Il fait froid en Europe – et même en Afrique du Nord le froid sévit. Oui l’Afrique du Nord est sévèrement touchée même si les medias en Europe n’en parlent pas – situation dramatique dans la Wilaya de Tizi Ouzou en Algérie – beaucoup de neige aussi dans la délégation d’Aïn Draham en Tunisie. Je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois qu’il fait froid en Tunisie mon billet «De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka» est pris d’assaut. Et comme je l’écrivais dans la Blognotice 22.12.2011 «la faim et le froid sont un des dangers les plus redoutables pour une jeune démocratie, pour une société que se reconstruit». Mais aussi ici en Europe on subit les conséquences du froid. A Grünstadt – la piscine- tous temps – le fameux Allwetterbad Grünstadt – fut victime du grand froid et de l’incompétence des « édiles politiques locaux » (voir mon dernier billet (en allemand)). La nuit du mardi 7 au mercredi 8 février fut la nuit la plus froide de cet hiver à Grünstadt – avec – 18° – ce qui provoqua l’éclatement d’une partie de l’alimentation en eau de l’Hôpital. Et ces – 18 ° ont eu apparemment raison de mon petit Chamaerops humilis. On verra si au printemps il reprendra de la souche. Par contre mes trois Trachycarpus fortunei ont assez bien supporté cette vague de froid. Mais c’est dans le midi méditerranéen qu’on peut actuellement découvrir un des témoins les plus bizarres de cette vague de froid qui sévit en Europe et Afrique du Nord – l’Etang de Leucate partiellement gelé, – « la banquise » qui bloque le Port de Leucate. Le froid et la neige dans les Montagnes de l’Afrique du Nord, en réalité ceci est phénomène naturel qui se reproduit de temps en temps.
Mais voir le Port de Port Leucate bloqué par la glace, formant une sorte de banquise, cela est assez exceptionnel, un véritable événement centenaire. J’avoue n’avoir jamais vu cela, et je connais le site depuis plus de quarante ans !
La neige qui nous manque à Grünstadt elle est tombée à Aïn Draham en Tunisie. Les premiers flocons de neige qui sont tomés à Grünstadt le 18.12.2011 se sont vite transformés en pluie, – et depuis il pleut presque sans interruption sur la Unterhaardt. Par contre le Nord de la Tunisie était confronté durant ces jours à une véritable vague de froid, – et Aïn Draham était couvert par un manteau de neige d’une épaisseur dépassant les vingt centimètres. Je me suis aperçu de cette vague de froid touchant le Nord de la Tunisie, car paysages – et plus particulièrement le petit billet « De la neige entre Jendouba, Aïn Draham et Tabarka » étaient véritablement pris d’assaut. Il fait froid en Tunisie et il manque le gaz pour cuisiner & chauffer, car la Tunisie est actuellement confrontée à une véritable pénurie de bouteille de gaz. La faim et le froid sont un des dangers les plus redoutable pour une jeune démocratie, pour une société que se reconstruit. Comme l’écrit Isabelle Mandraud dans son article « Retour à Sidi Bouzid, capitale des maux de la Tunisie » dans le Monde.fr du 16.12.2011, reportage sur l’anniversaire du printemps arabe qui débuta avec l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid le 17 décembre 2010 – anniversaire qui à reçu aucune retombé médiatique en Allemagne il faut le préciser – la pauvreté rurale n’a pas disparu, au contraire – et le prix de bouteille de gaz a même doubleé! Une vague de froid, comme celle qui sévissait dernièrement sur le Nord de Tunisie, ne peut que empirer les choses.
Le grand défi du « printemps tunisien » sera de améliorer profondément la situation socio-économique de la Tunisie rurale, car si cette situation ne s’améliore pas visiblement – ce printemps démocratique tunisien aura des grandes difficultés à se pérenniser.
