose d’énormes défis pour la défense contre les incendies dans le Midi de la France et bien au-delà.

Dans ce contexte, je suis surpris de ne pas retrouver l’article « Mittwoch 02.07.2025: „Canicule“ Grünstadt – Sausenheim 16:00 Uhr » dans la liste des articles les plus lus du blog Paysages de l’année 2025. Je pense que l’Allemagne est encore beaucoup moins préparée aux défis posés par le changement climatique pour une société moderne que ne l’est la France.

Concernant les origines géographiques des lecteurs du blog Paysages :

  • environ 95 % des lecteurs proviennent d’Allemagne, des États-Unis et de France. Les lecteurs en provenance de France diminuent de plus en plus. Mais je pense que c’est aussi un phénomène normal. Je vis en Allemagne, j’y paie mes impôts, et en plus, les services médicaux allemands prennent en charge les soins liés aux conséquences et complications de la maladie de Mitterrand.

D’ailleurs, il y a exactement trente ans, le 8 janvier 1996, que François Mitterrand est décédé des suites de son cancer de la prostate. Je me souviens encore bien de la déclaration de « Jacques Chirac à la télévision après la mort de François Mitterrand ». Dans un certain sens, j’ai parfois le sentiment d’être l’un des derniers « mitterrandistes »[2]. Dans ce contexte, je note la sortie d’un nouveau livre sur Mitterrand : « François Mitterrand – Conversations intimes », écrit par Jean Glavany, dont la version ePub fait déjà partie de ma bibliothèque personelle. Dans ce contexte je salue la Tribune de Carole Delga « François Mitterrand ou cette voix de la France que l’on doit entendre de nouveau » publie aujourd’hui dans le Nouvel Obs.

Pour 2026, j’espère enfin surmonter les complications de la maladie de Mitterrand, reprendre mon travail d’enseignant-chercheur au KIT et, peut-être, voyager un peu ! Sur le plan politique, j’espère que les électeurs américains, lors des élections de mi-mandat le 3 novembre 2026, auront le courage de mettre un terme à la dérive autoritaire abyssale de l’administration Trump. Voir à quel point le « pays de la liberté » – « the land of the free » – se transforme de plus en plus en régime autoritaire est un véritable cauchemar !

« O say does that star-spangled banner yet wave
O’er the land of the free and the home of the brave? / Ô dites-moi, est-ce que la bannière étoilée flotte encore sur le pays de la liberté et la patrie des courageux
[3]»

Pour finir, la photo choisie pour ce billet de rétrospective du blog Paysages en 2025 montre la vue sur l’aurore et les éoliennes maritimes depuis la plage de Port-Leucate en octobre 2025 – une photo que j’ai déjà utilisée dans le billet du Nouvel An 2026. Elle illustre qu’en dépit de tous les inconvénients personnels, des problèmes de santé et des cauchemars politiques qui s’annoncent, je reste malgré tout optimiste pour le déroulement de 2026, au moins au niveau personnel !

Rang 2024Rang 2025Titre/Titel%
 1Schwäbisch – Französische Lesenotizen zu „Mein Schwaben“ von Vincent Klink2,322
432Poste restante : Alger  – pour ne pas oublier Boualem Sansal !1,591
 3Die „Vazvrachentsy“ im Roman Kolkhoze von Emmanuel Carrère2,322
 4Personal perception of the 2025 august wildfire in the Corbières (Aude/Mediterranean France)1,489
1351949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes1,447
456Wintersonnenwende 20241,317
 7Zum Welttag des Tagebuches am 12. Juni 20251,205
48Erinnerungen  und Gedankenfetzen zu Martin Walsers autobiographischem Roman „ein springender Brunnen“1,131
89Blognotice 18.08.2024: de retour à Grünstadt – et les martinets se sont déjà envolés vers le Sud1,036
210Encore une déception avec le Monde – La suppression du format PDF du journal numérique du Monde1,029
    

Tableau 1/Tabelle 1 : Les 10 articles les plus lus sur paysages en 2024/ Die 10 meistgelesenen Artikel im Paysagesblog im Jahre 2024

Rang 2024Rang 2025Pays/Land%
11Allemagne/Deutschland63,224
22USA26,647
33France/Frankreich5,999
114Autriche/Österreich0,520
75Canada/Kanada0,453
46Suisse/Schweiz0,372
57Tunisie/Tunesien0,246
87Belgique/Belgien0,246
208Suede/Schweden0,214
129Royaume-Uni/Vereinigtes Königreich0,165
910Pays-Bas/ Niederlande0,158

Tableau 2/Tabelle 2 : Provenance de géographique des lecteurs/lectrices  de paysages en 2024/ Geographische Herkunft der Leser/innen des paysagesblog in 2024

Wie in den vergangenen Jahren veröffentliche ich einen kleinen Jahresrückblick auf das Jahr 2025 im Paysages Blog[4], in dem die am häufigsten gelesenen Beiträge des Jahres 2025 vorgestellt werden. Die 10 meistgelesenen (meistbesuchten oder meistgeklickten – wer weiß das schon?) Artikel des Jahres 2024 finden Sie in Tabelle 1. Tabelle 2 zeigt die geografische Herkunft der Leser des paysagesblog. Mit Ausnahme der beiden Beiträge über Waldbrände (Personal perception of the 2025 august wildfire in the Corbières (Aude/Mediterranean France) & 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes) spiegeln alle Beiträge meine täglichen Lektüren und manchmal auch ältere Lektüren wider.

