Comme depuis déjà plusieurs années j’ai passé quelques jours en Outre-Forêt pour un cours de géobotanique & écologie des paysages (voir aussi 1, 2, 3). Cours de géobotanique dédié à la végétation de la Réserve naturelle nationale du delta de la Sauer, des fleurs & plantes du village de Munchhausen et des paysages d’Outre-Forêt. Comme je passe régulièrement au rythme des saisons dans les petits pays alsaciens longeant le Rhin et la frontière allemande, j’observe l’évolution de ces paysages. En gare de Lauterbourg, on découvre encore des trains de marchandises à destination de l’Allemagne. La voie de chemins de fer reliant le Port de Lauterbourg au réseau SNCF semble avoir eu droit à des travaux de débroussaillement cela laisse penser que peut être les trains vont à nouveau desservir le Port de Lauterbourg.
A Munchhausen le delta de la Sauer se présentait d’une manière exceptionnelle – un paysage lacustre – la Sauer s’était transformée par les crues des dernières semaines en véritable lac longeant le village Munchhausen. Le chant des oiseaux, les Cigognes claquetant, le sifflement flûté du Loriot d’Europe produisent un paysage acoustique devenu rare dans une grande partie de la moyenne Europe – du vieux Mitteleuropa. Ce véritable « soundscape » est parfois interrompu par les vibrations émises par les moteurs des chalands du Rhin et du bruit des rares trains circulent encore sur la ligne de chemins de fer Strasbourg – Lauterbourg.
A part cela fin, juin, début juillet, on n’entend que le chant des oiseaux et le concert des Batraciens. Et avec un peu de chance on peut même découvrir des véritables colonies de la Rainetteverte. En Allemagne la Rainette verte – le fameux Laubfrosch est devenue très très rare, – elle a même disparu de beaucoup de paysages allemands. Avant cette rencontre avec les Rainettes vertes de Munchhausen dernièrement – ma dernière rencontre avec le Laubforsch date de plus de quarante ans : ce fut au Broghammerweiher à Schramberg. Pour le naturaliste, amateurs de paysages naturels, – le delta de la Sauer est une véritable petite perle de l’Outre-Forêt.
so beginnt eines der bekanntesten Gedichte von Eduard Mörike, – und es scheint fast so, als hätte ich heute auf dem Grünstadter Berg, die ersten Frühlingsboten in der Weinbergsflora erkannt. Am Freitagnachmittag (05.04.2013) hatte ich schon, bei einer Fahrt durch das Elsass die ersten Forsythien blühen sehen, – und nun scheint der Frühlingseinzug auch im Leiningerland ganz langsam Einzug zu halten – wobei man auf die Forsythienblüte wohl noch ein paar Tage warten muss. Hier und da blühen auch schon die ersten Mandelbäume, – wohlgemerkt die echten Mandelbäume, die weißblühenden – so blüht der weißblühende Mandelbaum zwischen Herxheim am Berg und Kallstadt dessen Blüten ich in der Blognotice vom 17.3.2012 abgebildet hatte seit letzten Freitag (05.4.2013). Die rosa blühenden Exemplare blühen meist etwas später, da es sich oftmals um Mandel-Pfirsiche (Prunus × amygdalopersica) handelt die eine etwas größere Wärmesumme brauchen um zur Blüte zu gelangen als die eigentlichen meist weißblühenden Mandelbäume. Wer aufmerksam durch die Weinberge des Leiningerlandes geht kann jedoch dort auch in der Weinbergsflora die ersten Frühlingsboten erkennen. Es wird ja auch langsam Zeit, – denn heute konnte man im SPON lesen, dass der lange Winter 2012-13 dazu geführt hat, dass viele deutsche Erdgasspeicher sich angeblich auf einem historischen Tiefstand befinden. Wie dem auch sei, – in den Rebhängen des Grünstadter Berges blühen die ersten Acker – Gelbsterne, – und kündigen damit die Ankunft des Frühlings im Leiningerland an. Hier im Leiningerland ist der Frühling nun endlich angekommen.
Il y a deux ans j’avais écrit un billet nommé « Les cloches de Pâques introuvables sur Wikipedia.fr » , – et depuis sur wikipedia.fr la situation n’a guère changé – à part les quelques mots sur les cloches de pâques dans l’article Pâques , l’article Lapin de Pâques et l’article Œuf de Pâques – on ne trouve pas grand-chose. Par contre dernièrement la Rheinpfalz a consacré tout un article aux cloches de pâques (françaises) sous le titre « Wenn die Kirchenglocken stumm bleiben (Quand les cloches d’église restent muettes) (Die Rheinpfalz Nr. 74, 2013) ». Dans cet article on nous explique que cette coutume « cloches muettes des églises catholiques » n’est pas tellement franco-française, mais se rencontre dans beaucoup de pays avec de forts liens avec la tradition catholique, – même en Allemagne dans les régions catholiques du Sud les cloches des églises restent muettes entre Vendredi saint (Jeudi Saint/Gründonnerstag) et le Dimanche de pâques – le silence rappelle le calvaire de Jésus Christ, mort crucifié pour « sauver l’humanité du mal ». Le retour des cloches le Dimanche de pâques, – ces cloches de pâques qui ramènent les petites friandises aux enfants, – ces cloches qui sonnent à grand éclat le dimanche matin dans les églises catholiques du monde entier – nous rappellent que « le mal » a été vaincu par le sacrifice de Jésus Christ et sa résurrection le Dimanche de Pâques. Même ici, dans le Leiningerland – le dimanche matin – les cloches sonnaient à grand éclat – un vrai paysage sonore – et il n’y avait pas seulement les cloches des églises catholiques qui sonnaient. Je me demande, combien de temps il faudra encore attendre un bon article, bien documenté et recherché sur la wikipedia.fr sur les racines des cloches de pâques.