Ce matin, samedi 15.10.2011, en feuilletant la Rheinpfalz je découvre à la une l’annonce du prévisible gagnant des primaires du PS en France, l’article de Axel Veiel « Selbst die Ex-Frau sagt Oui – Francois Hollande hat beste Chancen für Frankreichs Sozialisten in die Präsidentenwahl 2012 zu ziehen (Même son ex-compagne dit oui , François Hollande a les meilleurs chances de devenir le candidat des socialiste français pour les élections présidentielles)». Il faut dire que les primaires du P.S. ont été suives de près par une partie des medias allemands.
Mais dans tous ces débats passionnés que les primaires ont occasionnés, j’avais l’impression qu’ un vrai débat sur l’avenir de la construction d’une Europe citoyenne et la place des relations franco-allemandes manquait cruellement ! Je me trompe peut être mais c’est l’impression qui se dessine pour l’observateur intéressé de la Unterhaardt. Dans la même édition de la Rheinpfalz un très bel article de Caroline Mannweiler sur Boualem Sansal « Rebell ohne Bitterkeit, – Friedenspreis für den Algerier Boualem Sansal ( Rebelle sans amertume, prix de la paix pour l’algérien Boualem Sansal)». Boualem Sansal qui recevra demain le « Friedenspreis des deutschen Buchhandels 2011 ». La presse francophone, voire française, je l’avais déjà écrit le 12.6.2011, ne s’est pas encore aperçu du fait qu’un auteur francophone est en train de décrocher un des plus importants prix littéraires allemands.
Veiel, Axel (15.10.2011): Selbst die Ex-Frau sagt Oui. Francois Holland hat beste Chancen, für Frankreichs Sozialisten in die Präsidentenwahl 2012 zu ziehen. In: Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, Seite 1, Samstag 15. Oktober 2011, Jahrgang 67, Nr. 240
Mannweiler, Caroline (15.10.2011): Rebell ohne Bitterkeit, – Friedenspreis für den Algerier Boualem Sansal. In: Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, Seite 6, Samstag 15. Oktober 2011, Jahrgang 67, Nr. 240
Finies les belles journées de fin d’été – l’automne n’est plus loin, pour jeudi le 6. Octobre 2011 on nous annonce de la neige à partir de 1200 mètres sur les sommets des Vosges et de la Forêt Noire. Le jeudi 6. Octobre on nous annoncera aussi le prochain lauréat du Prix Nobel de littérature. En fait je n’ai aucune idée de qui pourrait se voir attribuer le prix. Normalement un ou deux jours avant l’annonce on trouve quelques renseignements sur la RDL. Mais cette année au moment où j’écris ces lignes, aucune annonce dans la RDL. Un de meilleurs romans que j’aie lu durant ces dernières années, fut le roman Melnitz de Charles Lewinsky. Mais Charles Lewinsky ne figure sur aucune liste de potentiels lauréats du Nobel de littérature. Chez Ladbrokes c’est Adonis qui figure actuellement en tête. Mais M.A. Orthofer dans le Literary Saloon ne veut pas trop y croire, – ses favoris sont Ibrahim al-Koni et Ngũgĩ wa Thiong’o. Le guardian nous présente Assia Djebar. En fait je n’ai aucune idée mais une attribution du prix Nobel de littérature à Adonis aurait au moins le charme de guider un peu plus l’opinion publique sur ce qui ce passe actuellement en Syrie. Au début de l’été 2011, en signe de solidarité silencieuse aves le mouvement d’opposition je me suis mis à lire « Mémoire du vent » d’Adonis. Je sais bien que cela ne sert pas à grand-chose. En fait cela ne sert à rien du tout, le sang des innocents coule dans les villes syriennes, seul le vent emporte les cris des victimes du régime de Bachar el-Assad et j’ai l’impression que les massacres continueront encore longtemps. Au fait qui parle encore du printemps arabe ? Il y aura des élections en Tunisie le 23. Octobre 2011, mais on n’en parle guère dans la presse francophone. Il semble que Ennahda puisse remporter les élections du 23.10.2011, – très belle analyse de Joshua Hammer dans la New York Review of Books – sur ce sujet. Mais tout cela n’a rien à voir avec l’annonce du lauréat du Nobel de Littérature 2011, mais on pourrait au moins espérer autant d’attention médiatique pour les prochaines élections tunisiennes ou pour la tragédie que se passe en Syrie que pour l’annonce du lauréat du Nobel de Littérature 2011. Un lauréat du Maghreb, du Proche – Orient pourrait au moins porter une lame d’espérance pour ce qui fut ce printemps , le début démocratique arabe. Nefflinger tu rêves les yeux ouverts!
