La Forêt progresse à Schramberg – et les risques d‘ incendies aussi

En Forêt Noire la forêt progresse – et en conséquence les risques d’incendies aussi. Le vendredi 2.7.2010 j’étais avec deux de mes collègues (Janet Maringer & Julia Baum ) invité par la commandante des sapeurs pompiers de Schramberg Annette Melvin (Abteilungskommandantin Talstadt Schramberg) à faire une premiers analyse de risques. En plus je préparais aussi une sortie de géobotanique en Forêt Noire pour les étudiants en bachelor de géo-écologie du KIT. Et naturellement analyser les changements de paysages, la dynamique des paysages de la ville ou j’ai grandit.

Notons d‘ abord qu’Annette Melvin est une des rares femmes chefs de corps de pompiers en Allemagne. Sachant que depuis des années déjà j’avertissais les pouvoirs publics des risques grandissant de feu de forêts en Forêt noire, Annette Melvin m’avait contacté) pour faire une sortie de terrain commune pour faire une premier évaluation des risques d‘ incendies dans le forêts entourant la ville de Schramberg ;comme nous avons grandi à Schramberg, nous fréquentions le même lycée, nous nous connaissons depuis longtemps. De plus ; Annette Melvin est aussi la petit fille de Moritz Mayer le fondateur de la SMF, dont je parlais, dans La Schramberger Majolika Fabrik – la Céramique de Schramberg sur wikipedia.fr. Elle nous présenta quelques terrains potentiels pour des chantiers de brûlage dirigé.qui aurait comme but d‘ une part de seconder la ville de Schramberg dans son effort de limiter l’embroussaillage et la reprise sauvage de la forêt, d‘ autre part d’utiliser un tel chantier de brûlage dirigé pour entrainer les pompiers de Schramberg à la lutte anti-incendie de forêt – donc un exercice de combat anti-incendie sous conditions quasi réelles.

En faite Annette Melvin craint de plus en plus les risques grandissant de feux de forêts qui pourraient être une conséquence de la progression galopante de la forêt en Foret Noire, risque de voir des feux éclater qui pourrait aussi en plus être accentué dans le futur proche par les conséquences des changements climatiques. Mais même sans changements climatique les risques de voir des feux de forêts éclater avec la progression de la forêt est considérable, car la forêt noire est une ancienne terre de feux de forêts, même si la mémoire collective a depuis longtemps oublié ce fait historique. Un des éléments de paysages les plus marquants de la moyenne forêt noire (mittlerer Schwarzwald) étaient les Besenginsterweidfelder (Neff et al. 2004 ) – les landes à genêts de balais (Cytisus scoparius) qui formaient un mosaïque avec les Sapinières riches en Houx (Ilex aquifolium) – un paysage qui fut autre fois entretenu par les feux pastoraux – élément de paysage aujourd’hui malheureusement en voie de disparition grâce à l‘ embroussaillement. C’est le vif jaune de landes de genêts qui a tant influencé les couleurs dans l’œuvre de Wilhelm Kimmich qu’on parle aussi de Kimmichginster . Les paysages changent, la forêt progresse et les Kimmichginster disparaissent de plus en plus de la Raumschaft Schramberg, du Fohrenbühl (une petite géographie gastronomique du Fohrenbühl se trouve ici) et du reste du mittlerer Schwarzwald. (Quelques mots sur ce paysages de forêts et de landes ouvertes se trouvent aussi dans la notice – les cartes postales du Bäslecarl )

J’étais vraiment surpris de découvrir à quel point la forêt domine la ville où j’ai grandi ! Les habitations, les maisons sont réellement encerclées par la végétation et on pourrait même parler de phénomène de californisation dans la Talstadt de Schramberg. Sauf qu’en ce qui concerne le terme californisation dans le sens de l’écologie du feu, c’est plutôt l’habitat qui progresse et s’entrecroise avec les paysages abandonnés où garrigue, maquis et forêts reprennent leurs droits, ce qui provoque en cas de feux de forêts des situations difficilement gérables par les pompiers. Situation bien connue aussi dans les milieux méditerranéens européens, nord-africains, australiens et nord-américains (Californie). En langage scientifique anglo-américain le phénomène est désigné comme « forest – urban interface » car la californisation dans la géographie agraire américaine est utilisée pour désigner les processus d’intensification de l’agriculture méditerranéenne. A ma connaissance le terme de californisation fut pour la première fois utilisée dans l’agro géographie anglo-américaine par David B. Grigg pour désigner l’intensification de l’agriculture dans le Bas – Languedoc (dans le Livre the agricultural systems of the world – an evolutionary approach p. 129) en 1974. A Schramberg ce n’est pas l’habitat qui progresse, dans la Talstadt de Schramberg l’habitat a plutôt tendance à se rétracter. Ici c’est principalement la Foret qui progresse. Annette Melvin a bien raison de craindre le risque grandissant de feux de forêts à Schramberg. Naturellement ce phénomène de progression de la forêt et de l’augmentation des risques de feux de forêts en période de forte chaleur et de sécheresse accentuée ne se limite pas à la ville de Schramberg, – mais touche une grande partie de la Forêt noire. Notons que si Météo France ne se trompe pas trop ( voir l‘ article « L’Europe de l’Ouest se prépare à un été très chaud » paru dans le Monde du mardi 6 juillet et mon billet « L’Europe de l’Ouest se prépare à un été très chaud – et devrait se préparer en conséquence à un été avec un très fort risque d’incendies de forêts » qui se réfère a cet article du Monde) cet été pourrait devenir un été particulièrement propice aux incendies de forêts, que ce soit sur la péninsule ibérique, en France ou en Allemagne.

Verwaldung und Verbuschung in Schramberg 2.7.2010

Les risques de feux de forêts, (la mémoire collective a totalement oublié qu’historiquement la Forêt noire a aussi eu son lot d’incendie) ne sont certainement pas une des préoccupations principales des habitants de Schramberg. Pour eux , la progression de la forêt prend surtout la lumière en hiver et plonge la ville encaissée dans le vallon étroit de la Schiltach dans une ombre obscure que les habitants ne semblent pas trop apprécier. Le manque de lumière dû à la progression de la forêt est perçu comme une des principales nuisances environnementales à Schramberg.

Blick vom Tössberg auf die Geißhalde 2.7.2010

La commune de Schramberg (Stadtverwaltung) est bien obligée de réagir et on emploie donc des troupeaux de brebis ou de chèvres pour endiguer l’invasion de la Talstadt Schramberg par la forêt sauvage. Le jour où on reverra des chèvres brouter sur les falaises de la Geißhalde (allemand souabe = collines des chèvres) après plus d’un siècle d’absence semble être proche. Dans des autres secteurs pour créer des couloirs respiratoires (Frischluftschneisen), on procède même à des coupes blanches en pleines forêts. Et on pense à entretenir ces coupes par le pâturage (chèvres & brebis) et par endroit même par l’utilisation de chantiers de feu dirigée. Il faut dire que la nature du terrain ,les fortes pentes du Schramberger Talkessel font que l’entretien par moyens mécaniques de ces coupes est financièrement quasiment impossible ,très difficile , rappelle beaucoup les situations de haute-montagne.

Freischlagfläche Steighäusle Juli 2010

En 1984 j’ai passé mon bac au lycée de Schramberg ,1984 fut l’année du Waldsterben – l’année où le Spiegel annonçait la disparition de la Sapinière de la Forêt Noire. On nous annonçait un paysage désertique – sans arbre – Wolf Hockenjos publia son livre énigmatique « Tännlefriedhof – Bilder einer Verwandlung » (cimetière des sapins – images d’une métamorphose) .Qui aurait cru en 1984 que presque 25 ans plus tard la progression « sauvage » de la forêt pourrait être perçue comme un problème environnemental majeur dans certaines parties de la Forêt Noire. Comme bachelier nous pensions que les sapins pourraient disparaitre des horizons des montagnes. Quels changements ! Notons en fin de billet que le même Wolf Hockenjoos en 2008 publia un magnifique livre sur l’arbre mythique de la Forêt Noire, – le Sapin blanc (Abies alba) (Tannenbäume – eine Zukunft für Abies alba) – un livre qui ne parle pas seulement du Sapin en Forêt Noire – mais qui nous décrit aussi le sapin blanc dans son aire naturelle européenne.

Qui à Schramberg en 1984 aurait cru que 25 ans plus tard la progression de la forêt pourrait être perçue comme un problème environnemental ?

Verwaldung am Sonnenberg - Stadtpark in der Talstadt Schramberg Juli 2010

Photo: Progression de la forêt dans la Talstadt Schramberg © C.Neff 2.7.2010

Même de nos temps, la dynamique des paysages peut encore nous surprendre !

