Des nouvelles du Kangourou de Grünstadt (22.8.2009)

Eh bien oui, le kangourou de Grünstadt semble bien exister : pour mes lecteurs allemands j’ai déjà publié un long billet « Das Grünstadter Känguru nun auch in Gerolsheim « voici une version très raccourcie pour mes lecteurs francophones.

Comme le kangourou de Grünstadt fut photographié, voici la photo dans l’article « Einsames Beuteltier der Pfalz » dans la Wormser Zeitung, les experts des jardins zoologiques de Landau et de Kaiserlautern ont pu déterminer l’espèce. Le Kangourou de Grünstadt est un Wallaby de Bennett, une sous-espèce du Wallaby à cou rouge.

En faisant un peu de recherches sur l’espèce, j’ai découvert qu’il existait en France une petite population de Wallaby de Bennett naturalisée dans la forêt de Rambouillet. Des kangourous naturalisés en France, je reconnais bien que je n’en avais jamais entendu parler ! Le Centre d’étude de Rambouillet et de sa Forêt a même dédié une page web « Enquête sur le Wallaby de Bennett en Forêt d’Yvelines » aux Wallaby de la Forêt de Rambouillet. Le Wallaby de Grünstadt n’aura certainement pas la chance d’être le début de naturalisation des Wallaby dans le Leiningerland , d‘ abord avec un individu seul on ne fonde pas une population et en plus, à en croire les medias ,ce Wallaby doit disparaître le plus vite possible des paysages des environs de Grünstadt, de la « Unterhaardt ». On se demande vraiment quel danger se cache derrière se pauvre Wallaby égaré entre vignes et forêts de la Unterhaardt !

Christophe Neff, Grünstadt le 22.8.2009

Le Kangourou de Grünstadt

Il y aurait donc un Kangourou à Grünstadt . Plus précisément sur le Grünstadter Berg, lieu des mes promenades de convalescence, promenades auxquelles j’avais déjà dédié un petit billet « Balade d’été sur le Grünstadter Berg (19.7.2009) ». Personnellement, je n‘ ai pas vu le fameux Kangourou pendant mes promenades sur le Grünstadter Berg. Mais apparemment, même la police aurait vu ce faune étrange. Donc pas de doutes possibles, si la police confirme la présence d’un Kangourou dans le Leininger Land il y en a sûrement un.

Il s’agirait d‘ après ce qu’écrit la presse locale – la Rheinpfalz d’un « Thylogale thetis – un Pademelon à cou rouge ». Le Kangourou de Grünstadt , un bon moyen pour la presse allemande de colmater le fameux « Sommerloch » (trou d’été) ,même la télévision en parle :au niveau régional le Rhein-Neckar-Fernsehen (RFN) et au niveau national le ZDF. Comme je l‘ ai déjà écrit dans ma note allemande Die Depeschen von der großen Birke und das Känguru von Grünstadt“ – si par hasard je croisais le chemin de ce Wallaby, nouvel habitant du Grünstadter Berg – je consacrerais un petite note à cette rencontre inhabituelle. Donc à voir !

Sources :

Stemmler, Klaus (2009): Känguru wird zum Medienstar. Grünstadt-Eisenberg: Das im Leiningerland herumhüpfende Beuteltier sorgt für viel Gesprächstoff. In: Die Rheinpfalz Nr. 191- Unterhardter Rundschau – Mittwoch 19. August 2009.

Christophe Neff, Grünstadt le 20.8.2009

Le 19 août 1949 – le drame de la Forêt des Landes

« Le vendredi 19 août 1949 , à 14.57, la tour de guet de Biganos signale de la fumée « par 101 ». Une minute plus tard, celles de Béliet (maintenant Belin – Béliet) et de Cabanac (maintenant Cabanac-et-et-Villagrains) signalent aussi cette fumée « par 37 ». Le feu est ainsi repéré au Murat, dans la commune de Saucats (Gironde) (Deville 2009, 151)». Le début de l‘ incendie meurtrier de la Forêt des Landes, décrite dans le livre de Joan Deville « L’incendie meurtrier », livre que j‘ avais déjà décrit dans mon billet « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes »,incendie qui coûta la vie à 82 hommes – et dévasta plus de 50.000 ha de forêt de Pins ; cet incendie fut à mon avis le plus meurtrier de la proche histoire forestière européenne (200 ans en arrière).

