Blognotice 7.1.2012

L’année 2012 a commencé avec deux tempêtes, Ulli et Andrea ont balayé le Sud de l’Allemagne, provoquant ici et là quelques dégâts, mais ici dans le Leiningerland à première vue cela s’est plutôt bien passé.  La neige nous manque ici, depuis les quelques flocons du 18.12.2011  rien,   mais beaucoup de pluie. L’Allemagne politique en ce moment est balayée par une autre tempête politique, – et je ne parle pas du déclin de la FDP ou de la fin de la Jamaikakoalition (coalition noir-verte-jaune) (Cabinet Kramp-Karrenbauer) dans la Sarre mais c’est bien l’affaire Wulff qui occupe l’Allemagne politique à presque 100%.  Même les « Zungenknoten »(baragouins embarrassés) de Martin Graff du 7.1.2012 nous en parle sous le titre de « Président oder Präsident – … erzählt von Präsidentengeschichten, über die man sich in Frankreich eher weniger aufregt (Président ou Präsident – … nous raconte des histoires présidentielles, sur lesquelles  en France on s’emballe moins) – sur l’affaire Wulff, et compare l’affaire Wulff aux  différentes affaires  de Nicolas Sarkozy et de Jacques Chirac.  Si on suit Martin Graff, – on croirait qu’ en France les différents méandres de l’affaire Wulff seraient  tombés  dans le grand silence.  La, je ne suis pas si sûr  que ça  je crois même que Graff se trompe.  Pendant que l’Allemagne était plutôt occupée par ses différents tempêtes,  – la  Hongrie elle dérive de plus en plus vers un régime autoritaire – et  l’Europe politique préfère rester silencieuse.  Ici et là quelques exceptions positives, comme par exemple l’intervention d’ Alain Juppé « Il appartient à la Commission européenne de vérifier que ces nouveaux textes constitutionnels respectent ce qui fait le bien commun de tous les pays de l’Union européenne, c’est-à-dire l’Etat de droit et le respect des grandes valeurs démocratiques ». Si l’Europe politique se résumait simplement au sauvetage de l’Euro et fermait silencieusement les yeux sur ces dérives autoritaires du gouvernement Orban en Hongrie elle risquerait de perdre ce qu’il lui reste de sa légitimité politique. Même si le paysage médio-politique allemand était très pris cette première semaine de janvier 2012 par l’affaire Wulf, – la presse allemande, – (dernièrement le SPON « Orbáns Rechtsruck in Ungarn – autokratisch durchgeknallt ») et même la Rheinpfalz nous en parle de temps en temps, couvre largement les événements politique en Hongrie, –  car il n’y a pas seulement l’autoritarisme du  Fidesz de Victor Orban qui  pose problème, mais à droite de Victor Orban c’est le mouvement « Jobbik » qui s’étend de plus en plus. En plus la politique économique désastreuse du Gouvernement Orban est en train de mener la Hongrie au bord de la faillite économique.  2012 s’annonce d’être une année difficile pour la Hongrie   et une année cruciale pour l’Europe citoyenne ! Finissons cette petite blognotice avec les prévisions littéraires de Pierre Assouline pour 2012 – En 2012, demain sera un autre jour  et j’en retiens que  l’ebook a de beaux jours devant lui , l’avenir du livre de poche s’assombrit plutôt et naturellement quelques anniversaires  littéraires pour 2012 – entre autres le 200ème anniversaire de Charles Dickens , la Zeit lui a déjà consacré un tres belle article sous le titre « Schwarz wie die Kindheit (Noir comme l’enfance) » signé Bernadette Conrad.

Christophe Neff, le 7.1.2012

Blognotice 22.12.2011

La neige qui nous manque à Grünstadt elle est tombée à Aïn Draham en Tunisie. Les premiers flocons de neige qui sont tomés à Grünstadt le 18.12.2011 se sont vite transformés en pluie, – et depuis il pleut presque sans interruption sur la Unterhaardt. Par contre le Nord de la Tunisie était confronté durant ces jours à une véritable vague de froid, – et   Aïn Draham était couvert par un manteau de neige d’une épaisseur dépassant les vingt centimètres. Je me suis aperçu de cette vague de froid touchant le Nord de la Tunisie, car paysages – et plus particulièrement le petit billet « De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka » étaient véritablement pris d’assaut.  Il fait froid en Tunisie et il manque le gaz pour cuisiner & chauffer, car la Tunisie est actuellement confrontée à une véritable pénurie de bouteille de gaz. La faim et le froid sont un des dangers les plus redoutable pour une jeune démocratie, pour une société que se reconstruit.  Comme l’écrit Isabelle Mandraud dans son article « Retour à Sidi Bouzid, capitale des maux de la Tunisie » dans le Monde.fr  du 16.12.2011, reportage sur  l’anniversaire du printemps arabe qui débuta avec l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid le 17 décembre 2010 – anniversaire qui à reçu aucune  retombé médiatique en Allemagne il faut le préciser – la pauvreté rurale n’a pas disparu, au contraire – et le prix de bouteille de gaz a même doubleé! Une vague de froid, comme celle qui sévissait dernièrement sur le Nord de Tunisie, ne peut que empirer les choses.