Cela me rappelle les mots d’Éric Lambin dans l’introduction de son livre « la terre sur un fil » où il écrit : « Ainsi fonctionne la planète Terre: en constante évolution, toujours éloignée de l’équilibre et s’adaptant par des mécanismes subtiles à la configuration du moment pour assurer sa viabilité. Les grands cycles climatiques, l’évolution biologique et les changements naturels des paysages font partie de ce mouvement de balancier qui maintient la Terre sur son fil. (Lambin, 2004, 13) »

Photos : toutes © C. Neff 2.7.2010

La Villa Fink envahit par la forêt, Vue sur la Geißhalde depuis le Tössberg, Progression de la foret à Schramberg – Sulgen et coupe blanche du Steighäusle comme couloir respiratoire, Vue sur le Stadtpark et le Sonnenberg (sous titre dans le texte = Progression de la forêt dans la Talstadt Schramberg)

Sources et littérature citée:

Grigg, D.B. (1974): The Agricultural systems of the world. An Evolutionary Approach. Cambridge (Cambridge University Press), ISBN 0-521-20269-8 (1976 Reprint)

Hockenjos, W (1984): Tännlefriedhof. Bilder einer Verwandlung. Hinterzarten (Gerhard schillinger verlag), ISBN 3-924838-02

Hockenjos, W (2008): Tannenbäume – eine Zukunft für Abies alba. (DRW-Verlag Weinbrenner), ISBN 978-3-87181-723-6

Lambin, E. (2004): La Terre sur un fil. (Le Pommier). Paris, ISBN 2-7465-0198-8

Neff, C. Bassing, S., Scheid, A., Jentsch, C., Franger, S. (2004): Emploi du brûlage dirigé pour la protection de l’environnement et l’entretien du paysage – observations sur quelques exemples français (Pyrénées Orientales & Gard) et allemands (Raumschaft Schramberg Forêt Noire /Allemagne). In:., Scheid, A., Neff, C., Jentsch, C (Eds): Flächenextensivierung im Mittleren Schwarzwald. Ergebnisse und Diskussion der in der Raumschaft Schramberg durchgeführten geographischen und landschafts – feuerökologischen Untersuchungen. Materialien zur Geographie, B. 34, Mannheim, 89 – 107. (ISBN 3-923750-92-7), (DOI: 10.5445/IR/1000014804).

Christophe Neff, Grünstadt le 14.7.2010

L’Europe de l’Ouest se prépare à un été très chaud – et devrait se préparer en conséquence à un été avec un très fort risque d’incendies de forêts (10.7.2010)

L’Europe de l’Ouest se prépare à un été très chaud tel est le titre d’un article signé Stéphane Foucart et Pierre le Hir du Monde (version papier) daté de mardi 6.7.2010. Dans cet article on lit : « De fait, les prévisions saisonnières de Météo France anticipent, pour les mois de juillet et d’août, des températures globalement supérieures aux normales saisonnières sur l’ensemble de l’Europe de l’Ouest. Ce qui signifie de probables vagues de chaleur. La plupart des modèles „prévoient des cumuls de précipitations inférieurs aux normales saisonnières“, anticipe prudemment Météo France dans un communiqué publié début juin ». Si ces prévisions de Météo France s’avéraient correctes  on devrait aussi s’attendre à une augmentation sensible des risques de feux de forêts dans les grands massifs forestiers de l’Europe de l’ouest. Malheureusement dans l’article le terme «  Europe de l’ouest » n’est pas bien défini.  En plus sur le site de Météo – France je n’ai pas trouvé d‘ informations plus détaillées. Si on prend la définition large d‘ « Europe de l‘ Ouest » on pourrait en déduire que nous pouvons nous attendre à un risque de feux de forêts   globalement supérieur  aux normales saisonnières dans tous les grands massifs forestiers en France, en Belgique, dans la partie Occidentale de l‘ Allemagne, de la Suisse, et des grands massifs forestiers de la partie nord de la péninsule ibérique. On pourrait donc dire qu’on se rapprocherait un peu de la situation de risque des étés de 2003 et de 2006. On pourrait en déduire au moins pour l‘ Allemagne et la partie orientale de la France à  une augmentation particulièrement  élevée  du risque de feux  de forets – comme je l‘ avais moi-même prévu pour la partie sud-ouest de l‘ Allemagne en 2003 (Pfälzer Wald, Forêt Noire). Dans ce contexte je trouve, vu l‘ importance, qu‘ en ce qui concerne  les feux de Forêts en France, il est un peu dommage que météo France ne publie pas de cartes de risques  de feux journaliers destinées  au grand public comme le fait par exemple la wbx__tag2__dlpropertydefault.1278743742.pngmétéo allemande – le dwd – dans la page Waldbrandgefahrenindex  .  Actuellement cette prévision des risques de feux de forêts  du dwd prévoit un risque considérable de feux de forêts dans la moyenne Forêt Noire, dans les forêts entre Karlsruhe et Frankfurt, dans la région de Nürnberg – et un très grand risque en Allemagne de l‘ est, surtout dans les forêts du Mecklenburg-Vorpommern. Même si ma prévision de risques  pour l’Allemagne pour l’année 2003 se soit avérée  trop pessimiste – il n’y eut pas de grand incendie dans l’Allemagne du Sud -néanmoins ce fut l’année où éclata le grand incendie Leuk-Albinen (Waldbrand Leuk du 13.8.2003 , plus d‘ info dans le site de la WSL sur les feux de forêts dans le Valais , site gerer par Thomas Wohlgemuth ).  Je pense donc  qu’il faudrait prendre,  en France,  en Allemagne, en Suisse etc. les prévisions de météo France au sérieux et se préparer à une augmentation sensible des risque de feux de forêts cet été.

Image :

Prévisions du risque d’incendies de forêts pour le 12.07.2010 du DWD pour l’Allemagne (Couleurs: vert + jaune = pas de risque, orange = risque moyen, rouge = grand risque, violet = très grand risque). Source DWD 10.7.2010 9:15

Christophe Neff, Grünstadt le 10.7.2010

Georges Kuhnholtz – Lordat sur wikipedia.fr

En préparant la semaine dernière une intervention majeure sur les perspectives de recherche en écologie du feu pour un colloque sur l‘ écologie des perturbations (all. Störungsökologie, ang. Disturbance ecology ) à l’université de Bayreuth ,par curiosité, j’ai fait une demande Google pour savoir ce que la toile savait sur Georges Kuhnholtz-Lordat, que je considère personnellement comme un des pères-fondateurs de l’écologie du feu , et qui est systématiquement cité comme tel par la littérature scientifique anglo-américaine , mais qui est presque oublié en France et en Europe. Dernièrement par exemple dans „Fire ecology and fire politics in Mali and Madagascar » de Christian A. Kull et Paul Laris (Kull & Laris 2009) ou dans le mémorable livre de Christian A. Kull sur l‘ écologie politique du feu sur l’ile de Madagascar – « Isle of Fire » (Kull 2004),ou même dans le chapitre de l’historien du feu et de l’écologie du feu Stephen J. Pyne „Eternal Flame: An Introduction to the Fire History of the Mediterranean “ qui écrit « The one great innovation that emerged was the stimulus Greater France gave to the first systematic attempt to tabulate fire throughout the Earth, Georges Kuhnholtz-Lordat’s Le Terre Incendiée (1938) (Pyne 1997) » dans le livre „Earth Observation of wildland fires in Mediterranean Ecosystems“ édité par E. Chuvieco. En fait il s’agit d’un essay qui résume un chapitre beaucoup plus large sur les feux dans le monde méditerranéen dans le livre « Vestal fire » que Pyne publia déjà en 1997. Donc grande surprise de trouver un article dans la wikipedia.fr sur Kuhnholtz-Lordat, car personnellement j’ai l’impression que la wikipedia francophone a parfois un caractère anti- scientifique et anti-intelectuel. Chaque petite starlette de télés & cinémas, les footballeurs de 3 eme classe etc., ont droit à leur articles – mais il est rarissime de trouver un bon article sur un scientifique – sans parler de géographes, biogéographes ou écologues du paysage :rien ou presque rien , rien sur Pierre Quezel le grand maitre de la biogéographie des forêts méditerranéennes, rien sur Louis Trabaud qui fit renaitre l‘ écologie du feu en France et qui contribua ainsi à l‘ établissement d‘ une écologie du feu européenne et méditerranéenne, rien sur Marco Conedera qui a introduit l‘ écologie du feu en suisse et qui est reconnu internationalement comme un des premier écologues du feu européen , la même chose vaut pour Eric Rigolot : rien sur Eric Rigolot qui actuellement contribue au niveau européen au développement de l‘ écologie du feu et ainsi de suite – donc j‘ étais agréablement surpris de découvrir le petit article sur Georges Kuhnholtz – Lordat dans la wikipedia francophone. Malheureusement on ne trouve rien sur l’importance des travaux de Kuhnholtz-Lordat sur le développement de l’écologie du feu, – ni sur la valeur de son ouvrage la terre incendie ,premier livre traitant des feux végétaux au niveau global et mondial. Dans ce sens on pourrait même dire que le livre fut une des premières monographies de « global change ecology ». Vu sa valeur fondamentale pour le développement de la « Fire ecology » et la « disturbance ecology » anglo-américaine (et des citations dans les publications scientifiques internationales)- le livre lui-même vaudrait certainement aussi un article dans la wikipedia. Moi – même dans une de mes premiers publications scientifiques (Neff 1995) j‘ avais décrit la Terre incendiée comme la première monographie francophone dédiée entièrement aux Feux de forêts : « Kuhnholtz-Lordat’s « la Terre incendiée » war die erste französischsprachige Monographie, die sich auschließlich mit landschaftsökologischen Folgen und Risiken von Waldbränden auseinandersetzte ». (Neff 1995, 9).