Voyant sur WordPress Dashboard qu’il existe une véritable demande sur cet événement tragique , je me suis mis à écrire cette petite note. Je ne suis pas spécialiste de la forêt des Landes, je ne la connais même pas . J’aurais voulu m’y rendre durant mes vacances d’été – mais grâce à cet accident du 2.5.2009 ,il n y pas eu de vacances d’été ,ni de visite de la forêt des Landes. Les quelques petit jours de vacances qui me restent, je les passerai ici à Grünstadt en palatinat. Comme je l’ai écrit dans mon dernier bulletin « Le grand bouleau cesse d’émettre », les feux de forêts sont mon métier, je pourrais donc dire émettre un avis même si je ne connais pas les forêts des Landes. A mon avis,le livre de Joan Deville déjà décrit dans mon billet « 1949 – l‘incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » est pour les lecteurs souhaitant un aperçu assez complet de l’incendie , le document de référence.

Pour les lecteurs souhaitant avoir une impression de témoin scientifique des années 1949/50 je suggère de lire deux articles de Revue forestière française qui a mis ses archives de 1949 – 2002 sur le web – plus précisément l‘ article « le drame de la Forêt Landaise » par P. LALLEMED et du même auteur l‘ article « la reconstitution des sols dans les landes des Gascogne ». Il serait certainement fort intéressant de voir dans quelle mesure les conseils d’aménagement forestier de Pierre Allemand de 1950, surtout en que concerne le choix des espèces, furent vraiment suivis sur le terrain. En lisant les deux articles de Pierre Allemand , on peut un peu se rendre compte à quel point ce feu de foret fut aussi un drame forestier, sylvicole – car tous ces aspects disons forestiers, environnementaux et écologiques ne sont pas le point fort du livre de Deville. Ajoutons dans ce contexte l’article d’Y.Lesgourgues sur l’incendie de Porge – Lacanau en 1989 . Donc assez de lecture de fonds disponible pour le lecteur désirant en savoir un peu plus sur l’incendie meurtrier de 1949. En ce qui concerne les conséquences , prévention anti incendie ,combat anti feu, je pense que les leçons nécessaires ont été bien appliquées en France! Personnellement je considère la DFCI (Défense contre l‘ incendie) à la française, les pompiers français, les bombardiers d‘ eau de la sécurité civile française, les patrouilles Dangel, comme un modèle de combat anti-feu pour le monde entier. Naturellement un modèle qui devrait être constamment remis en question et amélioré ! Dans ce contexte , l‘ analyse des risques d‘ incendies , (une démarche exemplaire qui pourrait aussi être mis en oeuvre dans les départements français connaissant un risque élevé de feux de forêt ) est le travail de Marco Conedera sur l‘ analyse des risques d‘ incendie de forêt dans le canton du Tessin « Implementing fire history and fire ecology in fire risk assessment: the study case of Canton Ticino (southern Switzerland) ». Ce travail publié en anglais contient aussi un résumé exhaustif en français. Je pense réellement que la « méthode Conedera » pourrait être une base pour une analyse de risque de feux de forêts pour un département français se situant dans la bande potentielle des paysages à risques de feux en France, bande qui contient les forêts des Landes, le midi méditerranéen, mais aussi les collines sous -vosgiennes, les forets rhénanes sèches de la Haardt etc.

Je finis ce billet en rappellent au lecteur que ce fut en France que l’analyse écologique du feu débuta, longtempst avant que le mot « fire-ecology » ne fusse inventé aux Etats-Unis. J’avais dans « Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Neff 1995) » consacré quelques pages à l’histoire de l’analyse scientifique des feux en France ,vers le milieu des années 1930 ,ce fut l’école de Nîmes, ce fut le livre de Kuhnholtz-Lordat (1938) « la terre incendie » qui en furent les pionniers. Tous cela semble être tombe un peu en oubli. Quant à une lecture moderne actuelle du problème de feux de forêt en France, je suggère au lecteur intéressé, comme je l‘ ai déjà fait dans, « Dépêches du grand bouleau : au moins encore 2 semaines » et dans « Feux de forêts et lectures de paysages méditerranéens » le livre édité par Benoit Garronne « le feu dans la nature ».