Le grand défi du « printemps tunisien » sera de améliorer profondément  la situation  socio-économique de la Tunisie rurale, car si cette situation ne s’améliore pas visiblement – ce printemps démocratique tunisien aura des grandes difficultés à se pérenniser.

Christophe Neff,  le 22.12.2011

18.12.2011 les premiers flocons de neige de l’hiver 2011-12 arrivent à Grünstadt.

Le dimanche matin le 18.12.2011 nous avons eu droit aux premiers flocons de neige de cet hiver. En fait deux trois flocons de neige pas plus – pas à comparer à la situation en Forêt Noire où  à certains endroits la saison de ski vient de débuter. Aucune trace de neige dans les vignobles dans l’Unterhaardt. En 2009 nous avons eu droit aux premières neiges dans la nuit du 12 au 13 décembre, et en 2010 les premiers flocons arrivaient le 27. Novembre, les réelles chutes de neige qui couvraient les vignobles d’un grand manteau neigeux débutèrent le lundi 29. Novembre 2010. A vrai dire les deux derniers hivers furent particulièrement rigoureux  dans le Palatinat. A voir ce que cet hiver nous apportera ici dans le Leiningerland. Comment mes quatre palmiers vont-ils s’en tirer (un Chamerops humilis et trois Trachycarpus fortunei) ? Le doum de Grünstadt va-t-il  encore devoir affronter de jours de grands froids comme en début de janvier 2011 ?  Ou peut être   que nous n’aurons pas droit cet  hiver  ni à la neige, ni aux  grands froids. Les grand froids, je m’en passerais volontairement, mais ayant grandi dans les montagnes enneigées de la Forêt Noire, j’aime encore assez bien la neige!

Christophe Neff, le 18.12.2011

Blognotiz 14.12.2011 – Erinnerung an die fünf Platanen vom Schramberger Rathausplatz

In Schramberg gab es bis vor kurzem einen von Platanen beschatteten Rathausplatz. Am Freitag den 9.12.2011 wurden die Platanen gefällt um Platz zu machen für „Schrambergs Neue Mitte“.  Die NRWZ berichtete unter dem Titel „Schrambergs neue Mitte – Platanen gefällt“, der Schwarzwälder Bote schreibt „Aus Platanen werden Holzhackschnitzel“. Einen Leserbrief von Jörg Birkel mit dem Titel „Glückwunsch zur gelungen Sägeaktionen“ gibt es dazu noch in der NRWZ.

Als ich mitbekam, dass man die Platanen auf dem Rathausplatz in Schramberg  „Schrambergs neuer Mitte“  weichen mussten, hatte ich  gerade in Robert Schneiders  Familienbiographie „les Mitterrand“  ein paar Seiten über die Bedeutung von Bäume und Landschaften im Leben von François Mitterrands gelesen.  Landschaften und Bäume hatten für eine François Mitterrand eine tiefe Symbolik, – sie verkörperten für ihn in gewisser Weise –  das  „Wesen der Landschaft“  im Sinne von Karlheinz Paffen (1973). Wald und Bäume waren, soweit man dem Biographen Schneider folgt, Bestandteile der „paysages géographiques“ von François  Mitterrand.  In diesem Sinne ist die Familienbiographie „les Mitterrands“ von Robert Schneider auch eine „geographisch -landeskundliche“  Beschreibung der französischen Kulturlandschaften, der „Wesenheit“ der France profonde  des 20 Jahrhunderts.  François Mitterrand war so mit der althergebrachten Symbolik der Bäume vertraut, dass  er bei der Editierung der Briefmarke die seiner Heimatstadt  Jarnac 1983 gewidmet wurde, dafür sorgte, dass die Palme als Symbol des Katholischen Glaubens in der Briefmarke verewigt wurde (siehe Schneider, R. 2011, p.90).  Auf der Briefmarke von Jarnac sieht man einen einsamen Palmwedel hinter den Patrizierhäusern der Cognachändler am Ufer der Charente,  dem ruhigen Flußufer an dem François Mitterrand in Jugendjahren so gern spazieren ging, in den Himmel über Jarnac ragen.  Die Schramberger Platanen werden es wohl, jetzt wo es sie nicht mehr gibt, nie auf eine Briefmarke schaffen, – wobei man dazu sagen muss, dass es  soweit ich informiert bin „die Palme von Jarnac“ auf der Jarnac gewidmeten Briefmarke so in Realiter nie gegeben hatte, die Palme war nur ein Symbol für den Katholischen Glauben, in dieser von vor hunderten von Jahren von Religionskriegen erschütterten Landschaft Westfrankreichs.