Pour finir : ma prévision personnelle pour le Nobel de littérature 2011, ce ne sera ni Charles Lewinsky ni Serge Moati, mes trois – quatre favoris sont Assia Djebar, Adonis, Ibrahim al-Koni et Ngũgĩ wa Thiong’o.
Jeudi après midi – si les prévisions météo d’aujourd’hui ne se trompent pas trop, nous retrouvons la neige sur les sommets des Vosges et de la Forêt Noire et nous connaîtrons le lauréat du Nobel de Littérature 2011.
Nous avons vécu une vraie semaine de redoux, les premières perce-neiges ont commencé à fleurir dans les jardins de Grünstadt et l’Unterhaardt. A Karlsruhe même les helléborines sont en fleur. Le « Vorfrühling » a bel et bien commencé, même si le froid hivernal peut toujours revenir. Le terme phrénologique « Vorfrühling » n’existe malheureusement pas en français. Ce Vorfrühling, vu les événements en Tunisie, Egypte et maintenant aussi en Algérie, me rappelle un peu le Vormärz allemand. Beaucoup d’espoir qui fut malheureusement trempé dans le sang par la « réaction » – Robert Blum fusillé par les troupes impériales autrichiennes, la Forteresse de Rastatt prise le 23.7.1849 par les troupes prussiennes, et les révolutionnaires badois fusillés. Les révolutionnaires du Sud de l’Allemagne qui ne furent pas fusillés ou incarcérés cherchèrent à se refugier en France, en Suisse et aux Etats Unis. Dans le souvenir populaire (au moins en ce qui concerne ma génération) reste « das Heckerlied ».
Donc hier, quand j’appris que Moubarak quittait le pouvoir, j’ouvris une bonne bouteille de Pfälzer Dornfelder et je me souvins des paroles du Heckerlied en espérant que tout cela finirait moins tragiquement que la révolution de Mars 1848/49 dans la confédération germanique.
Donc voici pour finir, les premiers vers du Heckerlied , ce chant révolutionnaire en souvenir de Friedrich Hecker qui survécut jusqu’à nos jours dans une partie de la mémoire collective de certains pays et régions du Sud de l’Allemagne.
1. Wenn die Leute fragen,
Lebt der Hecker noch?
Könnt ihr ihnen sagen:
Ja, er lebet noch.
Refrain:
Er hängt an keinem Baume,
Er hängt an keinem Strick.
Er hängt nur an dem Traume
Der deutschen Republik.
Et voici, mon adaptation &traduction française des premiers vers du Heckerlied
En Tunisie comme en Egypte, le chemin vers un avenir meilleur sera rude et dur et pas toujours facile. Comme je l’écrivais dans les lumières du Fohrenbühl, je crois sincèrement que la Tunisie réunit les conditions nécessaires pour trouver son chemin vers un avenir démocratique. En ce qui concerne l’Egypte je suis beaucoup plus sceptique et je rejoins ici l’analyse de Gilles Kepel – les défis de la révolution. En fait, jusqu’à présent Moubarak a bel et bien quitté le pouvoir, mais la structure du système politique égyptien ne semble pas encore avoir bien changé pour l’heure. Les militaires gèrent actuellement le pouvoir directement, c‘ est tout.
Revenons à la fin du billet au Heckerlied et à Friedrich Hecker. L’article Friedrich Hecker (article créé par l’utilisateur Jospe le 31.12.2008) dans la Wikipedia.fr est d’une très bonne qualité , c’est vraiment un article dont on peut vivement recommander la lecture.