Personnellement, durant mon enfance franco-allemande, ce fut à Eckbolsheim, rue des pommes – sous le grand cerisier et sous les groseilliers que j’avais fait avec mon frère et ma sœur (et une partie de mes cousins et cousines)(voir aussi 1, 2) mes premières rencontres avec les cloches de pâques. Et après ce fut au château d’Aubord, – suivi de la villa l’olivette aux impasse de Pins à Aubord, – et d’innombrables fois ces cloches de pâques à la Griffoulière, la petite maison de vacances de mes grands-parents avec ses deux magnifiques palmiers, à Port Leucate. C’est à la Griffoulière, que mes propres enfants ont fait il y a quelques années leurs « premières rencontres » avec ces fameuses cloches franco-françaises, – naturellement c’étaient des cloches de pâques qui rapportaient aussi bien des « œufs de pâques » que des « Osterhasen ».
Vu cet hiver long et sombre en Allemagne , – surtout le manque de luminosité – même si nous avons eu droit à quelques belles éclaircies ce matin, – mais notre petit étang de jardin (Gartenteich) était encore recouvert de glace ce matin et une grande partie de l’Allemagne était encore revêtue par un manteau neigeux durant ce week-end pascal 2013 – je peux très bien comprendre mes parents, qui partaient avec leurs enfants vers le Midi, où fleurissaient les arbres fruitiers, les Arbres de judées – où le printemps ne se faisait pas attendre comme à Schramberg. A Schramberg l’hiver, durant mon enfance durait parfois de fin octobre jusqu’au début Mai. Pâques à Port Leucate, ce fut naturellement les cloches de pâques, beaucoup de luminosité avec encore plus de Tramontane, – et parfois le début de la floraison des Pittospores (Pittosporum tobira) dans les espaces verts et jardins de Port Leucate – avec cette senteur spéciale des fleurs des Pittospores qui ressemble fortement à la fleur d’oranger. D’ailleurs ces Pittospores qu’on plantait presque dans tous les espaces verts durant les années 1970 à Port Leucate se sont bien naturalisé depuis les années 1970 dans les paysages Leucatois (voire aussi (Neff & Scheid 2005)).
Sources etc :
Die Rheinpfalz 2013: Wenn die Kirchenglocken stumm bleiben. Die Rheinpfalz – Nr. 74, Zeitgeschehen, Donnerstag 28. März 2013
Neff, C., Scheid, A. (2005): Der mediterrane Süden Frankreichs. Vegetationsdynamik und Kulturlandschaft im Languedoc- Roussillon. In: Geographische Rundschau, 57, Heft 9, 38-44.
Wie so viele Schramberger Expatriierte komme ich relativ regelmäßig, – zwar nicht jedes Jahr, aber dennoch relativ oft, zuletzt im Jahr 2011 zur Fasnet nach Schramberg zurück. Die „Da-Bach-na-Fahrt“ und der danach stattfindende Rosenmontagsumzug ist bestimmt der überregionale bekannteste Höhepunkt der Schramberger Fasnet, – wobei es auch andere „Highlights“ gibt die den Vergleich mit der Da-Bach-na-Fahrt nicht scheuen brauchen. Aus meiner Sicht ist das immer noch der Hanselsprung mit anschließendem Brezelsegen welcher traditionell am Fasnetssonntag stattfindet. Die NRWZ hat das, mit der Schlagzeile „Hanselsprung für tausende Besucher ein rezeptfreies Antidepressivum – Hoorig, hoorig – Schramberg im Glückstaumel“ zum diesjährigen Hanselsprung sehr sehr gut getroffen. Ja, dieses Jahr hat es mich auch wieder auf die Fasnet nach Schramberg gezogen, – Hanselsprung am Fasnetssonntag, die Da-Bach-na-Fahrt und der Rosenmontagsumzug standen wieder auf dem Programm.
Am Fasnetssonntag 2013 lachte die Sonne über Schramberg, – beglückte die Kleidlesträges und Zuschauer mit einem stahlblauen Winterhimmel. Das Februarlicht wurde von den Schneekristallen auf den Fichten und Tannen der Bergwälder des Schramberger Talkessels vielfach reflektiert und tauchte die Talstadt in ein fast gleißendes Licht. Und irgendwann gegen 14:30 ertönte dann die „Hoorig Katz“, – der Schramberger Narrenmarsch,- und vermischt mit dem Geschell der Hansel und Narros – wurde die Talstadt zu einem einzigartigen akustischen Amphitheater – Hoorigkatz und Geschellenläuten verdichten sich im engen Schramberger Talkessel zu dieser einzigartigen Klanglandschaft – die man nur an der Fasnet erleben kann. The unique „soundscape“ of the „Schramberger Hanselsprung“ so könnte man einen noch zu schreibenden wissenschaftlicher Artikel über den Schramberger Hanselsprung und dessen (Klang)- Landschaften betiteln. Diese „Tonlandschaften & Klangwelten“ kann man übrigens auch erleben, wenn die „Wintersonne“ nicht gar so strahlt wie am Fasnetssonntag 2013.
Ja, und am Hanselsprung des Fasnetssonntag 2013, hatte ich während des Brezelsegens eine bemerkenswerte Begegnung mit einem „großen Hansel“. Wir (.d.h. meine Tochter und meine Nichte) hatten uns schon ein paar Brezeln und Guzzle ersungen, da bemerkten wir einen sehr großen Hansel , der auf uns zukam. Wir begann zu springen und die „Hoorig Katz“ zu singen. Der Hansel unterbrach mich per Handzeichen und unter der Maske erklang eine Männerstimme – „auf Französisch bitte“ – worauf ich so perplex war, – dass ich erst einmal verstummte. Dann ertönte es unter der Maske “en français Christophe“ – und ich erwiderte „die Hoorig Katz auf Französisch?“ – worauf der große Hansel nickte. Und so begann ich zur Melodie der Hoorig Katz zur ersten Strophe anzusetzen „le chat n’a pas de poils“ – doch gleich wies mich der große Hansel mit einer Handbewegung an zu stoppen – denn er hatte erkannt das das falsch war – denn richtiger weise heißt es „le chat a des poils“. Also versuchte ich dann mit „le chat a des poils“ – und bekomme dann endlich auch meine Brezel. Die Brezel in der Hand, fällt mir ein, dass es eigentlich ganz korrekt „le chat poilu, le chat poilu, le chat poilu – et si le chat n’est pas poilu il ne plait guère aux filles – le chat poilu“ – aber da war der große Hansel schon längst wieder im Gewühl verschwunden. Ja, da waren wir (d.h. ich und meine zwei Begleiterinnen) doch alle sehr sehr überrascht, – ein großer Hansel (bestimmt ein Kopf größer als ich) – der sich die „Hoorig Katz“ auf Französisch vorsingen lässt. Die Schramberger Fasnet ist wirklich für Überraschungen gut. Wer der große Hansel war, der mich die Hoorig Katz auf Französisch vorsingen ließ, weiß ich nicht, – die Stimme habe ich nicht zuordnen können, und unter Larve und Häs ist es sowieso sehr schwer jemanden zu erkennen.