Je finis ce petit billet sur l’incendie de la Forêt des Landes d‘ août 1949 en espérant que les lecteurs désirant trouver des infos complémentaires sur les incendies historiques des années 1949 ne soient pas trop restés sur leur soif.

Sources et Littératures citées :

CZIKAN, M. (1990) : Historique et tactique d’emploi des aéronefs bombardiers d’eau de la sécurité civile française. In : Revue forestière française, 1990, 286 – 294.

Conedera, M. (2009): Implementing fire history and fire ecology in fire risk assessment: the study case of Canton Ticino (southern Switzerland). PHD-Thesis, Karlsruhe 2009.

Deville, J. (2009) : L’incendie meurtrier dans la forêt des Landes en août 1949. Paris (les Éditions des Pompiers de France), (ISBN 978-2-916079-20-2)

Garrone, B. (2004) : Le feu dans la nature mythes et réalité. Prades -le- Lez (Les Ecologistes de l‘ Euzière), ISBN 2-906-128-17-1

GRELU, J.-L., MERCIER, J., RENAUD, J.-P. (1990) : Le patrouillage : une opération de prévention des incendies de forêts dans le Gard. In : Revue forestière française, 1990, 272 – 278.

Kuhnholtz-Lordat, G.(1938) : La Terre incendie – essai d‘ agronomie comparée. Nîmes.

Lallemand, P. (1949): La drame de la forêt landaise . In : Revue forestière francaise, 1949, N. 7, 305-309.

Lallemand, P. (1950) : La reconstitution des sols dans les Landes de Gascogne. In : Revue forestière française, 1950, N. 5, 274- 281.

LESGOURGUES, Y. (1990) : Réflexions concernant les problèmes DFCI des espaces forestiers landais à la lumière des incendies du Porge – Lacanau. In : Revue forestière française, 1990, 51 – 71.

Neff, C. (1995): Waldbrandrisiken in den Garrigues de Nîmes (Südfrankreich) – eine geographische Analyse. Materialien zur Geographie 27, Mannheim. (ISBN 3-923750-50-1)

Christophe Neff, Grünstadt le 17.8.2009

Le grand bouleau cesse d’émettre

Fini les dépêches du grand bouleau – le grand bouleau cesse d’émettre. Apres presque trois mois et demi de temps de convalescence et de confinement à Grünstadt en face du grand bouleau du jardin familial ,je viens enfin de retrouver un peu de liberté de mouvement. Le blog « paysage » ne va pas cesser d’émettre, mais le rythme de publication sera donc beaucoup moins soutenu.

Depuis le 24.5. J’ai donc publié 44 notes ou billets, – la plupart des billets furent écrits en français et en allemand – quelques rares aussi en anglais – et le blog a reçu 3631 visites – en 84 jours de fonctionnement cela fait une fréquentation journalière moyenne de 43 visiteurs.

D‘ après les statistiques que fournit le logiciel wordpress-lemonde, – logiciel qui manque un peu de fiabilité statistique, mes lecteurs sont principalement francophones. Mes articles allemands et anglais en contre- partie ne sont, si j’en crois les statistiques wordpress, presque pas lus !

Le tableau suivant montre les trois articles les plus lus de blog paysages. Je remercie mes lecteurs pour leurs visites.

TitrePlacements%

Visitées est.

Les images qui se ressemblent120,809

756

1949 l’incendie meurtrier dans la forêt des landes219,653

714

I Un blog sur les paysages312,861

467

  53,323

1936

L’article « les images qui se ressemblent » mène le palmarès des visites sur le blog paysage avec un commentaire sur l’affaire Clotilde Reiss : au moment où j’écris ces lignes – Clotilde Reiss est encore incarcérée dans la fameuse prison d’Evin et elle a besoin encore besoin notre soutien – signons la pétition de soutien pour Clotilde Reiss .

L’article «1949 l’incendie meurtrier dans la Forêt des Landes » est un article consacré à l’incendie meurtrier sévissant dans la Forêt de Landes en 1949. Un article très proche de mes préoccupations professionnelles – car étant « géographe & écologue du feu » ou fire ecologist comme disent les anglophones – je suis très proche du sujet.

Le troisième article de ce palmarès interne, l’article I. Un blog sur les paysages : un petit début – ou quelle langue choisir ? était le premier article sur le blog « paysage », donc un article d’introduction qui néanmoins attire encore assez de lecteurs. Un article qui réunit paysages et morceau d’autobiographie.