Espérons que la révolution démocratique arabe naissante ne finira pas comme le Vormärz allemand ou la révolution de mars 1848/49 dans la confédération germanique.
Au cours de la troisième semaine de janvier 2011, pendant que le peuple tunisien se soulevait contre le régime Ben Ali, semaine fatidique, j’étais au Fohrenbühl tenant un séminaire sur les changements globaux. Je pensais beaucoup aux événements en Tunisie, car exactement ici, au Fohrenbühl j’avais organisé durant l’été 2006 pour la GTZ avec le défunt Professeur Gonzague Pillet et mon ancienne collaboratrice Anna Viola Mai un séminaire sur les changements climatiques en Tunisie. Donc pendant ces jours fatidiques pour la Tunisie, au Fohrenbühl, je pensais d‘ abord avec beaucoup d’inquiétude à mes amis et collègues tunisiens, est- ce que ils avaient perdu un proche, un ami, un enfant, – un fils, une fille, un cousin ?
Avant de partir au Fohrenbühl, sidéré par le silence des medias allemands et européens j‘ avais rédigé une petite notice intitulée « Blognotice 11.1.2011 – le silence des medias allemands sur la tragédie tunisienne de l’hiver 2010/11 », choqué par l‘ incompétence de la diplomatie française, choqué par le silence d’une grande partie de la classe politique française, le silence des dirigeants de l‘ Europe politique. Quand un régime tire systématiquement à balles réelles sur ces propres enfants, quelle que soit la nature politique du régime (démocratie, régime autoritaire, dictature) – il perd toute légitimité. Les premiers morts de Sidi Bouzid, les morts de Kasserine, de Thalia n’ont guère perturbé la connivence et complaisance des dirigeants européens envers le régime de Ben Ali. En ce qui concerne la couverture médiatique en Europe, les choses ont commencé à bouger avec la publication de photo de la jeune fille morte à Sidi Bouzid le 10 janvier – qui a été reprise par le Monde du 12.1.2011 et qui a fait le tour du monde – et la mort de l‘ universitaire franco-tunisien Hatem Bettahar. Là, lentement, les medias européens semblèrent avoir compris que les choses allaient peut être basculer – ou tout simplement avaient-ils enfin compris que « l’autocrate souriant Ben Ali » n‘ hésitait pas à tirer sur sa propre jeunesse – que l‘ ami tunisien utilisait massivement et sans modération la force pour mater le soulèvement de la jeunesse étudiante et lycéenne tunisienne.
Au Fohrenbühl un peu coupé du Monde, – au Naturfreundehaus (maison de la nature) Sommerecke il n’y même pas possibilité d’utiliser un portable, j’essayais de suivre aussi bien que possible les événements en Tunisie, et particulièrement à Tunis et dans les banlieues de Tunis. Ces lumières du soleil couchant à travers les sapinières du Fohrenbühl, lumières du Fohrenbühl , elles emportaient mes pensées vers Tunis, – vers mes collègues et amis que j’avais connus durant mes années tunisiennes que je sentais en danger. Quel soulagement, le vendredi soir 14.1.2011 vers 19 :44, quant j’écrivais depuis l’hôtel Adler, (où je logeais durant ce séminaire et où il y la possibilité de se brancher sur Internet) un petit email à un ami tunisien que Ben Ali avait quitté la Tunisie. Enfin peut être les choses pourraient peut être s’améliorer en Tunisie. Peut être !
En revenant du Fohrenbühl, je découvris à quel point la couverture de événements, de la révolution tunisienne en Allemagne avait changé. Du grand silence on est passé à une couverture médiatique assez large. Ce qui m‘ étonne surtout ce sont ces soi-disant experts « du monde du maghreb », « de la Tunisie », « du monde arabe » etc. qui sortent partout de leurs trous et qui voient dans révolution de jasmin – terme que je n‘ apprécie pas du tout – car cette révolution en Tunisie, s‘ est passée dans une grande douleur , un début de mouvement de soulèvement démocratique qui à partir de la Tunisie gagnerait le Maghreb et après, le reste du Monde arabe. Où était la voix de ces soi-disant experts du Monde arabe et de la Tunisie le 11 janvier, le 10 janvier, – pendant les événements de Kassarine et de Thalia, – où était ces voix d’experts au début du mois de janvier – quand j’écrivais sur la neige, le froid et le désespoir dans le djebel tunisien dans ma blognotice du 4.1.2011 ? Peut être bien que je me trompe, mais je ne crois pas qu’on puisse comparer la situation tunisienne, l’évolution des événements en Tunisie à celle d’autres états du monde arabe.