Titelfolie für Blog - Ökologie der Wandels 21.6.2010 Bewerbungsvortrag W -2 Professur für Störungsökologie

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Pour préparer la conférence sur les perspectives de rechecherche en écologie du feu – je me suis donc procuré un exemplaire de « la terre incendiée (la Bibliothèque universitaire Mannheim a une photocopie du livre) » – et j’ai relu quelques chapitres – car l’expose à préparer contenait une section sur l’histoire du développement de l’écologie du feu en tant que science. Et là ,quelle surprise ;je découvre que Kuhnholtz – Lordat ,comme je l’avais fait dans Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens cite Maria Chapdelaine , cite le roman de Louis Hémon dans la terre incendiée. Cet ainsi que la première partie du livre , « le feu et la culture ,A. les incendies préculturaux sur Forêt » débute avec comme introduction un extrait du roman de Maria Chapdelaine – « Un beau morceau de terre qui a été plein de bois er de chicots et de racines et qu’on revoit une quinzaine après, nu comme la main, prêt pour la charrue, je suis sûre qu‘ il ne peut rien y avoir au monde de plus beau et plus aimable que ca » , disait la mère de Maria Chapdelaine. Louis Hémon » (Louis Hémon cité dans Kuhnholtz-Lordat 1939, p. 79). Même si Kuhnholtz-Lordat cite une autre partie de Maria Chapdelaine que celle citée par moi dans Feux de forêts et lectures de paysages , je ne me suis guère trompé en écrivant que le roman de Hémon était « certainement à ma connaissance une des premières descriptions « littéraires » de la dynamique végétale après incendies de forêts ».

71 années après son édition, la lecture du livre «la terre incendiée» de Kuhnholtz-Lordat, même si certain concepts d’un point de vue scientifique sont certainement dépassés , reste encore une lecture enrichissante et ce n’est pas sans raison que l’ouvrage est encore systématiquement cité dans la littérature scientifique internationale , même si je doute que tous les auteurs qui citent le livre aient réellement lu l’ouvrage. Néanmoins ,ce livre peut être considèré comme l‘ ouvrage fondamental qui donna naissance à ce qui s‘ appelle de nos jours dans le langage scientifique international « fire-ecology ».

Ouvrages et sources cités :

Kuhnholtz-Lordat, G. (1939) : La Terre incendiée. Essai d‘ agronomie comparée. Nîmes (Éditions de la Maison carrée)

Kull, C. A. (2004) : Isle of Fire. The political Ecology of Landscape Burning in Madagascar. Chicago (The University of Chicago Press), ISBN 0-226-46141-6

Kull, C.A., Laris, P. (2009): Fire ecology and fire politics in Mali and Madagascar. In : Cochrane, M.A. (Ed): Tropical Fire Ecology. Climate Change, Land-Use and Ecosystem Dynamics. Berlin, p. 171 – 226 (Springer), ISBN 978-3-540-77380-1

Neff, C. (1995): Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) – eine geographische Analyse. Mannheim, ISBN 3-923750-50-1

Pyne, S.F (2009): Eternal Flame: An Introduction to the Fire History of the Mediterranean . In: Chuvieco, E. (Ed.): Earth Observation of wildland fires in Mediterranean Ecosystems, pp. 11- 26, (Springer), ISBN 978-3-642-01753-7.

Christophe Neff, Grünstadt le 27.6.2010

Vue de Grünstadt : – la saison des feux de forêts 2010 vient de commencer

Apparemment la saison 2010 de feux de forêts en France vient de commencer. Un incendie a détruit 135  ha de forêts de Pins et de chablis à Garrosse dans la Forêt des  Landes du 12 au 13.4.2010. Apparemment il s’agit de chablis de la tempête Klaus, chablis dont je parlais déjà dans 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes, et qui ont apparemment pas encore disparue de cette endroit de la Forêt de Landes. Chablis et bois mort – peuvent dans le contexte de la gestion de risque de feux forêts se relever comme de vrais bombes à retardement.

totholtzakkumulation-unter-pinus-sylvestris-leistadt-mai-2007.1271190250.jpgJe me suis une fois fait violemment attaqué par la presse locale et régionale de la Unterhaardt et les forestiers car j’avais osé de montrer du doigt le risque qui courrait les forêts de la Unterhaardt due à la grande quantité de bois mort et de chablis dans les environs de Bad Dürkheim (Die Rheinpfalz 2007). En plus, je me suis permis de rappeler qu’autre fois les Forêts du Haardtrand étaient considérées comme propice aux risques d’incendie – et qu’avec les scenarios de changements climatiques le risque de voir augmenter les feux de forêts du Haardtrand pourraient considérablement augmenter. Ces propos, que j’ai réitérés aussi dans divers exposées scientifiques (p.ex. Neff 2008), n’étaient guerre appréciés ici dans la région. Avec ou sans changement climatiques, – et indépendamment de la valeur écologique incontestable des bois mort et chablis – une charge considérable de bois mort et de chablis augmente l’inflammabilité et la combustibilité d’un massif forestier.

Sources :

Die Rheinpfalz Mittwoch 6.6.2007 (Aus der Region): Dürkheimer Wald durch Klimawandel gefährdet ? Bad Dürkheim: Geograf der Uni Karlsruhe nennt Totholz großes Risiko.

Neff, C. (2008): Waldbrände in Westeuropa (Mittelmeerraum, Mitteleuropa) – Bestandsaufnahme und Zukunftsszenarien. Vortrag im Rahmen der Tagung Naturgefahren/Naturrisiken an der PH Heidelberg 6-7.6.2008

Photo: © C.Neff. Débris de bois mort dans une Pinède de Pins sylvestre dans la forêt du Haardtrand à Leistadt-Bad Dürkheim 2.5.2007

Christophe Neff, Grünstadt le 13.4.2010

Sturm Xynthia : Blick von der Unterhaardt auf La Faute-sur-Mer, L’Aiguillon und Port Leucate

An der Unterhaardt und im Leiningerland waren die Schäden die der Orkan Xynthia am letzten Wochenende hinterließ doch relativ bescheiden. Natürlich sind, wie man heute in der Rheinpfalz lesen kann in den Wäldern zwischen Grünstadt, Altleiningen und Eisenberg ein paar Bäume umgefallen.  Aber ansonsten hält sich der Schaden den der Orkan Xynthia hier im Umkreis von Grünstadt verursachte doch ziemlich in Grenzen.  Was die umgefallenen Bäume betrifft wundere ich mich immer wie sehr Forstleute und Presse das „Umknicken“ bzw. den „Sturmwurf“  von an für sich gesunden und standortgerechten Bäumen bei Stürmen beklagen – und vor allem nicht nachvollziehen können. Eigentlich sollte doch bekannt sein, dass bei schweren Stürmen in nemoralen Wäldern immer ein paar Bäume, ja selbst hunderte von Bäumen sturmbedingt umfallen können. Aus dieser Tatsache hat sich der Forest Gap Theory entwickelt, die im französischen auch als „theorie des trouées ( sensu Schnitzler – Lenoble 2002)bzw. dynamique des trouées“  bekannt, im deutschen würde man wohl am die Forest Gap Theory wohl am ehesten mit „Wald- Lücken-Theorie“ bezeichnen.  Es scheint wohl so zu sein als hätte in Deutschland Begriff wie „Wave-regeneration oder Forest Gap Theory“ es bisher kaum geschafft aus dem akademischen Elfenbeinturm heraus eine größere Öffentlichkeit zu erreichen. Das mag vielleicht zum einem am  emotionalen aufgeladenen „Waldbild“  im deutschen Sprachraum liegen, – und vielleicht auch soweit es neuere Ergebnisse aus der Waldökosystemforschung betrifft – an der Anglifizierung des wissenschaftlichen Publikationsbetrieb, – welcher Förster, welcher Journalist hierzulande liest schon in Englisch verfasste Paper zur theoretischen Waldökologie (siehe hierzu auch meine Bemerkungen in III. Un blog sur les paysages: an English introduction  ).  Für Waldbesitzer und Forstbetrieb mögen die Folgen von Xynthia im Einzelfall tragisch & und vielleicht sogar Existenz bedrohend sein, der Wald als Ökosystem erholt sich jedoch relativ problemlos von den Sturmfolgen, sowie sich Wälder in der Regel auch von Waldbränden erholen. Soweit ich es von hier aus Überblicken kann, sind wir was durch Xynthia verursachten Sturmschäden in Deutschland betrifft doch noch relativ glimpflich davon gekommen.