Die Schramberger Platanen hingegen haben natürlich mit Erinnerungen an vergangen Glaubenskriege nichts zu tun, auch wenn im Artikel des Schwarzwälderboten unverholen auf Stuttgart 21 angespielt wird, wobei ja die Diskussionen und Auseinandersetzung um Stuttgart 21 manchmal einem „Glaubenskrieg“ ähnelt.

Für mich verkörperten die fünf Platanen auf dem Schramberger Rathausplatz immer einen gewissen Hauch Mediterranität im ansonsten nicht gerade sonnenverwöhnten Schwarzwald. Vor allem als Student bin ich an warmen Frühsommertag, – oder auch im Herbst  bei Strahlungswetter gern über den Wochenmarkt unter dem Platanendach flaniert – welches dem kleinen Platz hinter dem Schramberger Rathaus schon einen gewissen mediterranen Flair verlieh.  Nun, diesen Hauch von Mediterranität hat Schramberg nun verloren, nachdem der historische Weinbau schon fast in Vergessenheit geraten ist. Der in Königsfeld geborene Geograph Erdmann Gormsen berichtet mir vor nun fast 15 Jahren  fernmündlich von  „Privatforschungen“ und „Exkursionen“  die er auf den kulturlandschaftlichen Spuren  des Weinbaues in Schramberg als junger Wissenschaftler durchgeführt hatte.  Es gibt noch ein anderes seltenes mediterranes Element im Pflanzenkleid der Raumschaft Schramberg. Es ist die Edelkastanie, – Castanea sativa – die man zwischen Schloßberg und Lauterbach noch vereinzelt im Wald finden kann.  Und auf dem Moosenmättle befindet sich wohl einer der am höchstgelegensten Edelkastanien in Baden-Württemberg.  Im Lärchenweg steht übrigens auch eine schöne Edelkastanie, – sozusagen als Relikt aus Zeiten als Eckenhof und insbesondere der Lärchenweg als geheimes Regierungsviertel von Schramberg gegolten hat. Was der von Hermann Körner (2011) zitierte Theobald der Wochenendausgabe des Schwarzwälder Boten vom 18 Februar 1978 „ Wehe, wehe, alle einflussreichen Politiker einmal eine Meinung gemeinsam und verlangen beispielsweise eine Untergrundbahn oder beheizte Gehwege oder teppichbelegte Fahrbahnen im Lärchenweg“  jedoch nicht wusste – beheizte Gehwege wurden zwar im Lärchenweg nicht angelegt, aber um sich etwas mediterranen Flair auf den Sulgen zu holen, – auf dem es ja damals noch richtig lange Winter gab – hatte sich die damalige SPD – Vorsitzende des SPD OV Schramberg einen Judasbaum (Cercis siliquastrum) in den Garten gepflanzt – und später wurde vom angehenden Geographen der anselbiger Stelle große Teile von Kindheit und Jugend verbrachte zwei Edelkastanien (Castanea sativa) gepflanzt. Der Judasbaum hat es fast fünfundzwanzig Jahre dort oben ausgehalten und hin und wieder auch geblüht. Die Edelkastanienbäume stehen soweit,  ich weiß immer noch an Ort und Stelle wo diese vor fast 25 Jahren vom Verfasser dieser Blognotiz gepflanzt wurden.  Die fünf Schramberger Rathausplatzplatanen sind zwar unwiderruflich verschwunden, aber vielleicht findet sich ja irgendwo in der Stadt ein anderer Platz auf den man wieder ein paar Platanen pflanzen könnte. Wenn nicht dann, verbleiben vorerst die wenigen Edelkastanien (Castanea sativa) die in der Raumschaft als Park, Garten oder als Waldbaum in der Raumschaft Schramberg wachsen, als letzte mediterrane Vorposten im Pflanzenkleid, im Landschaftbild & Stadtbild der Raumschaft Schramberg.