Personnellement, je pense que si il y a une société capable de construire une démocratie laïque, une société civile libre des ses propres mains et sans interventions externe, dans le Monde arabe et en Afrique c’est bien la société tunisienne. Naturellement il y a le risque qu’après un période de transition un nouveau clan, une nouvelle famille reprenne le pouvoir en main, il y a aussi ,il ne faut pas le négliger , le risque de voir les islamistes s’accaparer le mouvement révolutionnaire, car c’est une véritable révolution qui a eu lieu en Tunisie, et là je suis d‘ accord Jean Tulard qui désigne ce janvier 2011 comme l’an 1789 de la révolution tunisienne.
La société tunisienne est une des rares sociétés dans le monde arabe (et africain), où il y a vraiment une large « classe moyenne » – « La Mittelschicht » – comme on dit en allemand – et c’est cette « classe moyenne tunisienne » qui peut construire de ses propres mains, comme elle a renversé pacifiquement le régime mafieux du clan Ben Ali, une démocratie laïque, une société libre. C’est la société civile qui a renversé Ben Ali (avec l’aide de l’armée qui ne voulait pas tirer sur le soulèvement populaire à Tunis le 14.1.2011). C’est cette large couche moyenne, une société civile qui a progressé malgré la lourdeur des dernières années du régime Ben Ali, qui a porté les événements de janvier 2011 en Tunisie ; mais franchement je ne vois pas un état dans le monde arabe ou nous ayons une si forte « classe moyenne » et « Société civile » qu‘ actuellement en Tunisie. Donc malheureusement les autocrates et dictateurs du monde arabe ont encore de beaux jours devant eux.
Je ne suis pas voyant, je ne partage pas le pouvoir clairvoyant de tant d‘ « experts du monde arabe » mais je pense que, si il y a actuellement une société du monde arabe qui pourrait réussir à construire une véritable démocratie laïque et une société libre c’est bel et bien la société tunisienne – le peuple tunisien .
Pendant que les lumières de Fohrenbühl traversaient les sapinières du Mooswaldkopf le 13,14,15 et 16 janvier 2011 emportant mes pensées vers la Tunisie, mes collègues tunisiens et leurs proches que je sentais en danger , j‘ espérais fortement voir venir le jour où les tunisiens pourront enfin vivre en liberté, manger à leur faim, choisir leur gouvernement librement. Peut être ces jours- là ont – ils enfin commencé ! Espérons-le !
La Tunisie vient à nouveau de vivre un week-end sanglant et dans les medias allemands c’est presque le silence total. Enfin, le soir du lundi 10.1.2011 un article sur le SPON sous le titre « Unruhen im Urlaubsland – Tunesische Regierung schließt sämtliche Unis und Schulen„. Comme je l‘ écrivais déjà dans Blognotice du 7.1.2011 concernant la couverture des événements de Sidi Bouzid par les « medias allemands : pas de souci pour les autorités tunisiennes – c‘ est plutôt le silence absolu – aujourd’hui après des jours et semaines de silence enfin un petit article dans le Spiegel « Hohe Arbeitslosigkeit schürt Unruhen» ». J’aurais aimé trouver un Editorial tel que celui du „Monde“ du 10.1.2010 « Le silence de Paris sur la tragédie tunisienne» dans un grand journal allemand. Un titre tel que « Das Schweigende Europa und die tunesische Tragödie » – mais malheureusement c’est le grand silence qui règne dans le paysage médiatique allemand en ce qui concerne l’actualité tunisienne. Que le Monde à bien raison d’écrire « Mais ni la France ni l’Europe n’ont rien à dire ! » – et j’ajouterais « Mais ni la France, ni l’Allemagne, ni l’Europe n’ont rien à dire !».