Diese Begegnung mit dem großen Hansel auf dem Schramberger Hanselsprung am Fasnetssonntag 2013 wird mir wohl sehr lange in Erinnerung bleiben. Soweit es die Schramberger Narrenzunft erlaubt, werde ich den gesamten Schramberger Narrenmarsch, – die berühmte „Hoorig Katz“ komplett ins Französische übersetzten und hier im Paysagesblog veröffentlichen.
Die Fasnet ist nun wieder vorbei, – der Aschermittwoch kündigt das Osterfest und die dazwischen liegende „Fastenzeit“ an. Nun wird es wieder ein Jahr dauern bis der Schramberger Talkessel von Schellenlärm und d’Hoorig Katz in sein sonderbares Klangbad eingetaucht werden wird. Ein Klangbad, welches das Ende des Winters und den baldigen Frühlingsbeginn ankündigt.
Die Begegnung mit dem großen Hansel, erinnerte mich an meine frühen Kindheitstage, – als ich, noch als ganz kleiner „Bua“ den Großeltern von den tollen Schramberger Hanseln erzählte. In Saulgau (damals noch ohne Bad) bei den Großeltern väterlichseits gab es zwar die auch sehr schönen „Dorausschreier“ mit ihrem bekannten Narrenruf „Doraus, detnaus, bei der alte Linda naus.“ aber mit den Schramberger Hanseln und auch den Sulgener Krattenmacher konnten diese Saulgauer Narrenfiguren in meinen damaligen Kinderaugen nicht bestehen. Bei den Großeltern mütterlicherseits, dem französischen Teil der Familie, – die Großeltern Migliori wohnten damals noch in Eckbolsheim bei Strasbourg – da waren es einfach die „ les fabuleux Hansel de Schramberg“.
Eh, oui – parfois ces fabuleux Schramberger Hansel comprennent et parlent même un peu de français.
Le couple franco-allemand fête le cinquantième anniversaire du Traité de l’Elysée en grande pompe à Berlin. Les medias français et allemands nous présentent « éditons spéciales » sur cet anniversaire si spécial. Partout des « Symboles-Franco-Allemands » – récemment même un petit livret écrit par Andreas Rittau (2012 : Symboles Franco-allemands 1963-2013 – Construction d’un champ transnational) fut consacré au sujet. Durant une de ces Sondersendungen de la Télévision allemande, – nous fut présentée l’histoire des époux Klinger, Francette et Gérard Klinger (1,2) qui se marièrent en 1966 et formèrent depuis un couple franco-allemand. Quand Francette raconta la grande solitude des débuts du couple, cette histoire me rappela des souvenirs personnels. Mes parents formaient aussi un tel couple franco-allemand, mais ils n’eurent pas la chance de vivre une retraite paisible, de connaitre leurs petits-enfants franco-allemands, car mon père décéda des suites d’un cancer en janvier 1992. Mais la grande solitude, comme beaucoup de couples franco-allemands qui ont eu le courage d’affronter les dures réalités d’un ménage franco-allemand, au début des années 1960 ils l’ont aussi connue. Mes parents se sont mariés en 1962 à Dijon. Les parents de mon père, mes futurs grand parents allemands, n’avait pas participé à la cérémonie de mariage à Dijon. Ils n’apprécèrent pas trop, que leurs fils se marient avec une fille française. En fait, le rapprochement ne se fit qu’à ma naissance à Tübingen en Juin 1964, à peu près 1 ½ ans après la signature du traité de l’Elysée. Dans le vieil album de photos familial qui se trouve encore chez ma mère, mon père avait écrit quelques mois avant sa mort sous les photos de mon baptême – « und dann kamen Sie doch (et ils arrivèrent tout de même) » ces photos sur lesquelles on me voit entouré de mes grands-parents, les oncles et tantes allemandes. Ce fut ma naissance qui rapprocha enfin vraiment les deux familles. Avant ma naissance mes parents, partiellement « boycottés» par la famille allemande, surtout ma mère, qui débarquait en Allemagne, sans comprendre ou parler un mot d’allemand avait dû faire face à des temps durs. Après cette naissance, – les choses s’arrangèrent lentement. Les grands-parents allemands, Anton et Blanka Neff étaient aussi fiers de leur petit fils franco-allemand que les grands-parents français Jean et Germaine Migliori. Christophe Neff, – un petit franco-allemand, – avec une double nationalité franco-allemande – ce fut enfin le moment où la famille de mon père accepta le mariage de mon père avec une française. Un des premiers souvenirs de ma petite enfance, – c’est mon grand-père Anton Neff qui m’a amené voir les trains à la gare de Saulgau. Comme mon père m’amenait à la gare de Tübingen regarder les trains. Comme mon grand-père français Jean Migliori m’amenait au port du Rhin à Strasbourg voir les péniches et chalands du Rhin, – le Lookheed Constellation à Strasbourg-Neuhof (un ancien Constellation d’Air France transformé en bar (F-BHMJ / L1049G-82-98)), les visites de la gare de Strasbourg quand on allait chercher les tantes, ou les visites de aérodrome de Entzheim pour chercher la famille, qui arrivait d’ Angleterre ou des Etats-Unis. C’est ainsi que mes grand-pères, français et allemands en me faisant visiter gares, ports & aéroports m’avaient fait découvrir le monde de transports, – plus particulièrement le monde du Chemin de Fer, – le Monde du Chemins de Fer, qui fut dans un certain sens, aussi un de mes premiers amours.