Zitierte Quellen:

Körner, Hermann (2011) : Vierzig Jahre Wohngebiet Eckenhof, ein Rückblick auf Jahre des Baubooms in Schramberg (Teil 2, Schluss). In:D’Kräz, Beiträge zur Geschichte der Stadt und Raumschaft Schramberg, B. 31, 2 – 10.

Paffen, K.H. (1973) : Das Wesen der Landschaft. Darmstadt (Wissenschaftliche Buchgesellschaft)

Schneider, Robert (2011): Les Mitterrand. Édition revue et augmentée. Paris, Collection Tempus, (Éditions Perrins), ISBN 978-2-262-03604-1

Christophe Neff, le 14.12.2011

Blognotice 10.12.2011

L’affaire Montebourg laisse des traces dans les Zungenknoten du 10.12.2011 de Martin Graff sous le titre «Über  französische Germanophobie». Mais à vrai dire, – les propos « germanophobes » de Arnaud Montebourg sont presque passés inaperçu en Allemagne. Le discours de François Holland au Bundesparteitag de la SPD lundi dernier,  à plutôt intéressé les medias français  – mais grâce au Zungenknoten du 10.12.2011 de Martin Graff ce discours réapparait dans le paysage médiatique allemand.  Si il y eu a un discours à retenir du Bundesparteitag de la SPD 2011 – ce fut le discours du Altkanzler Helmut Schmidt « Deutschland in und mit Europa »  – et ce discours remarquable est dans un certain sens une réponse à « Madame Merkel, Bismarck, l’euro et nous, les autres Européens » de Monsieur Montebourg. Dommage que le SPD n’ait pas mis en circulation une traduction française du discours de Helmut Schmidt car ce texte mérite l’attention du publique français, du publique européen, car c’est de l’avenir de l’Europe que l’ancien chancelier parle avec verve et émotion. Entre temps, pour une fois de plus – les gouvernements on tenté de sauver l’Euro – et le prochain sommet de sauvetage laissera surement pas s’attendre longtemps ! Aveugle par le sauvetage permanent de la monnaie européenne nous ne remarquons pas qu’au cœur de l’Europe des 27 un nouveau régime autoritaire est en train de naitre. Très bon article de Jan – Werner Müller «Ist Ungarn noch demokratisch ? – die EU rettet Griechenland, ignoriert aber Ungarns Abdriften ins Autoritäre » sur la dérive dans l’autoritarisme de l’Hongrie de Victor Orban dans la Zeit du 8 décembre 2011. Ce samedi 10 décembre 2011 fut aussi jour des remises des prix Nobel 2011 –  cérémonie qui me lassa penser à la chaise libre lors de remise du prix de Nobel de la paix 2010 à Oslo le 10 décembre 2010  – le Prix Nobel de la paix 2010 Liu Xiaobo croupit encore de nos jours dans une prison chinoise –  j’espère que le monde libre n ‘oubli pas Liu Xiabo et les autres prisonniers politique en Chine!

Sources:

Rede von Francois Hollande, Kandidat der Parti Socialiste (PS) bei der französischen Präsidentschaftswahl 2012, beim ordentlichen SPD-Bundesparteitag am 5. Dezember 2011 in Berlin

Rede „Deutschland in und mit Europa“ von Helmut Schmidt Bundeskanzler a. D beim ordentlichen SPD-Bundesparteitag am 4. Dezember 2011 in Berlin

Christophe Neff,  le 10.12.2011

Blognotice 4.12.2011 – sur les propos germanophobes d’Arnaud Montebourg

Pour ce premier week-end de décembre la météo nous prévoit une tempête de neige sur les sommets de la Forêt – Noire – pour le Feldberg le dwd nous annonce de fortes chutes de neige – et des rafales d’ouragan (kräftige Schneeschauer und orkanartige Böen).  Une autre tempête – qui souffle sur le Rhin sont « les propos germanophobes d’ Arnaud Montebourg ».

« Je dis l’égoïsme allemand. Je parle du nationalisme allemand qui est en train de ressurgir à travers la politique à la Bismarck de Mme Merkel. Elle construit la confrontation pour imposer sa domination » Verbatim Arnaud Montebourg sur Question d’ Info le 1.12.2011. Et les propos  qu’il tient sur son blog dans le billet « Madame Merkel, Bismarck, l’euro et nous, les autres Européens… », même si ils sont un peu plus nuancés, vont dans la même direction.