Enfin ce matin mardi 11.1.2011 un petit article de Ralph Schulze dans la Rheinpfalz sous le titre « Blutiger Aufstand im Urlaubsland Tunesien (révolte sanglante dans le pays de vacances la Tunisie) – c’est déjà mieux que rien ! Mais à part les titres cités, c’est plutôt le grand silence !
Source :
Schulze Ralph : Blutiger Aufstand im Urlaubsland Tunesien. In: Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, Nr. 8, Dienstag 11. Januar 2011
Gestern wurde das Buch „Indignez- vous“ von Stéphane Hessel , von dem es ja bis jetzt nicht einmal eine deutsche Übersetzung gibt, auf der ersten Seite der Rheinpfalz unter dem Titel „Empört euch! – Der Résistance-Kämpfer Stéphane Hessel beklagt den Zustand der Welt – und landet einen Bestseller“ in einem Artikel von Hans – Hagen Bremer vorgestellt. Ein französisches Buch, von dem es bisher nicht einmal eine deutsche Übersetzung gibt, auf Seite eins einer überregionalen deutschen Tageszeitung zu finden, das hat schon Seltenheitswert . Das Buch von Hessel ist zwar ein Beststeller in Frankreich geworden, – aber das Buch ist nicht unumstritten. Bemerkenswert ist die „bitterböse Kritik“ von Pierre Assouline in der Bücherrepublik.
Ich kenne, das Buch noch nicht. Ich habe das Buch vor der Jahreswende bestellt, und warte immer noch darauf es lesen zu können. Es scheint de facto in Frankreich quasi ausverkaut zu sein. Was mich überrascht ist auch der Umstand, dass es wohl bisher keine „belastbare Begründung“ gibt weshalb das Buch von Hessel in Frankreich solch einen Erfolg hat. Der Artikel von Hans Hagen Bremer bietet keine stichhaltige Begründung, und ich habe auch anderswo ich keine nachvollziehbare Begründung für den Erfolg des Buches gefunden. Die schon erwähnte Buchkritik von Assouline hat auch schon zu intensiven Diskussionen, ja regelrechten Aufregerdiskussionen auf dem Bücherblog von Assouline geführt. Und wenn ich schon vom „Aufregen“ spreche – der Aufreger, den ich ja auch ganz gern lese hat kurz vor Weihnachten mal wieder einen kleinen Beitrag geschrieben. Den Aufreger lese ich gern, aber leider kann man von ihm viel zu wenig lesen. Besonders originell fand ich übrigens den Beitrag „ein Hauch von Monarchie„. Der Beitrag ist übrigens schon über zwei Monate alt – aber die Lektüre lohnt immer noch – da erscheint mir noch immer noch einiges „aktuell“ zu sein.
Wahrscheinlich blendet uns das fahle Licht der Wintersonne zu sehr als das wir uns darüber noch aufregen könnten?
Quelle:
Bremer, Hans – Hagen (4.1.2011): Empört euch ! Der Résistance-Kämpfer Stéphane Hessel beklagt den Zustand der Welt – und landet einen Bestseller. In: Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau, Dienstag 4. Januar 2011
Toujours l‘ hiver et la neige à Grünstadt et dans la Unterhaardt. Il a même fait très froid dernièrement – la Rheinpfalz (29.12.2010) nous parle de – 22,2 C (24,7) dans le nuit du 25 au 26.12.2010 à Friedelsheim où les vignes ont commencé à geler. Depuis le 29.11.2010 un manteau de neige couvre Grünstadt, la Unterhaardt et le Linage. Nous avons eu quelques périodes de redoux, – mais ces périodes de redoux n’ont jamais suffi à faire fondre toute la neige. La prochaine période de redoux nous est annoncée pour Jeudi le 6.01.2011 – jour de l’épiphanie. A voir si cette période de redoux sera assez longue et assez douce pour faire disparaître la couverture de neige de la Unterhaardt. Peut – être, mais habituellement la période des grands froids arrive plutôt vers la fin janvier et début février.