In Frankreich sah es da schon ganz anders, wobei interessant ist das der Orkan Xynthia in der französischen Wikipedia als „Tempête Xynthia“ als Sturm Xynthia bezeichnet wird – obwohl der Sturm mit 53 Toten und 7 Schwerverletzten doch wesentlich folgenreicher als in Deutschland war. Am härtesten traf es die Gemeinden La Faute-sur-Mer und  L’Aiguillon an der französischen Atlantikküste im Departement Vendée.  In diesen beiden Gemeinden hat es allein fast 30 Tote gegeben. Dort hat der aufgewühlte Atlantik einen Deich durchbrochen und die dahinter liegenden Siedlungen geflutet – das Meer hat sich genommen – was ihm einstmals gehörte. Die meisten Opfer, oftmals Rentner sind vom Meereseinbruch im Schlafe überrascht worden und in ihren Häusern ertrunken. Der durch Xynthia verursachte Meereseinbruch des Atlantik an der Küste der Vendée hat eine erneute Diskussion über den Umgang mit Naturrisiken wie Überschwemmungen aber auch den Umgang mit der Natur an Meeresküsten in Frankreich ausgelöst. Ich schreibe „erneute Diskussion“ – denn eigentlich löst jede Überschwemmung mit Todesopfern wie z.B.  in Nîmes am 3.10.1988 , in Vaison la Romaine am 22.9.1992, in Sommières am 8 und 9.9.2002 solche Diskussionen aus, sowie auch jeder größere Waldbrand ähnliche Diskussionen auslöst  – ohne dass sich wirklich gravierendes im Umgang mit der „Natur“ bzw. „Natur & Umweltrisiken “ in Frankreich ändert – oftmals werden die Dinge nach ein paar Jahren wieder vergessen.  Ähnliches könnte man bestimmt auch für die Situation Deutschland schreiben.

Die oben genannten Überschwemmungskatastrophen, die alle erhebliche Menschenleben kosteteten, sind inzwischen so vergessen, dass man diese nicht einmal in der französischen Wikipedia wiederfindet bzw. diesen Ereignissen ein eigner Artikel gewidmet wäre.

Den verheerenden Waldbrand mit über 80 Todesopfern welcher im Sommer 1949 in der Forêt des Landes wütete – übrigens der verheerenste europäische Waldbrand der jüngeren Zeitgeschichte ist in Frankreich fast vergessen – was übrigens dazu führt, dass die beiden Artikel die sich im Blog Paysages damit befassen 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes und Le 19 août 1949 – le drame de la Forêt des Landes sowie The Fatal Forest Fire – remembering the „1949 Mega fire“ in the „Forêt des Landes“ (South West France) –  sehr gut besucht werden – da es eigentlich außer dem Buch „L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949„ von Joan Deville  kaum noch abrufbare Erinnerungen an dieses Waldbrandereignis mehr gibt. Die Zeit vergeht und die Erinnerung an die Katastrophe verblasst.

Was die Folgen von Xynthia betrifft, inbesondere die Ereignisse von la Faute sur Mer und l‘ Aiguillon, so wird in der französischen Öffentlichkeit vor allem die galoppierende „Urbanisation“ der französischen Küste als Hauptverantwortlicher für die Katastrophe thematisiert, der Klimawandel wird letztlich kaum thematisiert, – was ich persönlich auch für richtig halte – da solche Sturmbedingten Hochwasser an der Atlantikküste und an der Nordseeküste an für sich nicht so ungewöhnlich sind – nur treten diese so selten auf, dass das kollektive Gedächtnis diese Ereignisse relativ schnell wieder vergisst – wer erinnert sich denn noch an die Watersnood die im Februar 1953 über 1800 Menschenleben  in den Niederlande forderte. In diesem Zusammenhang sei auch noch auf das Interview von Guy Brasseur in der heutigen Zeit „Im Treibhaus“ verwiesen, in welchem Brasseur dezidiert auf die Fragwürdigkeit des Zusammenhanges zwischen Extremwetterereignissen  und globaler Klimaentwicklung hinweist.

Die immer mehr fortschreitende „Urbanisierung“ der französischen Meeresküsten wird in francophonen Geographie auch als Littoralisation bezeichnet und wird inzwischen auch  für die Beschreibung von Urbanisations – und Suburbanisationsprozessen in  andere Küstenräumen verwendet.  Diese Begrifflichkeit wird jetzt auch schon  in der anglophonen Geographie verwendet. Ich habe im Zusammenhang mit Littoralisationsprozessen  im National Geographic (  Bourne & Turner, 2006) einmal einen schönen Satz gelesen „loving our coasts to death“ – der im Grunde genommen die Dramatik des Littoralisationsprozesse treffend beschreibt.  Die Ökosystemaren Konsequenzen der den gesamten Planeten umfassenden Littoralisation zu managen wird einer der großen Herausforderung des „Global Changes“ werden – denn die Littoralisation ist ein wahrhaft globaler Prozess der viele Küstenabschnitte der Welt nachhaltigst formt, – teilweise regelrechte neuartige Landschaftsbilder schafft.

Um nochmals auf la Faute sur Mer und l‘ Aiguillon zurück zu kehren, – die franco-französischen Presse verwendet den Term im Gegensatz zu francophonen Geographie aber nur zur Beschreibung von Urbanisierungsprozessen am Mittelmeer, weshalb man den Begriff im Zusammenhang mit dem Meereseinbruch an der Küste der Vendée kaum in den Medien findet.  Auf eine andere Begrifflichkeit die hier in Deutschland noch kaum bekannt ist,  sei in diesem Zusammenhang auch verwiesen – die Californisation – ein aus der frankophonen Geographie stammender Begriff der das Eindringen von Wohnbesiedlung in Wald und Buschland beschreibt – was bei Waldbränden zu katastrophalen Folgen führen kann, denn im Grunde wird im zersiedelten Grün, das Eindämmen der Flammen zu einer fast unbeherrscharen Herausforderung für die Feuerwehren. Die Überlagerung von Californisationsprozessen und Littorlisationsprozessen in den mediterran Subtropen birgt wahrlich vielfältige Umweltrisiken, die auch schon ohne menschgemachten Klimawandel, wenn es denn mal brennt oder ein Deich bricht, nur schwerlich beherrschbar sind.

Abschliessend möchte ich mich noch Leucate und Port Leucate zuwenden, zwei Ortschaften an der französischen Mittelmeerküste  welche ich nun fast 40 Jahre kenne.  Der Küstenabschnitt zwischen der Halbinsel Leucate, dort wo sich der alte Siedlungkern des Dorfes Leucate befindet und Le Barcarès gilt als einer dynamischsten Küsten des Mittelmeerraumes, weshalb dieser Küstenabschnitt zu Beschreibung von mediterraner Küsten & Lagunendynamik im von Hofrichter herausgegeben Mittelmeerreader (Wilke 2001)  ausgewählt wurde. Auf dem Lido, d.h. dem Tombolo der das Etang de Leucate zwischen Leucate Plage und le Barcarès vom offenenen Meer abtrennt wurden in den 60 Jahren die nouvelles station touristiques Port Leucate und Port Barcarès errichtet.  Vorher war dieser Sand & Dünentombolo unbewohnt – u.a. deshalb weil es immer wieder im Winter zu sturmbedingten Meereseinbrüchen kam. Soweit ich mich an die Literaturrecherchen für diverse wissenschaftliche Publikationen ( u.a.  Neff 2003 sowie Neff & Scheid 2005) richtig erinnere, gab es den letzten größeren Meereseinbruch in der Zwischenkriegszeit zwischen erstem und zweitem Weltkrieg.

Wenn das Meer bei starkem Marin richtig tobt, dann kann man die Brandung eigentlich in ganz Port Leucate deutlich vernehmen. Das hört sich wie das Heulen und Stöhnen der Schwarzwaldtannen bei schwerem Orkan an,  so wie es Vinzenz Erath in größer als des Menschen Herz beschrieb. Im Ferienhauschen meiner Großmutter in der Feriensiedlung la Griffouliere in Port Leucate,  Ferienhäuschen in dem ich als Kind und Jugendlicher unzählige Ferien verbrachte, lauschte  ich oftmals bei geöffneten Fenster, der  Meeresbrandung bei Marin, die obwohl sich das Haus fast zwei Kilometer vom Strand entfernt befand (und immer noch befindet)bei Marinwind noch deutlich zu hören war.  Ich habe mir als ich noch Kind war oftmals überlegt, wie es denn wäre, wenn eines Nachts das Meer kommen würde. Was ich damals nicht wusste, – bevor Port Leucate auf dem Tombolo gebaut wurde und dieser noch la Corrège und Mas de l‘ile hieß, kam das Meer hin und wieder  und setzte alles unter Wasser – so wie letzten Sonntag in la Faute sur Mer und l‘ Aiguillon. Nur war das Lido damals zwischen der Halbinsel Leucate und der Aglymündung unbewohnt.  Ich denke, dass das Wasser, das Meer wieder kommen wird, eines Tages völlig unerwartet, weil man einfach vergessen hat, dass es einmal da war.  Vielleicht täusche ich mich auch, und das Meer wird nie sich nie mehr über den Lido ergiessen, aber angesichts der jüngeren Landgeschichte dieses Küstenabschnittes erscheint es jedenfalls nicht unwahrscheinlich, daß es bei entsprechenden Unwetterereignissen wieder zu Meereseinbrüchen kommen könnte.