De nos jours, – les couples franco-allemands n’ont plus affronté les dures réalités des années 1950, 1960, de fonder une famille franco-allemands quelques années après les douleurs de la guerre – c’était insensé. Aujourd’hui, 50 ans après la signature du traité de l’Elysée – fonder un couple franco-allemand n’a plus à faire face aux vieux démons de la guerre, des souvenirs de morts, de la déportation …… Un couple franco-allemand de nos jours n’a plus rien de spécial, – il doit faire face aux risques de la vie normale de nos jours, – divorce, chômage, maladie … – mais grâce aux traités de l’Elysée les vieux démons de la guerre, des guerres (1870, 1914-18,1939-45) des souvenirs de guerre ont disparu. D’avoir fait disparaitre ces vieux démons …. « Le bruit des bottes des SS qui résonne sur la cours de l’école de Hussigny » c’est aussi un des grands mérites du traité de l’Elysée. Parfois de nos jours, en critiquant l’état des relations franco-allemands, on oublie trop vite cette réalité …. Mes grands-parents n’ont jamais oublié Libéro Casciola mort en déportation à Bergen-Belsen, – mais ils ont quand même accepté que leur fille se marie avec un allemand. Ce fut en 1962, – le traité de l’Elysée n’était pas encore signé …. 41 ans plus tard, leur fille, en 2003 reçut le Bundesverdienstkreuz, une des plus hautes décorations allemandes, pour son travail politique au sein de la SPD, le travail pour les enfants en danger (Kinderschutzbund) – et la réconciliation franco-allemande.
Dommage, que mon père n’ait pas eu la chance de participer à cette cérémonie, lui qui avait risqué il y a maintenant 51 ans la rupture avec sa famille pour le simple fait d’épouser une jeune française.
Ouvrages et sources cités :
Rittau, Andreas (2012): Symboles franco-allemands. 1963-2013. Construction d’un champ transnational. Paris, L’Harmattan, Allemagne d’hier et d’aujourd’hui. ISBN 9788-2-296-99598-7
Cette semaine le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a décidé de faire une ristourne „modeste et provisoire“ sur le prix des carburants. Le carburant devrait baisser approximativement de six centimes pour trois mois, si tout va bien: donc, si le marché du pétrole restait durant ces trois mois à l’abri de tout choc extérieur. Le prix pour l’état :environ 300 millions d’euros. Le Monde avait dédié un très bon éditorial « Un coup d’épée dans l’essence » à cette mesure qui se veut être une mesure phare de l’actuel gouvernement. 300 millions de manque à gagner pour l’état français, 300 millions avec lesquels on aurait pu engager quelques enseignants de plus, quelques chercheurs de plus quelques policiers de plus, car ce qui manque en France ce sont des enseignants, des chercheurs et des policiers. Les 300 millions auraient surtout pu être engagés pour investir durablement dans l’infrastructure ferroviaire, car c’est le seul moyen d’abaisser durablement la dépendance énergétique du pétrole de la « mobilité » française. Cette mesure qui est « la bienvenue pour les ménages modestes des zones périurbaines dont le budget est grevé par la flambée des prix des carburants» rendra encore plus vulnérables ces ménages vis-à-vis du cours du pétrole, car la seule alternative à moyen terme de se libérer de la dépendance pétrolière et de maintenir une certaine mobilité c’est d’avoir la possibilité d’utiliser un système de transport un commun, un système ferroviaire digne de ce nom, comme par exemple on le trouve en Suisse.
Avec ces 300 millions on aurait pu enfin mettre une fin à la lente agonie des lignes de chemins de fer dans le Massif Central, en revitalisant la ligne des Cévennes (la ligne du fameux train «Le Cévenol» voire aussi Razemon 2012); et des Causses, sortir de l’oubli le fameux « plan Jean-Claude GAYSSOT » pour la modernisation de ligne de l’Aubrac. On aurait pu enfin rouvrir la ligne du Vallespir comme le prévoit un plan des cheminots CGT (Les Cheminots pour le retour du train au Vallespir), rétablir un service voyageur entre Perpignan et Céret, et peut être même ultérieurement jusqu’ à Arles – sur – Tech, l’ancien terminus de cette ligne de Chemin de Fer tombé à l’oubli. On aurait pu enfin électrifier & moderniser la ligne Strasbourg-Lauterbourg–Berg- Wörth, – en y incluant le rétablissement et la modernisation de l’ancienne ligne Roeschwoeg- Rastatt.
On aurait pu enfin reconstruire le pont ferroviaire entre Neuf-Brisach et Breisach et enfin créer une liaison ferroviaire entre Freiburg im Breisgau et Colmar. On aurait pu, enfin, ce sont que des exemples de ce qu’on aurait pu faire, en investissant dans l’infrastructure ferroviaire, réduire a moyen terme la dépendance énergétique de la société française. Le gouvernement a tranché et a en fait décidé de prolonger encore cette dépendance énergétique dans la durée. Où est la voix des verts, du mouvement Europe Écologie Les Verts dans tout cela? En fait réduire la dépendance énergétique devrait être un des objectifs majeurs des verts, mais là s c’est plutôt « Funkstille » silence radio ou on se résigne à crier « Harro sur le Loup » comme dernièrement José Bové. En exprimant son « Haro sur le Loup » José Bové, a surtout démontré qu’il ne comprenait ni grand-chose sur l’écologie, ni grand-chose sur le mal de vivre de la France rurale. Car même si on chassait tous les Loups du territoire français, les vrais maux des ruraux français ne seraient pas éliminés, même pas à ses marges. Un de leurs maux est qu’il manque une vraie infrastructure qui pourrait nous libérer de notre dépendance de la voiture particulière et avec elle de notre dépendance énergétique. Le grand défi des prochaines décennies sera d’une part réduire la dépendance énergétique et ceci en proposant de solutions de « mobilité » pour les territoires périurbains et ruraux, des vraies alternatives à la voiture. Le Monde écrit – «Le litre d’essence à 2 euros est sans doute pour demain. Le seul remède qui vaille tient en un mot d’ordre : plus de sobriété énergétique ! » je rajouterai et le litre d’essence à trois euro, peut-être déjà après-demain. Il faut donc préparer la société française (et les autres sociétés européennes) à ce défi, car si on se prépare pas, une grande partie des ruraux français et européens ne pourront plus participer à cette mobilité individuelle, qui nous est à tous si chère. Rouler en voiture, pourrait devenir un luxe, même pour les fameuses couches moyennes. Et j’aimerais aussi le préciser, il ne s’agit pas de diaboliser la « voiture » mais il faut trouver des solutions, qui nous permettent de maintenir un degré de mobilité dans l’espace rural, sans être à 100% dépendant de la voiture, ce qui est actuellement le cas dans une grande partie des espaces ruraux français. Le débat sur le Loup est un faux débat, car l’avenir des ruraux français ne dépend pas d’un iota de l’existence d’une population de Loups. Par contre, si l’espace rural (français & européen) ne pouvait plus profiter de la mobilité, les distances deviendront de plus en plus longues,le temps pour parcourir ces distances prendra une telle ampleur que ces terroirs périphériques seront voués à une longue agonie économique, sociale et culturelle. Cette périphérisation d’une partie des terroirs ruraux, elle a déjà commencé, il faut simplement savoir lire le livre du paysage (voir p.Ex. Les retraités pauvres, un vote-clé une analyse de Serge Guérin & Christophe Guilluy).