Dans quel état la gauche se trouve-t-elle si certains des ses membres se croient obligés de recourir aux arguments germanophobes pour gagner quelques voix de plus ? C’est ahurissant  – et en plus je cite l’édito du Monde du 3.12.2012 intitulé «Certains socialistes, derrière leur ligne Maginot » – «En outre, même si elles viennent de chevaux-légers, ces critiques socialistes tombent dans le piège tendu par Nicolas Sarkozy, qui a choisi d’instrumentaliser le modèle allemand pour justifier ses réformes. » c’est politiquement contreproductif.  Une vraie attaque politique contre le gouvernement français aurait  pu être de pointer le doigt sur le fait que depuis le « Sarkozysme » règne sur la France, l’écart économique entre l’Allemagne et la France devient de plus en plus grand – il se creuse de jour en jour ! Et ceci n’est certainement  pas la faute de Madame Merkel. Mais jusqu’ à présent les propos de Montebourg – « ont été peu repris dans la presse outre-Rhin » comme l’écrit Frédéric Lemaître dans son analyse sur les actuelles relations du SPD et du PS la Süddeutsche en parle un peu  –  Montebourg est présenté comme un homme politique, de star juvénile de  l’aile gauche des socialiste utilisant le langage de l’extrême droite « Manche „Kameraden“, wie sich die Genossen in Frankreich nennen, schlagen dabei Töne an, die man eher aus dem Lager des rechtsextremen Front National erwarten würde. Ein frappierendes Beispiel liefert Arnaud Montebourg. Der jugendliche Star des linken Flügels der Sozialisten warf Merkel am Mittwoch vor, sie wolle den Euro töten und Deutschland am Ruin anderer Länder bereichern. Zudem betreibe sie eine Politik „à la Bismarck“ » Mais à part cela les rafales que le discours de Montebourg a provoquées en France n’on jusqu’à présent pas encore rejoint l’Allemagne. Même dans les Zungenknoten de Martin Graff dans la Rheinpfalz du 3.12.2011, ce fin sismographe des relations franco-allemandes – dont les derniers sont dédiés à la « Diktatur der Gefühle », on ne trouve pas un mot sur le discours  de Montebourg. Peut être la presse outre-rhin reprendra-t-elle les propos de Montebourg lors du discours de François Holland devant les congressistes du SPD Bundesparteitag 2012. Peut être les propos de Montebourg seront –ils simplement couverts par les premières neiges en Forêt Noire  et n’atteindront jamais le grand public allemand.  En plus les medias allemands en ce moment sont plutôt intéressés par le futur de « Wetten dass … ? », surtout  pour savoir qui prendra la succession de la Thomas Gottschalk, l’actuel présentateur du show (jusqu’au 3.12.2011  et après, on ne sait pas trop !), que par le déraillement germanophobe de Arno Montebourg.

 

De très bonnes critiques sur la politique européenne de Merkel – se trouvent dans l’analyse de Frédéric Lemaître du  Monde « Angela Merkel et l'“Europe allemande“ » – ou  dans l’édito du NYT « Germany’s Denial, Europe’s Disaster «  du 29.11.2011, car on peut très bien critiquer cette politique, même la critiquer sévèrement, comme le fait le NYT, sans tomber dans la pure germanophobie, comme le fait Monsieur Montebourg.

Issu d’une famille de gauche, franco-allemand, voir un homme politique qui se prétend être de gauche, une prétendue star de la gauche française, ce monsieur 17 %   tomber dans la germanophobie pour quelques voix électorales de plus, cela me semble être une absurdité monstrueuse !  Schämen Sie sich Herr Montebourg ! Honte à vous monsieur Montebourg !

Christophe Neff, le 4.12.2011

 

Souvenirs du mardi 22.11.2011 – Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin

Après un long voyage matinal à travers les brumes rhénanes, arrivant au bureau le matin du 22.11.2011 découvrant la lumière pâle de quelques rayons de soleil sur le Kraichgau, après que j’ai mis en marche l’ordinateur du bureau : déferlante d’emails ,comme chaque matin,  un petit coup d’œil sur le Spon : un feu de forêt dans les Alpes bavaroises à Lenggries qui pose problème aux pompiers , email d’alerte des abonnées le Monde : « La veuve de l’ancien président français François Mitterrand est morte dans la nuit de lundi à mardi » et découverte de la nécrologie dans le Monde.fr  « Danielle Mitterrand – combat d’une militante ».  En lisant cette nécrologie de Béatrice Gurrey, en découvrant les extraits de sa dernier interview avec Corinne Chabaud du magazine la vie,   ressurgissent  les mots de Serge Moati « Mitterrand, muet, grave, est assis à l’avant de la R30, près de Pierre son chauffeur. A l’arrière, Danielle bien sûr, et sa sœur Christine. Conduisant lentement sous les trombes d’eau, le camarade Tourlier, membre de l’aile gauche du parti socialiste, se met ä fredon­ner L’Internationale. Le vieil hymne d’espoir et de révolte est repris par les deux sœurs euphoriques et rieuses. Et par Mitterrand. Un peu. Puffs, Danielle dit à François :