Froid et neige, il n’y en a pas seulement eu ici dans la vallée du Rhin mais aussi sur les rivages du sud de la méditerranée, il fait froid en Algérie et en Tunisie ; j’en parlais dans ma blognotice du 20.12.2010. ,mais derrière le froid et la neige se cachent de véritables tragédies. Les événements de fin de décembre à Jendouba qui ont fait venir du monde sur le blog paysages – ont été, je le suppose, les manifestations de solidarité à Jendouba pour Mohamed Bouazizi qui a tenté de mettre fin à ses jours par immolation à Sidi Bouzid. Combien de désespoir se cache derrière ce geste ! Oui le froid et la neige dans le Djebel cachent beaucoup de désespoir. Ici en Allemagne on est tellement occupé par l’hiver et la neige que les événements de Sidi Bouzid n’ont trouvé aucun reflet dans les medias. Même le remaniement ministériel qui suivit les événements de Sidi Bouzid est passé quasiment inaperçu dans le paysage médiatique allemand.
Pour finir – comme je parle de paysage médiatique allemand – dans le dernier Spiegel (1/2011) on trouve une très belle critique « Vorsicht mit Urgoßmutter » signée Romain Leick de la traduction allemande du « Portrait » de Pierre Assouline. Pierre Assouline qui nous est présenté comme auteur (Schriftsteller), Kritiker (Critique), Biograf (biographe) – fait parler le portrait de Betty de Rothschild – « Er läßt das Gemälde sprechen, Bettys Seele ist in ihr Bild gewandert, von der Leinwand herab erzählt sie, sich an die Vergangenheit ihres erfüllten Lebens nachsichtig erinnernd und das Treiben der Gegenwart scharfsinnig beobachtend ». Le critique de Romain Leik donne envie de lire le Portrait (en version française) – et je dirais avec le temps la traduction allemande – pour comparer l’original et la traduction de Maja Ueberle Pfaff. Traduction et Traducteurs (les passeurs) qui ont toujours leur place dans la république des livres. Pour finir , comme la République des livres nous parle d’un père manquant dans « La déchirante lettre à une ombre d’Héctor Abad » , j’aimerais signaler un livre qui nous raconte aussi l’histoire d’un père manquant : « Apostoloff » de Sibylle Lewitscharoff. Pour ce livre Lewitscharoff fut récompensée en 2009 par le « Preis der Leipziger Buchmesse ». Un livre qui joue à Stuttgart Degerloch et en Bulgarie. C’est aussi un portrait d’une Bulgarie inconnue. Le livre de Lewitscharoff nous dévoile un paysage inconnu et nous rappelle un paysage de dialecte de langue allemande en voie de disparation – le Herrgottzack et le Heilandzack – qui connait encore ses deux expression archaïques souabes ? C’est dans ce langage souabe que je grandis dans la Raumschaft Schramberg: Stuttgart était la capitale économique et Tübingen « Hauptstadt des Geistes » le centre intellectuel du Württemberg et la Bulgarie un pays inconnu derrière le « eiserne Vorhang », le rideau de fer. Apostoloff mériterait sûrement d’être traduit en français – mais comment traduire le « Herrgottzack » et le « Heilandzack »?
Sources citées :
Die Rheinpfalz – Unterhaardter Rundschau – Mittwoch 29. Dezember 2010: Frostschäden in Pfälzer Weinbergen
Leick, Romain (2011): Vorsicht mit Urgroßmutter ! Literaturkritik: Pierre Assouline historischer Roman über Baronin Betty de Rothschild. In: Der Spiegel 1/2011, p. 114.
Lewitscharoff, Sybille (2010): Apostoloff. Suhrkamp Taschenbuch 4180, Frankfurt am Main, ISBN 978-3-518-46180-8