Der Artikel über den Brand in den Corbières im Jahr 2025, den ich auf Englisch verfasst habe, beschreibt einen Waldbrand, den ich als historisch betrachte, da seine Dynamik stark an die Brände in Portugal erinnert. Angesichts des Klimawandels, aber auch des Rückgangs der Landwirtschaft in Verbindung mit der „Californisierung” stellt diese „neue Art von Waldbrand” enorme Herausforderungen für den Brandschutz in Südfrankreich und weit darüber hinaus dar.

Vor diesem Hintergrund überrascht es mich, dass der Artikel „Mittwoch, 02.07.2025: „Hitzewelle“ Grünstadt – Sausenheim 16:00 Uhr“ nicht in der Liste der meistgelesenen Artikel des Blogs Paysages des Jahres 2025 zu finden ist. Ich glaube, dass Deutschland noch viel weniger auf die Herausforderungen vorbereitet ist, die der Klimawandel für eine moderne Gesellschaft mit sich bringt, als Frankreich.

Zur geografischen Herkunft der Leser des Blogs Paysages:

• Etwa 95 % der Leser kommen aus Deutschland, den Vereinigten Staaten und Frankreich. Die Zahl der Leser aus Frankreich nimmt immer mehr ab. Aber ich denke, das ist auch ein normales Phänomen. Ich lebe in Deutschland, zahle dort meine Steuern und außerdem übernimmt das deutsche Gesundheitssystem die Kosten für die Behandlung der Folgen und Komplikationen der Mitterandschen Krankheit.

Übrigens ist François Mitterrand vor genau dreißig Jahren, am 8. Januar 1996, an den Folgen seiner Prostatakrebserkrankung verstorben. Ich erinnere mich noch gut an die Erklärung von „Jacques Chirac im Fernsehen nach dem Tod von François Mitterrand“. In gewisser Weise habe ich manchmal das Gefühl, einer der letzten „Mitterrandisten” zu sein[5]. In diesem Zusammenhang möchte ich auf die Veröffentlichung eines neuen Buches über Mitterrand hinweisen: „François Mitterrand – Conversations intimes” (François Mitterrand – Intime Gespräche) von Jean Glavany, dessen ePub-Version bereits Teil meiner Privatbibliothek ist. In diesem Zusammenhang begrüße ich den heute im Nouvel Obs veröffentlichten Artikel von Carole Delga „François Mitterrand ou cette voix de la France que l’on doit entendre de nouveau”.

Für 2026 hoffe ich, endlich die Komplikationen der Mitterrand-Krankheit zu überwinden, meine Arbeit als akademischer Rat am KIT wieder aufzunehmen und vielleicht ein wenig zu reisen! Auf politischer Ebene hoffe ich, dass die amerikanischen Wähler bei den Zwischenwahlen am 03. November 2026, den Mut haben werden, dem abgrundtiefen autoritären Abdriften der Trump-Regierung ein Ende zu setzen. Zu sehen, wie sich das „Land der Freiheit” – „the land of the free” – immer mehr in ein autoritäres Regime verwandelt, ist ein wahrer Albtraum!

O say does that star-spangled banner yet wave – O’er the land of the free and the home of the brave? / Oh sagt mir, weht die sternenbesetzte Fahne noch über dem Land der Freiheit und der Heimat der Tapferen? [6]

Das für diesen Rückblick auf den Blog „Paysages en 2025“ ausgewählte Foto zeigt die Morgendämmerung und die Offshore-Windräder am Strand von Port-Leucate im Oktober 2025 – ein Foto, das ich bereits in meinen Neujahrwünschen 2026 verwendet habe. Es verdeutlicht, dass ich trotz aller persönlichen Nachteile, gesundheitlichen Probleme und politischen Alpträume, die sich abzeichnen, dennoch optimistisch für den Verlauf des Jahres 2026 bleibe, zumindest was den persönlichen Bereich betrifft !

Bibliographie:

Glavany, Jean (2026): François Mitterrand. Conversations intimes. Paris, Perrin. ISBN 978-2-262-11289-9

Photo : © Christophe Neff, 03.10.2025,  Vue sur l’aurore et les éoliennes maritimes depuis la plage de Port-Leucate

Christophe Neff, Grünstadt 08.01.2026


[1] Voir aussi „L’année 2024 sur le blog paysages – une rétrospective/eine Rückschau auf das Jahr 2024 im Paysagesblog

[2] Voir aussi „Mitterrand, un héritage qui s’efface à gauche. Trente ans après la mort de l’ancien président de la République, de moins en moins de cadres et de militants – à l’exception, par exemple, de Jean-Luc Mélenchon – revendiquent une filiation. Olivier Pérou, Le Monde 08.01.2026 ».

[3] Extrait du premier verset de l’hymne national des Etats-Unis « The Star-Spangled Banner ».