Es gibt auch keinen Deich in Port Leucate, jedenfalls ist mir bisher keiner sichtbar aufgefallen. Ich bin jedoch sicher, dass soweit man einen Deich zum Hochwasserschutz bauen wollte, dass viele der unmittelbaren Strandanlieger in Port Leucate alles in Bewegung setzten würden um solch einen Deich zu verhindern, denn solch ein Deich würde natürlich den freien Blick aufs Meer beeinträchtigen.  Hingegen wurde vor kurzem zwischen dem Grau de Leucate und Leucate Plage ein Hochwasserdeich errichtet.

Es gibt noch ein ganz anderes Element was Port Leucate und  la Faute sur Mer und l‘ Aiguillon verbindet. Die meisten Opfer in den Küstenstädtchen am Atlantik waren Rentner die einen schönen Lebensabend am Atlantik verbringen wollten. Meistens aus oberen Unterschicht und unteren und mittleren Mittelschicht (couches populaires ) , denen ein Häuschen am Mittelmeer zu teuer war. Viel hatten ihre ganzen Ersparnisse in ihr kleines Häuschen gesteckt. 27 von Ihnen haben die Nacht von 27 auf den 28 Februar 2010 nicht überlebt, – denn sie waren zu schwach und zu gebrechlich – um sich rechtzeitig vor dem einbrechenden Wasser in den rettenden zweiten Stock zu begeben, um das rettende Hausdach erklimmen zu können.  In Port Leucate gibt es auch ein immer mehr wachsende Seniorenpopulation, – es gibt sogar eine kleine Anzahl von deutschsprachigen Rentnern wie ich im letzten Oktober als ich eine Messe in der neuen St. Jacques Kirche besuchte, feststellen konnte. An dem Tag, an dem das Meer kommen wird, und soweit es bis dahin keinen effektiven Hochwasserschutz gibt, wird es in Port Leucate die gleichen Bilder  geben wie letzten Sonntag in la Faute sur Mer und l‘ Aiguillon in der Vendée.

Dieser kleine Blogbeitrag soll nicht anklagen, – sondern nur anregen über unser Verhältnis zu „Naturrisken“ nachzudenken.  Im Allgemeinen haben wir die Tendenz diese Risiken mit der Zeit einfach zu vergessen. Aber dadurch, dass diese Risiken aus unserem kollektiven Gedächtnis verschwinden, werden die Risiken natürlich nicht kleiner. Ich will diesen Blogbeitrag mit einem kleinen Beispiel aus der Raumschaft Schramberg beenden. Im Mai 1959 wurden große Teile der Stadt Schramberg durch ein verheerendes Hochwasser vernichtet. Es war nicht das erste Hochwasser in Schramberg, und es war auch nicht das letzte Hochwasser – es war nur ein Ereignis in einer langen Zeitreihe – und man kann davon ausgehen, dass irgendwann der Tag kommt, an dem wieder ein solches Hochwasser in Schramberg auftreten wird.

Der Brezelsegen der Schramberger Fasnet geht übrigens wie ich im Buch „mit Kummer und mit Sorgen“ von Sven Kindler (2007)  erfahren konnte auf die großseigneurale Armenspeisung durch die Grafen von Bissingen Nippenburg (Kindler 2007:16) nach Hochwasserereignissen und Missernten in der Raumschaft Schramberg zurück, – ich habe dem ganzen übrigens einen französischsprachigen Blogbeitrag unter Titel „Petite notice sur les origines du Schramberger Hansel“ gewidmet. Hier hat die Unwettererfahrung in der Raumschaft Schramberg  im kollektiven Gedächtnis als Fasnetsbrauch überlebt. In diesem Zusammenhang, d.h.  dem Vorkommen von historischen Hochwässern in Mitteleuropas gibt es übrigens in der aktuellen Geographischen Rundschau (3/2010) einen lesenswerten Aufsatz von Mathias Deutsch, Rüdiger Glaser und Karl Heinz Pörtge et al.

Hochwasser, Meereseinbrüche, Waldbrände wird es in Mittel und Südwesteuropa sowie im gesamten Mittelmeerraum immer geben, – und zwar völlig unabhängig davon ob sich das Klima nun erwärmt oder nicht. Die Frage ist nur wie man mit diesem Wissen umgeht – und ob man bereit ist Vorsorge zu treffen – auch wenn das letzte Schadenereignis scheinbar schon wieder in eine weite zeitliche Ferne gerückt ist. Und was den Klimawandel betrifft, sollten die Szenarien der Klimaforscher sich als richtig erweisen, wovon eigentlich auszugehen ist,  dann wird das Management solcher „Naturrisiken“, bestimmt nicht einfacher, ganz im Gegenteil.

Zitierte Quellen:

Bourne, J.K., Turner, T. (2006): Land on the Edge -Loving our coasts to death. In: National Geographic, July2006, v. 210, p. 60-97.

Deutsch, M., Glaser, R., Pörtge, K.H., Börngen, M., Drescher, A., Cresat, M., Riemann, D., Scönbein, J. (2010): Historische Hochwasserereignisse in Mitteleuropa. Quellenkunde, Interpretation und Auswertungen. In: Geographische Rundschau, 3/2010, 18-  24.

Deville, J. (2009) : L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949. Paris (les Éditions des Pompiers de France), (ISBN 978-2-916079-20-2)

Die Rheinpfalz (4.3.2010): Wandern im Wald ist Lebensgefährlich – Grünstadt/Altleiningen: Orkan Xynthia wirft auch gesunde Bäume um – Waldlehrpfad besonders betroffen – Weg gesperrt. Die Rheinpfalz Nr. 53 – Unterhaardter Rundschau, Donnerstag 4 März 2010

Die Zeit (4.3.2010): Interview mit Claude Brasseur – Im Treibhaus. In: Die Zeit, 4 März 2010, 30 Wissen .

Erath, V. (1951): Größer als des Menschen Herz. Das Buch vom wahren Leben. Tübingen (Rainer Wunderlich Verlag)

Kindler, Swen  (2007) : „…mit Kummer und mit Sorgen…“ Junges Parlament – Kanalfahrt – Da-Bach-na-Fahrt. Norderstadt, (Books on Demand), ISBN 978-3-8334-7265-7

Neff, C. (2003): Les Corbières maritimes – forment-elles un étage de végétation méditerranéenne thermophile masqué par la pression humaine ? In: Fouache, E. (Ed.): The Mediterranean World Environment and History. IAG Working Group on Geo-archeology, Symposium Proceedings. Environmental Dynamics and History in Mediterranean Areas, Paris, Université de Paris – Sorbonne 24 – 26 avril 2002. Paris, 191 – 202, (Elsevier France, ISBN 2-84299-452-3).

Neff, C., Scheid, A.   (2005):  Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, H. 9, 38-44.

Schnitzler – Lenoble, Annik (2002): Écologie des forêts naturelles d‘ Europe. Biodiversité, sylvigenese, valeur patrimoniale des forets primaires. Paris, Lavoisier TEC & DOC, ISBN 2-7430-0541-6

Wilke, Michael (2001): Lagunäre Lebensräume. In Robert Hofrichter, R. (éd), Das Mittelmeer : Fauna, Flora, Ökologie. Tome I, Allgemeiner Teil, p. 326-347, Heidelberg, Éd. Spektrum akademischer Verlag, 2001, ISBN 3-8274-1050-9

Christophe Neff, Grünstadt le 4.3.2010

Les cartes postales du Bäslecarl

Les cartes postales du Bäslecarl me font revenir au billet « Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle. », – où j’ai eu droit à deux commentaires intéressants sur la mémoire photographique et le stockage des données numériques. Naturellement 2 commentaires ce n’est rien à côté des 205 commentaires sur « Le petit prince à la triste figure » dans la république des livres, ce sont à peine 1%. Indépendamment des commentaires des foristes sur le « Le petit prince à la triste figure » je crois que l‘ avenir du livre sera le beau livre de qualité, édité avec soin, – comme le suggère Pierre Assouline dans ce posting pour le Petit prince (j‘ en parle déjà dans un autre contexte dans « Les premières neiges de l’hiver 2009/10 sont arrivées à Grünstadt » ). Une grande partie du reste de l’édition des livres, deviendra au fur et à mesure  des éditions électronique. Et ses livres électroniques naturellement comme toutes les autres « données numériques » auront le problème du stockage des données numériques, qui jusqu‘ aujourd’hui n’est pas encore bien résolu. Mais soyons clairs, – les livres ont aussi besoin de leur place quelque part et  leur trouver cette place devient pour certains lecteurs un problème insurmontable. Même chose pour les diapositives – les diapositives sont un support idéal pour l’archivage  à longue  durée – à condition de trouver une place bien abritée de trop de lumière et abritée d’un excès de humidité elles ont  donc aussi besoin de leur place bien choisie.  Dans des conditions idéales les diapositives peuvent être un support idéal pour nos mémoires photographiques. Mais tout le monde n’a pas la chance de réunir ces conditions, – et même souvent dans les archives d’état (Staats & Körperschaftsarchive) ces conditions font défaut !