Tu sais, le plus important pour moi, François, c’est que ce soir, cinq hommes, condamnés à mort, ont appris qu’ils n’allaient pas mourir. Et elle ajoute : Que c’est étrange, c’est comme si, à la radio, on parlait d’autres gens que nous… je n’arrive pas à y croire. (Moati, S 2011, 137-138). »  – mots que j’avais lus il y a à peine quelques mois, dans  le livre de souvenir « 30 ans après » de Serge Moati dédie au 11 mai 1981.

Il y avait aussi ce matin la une belle nécrologie de Stefan Simons du Spiegel – Zum Tode Danielle Mitterrands: Ihr Herz schlug links – et depuis, une semaine est passée – il y eu a la cérémonie des derniers hommages à Cluny, avec l’émouvant discours d’hommage de Gilbert Mitterrand et de Michel Joli , et toujours ces brumes rhénanes incessantes pendant que j’écris, la France, l’humanité a perdu une grande personnalité  une voix qui s’élevait pour les opprimés du monde ! Notre Monde aura toujours besoin  d’une telle voix, de nos jours il suffit de tourner le regard vers la Syrie!

Danielle Mitterrand restera dans mon souvenir cette combattante éternelle pour l’abolition de la peine de mort,  pour les droits de l’homme, pour les opprimés oubliés du monde, mais surtout cette jeune femme courageuse résistante aux yeux de chat, qui tomba amoureuse d’un certain Capitaine Morland !

Adieu Madame – zog nit keyn mol, az du geyst dem letstn veg (Ne dis jamais que c’est ton dernier chemin), c’est avec ce mots de Hirsch Glik que je vous dis Adieu – avec une pensée pour votre courageux Père, Antoine Gouze qui refusa d’établir la liste des enfants et des professeurs juifs de son école, et qui hébergeait dans sa « villa Romada »  Henri Frenay et Bertie Albrecht.

Source citées :

Joli, Michel (2011) : Discours d’hommage de Michel Joli pour Danielle Mitterrand, Cluny le 26 novembre 2011.

Mitterrand, Gilbert (2011) : Discours d’hommage de Gilbert Mitterrand pour Danielle Mitterrand, Cluny le 26 novembre 2011.

Moati, Serge (2011): 30 ans après.  Paris, Editions du Seuil, ISBN 978-2-02-098819-3.

Christophe Neff, le 29.11.2011

Bonne Chance Professeur Monti – Auguri Professore Monti!

Après des  semaines de brouillard, enfin du soleil sur Grünstadt et la Unterhaardt. Hier matin le brouillard était encore si épais qu’on pouvait à peine voir à plus de 30 mètres. Mais après le soleil s’est brossé un chemin dans les brouillards rhénans. Et ce matin du Dimanche 20.11.2011, quelle surprise, le soleil est revenu sur la Unterhaardt. Je ne sais pas si ces rayons d’automne ont quelque chose de symbolique, mais cette semaine, en lisant le discours que Mario Monti  avait tenu devant le sénat italien le 17.11.2011 « L’Italia ha bisogno di investire nei suoi talenti, nei giovani (L’Italie a besoin d’investir dans ses talents, dans sa jeunesse trad. C. Neff)»  j’avais un peu le sentiment qu’ après 16 ans de berlusconisme, l’Italie avait enfin droit à quelques  lueurs d’espoir. « Finalement enfin un gouvernement,  un premier ministre italien crédible » (expression traduite par mes soins du blog « La Fuga dei Talenti » – de l’article « Auguri, Professor  Monti »).  Cette année l’Italie fêtait ses 150 ans d’unité, – ou aurait dû fêter  les 150 ans du Risorgimento – mais ce que le berlusconisme a fait de cette date d’anniversaire m’a laissé un vrai goût amer  – moi qui avais grandi avec les souvenirs des chemises rouges  de Garibaldi, la Giovine  Italia – raconté par mon grand-père. Dans mon enfance je m’embarquais avec mon grand-père Jean Migliori pour refaire l’expédition de Garibaldi.  De nos jours  on peut se demander ce  que 16 ans de Berlusconisme ont  produit de durable, une image qui restera, qui perdurera,  – « la caricature d’une certaine Italie : truqueuse, comédienne, machiste, provinciale et vulgaire. Irritante et inquiétante » (Préface d’Olivier Guez à une interview avec Umberto Eco « Italie c’est avant tout une langue » publiée dans le Monde du 18.3.2011)» – la caricature d’une certaine Italie – ce peut être l’héritage du Berlusconisme.