[4] Siehe „aussi „L’année 2024 sur le blog paysages – une rétrospective/eine Rückschau auf das Jahr 2024 im Paysagesblog

[5] Siehe auch „Mitterrand, un héritage qui s’efface à gauche. Trente ans après la mort de l’ancien président de la République, de moins en moins de cadres et de militants – à l’exception, par exemple, de Jean-Luc Mélenchon – revendiquent une filiation. Olivier Pérou, Le Monde 08.01.2026 

[6] Auszug  der ersten Strophe der Nationalhymne der Vereinigten Staaten von Amerike  « The Star-Spangled Banner ».

Les premières neiges de l’hiver 2025/26 arrivent à Grünstadt durant la journée du 2 janvier 2026

© Christophe Neff, 03.01.2026, palmiers (Trachycarpus fortunei) couvert de neige à Grünstadt

Les premières neiges de l’hiver 2025/26 sont enfin arrivées à Grünstadt durant la journée du 2 janvier 2026. Il y avait déjà eu un petit « épisode de neige » le mercredi 19 novembre 2025, dont je parle dans le billet « Novemberschneeflocken 2025 : Es schneielet, es beielet in Grünstadt», mais la neige avait disparu presque aussi vite qu’elle n’était tombée. Durant l’hiver dernier les premieres chutes de neige ont eu lieu à Grünstadt durant la nuit matinée du 5 Janvier 2025. Maintenant, l’hiver semble bien être arrivé dans l’Unterhaardt et le Leinigerland : bouchons, routes coupées, etc., montrent à quel point de simples chutes de neige peuvent perturber la vie quotidienne[1].

On a bien l’impression que la société, tout comme les services de l’État, semblent tout simplement avoir oublié ce que signifiait « des chutes de neige » — d’autant plus que ces chutes de neige étaient bien annoncées par le DWD (Deutsche Wetterdienst). Et surtout, la quantité de neige tombée durant les dernières heures à Grünstadt n’était pas énorme, environ 3 à 5 centimètres. Naturellement, il y avait aussi du verglas, mais le verglas est également un phénomène naturel des hivers en Europe centrale.

En Allemagne, il y a la « situative Winterreifenpflicht ( obligation situationnelle de pneus d’hiver)», l’obligation de rouler avec des pneus d’hiver dès qu’il y a des chutes de neige, du verglas, etc. Malheureusement, une grande partie des automobilistes allemands ne semble pas connaître cette « situative Winterreifenpflicht », et dès qu’il y a un peu plus de neige, le chaos sur les routes est programmé !

En dehors de cela, personnellement, j’aime bien les hivers neigeux ! Malheureusement, ici dans la plaine du fossé rhénan, les hivers enneigés deviennent de plus en plus rares. C’est aussi l’une des conséquences des changements climatiques.

Photo : © Christophe Neff, 03.01.2026, palmiers (Trachycarpus fortunei) couvert de neige à Grünstadt

Christophe Neff, Grünstadt, Janvier 2026, écrit le 03.01.2026, publie le 04.01.2026

P.S. (05.01.2026, 9 h 40) : Concernant le chaos provoqué par les chutes de neige à Grünstadt et dans les environs du Leiningerland et de l’Unterhaardt, voir aussi l’article de La Rheinpfalz : « Schnee-Chaos auf der A6 » (Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, n° 3, lundi 5 janvier 2026 ; version web : « Schnee-Chaos auf A6 zwischen Grünstadt und Frankenthal – Schnee sorgt für Chaos in Teilen der Pfalz : Auf der A6 bei Grünstadt kam es zu Unfällen. Im Kreis Bad Dürkheim waren Straßen gesperrt. », Die Rheinpfalz, 02.01.2026).


[1] Voir aussi le billet de blog « Wintereinbruch erstes Adventswochenende 2023 »  qui illustre à quel point l’Allemagne semble avoir oublié la capacité de composer avec des hivers neigeux.

Blognotice 29.12.2025: à travers le Bienwald – Noël 2025 – Driving home for Christmas

Sebastian Rogler : Driving Home for Christmas  20.12.2025, Serie „expressgrün“, 70x100cm, Acryl auf Holz / Série « expressgrün », 70 x 100 cm, acrylique sur bois.

Nous traversons le Bienwald. Il fait nuit et, dans l’autoradio, nous écoutons une émission sur Hildegard Knef[1]. Nous ramenons encore des livres français vers l’Allemagne, que nous avons achetés dans la librairie « À livre ouvert » chez Willy Hahn. J’écris « nous » car c’est ma fille qui m’accompagne, car je ne peux pas conduire de longs trajets en voiture. Les complications de la « maladie de Mitterrand » ont beaucoup restreint mon rayon d’action en voiture : le Klinikum Worms, la gare de Frankenthal, c’est à peu près la distance que je peux parcourir seule en voiture.