neues-bild-kraz-29.1260903144.JPGDans « Le « reflex »est presque mort – et personne n’en parle. » je parlais de quelques articles de la nouvelle Kräz. Dans ce numéro on trouve aussi un article intitule « Bäslecarl ein vielseitig begabter Tennenbronner » de Heinz Nienhaus. Le Bäslecarl fut entre autre un des premiers photographes de la Forêt Noire et en 1900 il fonda l’édition « Verlag Carl Hermann Tennenbronn » ,une maison d’édition des cartes postales,  cartes postales dédiées à Tennenbronn et aux paysages de moyenne forêt noire (mittlerer Schwarzwald). Cartes postales et photos du Bläsecarl, qui sont reproduites dans l‘ article de Nienhaus nous font découvrir un paysage de forêt noire, aujourd’hui‘ hui presque disparu et oublié , petits hameaux , grand espaces de prés et de champs ainsi que les forêts sombres des sommets ; aujourd’hui‘ hui la forêt est presque partout :une grande partie des espaces ouverts ont littéralement été  dévorés par la forêt (pour une analyse un peu plus scientifique sur le problème de la fermeture des paysages en Forêt noire voir aussi  Neff et al. 2004 ). Notons aussi que dans le même numéro de la Kräz le même auteur nous présente un article sur Schramberg et la Raumschaft Schramberg comme destination de l’organisation Kraft durch Freude (Nienhaus, H. (2009) : « Kraft durch Freude » (KDF) in Schramberg. Auf den Spuren der Nationalsozialistischen Sonderorganisation der „Deutschen Arbeitsfront” (DAF).). Cet article est aussi très bien illustré et nous présente une image de Schramberg et  de ses environs durant les années 1933 – 39. Donc ici la mémoire des paysages a survécu grâce aux archives photographiques, comme par exemple l‘ Archiv Kasenbacher – et dans le cas des articles de Nienhaus aux archives privées de l’auteur Heinz Nienhaus.

En ce qui concerne la durabilité des photos de paysages, je viens (en utilisant entre autres le Kodachrome C-64) de recevoir un petite lettre (en allemand) de Kodak que je reprends comme scan ici – Kodak me suggère donc d‘ utiliser le Ektachrome 100G pour remplacer le C – 64 – mais auparavant faudrait-il déjà trouver un nouveau reflex (ou faire réparer les anciens). Avec le Ektachrome 100G, qui est présenté par Kodak comme le successeur du C-64, et  un nouveau reflex analogique, en fait il ne reste que la Leica, la photographie du paysage version traditionnelle est hors de prix : à la longue il ne  restera que le reflex numérique.

kodak.1260903539.jpgDonc pour en finir aujourd’hui – la révolution numérique est partout – elle change nos habitudes de regarder, de lire ,de nous souvenir et de nous construire notre mémoire et notre imaginaire. Heureusement il reste encore le livre,  mais comme je l’ai écrit déjà plus haut – je pense qu’au moyen terme une grande partie du livre et du monde de l’édition se trouvera sur support numérique. Mais peut être je me trompe ? Qui sait ?

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Vue d’automne sur la Martinskirche (eglise St. Martin) de Grünstadt dépuis la « Tiefenthaler Hohl » (C. Neff 18.10.2008 Film Kodakchrome C- 64 ; Camera Olympus OM-4 ; Scan Nikon 8800F)

Sources :

NEFF, C.  BASSING, S., SCHEID, A., JENTSCH, C., FRANGER, S. (2004): Emploi du brûlage dirigé pour la protection de l’environnement et l’entretien du paysage –  observations sur quelques exemples français (Pyrénées Orientales & Gard) et allemands (Raumschaft Schramberg Forêt Noire /Allemagne). In:., SCHEID, A., NEFF, C., JENTSCH, C (Eds): Flächenextensivierung im Mittleren Schwarzwald. Ergebnisse und Diskussion der in der Raumschaft Schramberg durchgeführten geographischen und landschafts – feuerökologischen Untersuchungen. Materialien zur Geographie, B. 34, Mannheim, 89 – 107. (ISBN 3-923750-92-7).

Nienhaus, H. (2009) : Bäslecarl – ein vielseitig begabter Tennenbronner. In: D’Kräz, Beiträge zur Geschichte der Stadt und Raumschaft Schramberg, 29, 57 – 65.

Nienhaus, H. (2009) : « Kraft durch Freude » (KDF) in Schramberg. Auf den Spuren der Nationalsozialistischen Sonderorganisation der „Deutschen Arbeitsfront“ (DAF). In: D’Kräz, Beiträge zur Geschichte der Stadt und Raumschaft Schramberg, 29, 10 – 22.

Christophe Neff, Grünstadt le 15.12.2009

P.S : Et voici un billet très intéressant sur le sujet (commentaire sur l’évolution de la photographie numérique) de Konrad Lischka sur SPON.

Quelques remarques sur Thalassa : escale à Tunis (émission du 16.10.2009)

Presqu’un mois après mon  billet sur une émission de Thalassa – Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente) , voici à nouveau quelques remarques sur une émission de Thalassa, donc l‘ émission du 16.10.2009 intitulée « Escale à Tunis ». Une émission qui m’a rappelé quelques souvenirs personnels. J’ai particulièrement remarqué le reportage sur la Kroumirie. C’est une des régions tunisiennes presqu’inconnues du  grand public, mais que personnellement j’apprécie beaucoup pour ses paysages et  ses forêts. Au niveau forêts je pense même, naturellement cela est très subjectif ,  n’avoir durant mes multiples voyages  à travers les forêts méditerranéennes rencontré de si belles forêts de Chênes zeen (Quercus canariensis) et de Chênes lièges (Quercus suber). Je pense que rien que pour pouvoir visiter et voir  le patrimoine forestier de la Kroumirie, des Mogods – le voyage vers Tabarka  en vaut la peine.

Très bonne idée aussi de faire le voyage  avec le TGM en compagnie de Férid Boughedir. Mais pourquoi le voyage s’arrête- il déjà à Sidi Bou Said ? Pourquoi ne  pas prolonger le voyage à la Marsa Gare, jeter un coup d’œil à la librairie mille feuille  (en ce qui concerne la Marsa on trouve quelques mots dans le billet « Villa Jasmin – quelques pensées personnelles en vagabondant sur le téléfilm de Férid Boughedir ») , prolonger la randonnée vers la Sebkha d’Ariana. La Sebkha d‘ Ariana où on parle de faramineux projets de développement, où un investisseur des émirats aimerait réconcilier développement urbain & écologie. Un projet, ou plutôt une idée qui aurait sûrement intéressé les spectateurs de Thalassa.  Une idée de valorisation qui mériterait le débat.

Naturellement j’ai aussi lu les critiques sur le forum de Thalassa sur l’émission du 16.10.2009. Mais ce n’est pas l’objectif de la série Thalassa de faire une analyse sur le développement démocratique au Maghreb.  Ceci serait un autre format. En ce qui concerne l’état écologique des côtes tunisiennes, en les comparant simplement à l’état des côtes espagnoles méditerranéennes, à la densité du bétonnage des côtes espagnoles, la Tunisie se tire plutôt bien de l’affaire. Naturellement la littoralisation pose aussi problème pour la Tunisie, mais jusqu’à maintenant sûrement moins que pour d’autres pays méditerranéens. Donc je réitère ici ce que j’avais déjà écrit dans Quelques remarques sur Thalassa à Lisbonne (émission du 11.9.2009) et la littoralisation du Cap Saint – Vincent (Cabo de São Vicente) :

« Personnellement. je crois que cette littoralisation est pour nos côtes européennes un danger aussi important que ces fameux changements climatiques qui remplissent les pages des médias. En ce qui concerne la méditerranée, je l’ai démontré pour la Tunisie (2006, 2007) – mais le diagnostic est à mon avis aussi valable pour une très grande partie des côtes méditerranéennes. Je considère la littoralisation massive (et dans une moindre mesure la californisation) des côtes méditerranéennes comme un des principaux risques environnementaux des décennies à venir. (Je viens de tenir une conférence sur le sujet à Karlsruhe au sein de la Tüxen-Gesellschaft (5.9.2009) sur le sujet (Neff 2009)) On nous parle beaucoup de changements climatiques, :la littoralisation galopante des côtes de l’Europe du Sud, le début de ce processus dans les pays du Maghreb est aussi un sujet environnemental alarmant – et si on finit par se réveiller quand le dernier centimètre de côte méditerranéenne sera bétonné , il sera trop tard. »

Donc globalement l’émission Thalassa – escale à Tunis (émission du 16.10.2009) m’a bien plu, – même si c’était un peu superficiel par endroits. Un bravo sur les quelques minutes sur la Kroumirie.

Sources :

Neff, C. (2000): MEDGROW – Vegetationsdynamik und Kulturlandschaftswandel im Mittelmeerraum. Mannheimer Geographische Arbeiten, H. 52, Mannheim (Dissertation/PHD-Thesis). (ISBN 3-923750-80-3)

Neff, C. (2006) : Projections Ecosystèmes tunisiens 2030, (Resumé révisé de L’EXPOSE <<Projections Ecosystèmes tunisiens 2030>> tenu le 6.7.2006 à Sidi Bou Said) Karlsruhe.

NEFF, C., ALOUI, A., EL HAMROUNI, A., SOUISSI, A. , GROSSMANN, A. (2007) : Ecosystèmes. In : République Tunisienne, Ministère de l’agriculture et des ressources hydrauliques, GTZ (Coopération technique allemande) (Eds.) : « Stratégie nationale d’adaptation de l’agriculture tunisienne et des écosystèmes aux changements climatiques », Cahier 7, Rapport des groupes d‘ experts, p. 33- 43.