Naturellement je ne cesserai pas d’écrire mon blog, mais le rythme sera certainement moins soutenu : les billets émis a partir de mon domicile à Grünstadt entreront dans la catégorie «Grünstadter Depeschen». Donc cette note sera la première des Grünstadter Depeschen.

Christophe Neff, Grünstadt le 16.8.2009

P.S.:(16.8.2009 23:55) Si les infos du Monde sont correctes Clotilde Reiss vient d‘ etre libérée !

Réflexion de géographie linguistique: le reportage du « Schweizer Fernsehen » sur le tournage du film « der große Kater » à Interlaken

img_0005der-grose-kater.1250514611.jpgEn préparant ma dernière note « La disparition annoncée de l’éditeur zurichois « Ammann », – et en rédigeant un article sur Thomas Hürlimann pour Wikipedia.fr : en fait, je trouvais que cet auteur suisse manquait cruellement sur wikipedia.fr, je découvris sur le site personnel de Thomas Hürlimann (ce site est aussi hébergé par la maison d’éditioné Amman) , un reportage de la télévision suisse (Schweizer Fernsehen) sur le tournage du film « der große Kater » avec Bruno Ganz, qui est l‘ adaptation cinématographique du roman éponyme de Thomas Hürlimann. En regardant le document, je me demandais qui, en Suisse romande, peut comprendre cette documentation en « Schwyzerdütsch » ?

A mon avis ; en Allemagne, à peu près les 2/3 de la population serait incapable de comprendre la totalité du document télévisé. Le Schwyzerdytsch deviendrait -il une langue germanique à part entière comme le Hollandais ?

En fait, de plus en plus d’interviews de personnalités suisses pour les chaînes allemandes sont sous-titrées en « Hochdeutsch » , car incompréhensibles pour une grande partie des téléspectateurs allemands. Personnellement je n’ai aucun problème avec le Schwyzerdütsch – car Schramberg où j’ai grandi se trouvait à cinq kilomètres de la frontière linguistique qui se situait dans ma jeunesse à Tennenbronn en Forêt Noire qui separait le souabe et l’alémanique. A Tennenbronn, on ne parlait plus le schwäbisch (le souabe) mais l’alemannisch (L’allemand alémanique) , Tennenbronn était d’un point vue linguistique beaucoup plus proche de Bâle ou de Schaffhouse que de Schramberg ou de Stuttgart ou de Tübingen. Ceci dit ,c’était la situation des années 1970, j’ignore la situation actuelle. (Une carte de la situation de 1950 se trouve ici) . Mais comme le Schwyzerdütsch dérive de plus en plus de dialecte en langue autonome , je me demande pourquoi le Kommissär Hunkeler (Hansjörg Schneider ), der große Kater, Mademoiselle Stark, Max Meier & Marie Katz (tous des figures littéraires de Hürlimann), Melnitz, Chanele Mir, Jean Meijer, Arthur Chajim Meijer (tous des figures littéraires de Charles Lewinsky tiré du roman Melnitz) parlent-ils tous Hochdeutsch, parfois même du Hochdeutsch parsemé de mots français.

Il s’agit , précisons-bien, de productions littéraires récentes, la plus ancienne, le roman « der große Kater » a à peine plus de 12 ans. Y aurait-il une discordance entre réalité linguistique et production littéraire en suisse alémanique ?

Non, diront les experts, il s’agit seulement d’une forte diglossie en Suisse alémanique entre le Schriftdeutsch et le Schwyzerdeutsch. Mais n’étant pas expert, mais seulement simple observateur, je me demande où cela va finir !

Notons qu’à part les figures issues du roman Melnitz de Charles Lewinsky (qui existe en traduction française – la traduction française a reçu le Prix Litteraire Lipp Suisse 2009 ) – toutes les autres font partie du monde littéraire des éditons Ammann, maison d‘ édition zurichoise, qui vient d‘ annoncer sa « disparition » pour l‘ hiver 2010 – voir mon dernier billet – ou le billet Edition : chronique d’une mort annoncée de la république des livres. Notons aussi, que j’ai beaucoup de mal à suivre la discussion suivant le billet de Pierre Assouline sur la disparition de la maison d’édition Ammann. Dans certaines des contributions il m’est vraiment difficile de cerner le message, même de voir le rapport avec le billet original qui traite de la « disparition annoncée de la maison Ammann ». Peut être les contributeurs de commentaires aimeraient- ils seulement laisser des traces sur un des blogs les plus lus en France ?