À Wissembourg, nous avons aussi fait des courses « chez Rebert » et « à la Cloche aux fromages ». Avec livres, fromages, pâté en croûte et bûche de noël, nous rentrions donc en Allemagne. Chez « Willy Hahn », nous avons découvert des « weihnachtsbredele » offerts en cadeau. Cela éveille des souvenirs d’enfance : il y a très longtemps qu’on m’a offert des « weihnachtsbredele » dans un commerce. Il y a certainement plus de quarante ans, à Schramberg, peut-être même dans une librairie : la Buchhandlung Klaußner, située dans la Hauptstraße longeant la Schiltach. La Hauptstraße et l’Oberndorferstraße étaient décorées avec de vraies branches de sapin, quelques étoiles illuminées, quelques « Herrenhuter Sterne » qui brillaient à travers les branches de sapins enjambant les deux rues principales de Schramberg[2]. Et la neige, partout dans la Raumschaft Schramberg, dans toute la Forêt-Noire, un peu comme je l’ai aussi décrit dans la notice  « Schramberg Janvier 2021 – pays de neige / Schramberg Januar 2021 – Schneeland »[3].

Je me demande pourquoi tant de traditions de Noël que j’avais connues dans cette partie du sud de l’Allemagne, la Forêt-Noire et l’Oberschwaben — qui fut, durant mon enfance, encore très imprégnée de catholicisme —, mais qui, de nos jours, se perdent de plus en plus, englouties dans la commercialisation de l’Avent et des fêtes de Noël, semblent survivre comme dans un refuge ici et là, en Alsace. À La Petite-Pierre, on trouve même un « Musée du Springerle ». Les « springerle » de mon enfance, c’étaient ceux de « la Vroni », Veronika Neff de Saulgau, qui nous faisait de merveilleux « springerle » pour les fêtes de Noël.

Ayant grandi dans un environnement franco-allemand, Noël est aussi associé aux « bûches de Noël » et aux « galettes des Rois ». Nous emportons donc une « bûche de Noël » de chez Rebert pour les fêtes en Allemagne. Concernant les galettes des Rois, pendant vingt ans, début janvier, en rentrant du bureau au KIT, j’apportais des galettes des Rois de chez « Erbs » à Lauterbourg pour mes enfants, afin de forger les liens gastronomiques avec la France. C’est avec le Covid et l’application du « home-office » que les « galettes des Rois » ont cessé de trouver le chemin de Lauterbourg vers Grünstadt.

Et tout à coup, à la radio, nous apprenons la mort de Chris Rea. Je pense à sa chanson « Driving Home for Christmas ». Je rentre donc en Allemagne, après avoir passé quelques heures en France dans la capitale d’Outre-Forêt, Wissembourg, avec mes souvenirs de Noël d’une enfance franco-allemande des années 1960 et 1970.

La chanson « Driving Home for Christmas » — sortie en 1986, deux ans après mon bac, mon service militaire, mes stages d’élève officier de réserve — fait depuis partie de mon paysage sonore des fêtes de Noël, au même titre que « La Marche des Rois », « Stille Nacht, heilige Nacht », « O Tannenbaum » ou « Es kommt ein Schiff, geladen ».

Je pense aussi à mes camarades de classe du baccalauréat, celui qu’on avait passé ensemble au Gymnasium Schramberg, en 1984. À mon camarade Mark Finnern, surtout — lui qui, depuis des années, organise les Abitreffen de notre promotion. Driving home for Christmas, c’est aussi cela : retourner en Forêt-Noire, à Schramberg. Retourner pour les Abitreffen, ceux que Mark Finnern continue d’organiser avec constance. Mark Finnern, devenu au fil des années l’un des rares spécialistes de l’intelligence artificielle dans la région de la Forêt-Noire en Allemagne. Là-bas, il anime des ateliers et des rencontres pour promouvoir l’usage concret de l’IA, loin des clichés technophiles.

Au début, nos retrouvailles se faisaient toujours autour de Noël. On revenait du service militaire, des études … On retrouvait la famille, les parents. Mais tout cela a changé. Une grande partie d’entre nous s’est éloignée de Schramberg. On a fondé des familles, on a eu des enfants. Le Home, la Heimat, ce n’est plus vraiment Schramberg, désormais. Schramberg, ce sont les souvenirs des paysages de notre jeunesse. Les premiers amours, les chagrins d’amour. Le bac. Noël en famille. La neige et les sapins, la Fasnet et surtout on était jeunes…

J’avais, au cours de ma carrière académique, donné des cours sur les origines ethnobotaniques de l’arbre de Noël, dont les racines se retrouvent aussi en Alsace. J’avais même collecté du matériel pour y écrire un article ethnobotanique ou même un livre sur les origines et l’ethnobotanique de l’arbre de Noël. Mais à part quelques feuilles de manuscrit perdues, tout cela est resté au stade de projet.

Le soir même, de retour à Grünstadt, je feuillette mes livres achetés dans la librairie « À livre ouvert », dont « Géographies, un dictionnaire », et je me demande si ce récit de souvenirs d’enfance, ces éléments de coutumes de Noël franco-allemandes, correspondent bien à la définition d‘ « écritures géographiques» , chapitre écrit par Isabelle Lefort dans ce dictionnaire. Apparemment, oui. Je me permets de citer les deux dernières phrases : «Comprendre et reconnaître que toute géographie, et ce quels que soient les sas et les biais de ses écritures – formelle, littérale, mathématique, picturale, cinématographique, plastique, chorégraphique – génère, à chaque fois, des réalités géographiques fort différentes, et ce y compris à propos d’un même réel. Les modes d’expression et les modalités scripturales produisant évidemment des performativités à chaque fois particulières, les réalités géographiques ne sauraient exister sans leurs écritures.  (Lefort, Isabelle, 2025, p.171) ».