Neff, C. (2009): Global Change Prozesse in Tunesien – eine Vorschau auf 2030. Vortrag im Rahmen des 9. Workshop des Arbeitskreises Biomonitoring/ Global Change der Reinhold – Tüxen-Gesellschaft vom 04. – 06. September 2009 in der Pädagogischen Hochschule Karlsruhe unter dem Thema: Biomonitoring und Global Change – Arten, Biotope und Landschaften im Wandel -.

Christophe Neff, Port Leucate le 18.10.2009

Le 19 août 1949 – le drame de la Forêt des Landes

« Le vendredi 19 août 1949 , à 14.57, la tour de guet de Biganos signale de la fumée « par 101 ». Une minute plus tard, celles de Béliet (maintenant Belin – Béliet) et de Cabanac (maintenant Cabanac-et-et-Villagrains) signalent aussi cette fumée « par 37 ». Le feu est ainsi repéré au Murat, dans la commune de Saucats (Gironde) (Deville 2009, 151)». Le début de l‘ incendie meurtrier de la Forêt des Landes, décrite dans le livre de Joan Deville « L’incendie meurtrier », livre que j‘ avais déjà décrit dans mon billet « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes »,incendie qui coûta la vie à 82 hommes – et dévasta plus de 50.000 ha de forêt de Pins ; cet incendie fut à mon avis le plus meurtrier de la proche histoire forestière européenne (200 ans en arrière).

Voyant sur WordPress Dashboard qu’il existe une véritable demande sur cet événement tragique , je me suis mis à écrire cette petite note. Je ne suis pas spécialiste de la forêt des Landes, je ne la connais même pas . J’aurais voulu m’y rendre durant mes vacances d’été – mais grâce à cet accident du 2.5.2009 ,il n y pas eu de vacances d’été ,ni de visite de la forêt des Landes. Les quelques petit jours de vacances qui me restent, je les passerai ici à Grünstadt en palatinat. Comme je l’ai écrit dans mon dernier bulletin « Le grand bouleau cesse d’émettre », les feux de forêts sont mon métier, je pourrais donc dire émettre un avis même si je ne connais pas les forêts des Landes. A mon avis,le livre de Joan Deville déjà décrit dans mon billet « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » est pour les lecteurs souhaitant un aperçu assez complet de l’incendie , le document de référence.

Pour les lecteurs souhaitant avoir une impression de témoin scientifique des années 1949/50 je suggère de lire deux articles de Revue forestière française qui a mis ses archives de 1949 – 2002 sur le web – plus précisément l‘ article « le drame de la Forêt Landaise » par P. LALLEMED et du même auteur l‘ article « la reconstitution des sols dans les landes des Gascogne ». Il serait certainement fort intéressant de voir dans quelle mesure les conseils d’aménagement forestier de Pierre Allemand de 1950, surtout en que concerne le choix des espèces, furent vraiment suivis sur le terrain. En lisant les deux articles de Pierre Allemand , on peut un peu se rendre compte à quel point ce feu de foret fut aussi un drame forestier, sylvicole – car tous ces aspects disons forestiers, environnementaux et écologiques ne sont pas le point fort du livre de Deville. Ajoutons dans ce contexte l’article d’Y.Lesgourgues sur l’incendie de Porge – Lacanau en 1989 . Donc assez de lecture de fonds disponible pour le lecteur désirant en savoir un peu plus sur l’incendie meurtrier de 1949. En ce qui concerne les conséquences , prévention anti incendie ,combat anti feu, je pense que les leçons nécessaires ont été bien appliquées en France! Personnellement je considère la DFCI (Défense contre l‘ incendie) à la française, les pompiers français, les bombardiers d‘ eau de la sécurité civile française, les patrouilles Dangel, comme un modèle de combat anti-feu pour le monde entier. Naturellement un modèle qui devrait être constamment remis en question et amélioré ! Dans ce contexte , l‘ analyse des risques d‘ incendies , (une démarche exemplaire qui pourrait aussi être mis en oeuvre dans les départements français connaissant un risque élevé de feux de forêt ) est le travail de Marco Conedera sur l‘ analyse des risques d‘ incendie de forêt dans le canton du Tessin « Implementing fire history and fire ecology in fire risk assessment: the study case of Canton Ticino (southern Switzerland) ». Ce travail publié en anglais contient aussi un résumé exhaustif en français. Je pense réellement que la « méthode Conedera » pourrait être une base pour une analyse de risque de feux de forêts pour un département français se situant dans la bande potentielle des paysages à risques de feux en France, bande qui contient les forêts des Landes, le midi méditerranéen, mais aussi les collines sous -vosgiennes, les forets rhénanes sèches de la Haardt etc.

Je finis ce billet en rappellent au lecteur que ce fut en France que l’analyse écologique du feu débuta, longtempst avant que le mot « fire-ecology » ne fusse inventé aux Etats-Unis. J’avais dans « Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Neff 1995) » consacré quelques pages à l’histoire de l’analyse scientifique des feux en France ,vers le milieu des années 1930 ,ce fut l’école de Nîmes, ce fut le livre de Kuhnholtz-Lordat (1938) « la terre incendie » qui en furent les pionniers. Tous cela semble être tombe un peu en oubli. Quant à une lecture moderne actuelle du problème de feux de forêt en France, je suggère au lecteur intéressé, comme je l‘ ai déjà fait dans, « Dépêches du grand bouleau : au moins encore 2 semaines » et dans « Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens » le livre édité par Benoit Garronne « le feu dans la nature ».

Je finis ce petit billet sur l’incendie de la Forêt des Landes d‘ août 1949 en espérant que les lecteurs désirant trouver des infos complémentaires sur les incendies historiques des années 1949 ne soient pas trop restés sur leur soif.

Sources et Littératures citées :

CZIKAN, M. (1990) : Historique et tactique d’emploi des aéronefs bombardiers d’eau de la sécurité civile française. In : Revue forestière française, 1990, 286 – 294.

Conedera, M. (2009): Implementing fire history and fire ecology in fire risk assessment: the study case of Canton Ticino (southern Switzerland). PHD-Thesis, Karlsruhe 2009.

Deville, J. (2009) : L’incendie meurtrier dans la forêt des Landes en août 1949. Paris (les Éditions des Pompiers de France), (ISBN 978-2-916079-20-2)

Garrone, B. (2004) : Le feu dans la nature mythes et réalité. Prades -le- Lez (Les Ecologistes de l‘ Euzière), ISBN 2-906-128-17-1

GRELU, J.-L., MERCIER, J., RENAUD, J.-P. (1990) : Le patrouillage : une opération de prévention des incendies de forêts dans le Gard. In : Revue forestière française, 1990, 272 – 278.

Kuhnholtz-Lordat, G.(1938) : La Terre incendie – essai d‘ agronomie comparée. Nîmes.

Lallemand, P. (1949): La drame de la forêt landaise . In : Revue forestière francaise, 1949, N. 7, 305-309.

Lallemand, P. (1950) : La reconstitution des sols dans les Landes de Gascogne. In : Revue forestière française, 1950, N. 5, 274- 281.

LESGOURGUES, Y. (1990) : Réflexions concernant les problèmes DFCI des espaces forestiers landais à la lumière des incendies du Porge – Lacanau. In : Revue forestière française, 1990, 51 – 71.

Neff, C. (1995): Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) – eine geographische Analyse. Materialien zur Geographie 27, Mannheim. (ISBN 3-923750-50-1)

Christophe Neff, Grünstadt le 17.8.2009

The Fatal Forest Fire – remembering the “1949 Mega fire” in the „Forêt des Landes” (South West France)

In August 1949 the „Forêt des Landes“ in Southwest France near the Atlantic coast between Bordeaux and Arcachon was destroyed by a mega-forest fire – 50.000 ha of forest land were burnt – and 82 people killed. This was the most deadly forest fire in Europe in modern times (and perhaps also in historical times). Some days ago I dedicated a posting in French with the title „1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes “ to this notable fire event. The fatal fire event burnt the Forêt the Landes (in English sometimes called Landes Forest ),a large forest ranging the Atlantic coast from the Gironde estuary to Arcachon in the South, – a forest dominated by 90% of Maritime Pine (Pinus pinaster). This forest fire has been completely forgotten by the collective memory in France (and also in the rest of Europe). Till today there is no article neither in the French nor English Wikipedia describing this notable forest fire event.