Revenons sur la compréhension du Schwyzerdütsch – les Suisses romands avec ce qu’ils apprennent comme allemand à l’école sont-ils vraiment capables de comprendre leurs compatriotes de Suisse alémanique , comment font- ils si une grande partie des allemands ne comprennent plus le « Schwyzerdütsch ». Qui en suisse romande, qui en Allemagne peut encore l comprendre un reportage comme celui-ci, « Kurzreportage des Schweizer Fernsehens über die Dreharbeiten zum Film der große Kater » ? Naturellement le SF, das Schweizer Fernsehen, s’adresse seulement au public de suisse alémanique. Mais ceci n’interdit pas des questions sur l’avenir de la langue allemande , car si cela continue ainsi, le jour viendra où peut -être les habitants du Oberwallis et du Schleswig-Holstein ne pourront plus que communiquer en utilisant l’anglais ?

Que ceci ne relève pas de la fiction lointaine – nous montre Spiegel-online « Bloß nicht nach Niederbayern » les écoliers dans le District de Basse-Bavière (Niederbayern) ne peuvent plus communiquer avec leurs enseignants car les « maitres » ne comprennent plus leurs élèves parlant un allemand très dialectal ou tout simplement un bavarois tout cru !

Christophe Neff, Grünstadt le 15.8.2009

La disparition annoncée de l’éditeur zurichois « Ammann »

Le Monde des livres devient encore plus petit, je l‘ avais déjà décrit le 12.8.2009 dans le billet allemand Die deutschsprachige Bücherwelt wird kleiner: Ammann schließt 2010 – l‘ éditeur zurichois Ammann a annoncé sa fermeture pour 2010.

Même si l´éditeur Zurichois Ammann , fondé par Egon Ammann et Marie-Luise Flammersfeld en 1981 – est peut être inconnu en France ou dans les pays francophones – pour le monde des livres des pays germanophones, la disparition de Amman est une vraie perte.

Les raisons de la disparition : je cite l‘ info presse officielle de Ammanin eigener Sache : „Die Gründe für diesen Entschluss liegen im fortgeschrittenen Alter der Verleger und in einer Marktsituation, die für Literatur zunehmend schwieriger wird“ – les motifs pour cette décision est l‘ âge avancé des éditeurs et l‘ état du marché qui devient de plus en plus difficile pour la littérature.

Notons que Ammann, c’est aussi un peu la maison mère d’écrivains suisses comme Thomas Hürlimann et Hansjörg Schneider : deux auteurs qui sont presqu’inconnus en France ou dans le reste du monde francophone ; à part « Mademoiselle Stark », aucune traduction des deux n’est, à ma connaissance, actuellement disponible en français. C’est dommage, ! Notons aussi que « der große Kater » de Hürlimann est cours d’adaptation pour le cinéma avec « Bruno Ganz » dans le rôle principal.

Peut être cela pourra-t-il persuader un éditeur français de traduire « la grand matou – der große Kater » de Thomas Hürlimann en français.

Avec la disparition annoncée de la maison d’édition zurichoise « Ammann » – la littérature helvétique, la littérature de langue allemande, le monde des livres devient encore plus petit.

Christophe Neff, Grünstadt le 14.8.2009

P.S : Je viens de découvrir le billet de la république de livres sur la fermeture d’Ammann sous le titre : chronique d‘ une mort annoncée.

Les images qui se ressemblent

Comme les images se ressemblent – Clotilde Reiss devant ses juges – les victimes du nazismes (comme par exemple les martyres du 20.7.1944 , les martyres de la rose blanche ), devant le Volksgerichtshof . Nazak Afshar en pleurs, – Hossein Rassam en angoisse – et les aveux naturellement, ces fameux aveux .

Comme l’écrit Ulrike Putz « erst die Folter, dann der Prozess » d‘ abord la torture après le procès.Je ne sais pas s‘ il y a réellement eu torture, ou si ce sont « seulement » les circonstances particulièrement dures de la prison de Evin , les pressions psychologiques qui ont abouti aux aveux. La seule chose que je sais réellement , c’est que la peur et l’angoisse sur le visage de Clotilde Reiss et des autres détenus me rappellent étrangement les visages des victimes du Volksgerichtshof.