J’aurai aimé voir le gouvernement utiliser ces 300 Mio. d’Euros à trouver des solutions intelligentes, à relever ce défi :réduire la dépendance énergétique en maintenant la mobilité dans l’espace périurbain et rural,mais malheureusement le gouvernement a choisi une mesure qui ne permet même pas de gagner du temps. Car le prix du pétrole va augmenter, et ceci durablement!
Source:
Razemon, Olivier (2012): Inquiétude autour de l’avenir du mythique train Cévenol. Le 2 septembre, la ligne reliant Clermont-Ferrand à Marseille s’interrompt pour cause de travaux. Reprendra-t-elle dans les mêmes conditions ? In : Le Monde, Dimanche 2 – Lundi 3 September 2012, p. 18.
J’ai consacré dernièrement un billet (écrit en allemand) à l’idée d’une candidature transfrontalière commune des villes de Strasbourg et de Kehl aux JO 2024, idée qui fut à l’origine publiée le 21.08.2012 par Julian Jappert, directeur du think tank Sport et Citoyenneté, dans un article du Monde, intitulé «Une candidature franco-allemande aux JO 2024 ?». A part quelques commentaires dans le Monde.fr, dont le mien, le dernier billet de paysage – cette intéressante idée ne semble guère être discutée, ni en France, ni en Allemagne. C’est dommage, car reprendre cette idée aurait aussi le mérite de redonner un peu de souffle, un coup de jeunesse aux relations franco-allemandes. Le 22. Janvier 2013 on va fêter le 50ème anniversaire du Traité de l’Élysée, mais en dehors des discours officiels il n’y aura guère de résonnance. Il faut bien constater que la réalité journalière des relations franco-allemandes n’est pas toujours la plus belle : en France les connaissances de l’Allemand sont en chute libre, la situation de l’enseignement du français en Allemagne ne se porte guère mieux. Peut – être qu’un projet ambitieux franco-allemand comme la candidature commune de la France et de l’Allemagne pourrait donner un nouveau souffle aux relations franco-allemandes, qui semblent un peu s’être endormies les dernières années. Il faut avouer que personnellement je ne suis pas un « grand fan » de ces jeux olympiques, hyper commercialisés de nos jours et bourrés d’interprétations « géopolitiques ». Les seuls jeux d’été que j’ai un peu suivis furent ceux de Munich 1972, Montreal 1976, Barcelone 1992 et Londres 2012. La cérémonie d’ouverture de Londres , cette cérémonie « very british » me rappela des souvenirs d’enfance , mes cours d’anglais au Gymnasium Schramberg : ces cours d’anglais fut very British où les Etats-Unis n’apparurent qu’après trois ans de cours, avant c’était Beowulf & Grendel, the Bayeux tapestry, Eward Jenner, Florence Nightingale, Ruyard Kipling, – et naturellement la grandeur du « Commonwealth » ; les Etats Unis apparaissent enfin après trois longues années d’études dans notre livre d’anglais dans le chapitre sur les pilgrim fathers et du Mayflower.
Parlant de souvenirs d’enfance, je rajouterai que la référence de ma génération ce fut et cela le restera certainement les jeux de Munich 1972, – même si ces jeux furent lourdement entaché par la Prise d’otages des Jeux olympiques de Munich (Très bon article dans la Süddeutsche Zeitung du 25.08.2012 sur cette tragédie: Eine Frage der Schuld Vor 40 Jahren verloren die Olympischen Spiele in München ihre fröhliche Leichtigkeit. Ein Besuch bei zwei Männern, die die Katastrophe nicht verhindern konnten) Mes héros personnels des jeux de Munich, on ne parlait encore guère de dopage ou celui-ci fut restreint aux pays satellites de l’URSS, comme par exemple la RDA, – c’étaient surtout Mark Spitz, mais aussi Heide Rosendahl et Ulrike Meyfahrt. Nous fumes tellement impressionnés par ces jeux de Munich, que sous l’impulsion des frères Mauch et Lerch la « Lärchenwegolympiade » fut organisée durant les étés 1972, 1973 pour les bambins du Lärchenweg, de la Schultheiß-Eberhardt Strasse, le Ginsterweg et la Dr. Helmuth Junghans Straße. En fait une partie des jeunes enfants entre 6 -10 ans du quartier « Eckenhof » de Schramberg-Sulgen, des années 1972, 1973, participait à la « Lärchenwegolympiade ». La « Lärchenwegolypmpiade » est certes oubliée de nos jours, je dirais que même à Schramberg il n’y a certainement plus beaucoup de personnes que se souviennent de ce mémorable évènement de culture populaire sportive. Par contre l’idée de Julian Jappert, d’une l’idée d’une candidature transfrontalière commune des villes de Strasbourg et de Kehl aux JO 2024 mériterait une grande audience publique et un vrai débat – car je pense que cette idée pourrait apporter un nouveau souffle dans les relations franco-allemands, – et même peut être aussi rajeunir l’idée européenne ! Dommage, qu’apparemment ce projet intéressant formulé initialement par Julian Jappert semble tomber plus vite dans l’oubli, que la « Lärchenwegolympiade » de mon enfance à Schramberg-Sulgen.