Je dirais même qu’une grande partie des articles du blog « paysages » pourrait se retrouver dans la catégorie des « écritures géographiques ».

Quelques jours après avoir fixé une première ébauche de mémoire de cette traversée du « Bienwald » du soir du lundi 22 décembre 2025, je découvre dans « Le Monde » qu’un historien, Anton Serdeczny, vient de publier un livre sur la tradition de la bûche de Noël : « La Bûche et le gras. Une anthropologie historique de la magie de Noël [4].

« Driving Home for Christmas » est aussi le titre d’un tableau de l’artiste Sebastian Rogler, qui travaille entre Berlin et Tübingen. Cette œuvre me plaît tellement que je l’ai choisie comme image d’ouverture pour cette notice de blog.

Tableau:

Sebastian Rogler : Driving Home for Christmas  20.12.2025, Serie „expressgrün“, 70x100cm, Acryl auf Holz / Série « expressgrün », 70 x 100 cm, acrylique sur bois.

Bibliographie :

Collectiv GéoXXI (Coordination) (2025) : Géographies un dictionnaire. Coordonée par le Collectif GéoXXI. 633 pages. Paris, 2025, © 2025, CNRS Éditions, Paris            , ISBN 978-2-271-15540-5.  

Lefort, Isabelle (2025) : Écritures géographiques (geographique writing). In : Collectiv GéoXXI (Coordination) (2025) : Géographies un dictionnaire. Coordonée par le Collectif GéoXXI. 633 pages. Paris, 2025, © 2025, CNRS Éditions, Paris            , ISBN 978-2-271-15540-5, pp. 169 – 171.  

Serdeczny, Anton (2025) : La bûche et le gras. Une anthropologie historique de la magie de Noël. Ceyzérieu : Champ Vallon. ISBN 979-10-267-1325-8

Christophe Neff, écrit pendant les fêtes de Noël, publié le 29.12.2025


[1] SWRKultur (22.12.2025): Forum „Ich will alles“ – 100 Jahre Hildegard Knef. Hildegard Knef war Schauspielerin, Sängerin, Schriftstellerin, Diva, Ikone, Weltstar in Deutschland. Was bleibt von ihr mehr als 20 Jahre nach ihrem Tod?.

[2] On retrouve une image de la décoration de  Noël à Schramberg durant les années 1970 ici sur une page Facebook de la ville de Schramberg. La Hauptstrasse (rue principale)  n’était pas encore transformée en zone zone piétonnière. A part la décoration de Noël on remarque les voitures des 1970.

[3] On retrouve un très belle collection de photographies d’hiver (collection Wilhelm Weiß) ici sur une page Facebook des Archives Municipales de la Ville de Schramberg.

[4] Voir « Anton Serdeczny, anthropologue : « La magie de Noël correspond à un moment d’ouverture entre le monde des morts et celui des vivants »Dans une fascinante enquête sur la bûche de Noël, l’historien a développé une approche novatrice de la dimension magique attribuée depuis des millénaires à la nuit du 24 décembre, sur laquelle il revient dans un entretien au « Monde des religions ». Le Monde 24.12.2025 ».

Quel soulagement : Maria Kalesnikava est enfin libre ! Was für eine Erleichterung : Maria Kalesnikava endlich frei !

Quel soulagement : Maria Kalesnikava est enfin libre ! Comme par coïncidence, je rappelais son triste sort de prisonnière politique dans mon dernier billet, « Novemberschneeflocken 2025 : Es schneielet, es beielet in Grünstadt». Hier, samedi 13 décembre, Maria a été libérée avec 122 autres codétenus, dont Alés Bialiatski, colauréat du prix Nobel de la paix 2022. C’est avec un grand soulagement que j’ai appris la bonne nouvelle hier !

Naturellement, je sais bien qu’il y a encore trop de prisonniers politiques dans les « lager » en Biélorussie, en Russie. Ressurgissent les souvenirs des « Zeka », les « zaklioutchonny kanaloarmeïts » des eaux glacées du canal de la mer Blanche [1]! Personnellement, je ne les oublierai jamais, mais de nos jours, qui, dans le nouvel « empire » du tsar Poutine, s’en souvient encore ? La grande Russie oublie son propre passé à une vitesse époustouflante !

Cependant, ce qui m’intrigue plus que les événements en Russie, c’est la vitesse avec laquelle les États-Unis se transforment en démocratie illibérale. L’État de droit fonctionne encore, mais combien de temps résistera-t-il aux pressions de l’administration Trump ? Presque toutes les prédictions que j’avais faites dans le billet « America, where are you going ? », écrit en octobre 2024 quelques jours avant les dernières élections présidentielles, se sont malheureusement réalisées…

Mais aujourd’hui, il me reste le soulagement de voir Maria Kalesnikava et ses codétenus en liberté ! J’espère naturellement que Maria Kalesnikava et ses 122 codétenues trouveront un havre de paix, ainsi qu’un asile politique dans un pays européen. Selon l’article « Maria ist frei ! » d’Alice Bota, paru dans Die Zeit, Maria souhaite revenir dans la région de Stuttgart en Allemagne[2] . Il faut aussi saluer le role si precieux de la journaliste Alice Bota de la Zeit. En bas du billet se trouve une petite liste des notices de paysages qui rappelaient le sort de Maria Kalesnikava dans les « lager » en Biélorussie. Par ses articles sur la situation politique en Biélorussie et en Russie, Alice Bota a brisé le silence sur le sort des prisonniers politiques dans les « goulags » d’Europe de l’Est, luttant ainsi contre l’oubli. Car l’oubli est le pire ennemi des prisonniers politiques — non seulement en Biélorussie ou en Russie, mais partout dans le monde.