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For people reading French and interested in European fire history I would suggest to read the new book of Joan Deville« L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949 » retracing the fire history of this murderous fire. In my French billet there is a more detailed résumé of the book. The book is not a „fireecolgy reader“ – its written from the view point of the fire-fighters – it’s a fire fighter perspective – and most of the 82 victims of the fire were firefighters (voluntary fire brigade men, and service men from the French army) but also a fire ecologist, a geographer, a forester can learn much about the behavior of such a fire, which I would call a „Mega fire“ or „Mega forest fire event“ from reading the book. This fire had also another quality than most other European forest fires – which are mostly Mediterranean fires – a very high fuelloading in some way comparably to what we knew from pacific coast fires in the U.S. (Washington, Oregon, Montana) and Canada. A European mega fire – causing 82 dead, 50.000 ha of Maritime Pine forest and 700 ha of prairies burnt – and not linked to any „Global Warming Discussion“. This shows clearly that in dry and hot weather conditions large fire events also happened in non-mediterranean European forests – and that this could happen occasionally – or has happened occasionally in historical times – as to take another example the 1975 Lüneburger Forest Fire in Lower Saxony (Germany) (see my posting Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens: (Écologie et biogéographie des forêts du bassin méditerranéen ; The Nature of Mediterranean Europe – an Ecological History ; Le feu dans la nature – mythes et réalité ) which the German collective memory has also forgot. But as I wrote in l’incendie meurtrier , – if global warming scenarios for Europe are correct, we would have more dry and hot weather conditions – and the probability to have increasing forest fire risks in non-mediterranean Europe would increase. In the French posting I wrote that « Je pense même que l‘ incendie des Landes, ou le feu de la Lüneburger Heide pourrait être un peu le modèle de feu de forêts auxquels nous devrons peut être de plus en plus faire face avec les changements climatiques en dehors de écosystèmes méditerranéens » which means basically that the forest fire of the Landes 1949 or the forest fire in Lüneburger Heide could be a model for coming fire events in non-mediterranean european forests linked to global warming. So the book of Joan Deville, even if it’s in French would merit a large audience.

This is a blog posting – not an scientific paper – for an actual scientific approach concerning future fire risks in Europe read the new paper of Krawchuk et al (2009) „Global Pyrogeography: the Current and Future Distribution of Wildfire “ . I have myself written a little paper in 2003 (Neff 2003) forecasting increasing fire risks linked to global warming for some middle European forest region . Concerning „the fatal Mega fire of the Forêt des Landes“ – one should perhaps write a scientific review paper of this historical fire – because if more fire experts will share my conviction that the „Grand Incendie de la Forêt des Landes“ as the 1949 fire is often called in French, is really a historical model for expected forest fires due to global warming in non-mediterranean European forests – we should know more about this historical fire event on the South-West Atlantic coast of France. Perhaps I should start something like this with interested colleagues after recovery from my accident – because I am still lying in my sickbed in Grünstadt – locking out on the big birch in our garden – and wiriting my bedside blog „Dépêches du grand bouleau“.

Sources:

Deville, J. (2009) : L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949. Paris (les Éditions des Pompiers de France), (ISBN 978-2-916079-20-2)

Krawchuk MA, Moritz MA, Parisien M-A, Van Dorn J, Hayhoe K (2009): Global Pyrogeography: the Current and Future Distribution of Wildfire. PLoS ONE 4(4): e5102. oi:10.1371/journal.pone.0005102

Neff, C., Scheid, A. (2003): Kontrollierte Feuer in Natur und Landschaftspflege: – Erfahrungen aus dem Mittleren Schwarzwald (Raumschaft Schramberg) und den mediterranen Pyrenäen (Pyrénées Orientales/Region Prades) Südfrankreichs. In: Venturelli, R.C., Müller, F. (Eds): Paesaggio culturale e biodiversità. Principi generali, metodi, proposte operative. Giardini e Paesaggio, 7, Firenze, 163 – 177, (ISBN 88-222-5272-1).

Christophe Neff, Grünstadt le 13.7.2009

P.S.: For French reading readers of this „fatal fire“ article interested in natural hazards & risks I would also suggest to have look on the Gestion des Risques et Crises Blog . This seems to be a very professional blog!

1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes

La saison d‘ incendie 2009 en France a commencé par un incendie dans les Landes à Meilhan où à peu près 200 ha de pins maritimes ont brûlé. Ceci était à prévoir, car la Forêt des Landes est, après les dégâts provoqués par la tempête Klaus , particulièrement propice aux départs d’incendies. Personnellement, je pense qu’à cause des conséquences de la tempête Klaus la Forêt des Landes est même une des régions françaises les plus menacées par les risques d’incendies. Beaucoup plus que les forêts, maquis et garrigues méditerranéens, – même si le risque, comme chaque été, est particulièrement élevé dans les écosystèmes méditerranéens, il n’est pas comparable aux risques encourus par les forêts des Landes, car celles-ci accumulent un très grand potentiel de « masse combustible »qui dépasse largement la moyenne des forêts, maquis et garrigues méditerranéens. Les incendies de forêt qui menacent les forêts de pins maritimes peuvent être particulièrement meurtriers, même si la mémoire collective en France l’a presque oublié. Cela rappelle un peu les souvenirs du feu de la Lüneburger Heide en Allemagne en 1975 ( voir mon billet Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens du 4.6.2009). Il y a juste 60 ans que la Forêt des Landes fut parcourue par les plus terribles feux de forêts français- ce qui coûta la vie à 82 personnes. Je pense même qu’au niveau européen ,ce fut un des plus meurtriers feux de forêts des dernières décennies.(Les feux de l‘ été 2007 en Grèce ne firent que d’après les sources divergeantes, entre 60 et 70 morts) Le feu dura du 19.8.1949 au 27.8.1949 dans un triangle entre Cestas , Le Barp , et Mios ; – plus de 50.000 ha de forêt de pins furent brulés, 710 ha de Landes, plusieurs centaines de blessés, 82 décès (Deville, J. 2009 p. 137) : . Jamais depuis les forêts françaises n’ont dû subir d‘ incendie d’une ampleur comparable. Espérons qu’un tel drame, surtout au niveau des pertes humaines ne se reproduira pas. Comme je l’ai écrit cet événement a été oublié du grand public. On ne trouve même pas d’article sur le feu de forêts meurtier des Landes de 1949 sur wikipedia.fr – par comparaison, l’événement du feu de la Lüneburger Heide qui à lui, son article dans wikipedia.de – on se rend compte à quel point l’incendie des Landes de 1949 a disparu de la mémoire collective française.

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Signalons qu’un livre récemment publié par Joan Deville sous le titre « L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949 » – permet de sortir cette partie de l’histoire des incendies des forêts françaises de l’oubli. Le livre est divisé en deux parties. Dans la première partie, nommée « contexte du drame » après une brève description de la forêt landaise de 1949 l’organisation et l’équipement de la lutte contre les feux forestiers en 1949 sont expliqués. La seconde partie du livre intitulée « du 19 au 27 aout 1949 – l’incendie meurtrier – la chronologie de l’incendie est rapportée minutieusement. En plus, les chapitres sont enrichis par de nombreux témoignages d’époque (sapeurs-pompiers, militaires, gendarmes etc). Dans le chapitre 13 intitulé « les registres de l’état civil » sont énumérés par noms, fonctions et lieux de décès – les morts de l’incendie. Le livre de Joan Deville a le mérite de nous retirer de l’oubli ce feux gigantesque qui ravagea les Landes il y 60 ans. Il devrait aussi nous rappeler, même si on peut penser qu‘ au niveau secours nous sommes beaucoup mieux organisés aujourd’hui‘ hui, que de tels drames pourront, ressurgir en France, en Europe. Je pense même que l‘ incendie des Landes, ou le feu de la Lüneburger Heide pourrait être un peu le modèle de feu de forêts auxquels nous devrons peut être de plus en plus faire face avec les changements climatiques en dehors de écosystèmes méditerranéens, – en France (forêts des collines sous-vosgiennes par E.) ,en Allemagne (Fôret noire, forêts seches de la Haardt en Palatinat par E.) – des feux difficilement maitrisables à cause de leurs grandes charges de masse combustible, avec risque de formation de feux convective, tornade de feux (comme décrite dans le livre Deville), donc des feux rappelant plutôt les feux de forêts boréales, ou les feux de forêt de l‘ arc pacifique américain (British Columbia, Oregon, Montana, Californie, Washington), que les feux méditerranéens.

Revenons à l’incendie des Landes en 1949 – pour tout lecteur qui s’intéresse un peu aux détails et à la chronologie de l’incendie des Landes , surtout en ce qui concerne le point de vue des pompiers, – la lecture du livre de Joan Deville « l‘ incendie meurtrier – dans les forêts des Landes en août 1949 » est certainement très enrichissant .

Source :

Deville, J. (2009) : L’incendie meurtrier – dans la forêt des Landes en août 1949. Paris (les Éditions des Pompiers de France), (ISBN 978-2-916079-20-2)

Christophe Neff, Grünstadt le 6.7.2009

P.S. (17.8.2009) : Dans le billet « Le 19 août 1949 – le drame de la Forêt des Landes » on trouve des infos complémentaires sur l’incendie de la Forêt des Landes en 1949.

P.S. (15.03.2023) : Puisque le billet « 1949 – l’incendie meurtrier dans la forêt des Landes » est certainement l’un des billets les plus consultés du blog Paysages, j’ai décidé de déposer une capture d’écran de l’article/ Pdf impression dans la bibliothèque KIT-Open. DOI: 10.5445/IR/1000131914

As the post „1949 – l‘ incendie meurtrier dans la forêt des Landes “ is certainly one of the most consulted posts of the blog paysages I decided to deposit a screenshot/ Pdf printout of the post in the KIT-Open library. DOI: 10.5445/IR/1000131914