Im Le Monde.fr hat Julian Jappert am 21.8.2012, der Gründer und Direktor des Think Thank „Sport et Citoyenneté“, unter dem Titel „Une candidature franco-allemande aux JO 2024 ?“ (Eine französisch-deutsche Kandidatur für Olympischen Spiele 2012), einen interessanten Diskussionsbeitrag veröffentlicht. Dieser Diskussionsbeitrag verdient es in Deutschland wahrgenommen und diskutiert zu werden, auch wenn die olympischen Statuten bisher eine bi. bzw. transnationale Bewerbung für einen Austragungsort nicht erlauben. Diese Statuten ließen sich aber bestimmt ändern! Ich denke, dass eine gemeinsame Bewerbung Strasbourg-Kehl, so wie das von Jappert formuliert wurde, eine schöne Idee ist, die es verdient etwas intensiver diskutiert zu werden! Darüber hinaus hätte diese Idee auch den Charme, die etwas eingeschlafenen dt.-franz. Beziehungen wieder zu beleben. Am 22. Januar 2013, wird man mit großen Worten, das fünfzig Jährige Bestehen, des Élysée-Vertrages feiern, aber die Realität hinter diesen Worten, sieht leider oft recht trist aus. Im deutschen Schulwesen, verliert das Französische als Fremdsprache immer mehr an Bedeutung, manchmal hat es geradezu ein schlechte Presse, – ich denke dabei an den herablassenden Beitrag von Jan Friedmann „Shakira schlägt Jacques Brel“ im Spiegel 37/2011 (Lesenswert die Antwort von H.Wittmann im Frankreichblog:“Das Französisch verdient mehr Aufmerksamkeit“) über die Beliebtheit des Faches Französisch im deutschen Schulwesen. Gleicher Jan Friedmann hat übrigens einen lesenswerten Beitrag „Das Intello-Idiom“ über die Stellung des Deutschen als Fremdsprache im französischen Schulwesen, im Spiegel 33/2012 geschrieben. Trotz großer Lobbyarbeit für das Deutsch als Fremdsprache, verliert das Deutsche im französischen Schulwesen, immer mehr an Bedeutung. Während es in Deutschland derzeit noch keinen eklatanten Mangel an Französischlehrern gibt, – stellt sich in Frankreich die Situation schon anders dar – es fehlen ganz einfach oft Deutschlehrer für den Deutschunterricht an den weiterführenden Schulen. Vielleicht würde eine gemeinsame Olympiabewerbung der Städte Strasbourg und Kehl diese Sprachproblematik(en) auch lindern helfen. Jenseits alles sprachpolitischen/geographischen Überlegungen – eine Gemeinsame Olympia Bewerbung der Städte Strasbourg und Kehl – hätte soweit Sie denn von Erfolg gekrönt wäre – bestimmt nachhaltig positive Auswirkungen für die Region Alsace, für das Land Baden-Württemberg (nicht nur für den badischen Landesteil), und soweit man die Regio Pamina noch einbezieht, auch für das Land Rheinland-Pfalz. Rheinland-Pfalz würde von solch einer binationalen dt.-franz. Olympiaidee bestimmt weit mehr profitieren als vom Nürburg-Ring Projekt, welches zur Zeit für beträchtliche Wogen sorgt. Vielleicht würde sich sogar noch eine Verwendung für das leerstehende Gebäude des ehemaligen Schramberger Krankenhaus finden – worüber wir im Buch „Das ist Schramberg (1967, p. 156)“ – folgende Worte finden“ Das neue Krankenhaus steht, ein wohlgelungenes Werk des Architekten Godehard Schwetthelm aus München. Sorge bereitet einer kleinen Stadtgemeinde aber, ein solches Haus zu unterhalten“. Wohl wahr die Worte die da vor über vierzig Jahren in „Das ist Schramberg“ formuliert wurden, – ja vielleicht gelänge es mittels einer Olympiabewerbung – das wohlgelungene Werk des Architekten Godehard Schwethelm mit neuem Leben zu füllen.
Ganz im Ernst, – die von Julian Jappert formulierte Idee einer gemeinsamen französisch-deutschen Olympiabewerbung mit den Austragungsorten Strasbourg-Kehl, – ist eine orginelle Idee die es verdient auch Deutschland wahrgenommen und intensiv diskutiert zu werden. Eine grenzüberschreitende Olympiade am Oberrhein mit den Städten Strasbourg & Kehl als Austragungsort – das ist, so will ich meinen, eine „wahrhaft“ olympische Idee!