Was für eine Erleichterung, Maria Kalesnikavaist endlich frei ! Wie es der Zufall so will, erinnerte ich in meinem letzten Beitrag « Novemberschneeflocken 2025: Es schneielet, es beielet in Grünstadt» an ihr trauriges Schicksal als politische Gefangene. Gestern, am Samstag, dem 13. Dezember, wurde Maria zusammen mit 122 weiteren Mitgefangenen freigelassen, darunter Ales Bjaljazki, Mitträger des Friedensnobelpreises 2022. Mit großer Erleichterung habe ich gestern die gute Botschaft erfahren!

Natürlich weiß ich, dass es immer noch zu viele politische Gefangene in den Lagern in Belarus und Russland gibt. Da tauchen Erinnerungen an die « ZeKa », die « zaklioutchonny kanaloarmeïts » aus den eisigen Wassern des Weißmeer-Ostsee-Kanals wieder auf[3]! Ich persönlich werde sie nie vergessen, aber wer erinnert sich heute noch daran im neuen « Reich » von Zar Putin? Das große Russland vergisst seine eigene Vergangenheit mit atemberaubender Geschwindigkeit!

Was mich jedoch mehr als die Ereignisse in Russland beunruhigt, ist die Geschwindigkeit, mit der sich die Vereinigten Staaten in eine illiberale Demokratie verwandeln. Die Rechtsstaatlichkeit funktioniert zwar noch, aber wie lange wird sie dem Druck der Trump-Administration standhalten können? Fast alle Vorhersagen, die ich in meinem Beitrag « America, where are you going? » gemacht habe – geschrieben im Oktober 2024, wenige Tage vor den letzten Präsidentschaftswahlen –, sind leider eingetroffen…

Doch heute überwiegt die Erleichterung, Maria Kalesnikava und ihre Mitgefangenen endlich in Freiheit zu wissen! Ich hoffe natürlichen, dass Maria Kalesnikava und ihre 122 Mitgefangenen einen sicheren Ort und politisches Asyl in einem europäischen Land finden. Laut dem Artikel «Maria ist frei!» von Alice Bota in der „Zeit“ wünscht sich Maria Kalesnikava, nach Deutschland in den Raum Stuttgart zurückzukehren[4]. Mit ihren Artikeln über die politische Lage in Belarus und Russland hat Alice Bota das Schweigen über das Schicksal politischer Gefangener in den „Gulags“ Osteuropas durchbrochen – und damit dem Vergessen entgegengewirkt. Denn das Vergessen ist der schlimmste Feind für politische Gefangene, nicht nur in Belarus oder Russland, sondern weltweit.

Am Ende des Beitrags findet sich eine kleine Liste der Blogbeiträge von Paysages, die an das Schicksal von Maria Kalesnikava in den « Lagern » in Belarus erinnern.

Pour une juste cause – „Maria Kalesnikava“ emprisonné depuis plus de 1000 jours

Maria (für Maria Kalesnikava)

C’était vendredi, le 16 février 2024 …….

Dimanche 03.03.2024 : En mémoire d’Alexeï Navalny

Enfin, quel soulagement ! Boualem Sansal libre !

Novemberschneeflocken 2025: Es schneielet, es beielet in Grünstadt

Christophe Neff, Grünstadt 14.12.2025


[1] Voir aussi « Memorial – les forêts de Carélie n’oublieront jamais les âmes perdues des « zaklioutchonny kanaloarmeets », les détenus-combattants du Belomorkanal »

[2] Voir « Maria Kolesnikowa will zurück nach Deutschland, sagte ihre Schwester Tatjana der ZEIT. Vor ihrer Verhaftung lebte sie in Stuttgart und hatte eine Aufenthaltsgenehmigung. Sie spricht Deutsch, trat als Musikerin auf, hat in Stuttgart ihre Freunde und Unterstützer. Jetzt ist es an den deutschen Behörden, ihr zu helfen.“, Alice Bota, Die Zeit, 14.12.2025.

[3] Siehe auch « Memorial – les forêts de Carélie n’oublieront jamais les âmes perdues des « zaklioutchonny kanaloarmeets », les détenus-combattants du Belomorkanal »

[4] Siehe « Maria Kolesnikowa will zurück nach Deutschland, sagte ihre Schwester Tatjana der ZEIT. Vor ihrer Verhaftung lebte sie in Stuttgart und hatte eine Aufenthaltsgenehmigung. Sie spricht Deutsch, trat als Musikerin auf, hat in Stuttgart ihre Freunde und Unterstützer. Jetzt ist es an den deutschen Behörden, ihr zu helfen.“, Alice Bota, Die Zeit, 14.12.2025.