Pour les lecteurs qui aimeraient exprimer leur solidarité envers Clotilde Reiss je suggère de visiter le site soutien à Clotilde Reiss . En outre n’oublions pas les autres accusées du Volksgerichtshof iranien – comme je l’avais déjà écrit le 20.6.2009 « F comme Freidoune – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin ». Et je crois sincèrement que les victimes de la répression du régime de Téhéran auront besoin de portes largement ouvertes en France, en Europe, au Canada, aux Etats-Unis :dans le Monde libre !

Christophe Neff, Grünstadt le 9.8.2009

P.S.: Et voici le site « Signons la pétition pour libérer Clotilde Reiss»

Blogostatistiques 3000

Le Jeudi 6 aout 2009 vers 13.00 heures le blog paysages vient de franchir la barre des 3000 visiteurs-lecteurs.

Je remercie vivement mes lecteurs. Les trois articles les plus visités sont répertoriés dans le tableau ci-dessous. Notons que c’est encore l’article sur l’incendie de la Forêt des Landes en 1949 qui est la tête du soi- disant palmarès.

Article Place % Visites estimées
1949 – l‘incendie meurtrier 1 21,969 659
I. Un blog sur les paysages : un petit début 2 15,340 460
Nachtrag zum Mannemer Dreck 3 5,592 168
    42,901 1287

Christophe Neff, Grünstadt le 7.8.2009

La Schramberger Majolika Fabrik – la Céramique de Schramberg sur wikipedia.fr

Pour une fois Wikipedia.fr fait mieux que Wikipedia.de, ce qui est assez rare – donc cela mérite d‘ être noté dans un petit billet. Je viens de découvrir un article sur la Schramberger Majolika – l’article est nommé « Céramique de Schramberg » – mais on aurait dû plutôt l’intituler Schramberger Majolika Fabrik – SMF – ce fut le sigle officiel de la marque. L’article que l’utilisateur Patrik Charpiat a crée est encore un peu maigre, – il y a des informations importantes qui manquent,mais après tout un tel article sur la Schramberger Majolika jusqu’à ce jour manquait cruellement sur wikipedia.de – et il manque encore jusque à présent. (6.8.2009 10:20)

Le début de la Schramberger Majolika en 1820 comme Schramberger Steingut Fabrik (Faiences de Schramberg) fut le début de l’Industrialisation à Schramberg , – industrialisation qui amena les horloges et les montres Junghans et plus tard les chemins de Fer à Schramberg. La Schramberger Steingut fut fondée en 1820 par Isidor Faißt, en 1883 la Fabrique est achetée par Villeroy & Boch Mettlach und Utzschneider & Co , Sarreguemines – et en 1911 la Steingutfabrik est vendue aux chemins de Fer du Würtemberg (Königliche Württembergische Staatseisenbahn ) qui utilise une part du terrain de la Steingutfabrik pour agrandir la gare de marchandises de Schramberg. En 1912 ce fut Moritz Meyer qui racheta les terrains restants des chemins de fer du Würtemberg pour fonder une nouvelle société, une nouvelle fabrique – la Majolikafabrik Gebr. Meyer, qui fut renommée Schramberger Majolikafabrik GmbH en 1918. C’est avec Moritz Mayer que l’épopée de la Céramique de Schramberg débuta, – des noms comme Eva Zeisel , Eugenie Roth porteront le nom de la SMF autour du Monde. Mais l’histoire rattrapa les Gebrüder Meyer, étant juifs ils furent obligés de vendre la SMF au cours de campagne d‘Aryanisation en 1938 – et ils furent obligés à quitter Schramberg et à émigrer vers l’Angleterre. Moritz Meyer fut un des rares entrepreneur s juifs qui osèrent rentrer en Allemagne après la shoah – il reprendra la Schramberger Majolika en 1949. Moritz Mayer est décédé en 1970. La SMF malheureusement fut mise en liquidation judiciaire en 1988/89 – mais quelques restes de l‘usine subsistent dans le Schramberger Majolika Firmenpark. La fin de la SMF fut aussi décisive pour la ligne de chemins de Fers reliant Schramberg, à Schiltach et au reste du Monde -ayant perdu un de ses principaux clients, – la D.B. ferma la ligne de chemin de Fer Schramberg – Schiltach quelques mois plus tard. C‘ est ainsi qu’un chapitre d’histoire industrielle de la Forêt noire fut clos. Mais d’une certaine manière la SMF a quand même survécu – les céramiques de Schramberger Majolika – la SMF – sont des objets appréciés et recherchés par les collectionneurs de céramiques.