Friedmann, Jan (2012): Das Intello-Idiom. Deutsch ist bei Frankreichs Schülern unbeliebt. Trotz Nachfrage aus der Wirtschaft und einer emsigen Lobby bleibt es hinter der Trendsprache Spanisch zurück. In: Der Spiegel, 33/2012, p. 55
En revenant de deux semaines de vacances en France, je découvris en lisant la Wochenendausgabe de la Rheinpfalz qu’André Weckmann était décédé le 29 juillet à Strasbourg. La Rheinpfalz avait publié un belle nécrologie d‘ André Weckmann écrite par Bärbel Nückler sous le titre « Der Sprach-Brückenbauer – Nachruf: – In dieser Woche starb der elsässische Dichter André Weckmann- Erinnerung an eine große literarische Stimme am Oberrhein». La nouvelle ne parvenait pas dans le Midi français, – les medias nationaux n’avaient pas transporté le triste message du décès d’André Weckmann, – celui-ci restait confinée entre les Vosges et la plaine rhénane. J’aurais tellement aimé lire une belle nécrologie dans le Monde, ou dans la République des lettres,- mais presque rien – sauf la très réussie nécrologie de Claude Keiflin « André Weckmann: « J’ai toujours eu de la chance » » publiée dans les blogs le Monde. Est-ce que la France médiatique aurait un une fois de plus peu oublié l’Alsace, – oublié l’ancien malgré-nous qui déserta pour rejoindre les FFI, le chantre du bilinguisme, le poète des messages d’espérances et d’humanisme. En fait le grand public français avait que découvert André Weckmann grâce à sa lettre de soutien à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier pendant leur enlèvement en Afghanistan – lettre qui fut lue le 28 février 2011, par le comédien Charles Berling à Paris et l’enregistrement fut diffusé sur RFI. Dans cette lettre André Weckmann nous parle des peurs et des angoisses qu’il ressentit dans la cave à Steinbourg où il se cachait pour se soustraire à la Wehrmacht – après avoir déjà été blessé à trois reprises sur le front de l’est comme incorporé de force dans l’armée hitlérienne , sachant bien que, si l’occupant allemand l’attrapait il serait exécuté, pendu – un châtiment exemplaire pour disséminer la peur en Alsace. Après la guerre André Weckmann, devenu Professeur d’Allemand, écrivain, poète, humaniste , fut aussi un des bâtisseurs de la réconciliation franco-allemande. J’aurais aimé qu’on parle plus du décès d’André Weckmann dans la France de nos jours, sur l’œuvre littéraire, sur l’homme qui contribua à la réconciliation franco-allemande. J’ai parfois l’impression que l’œuvre littéraire de Weckmann est actuellement plus présente dans les milieux littéraires allemands que français. Mais peut-être me trompé-je. Peut-être pourrait- on rééditer son premier roman « Les Nuits de Fastov » pour que l’auteur ne sombre pas dans l’oubli en dehors de ses terres natales entre Steinbourg et Strasbourg.
Le dernier récit de Weckmann que j’ai lu était le « Babbaschott » publié dans un numéro spécial du magazine littéraire « Allmende » consacré à la littérature & paysages alsaciens (Allmende 87/Literarische Landschaften-das Elsass). C’est une fable sur les paysages ruraux de l’Alsace contemporaine, écrit en « Hochdeutsch » mélangé ici et là avec des expressions françaises, parsemé de vers en « Elsässerditsch » – dont je me permets de reproduire le dernier publié dans le récit « Babbaschot ».
« Luej
dr owed het saim
heer
der wind raitzelt in de baim
spier
d wärme von der letschte traim (Weckmann, André 2011, 58).»
Textes cités:
Nückler, Bärbel (2012): Der Sprach-Brückenbauer – Nachruf: – In dieser Woche starb der elsässische Dichter André Weckmann- Erinnerung an eine große literarische Stimme am Oberrhein. In : Die Rheinpfalz Nr. 180, – Balkon: Über Grenzen. Samstag 4. August 2012.
Weckmann, André (2011): Babbaschott. In: Allmende, Zeitschrift für Literatur, 87, 31. Jahr, Juli 2011: Literarische Landschaften – Das Elsass, p. 45- 58, Karlsruhe, ISBN 978-3-88190-639-5
Le matin du mercredi deux mai, le jour où la France se préparait au fameux débat présidentiel, le face en face du second tour de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, je préparais un cours sur les changements de paysages et la géobotanique en Outre-Forêt. Les orages matinaux se dissipaient, la chaussée encore mouillée, – avant de me mettre au travail je déposai ma procuration de vote pour le deuxième tour des présidentielles à la (nouvelle) gendarmerie de Lauterbourg. En fait, je voulais faire une prospection botanique dans le delta de la Sauer à Munchhausen, – faire une reconnaissance géobotanique & phénologique pour voir quelles plantes était déjà en fleurs, si les orchidées avaient déjà commencé leur floraison. La route entre Mothern et Munchhausen était coupée, j’ai dû prendre la route de déviation via Neewiller-près-Lauterbourg, Wintzenbach pour accéder à Munchhausen, et c’est ainsi que je découvris une fois de plus la géographie de la France, – cette petite face d’Outre-Forêt que je ne connais guère. La grotte de lourdes, la soi-disant grotte du curé Heitz à Mothern, – un petit restaurant de campagne pittoresque à Neewiller-près-Lauterbourg, le restaurant de la République, une allée de platane, la D. 468 entre Neewiller-près-Lauterbourg et Wintzenbach digne des plus belles allées de platanes dans le midi français, ici et là quelques vestiges du vignoble nord-alsacien, qui autrement a presque disparu du nord de l’Alsace, sauf dans les environs de Cleebourg ou la viticulture subsiste encore (le fameux vignoble de Cleebourg qui s’étend sur les communes de Cleebourg, Rott, Oberhoffen les Wissembourg, Steinseltz et de Riedseltz), et dans la tranche que la route creuse entre Wintzenbach et Munchhausen à travers les dépôts limoneux et quelques vestiges de lœss les muscaris à toupet en pleine floraison. Arrivé à Munchhausen, après avoir traversé le pont de la Sauer à pied, – les Euphorbe des marais en fleurs, le paysage acoustique des chants du Coucou et des Cigognes claquetant. De loin, parfois le lointain bruit résonnant d’un train sur la ligne Strasbourg-Lauterbourg. Autrement c’est presque calme, – un paysage acoustique qui a presque disparu en Allemagne. Par vent d’est on peut entendre les vibrations de moteurs diesel des chalands du Rhin. Je fais quelques photos, en fait j’ai déjà une vraie petite collection de photos des paysages de Munchhausen, à travers les diverses saisons. Retravesant le pont de la Sauer, le clocher de Munchhausen en face de moi, je constate qu’on a beaucoup parlé de géographie durant cette campagne présidentielle – de paysages, des ruraux, de désindustrialisation – toute cette campagne elle etait pleine de géographie – un vrai tableau géographique de la France 2012.