Enfin, quel soulagement ! Boualem Sansal libre !

Capture d’ecran du Poste Mastodon du 12.11.2025, 6:24 „liberéz #Boualem Sansal !

C’est par l’article du Monde « L’écrivain Boualem Sansal, incarcéré en Algérie depuis novembre 2024, a été gracié » que j’avais appris la bonne nouvelle durant l’après-midi du mercredi 12 novembre 2025. Le matin même, j’avais encore posté sur Mastodon un petit appel à ne pas oublier Boualem Sansal et à demander sa libération[1]. En fait, j’avais posté ce petit rappel assez régulièrement depuis l’incarcération de Sansal par les autorités algériennes, le 16 novembre 2024[2]. La première fois que je parlais de cette incarcération, c’était dans l’article « Blognotiz 24.11.2024 : Worms im Nebelmeer » – et depuis, ici et là dans paysages, un petit rappel ici et là, dernièrement dans « Die „Vazvrachentsy“ im Roman Kolkhoze d’Emmanuel Carrère »[3]. Parler d’un prisonnier politique, c’est aussi un peu le sauver de l’oubli !

Dans ce contexte, je pense à Christophe Gleizes, toujours incarcéré en Algérie, à Zhang Zhan[4] en Chine, à Maria Kolesnikova[5], disparue dans un goulag en Biélorussie, et à tant d’autres écrivains, journalistes, activistes pour la liberté et les droits de l’homme, emprisonnés pour un délit d’opinion, oubliés dans des lieux de détention lointains !

Je me réjouis donc de la libération de Boualem Sansal. Sans les efforts du président allemand, Frank-Walter Steinmeier, cette libération n’aurait certainement pas eu lieu[6]. Peut-être même que Boualem Sansal aurait succombé à la maladie de Mitterrand dans sa cellule. J’ai beaucoup pensé aux souffrances de Boualem Sansal dans sa cellule de prison, car moi-même je suis atteint de la maladie de Mitterrand. C’est donc avec un énorme soulagement que j’ai appris la libération de Boualem Sansal. Enfin en liberté ! Enfin, il pourra être soigné correctement !

Christophe Neff, 13.11.2025


[1] Libérez #BoualemSansal ! Poste restante : #Alger   – pour ne pas oublier Boualem Sansal ! Mastodon, 12.11.2025, 6 ;21

[2] On retrouve ici en partie une chronologie de ces « posts » dans le Internetarchive.

[3] Les articles de paysages parlant de Boualem Sansal durant sont incarcération sont « Blognotiz 24.11.2024 : Worms im Nebelmeer » , « Poste restante : Alger  – pour ne pas oublier Boualem Sansal ! », « Blognotice 23.03.2025 : le printemps démarre à Grünstadt et dans la Unterhaardt », « Paysages’ forecast for Nobel Prize in Literature 2025 », « Die „Vazvrachentsy“ im Roman Kolkhoze von Emmanuel Carrère ».

[4] Voir aussi « Zhang Zhan: Derrière des barreaux, pour quelques mots, qu’elle pensait si fort ».

[5] Voir aussi le poème « Maria (für Maria Kalesnikava) » écrit en février 2024.

[6] Voir aussi „Algerien hat diesen 81-jährigen Schriftsteller ein Jahr lang ins Gefängnis gesteckt. Jetzt ist er endlich frei. Der französisch-algerische Schriftsteller Boualem Sansal ist am Abend nach fast einem Jahr Haft in Berlin gelandet. Der Gesundheitszustand des krebskranken Friedenspreisträgers des Deutschen Buchhandels soll sehr kritisch sein. Der Spiegel 12.11.2025, 22:32 Britta Sandberg“ et « Libération de Boualem Sansal : l’Allemagne, le médiateur qui sauve la face de Paris et d’Alger. L’écrivain a été gracié par Abdelmadjid Tebboune, mercredi, avant de s’envoler pour Berlin. L’entremise des Allemands a permis au président algérien de ne pas apparaître comme cédant face à la France. Le Monde, 13.11.2025, 5 :00 Par Frédéric Bobin et Elsa Conesa) ».

La Marsa, le TGM et mes souvenirs tunisiens de Claudia Cardinale

Je me réveille tôt ce matin, sous une pluie battante. Il fait encore nuit quand j’apprends, dans Le Monde : « Claudia Cardinale, égérie du cinéma italien, est morte à l’âge de 87 ans. » Une partie de mon univers cinématographique s’éteint avec elle, mais ses œuvres et sa vie resteront à jamais gravées dans ma mémoire.

Je repense aux bruits sourds des premières motrices glissant sur les rails encore humides de la rosée nocturne, celles du TGM quittant La Marsa-Gare[1] en direction de Carthage, La Goulette, Tunis… Le jour se lève, et l’appel à la prière du matin résonne sur La Marsa et ses environs.

 Durant mes années tunisiennes[2], on pouvait encore çà et là, dans la rue ou dans certains cafés entre Tunis et La Marsa, entendre des bribes de mots siciliens ou italiens noyés dans des phrases aux résonances franco-arabes[3]. Ce monde disparu, on en retrouve l’écho dans « Un été à La Goulette » de Férid Boughedir, où Claudia Cardinale incarne son propre rôle.