Il est clair que la tâche de Mario Monti sera rude, car je pense, que le Berlusconisme a transformé l’Italie d’une manière beaucoup plus profonde que nous ne l’envisageons. La fuite de jeunes talents est peut être le signe le plus visible. L’Italie, vielle terre d’émigration, est devenue la porte pour une partie de l’immigration africaine en Europe, mais en même temps  un phénomène s’est produit, un phénomène  presque inaperçu, la fuite de la jeune élite scientifique et intellectuelle vers d’autres destins, laissant derrière eux un pays profondément blessé par le Berlusconisme, un pays qui n’est plus capable de leurs ouvrir des horizons, un système universitaire agonisant. Ce ne sont  plus les bateaux partant vers les terres lointaines des Etats Unis, d’Argentine, plus les trains déchargeant les immigrés italiens devant les portes des  hauts fourneaux lorrains, des  mines de fer du Haut-Pays. La fuite de la jeunesse scientifique s’est plutôt faite a compte goutte, – mais après 16 ans de Berlusconisme cette fuite de jeunes talents a pris des proportions considérables.  Je me suis réellement aperçu de ce phénomène il y quelques semaines lors de mon voyage en Chine, mon voisin de siège dans le vol Frankfurt – Nanjing était une jeune anthropologue italienne,  polyglotte, doctorat en main, elle travaille pour le MPI en Chine  et actuellement elle ne voyait aucun avenir pour elle-même et pour sa génération dans l’Italie berlusconienne. Naturellement j’avais lu sur ce phénomène avant cette rencontre, mais je ne m’étais pas rendu compte de l’ampleur du phénomène.

Ce sont les lois de marchés qui ont obligé Silvio Berlusconi à quitter  la scène du pouvoir et encore, qui nous dit qu’il ne reviendra plus sur la scène.  Ce n’est  malheureusement pas la société civile italienne qui a obligé Berlusconi à quitter  la scène et le « Berlusconisme » aura encore de beaux jours devant lui si la jeunesse italienne ne revitalise pas la société civile italienne pour la nettoyer du virus du berlusconisme.  Il y a dans la dernière Zeit un article de Iris Radisch «Abrechung mit dem Despoten » qui nous résume une rencontre de Radisch avec Antonio Tabucchi à  Lisbonne, – et ce texte nous démontre à quel point le Berlusconisme a ravagé l’Italie.  Mais il nous donne aussi un  petit espoir « Der italienischen Jugend werde Italien seine  zweite Renaissance verdanken. Sie wohnen  überall in Europa.  Sie sprechen die europäischen Sprachen. Sie sei vollkommen europäisiert.  Sie ist die große Hoffnung Antonio Tabucchis (La deuxième renaissance sera l’œuvre la jeunesse italienne. Elle habite partout en Europe. Elle parle les langues européennes. Elle est complètement européenne.  La jeunesse italienne est le grand espoir d’Antonio Tabucchi Trad. Du Texte allemand de Iris Radisch par C. Neff).  Mario Monti pourra peut être calmer les marchés, peut être donner une lueur d’espoir aux jeunes talents qui quittent  l’Italie, mais je pense que la reconstruction de la société italienne sera un tâche immense et cette tâche immense ne pourra se faire sans l’engagement profond  de la jeune génération, de la jeunesse italienne !

Bonne Chance Professeur Monti  – Auguri, Professore Monti  – la charge est gigantesque  et en écrivant ce texte – le seul regret que j’ai c’est que je ne maitrise pas assez bien l’italien pour pouvoir écrire ces mots en italien.  Cette langue millénaire, dont Umberto Ecco dit dans l’interview déjà cité du Monde du 18.3.2011 – « Pour moi, l’Italie c’est avant tout une langue » ; c’est  peut être cela l’Italie, la langue chantante qui a survécu aussi bien à Mussolini qu’à Berlusconi , cette langue et ses dialectes , dont je fus imprègné (l’italo-romagnol de la basse – Italie de Hussigny) depuis mon enfance.