Décidemment la « géographie » semble être le grand gagnant de cette élection présidentielle, et ceci grâce au petit livre gris du géographe Christophe Guilluy « fractures françaises » – livre qui a été écrit en 2010 et qui essaye de nous expliquer la perception de la mondialisation par les couches populaires françaises. Le livre a remis la géographie à la une des journaux (p.Ex « Intellectuels et politiques, une planète en recomposition dans le Monde.fr, ou «Au fond, la gauche pense que les électeurs du FN sont stupides» sur slate.fr ), et l’auteur Christophe Guilluy a eu droit à quelques interviews dans la presse nationale, dernièrement dans le Nouvel Observateur sous le titre « Le FN à une sociologie de gauche ». Le livre nous propose une lecture intéressante de la « géographie sociale actuelle de la France » et il a certainement le mérite de parler des milieux populaire dans l’espace rural français. Parfois je me demande, si les journalistes qui aiment tant citer le livre de Christophe Guilluy ont vraiment lu ce petit livre gris. La vote FN, en fait n’est ni une fatalité, ni un phénomène nouveau, – je renvoie à l’élection présidentielles en 1995 et le score exceptionnel du FN en Alsace.
Les saisons d’Alsace avait consacré un fort intéressant numéro « Réinventer l’Alsace – face aux dérives extrémistes et au repli identitaire » – livre qui mériterait certainement la relecture et la comparaison avec l’ouvrage de Christophe Guilluy. La France périphérique dont nous parle le livre de Guilluy, c’est cette France rurale & périphérique dans laquelle je travaille depuis vingt ans, – embroussaillement, fermeture du paysage, risque croissant des incendies de forêt, mais aussi « californisation » des paysages ruraux – engrenage de l’habitat avec la forêt croissante – c’est l’autre image de ces ruraux périphériques. Et cette image ne se limite pas à la France, en fait elle se rencontre aussi bien dans l’Alentejo au Portugal, qu’en Forêt Noire en Allemagne. Le désert médical est une autre facette de cet abandon des ruraux européens, – le petit pays où j’ai grandi en Forêt-Noire en Allemagne, la Raumschaft Schramberg, qui depuis quelque mois ne dispose plus d’hôpital ! Si j’ai une remarque critique envers le livre « fractures françaises » c’est qu’il ne nous présente pas la dimension européenne du problème, car si nous voulons trouver des solutions durables pour les multiples problèmes que subissent les ruraux périphériques européens face aux conséquences d’une « mondialisation dérapant » il faut les trouver au niveau européen. Repliés sur eux-mêmes, ni la France, ni l’Allemagne ne pourront pas y faire face. Néanmoins je trouve que le livre de Christophe Guilluy nous propose une lecture intéressante de la géographie de la France, – même si je n’adhère pas aux « interprétations marxistes » ou « néo-marxistes » de l’auteur. Mais le livre de Guilluy a déjà le mérite d’exister et de rappeler que la géographie a aussi son mot à dire. En Allemagne, la géographie, comme science universitaire et comme science applique se rétrécit de plus en plus.
Finissons avec une autre image d’outre-foret: en traversant la voie ferrée qui relie la gare Sncf de Lauterbourg au port rhénan de Lauterbourg et en voyant le début d’une reprise végétale sur la voie ferrée, suggérant qu’il n’y a plus beaucoup de trains qui circulent entre le port rhénan de Lauterbourg et la gare Sncf, si il y en circule encore de trains et l’observation qu’ il y a quelques années sur les faisceaux de voies sur la gare de Lauterbourg étaient encore garés des longs trains de marchandises – aujourd’hui ce faisceaux de voies la plus part du temps il est vide; l’abandon des ruraux français par la Sncf est une très bonne image de la désindustrialisation de tout un pays. Le fait que la voie ferrée reliant le port de Lauterbourg au réseau Sncf est de plus en plus recouverte par l’herbe –ce n’ est certainement pas un drame – mais de voir comment la ligne des Causses et la ligne des Cévennes sont de plus vouées à un lent abandon – on pourrait se demander si dans cinq ans le massif central sera aussi un désert ferroviaire. Fermeture des paysages par la reprise végétale massive, (et dans le midi cette fermeture du paysages est toujours équivalente de l’augmentation des risques d’incendies des forêts), désindustrialisation, abandon du service publique (fermeture d’hôpitaux, de ligne de chemins de fer, de classes d’écoles) sont souvent les conséquences de ce que j’appelle les « changements globaux » dans mes cours – et dans beaucoup de paysages ruraux – la population qui subit ces conséquences se sent trop souvent à l’abandon. Ce sentiment d’abandon il se manifestera surement dans les résultats des prochaines législatives de juin 2012. Le livre de Christophe Guilluy nous propose une intéressante lecture de cette France que se sent à l’abandon – et il nous donne des explications pour pouvoir comprendre le vote FN.
Pourquoi avoir combiné les impressions d’une reconnaissance de terrain pour un cours de géographie dans un terroir français, un pays français qui se nomme Outre-Forêt avec l’analyse d’un livre de géographie sur dynamique de la géographie humaine française et les conséquences territoriales des effets de la mondialisation? Comme géographe, j’observe les changements des paysages, je les analyse et je les interprète; je suis pour ainsi dire à l’écoute des paysages et surtout à l’écoute de la dynamique du manteau végétal, de géographe agraire, de la géographie des paysages. C’est mon métier!
Les élus devraient aussi investir plus de temps pour être à l’écoute des ruraux français et de chercher des solutions pour l’attente des habitants de « ruraux français ». Naturellement des solutions miracles, comme le précise Christophe Guilluy dans son livre n’existent pas – mais le fameux « alternativlos » – le soi-disant « sans-alternative » – qu’on entend si facilement sortir de bouches de hommes & femmes politiques, que ce soit en France ou en Allemagne, – cette politique peut entraîner une (grande) partie de l’électorat rural dans les bras des parties extrémistes ! Etre à l’écoute permanente de ses électeurs –pas seulement avant une échéance électorale, trouver des solutions, même si cela n’est pas toujours facile, – c’est aussi le métier d’un élu!
Guilluy, Christophe (2010) : Fractures françaises. Paris, ( François Bourin Editeur), ISBN 978-2-84941-201-5
Le Nouvel Observateur (2012) : Le FN a une sociologie de gauche. Une interview de Christophe Guilluy. Propos recueillis par Herve Algalarrondo. Le Nouvel Observateur, 3 mai 2012, p.44, n. 2478
Reumaux, Bernard (Éd.)(1995) : Réinventer l’Alsace. Face aux dérives extrémistes et au repli identitaire. Les Saisons d’Alsace, Automne 1995, n. 129.