Sources :

Museums und Geschichtsverein Schramberg, Grosse Kreisstadt Schramberg (Eds.): Schramberg – Adelsherrschaft – Marktflecken- Industriestadt. Schramberg, ISBN 3-98077406-3-3

Stadt Schramberg (Ed): Das ist Schramberg. Die Uhren und Fünftälerstadt im Schwarzwald. Schramberg 1967

Christophe Neff, Grünstadt le 6.8.2009

Incendies et sécheresses répétés menacent les forêts – quelques mots sur l’article paru dans Le Monde.fr du 3.8.09

« Incendies et sécheresses répétés menacent les forêts » est le titre d’un article sur le Monde.fr, – un article de presse, à mon avis ,pour une fois de bonne qualité, ce qui est rare pour un article de presse sur les feux de forêts. Un article qui propose une petite esquisse assez complète sur l’état actuel de la recherche scientifique sur les feux de forêts. Néanmoins je trouve qu‘ on aurait pu ajouter une ou deux phrases sur le phénomène de « californisation », « suburbanisation et feux », « forest & urban interface » – car ce phénomène va devenir un des grand défis pour les pays du nord du pourtour méditerranéen comme la France ou l’Espagne ( Neff & Scheid 2005) et même pour les pays riverains de la façade sud méditerranéenne ne sont pas à l’abri du phénomène de californisation comme par exemple la Tunisie (Neff 2006) .

Un petit regret :la très bonne carte qui est présente sur l’article de la version papier ( Monde mardi 4 août p. 4 planète – ou version pdf) du Monde (p.4 Planète) manque dans la version le Monde.fr, ce que je considère comme une grande perte. La carte a le mérite de montrer aussi que l’Algérie est touchée par une série d’incendies cet été, une information qui est et reste jusqu’à présent presque confidentielle. En ce qui concerne l‘ article « En Espagne, résidus de bois et arbres calcinés servent à produire de l’électricité » sur la première usine thermoélectrique à base de biomasse forestière (sur la même page du Monde mardi 4 août p. 4 planète) ceci est à peu près sur la même longueur d‘ ondes que nos propositions (Neff & Scheid 2008, Neff 2007) pour la production de biocarburant en Tunisie. En faite deux articles de presse sur les incendies des forêts qui valent la peine d’être lu !

Sources et documents cités:

Neff, C. (2006) : Projections Ecosystèmes tunisiens 2030. Karlsruhe.

Neff, C. (2007): Note personnelle sur les perspectives et potentialités de production de biocarburants en Tunisie (21.12.2007), Grünstadt.

Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.

Neff, C., Scheid, A. (2008) : Les Biocarburants – Analyse du potentiel de production de biocarburants à l’échelle internationale et en Tunisie. Executive summary/sommaire exécutif. „Orientations pour la production de biocarburants en Tunisie“. Karlsruhe, Tunis, GTZ.

Christophe Neff, Grünstadt le 4.8.2009

P.S. (5.8.2009 9:45): A noter que le Monde / le journaliste signant l’article Pierre Le Hir ont même interviewé un chercheur compétent (Michel Vennetier du CEMAGREF ) dans le domaine du feu , ce qui est loin d’être courant pour la presse française. Pour mes conseils personnels en ce qui concerne la prévention des feux de forêt et la gestion de paysages méditerranéens je renvoie au billet « Dépêches du grand bouleau : au moins encore 2 semaines » : « Et si le lecteur en passant ses vacances dans le Midi français veut activement contribuer à la gestion de ces paysages du Midi potentiellement extrêmement « combustible », je ne peux que conseiller : buvez le vin des terroirs de vacances, mangez les produits du terroir, achetez chez les producteurs locaux, que se soit coopératives vinicoles ou exploitants producteurs indépendants, préférez les restaurateurs qui ont recours aux produits locaux et régionaux – car un paysage méditerranéen, un terroir méditerranéen vivant de ses terres, c’est déjà un facteur important pour réduire les risques de feux de forêts »