Christophe Neff le 20.11.2011

Blognotice 15.11.2011 – les échos de l’énigme de Zwickau

Le week-end du 13 au 14.11 aurait pu être un paisible week-end de novembre, commémoration du Volkstrauertag (voire aussi mon dernier billet 11 Novembre 2011 – Volkstrauertag 2011), mais durant ce week-end l’Allemagne était  une fois de plus confrontée à ses vieux démons qui ressurgissent de temps en temps – «la Nationalsozialistische Weltanschauung», cette fois ci elle se manifeste sous le nom «Nationalsozialistischer Untergrund» : cellule de terrorisme d’extrême droite qui pendant à peu prés 10 ans a commis  au moins 10 meurtres (voir aussi le portfolio le Monde : Néonazis allemands : dix ans d’errance meurtrière revendiqués). L’Allemagne politique et médiatique est consternée, choquée – et on se demande comment un petit groupuscule d’extrême droite peut survivre 10 ans dans la clandestinité et commettre au moins 10 meurtres,   9 immigrés d’origine turque et grecque assassinés sauvagement  (Mordserie Bosporus) , le meurtre de la jeune policière Michèle Kiesewetter à Heilbronn ,  sans que les autorités aient eu le moindre soupçon.  Le rôle du Verfassungschutz, qui semble n’avoir eu aucune connaissance sur l’existence d’une cellule de terrorisme d’extrême droite semble assez opaque, ne parlons pas du Thüringer Landesamt für Verfassungsschutz qui semble avoir une histoire assez douteuse.

Le dernier Spiegel (49/14.11.11) est intitulé – «Die Braune Armee Fraktion – die unheimlichen Bekenntnisse einer rechtsradikalen Terrorgruppe» –  mais je ne crois pas que cette allusion implicite à la RAF soit vraiment pertinente. Il me semble plutôt que le terrorisme d’extrême droite ressurgit de temps en temps d’un bas fond d’opinions racistes et d’extrême droite que presque chaque société possède (en France aussi); ces fameux dix pour cent , en ex-RDA ce sont plutôt 20- 30 % – et chaque fois ce vieux démon du terrorisme d’extrême droite renaît de ces bas-fonds toujours présents; les pouvoirs publics allemands, tellement occupés  par la lutte contre l’extrême gauche et maintenant aussi contre le terrorisme islamiste, sont tout simplement incapables et peut être aussi « unwillig » de vouloir bien observer se qu’il se passe du  côté de l’extrême droite. En allemand il y a même une expression qui s’est créée – auf dem rechte Auge blind sein – être aveugle de  l’œil droit.  La NSU n’est absolument pas une première de la « deutsche Nachkriegsgeschichte » – il suffit de se rappeler l’Attentat de l’Oktoberfest en décembre 1980 faisant 13 morts et 211 blessés, les émeutes de Hoyerswerda en Septembre 1991 et les émeutes de Rostock-Lichtenhage en aout 1992, les attentats de Mölln en Novembre 1992, l’attentat de Solingen en Mai 1993, pour simplement citer de mémoire les principaux «phénomènes» de terrorisme d’extrême droite durant les trente dernières années en Allemagne.  Pour ajouter une touche personnelle, pour mon père qui succomba à un cancer en janvier 1992, les émeutes racistes de Hoyerswerda du Septembre 1991 étaient  un signe manifeste que les vieux démons de la «Nationalsozialistische Weltanschauung» – n’étaient pas près de disparaître, au contraire . La nouvelle Allemagne réunifiée, les nouveaux anciens territoires de l’Est (l’Ex RDA) étaient devenus une vraie pouponnière pour la «Nationalsozialistische Weltanschauung». Quelle déception, pour lui qui avait mis tellement d’espoir dans cette Allemagne réunifiée, de voir comment les vieilles idées du Nazisme trouvaient dans l’ex RDA un champ vierge prêt à être bien exploité et donner une bonne moisson. Vu de ce point de vue, il n’est pas surprennent d’apprendre que la NSU, s’est formée en EX RDA, avec sa base a Zwickau, mais se répandait  à partir de la dans toute l’Allemagne.

Dans quelques semaines, après que  l’intérêt médiatique allemand se sera calmé, – on aura peut être droit à une série d’articles d’investigation dans le Spiegel qui brisera ce calme prévisible, car il faut l’avouer il reste encore beaucoup d’ombre dans le « Rätsel de Zwickau »,  toute l’excitation médiatique et politique, les grandes annonces politiques qui nous promettent enfin d’œuvrer contre l’extrême droite, tout cela  sauf un miracle inattendu  tombera assez vite dans un profond oubli ! L’Allemagne, comme jadis l’ex RFA (die alte Bundesrepublik Deutschland) restera comme toujours «auf dem rechten Augen blind». Je ne crois  guère que j’aurai la chance de m’apercevoir que je me trompe.

Christophe Neff,  le 15.11.2011