C’est aussi durant mes années tunisiennes que j’avais pu observer Férid Boughedir et son équipe tourner le téléfilm « Villa Jasmin » – car plusieurs scènes du film ont été tournées à l’hôtel Sidi Bou Saïd, à Sidi Dhrif, où je séjournais habituellement pendant mes séjours en Tunisie. En écrivant ces lignes, je me demande si le journal « Il Corriere di Tunisi » existe encore : pendant mes années tunisiennes, cette voix italienne en Tunisie était encore présente.

En dehors de cette « séquence tunisienne » et de mes souvenirs très personnels, j’ajouterais que, jeune enseignant-chercheur à l’université de Mannheim, je tenais un cours sur les paysages méditerranéens, avec un chapitre analysant le rôle du paysage dans le cinéma, plus particulièrement les paysages dans le néoréalisme italien et au-delà… Dans ce chapitre, je parlais aussi de Rocco et ses frères, du Guepard de Luchino Visconti, de Claudia Cardinale et d’Alain Delon. Mais au-delà, il me reste le souvenir inoubliable de ses rôles dans « Il était une fois dans l’Ouest », « Fitzcarraldo [4]», « Mayrig » et « 588, rue Paradis ». Comme par coïncidence, dans mon dernier billet dans paysages, en partie consacré à l’œuvre de Werner Herzog, je parle aussi de Fitzcarraldo – qui reste l’un de mes films préférés depuis plus de 40 ans.

Le Monde vient de republier le remarquable entretien que Annik Cojean avait mené avec Claudia Cardinale, en mai 2017 : « Claudia Cardinale au « Monde » : « Ce métier m’aura offert une foule de vies »», où l’actrice évoque entre autre sa jeunesse française en Tunisie : « Oui. Mes ancêtres avaient quitté la Sicile pour la Tunisie, alors protectorat français. Et mes parents, comme moi-même, avons donc été élevés dans la langue française. J’ai eu beaucoup de chance, car ils formaient un couple éternel… Ma langue maternelle est le français… »

Ce petit billet de blog met en lumière la couverture de son livre « Ma Tunisie », une évocation à la fois cinématographique et nostalgique d’un monde méditerranéen aujourd’hui disparu. Je le conclus avec cette citation, extraite de l’ouvrage : « Un été à La Goulette en 1995. Je joue mon propre rôle. Ce tournage n’était pas prévu : de passage à Tunis, j’avais croisé le réalisateur Férid Boughedir, qui me demanda de faire une apparition dans le film. Il m’a convaincue. À Carthage, où avait lieu le tournage, il m’a fait une magnifique surprise : il m’a dit d’aller sur le balcon… et j’ai découvert toute la population de la ville réunie pour m’applaudir. C’est un souvenir fantastique, et un cadeau unique ! » (Cardinale, Claudia, 2009, p. 85).

Bibliographie :

Cardinale, Claudia (2004) : Du Lycée de Tunis à Hollywood. In : Tselikas, Effy & Hayoun, Lina (Eds.) : Les lycées français du soleil. Creusets cosmopolites du Maroc, de l’Algerie et de la Tunisie. Paris, les Éditions Autrement, ISBN 2-7467-0435-8, p. 201 – 207.

Cardinale, Claudia (2009) : Ma Tunisie. Boulogne sur Mer, 2009, Timée Éditions. ISBN 978-2-35401-082-9

Christophe Neff, écrit et publié à Grünstadt 24 Septembre 2025


[1] Gare aujourd’hui dénomme « La Marsa Plage »

[2] Voir aussi « Les belles de Tunis sont en deuil » et « Impressions du « Deuxième Symposium International de l’AGT : « Territoires, Changements globaux et Développement Durable», 12-17 novembre 2018, Hammamet –Tunisie » et naturellement « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir (PDF du Texte dans KITopen, DOI: 10.5445/IR/1000162896

[3] Cela ressemblait un peu a la  « chakchouka » de langues dont nous parle Claudia Cardinale dans le Chapitre « Du Lycée de Tunis à Hollywood » dans le livre les lycées français du soleil : « A` la maison,  nous parlions en français en mélangeant des mots d’arabe, d’hébreu, de sicilien une véritable chakchouka (Cardinal, C. 2004, p. 203)»

[4] Dans la nécrologie de Claudia Cardinale de Georg Seeßlen  « Sie war die Göttin der Zukunft  – Die Filme „Der Leopard“ und „Spiel mir das Lied vom Tod“ machten Claudia Cardinale unsterblich. Für Italien bedeutete die Schauspielerin aber noch viel mehr. Ein Nachruf» dans l’hebdomadaire allemand die Zeit les conditions de tournage difficile de Fitzcarraldo sont évoquées. Voir aussi la nécrologie de Christian Buß dans le Spiegel « Zum Tod von Claudia Cardinale Die größte Überlebenskünstlerin des europäischen Kinos In ihren Filmen erzählte sie von der Gewalt und der Ökonomie, denen der weibliche Körper ausgesetzt ist. Die Geschichte von Claudia Cardinale ist eine des Willens, der Würde und des Widerstands. »