09 octobre 1981 – 09 octobre 2011

Il y a trente ans, le 09. Octobre  1981 la loi abolissant la peine de mort en France fut promulguée. Ce fut un grand jour pour les droits de l’homme en France.  Le fameux discours du 17. Septembre 1981  de Robert Badinter devant l’assemblé nationale reste gravé comme un des grands moments de l’histoire de France.

« Demain, grâce à vous la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées.  A cet instant plus qu’à aucun autre, j’ai le sentiment d’assumer mon ministère, au sens ancien, au sens noble, le plus noble qui soit, c’est-à-dire au sens de „service“. Demain, vous voterez l’abolition de la peine de mort. Législateur français, de tout mon cœur, je vous en remercie.» (Voire la vidéo du discours de Robert Badinter à l’assemble nationale ).

Je ne sais pas si les décideurs du P.S. en choisissant la date du 9. Octobre 2011 pour les « primaires » ont eu conscience de la porte historique de la date choisi.  Il me semble aussi important de rappeler le courage politique de François Mitterrand, qui en pleine campagne présidentielle 1981 a eu le courage d’assumer au plus fort sa conviction d’abolir la peine de mort  – sachant bien qu’une grande majorité de français était contre l’abolition de la peine capitale.  Ce fut le 16 mars 1981 dans l’émission « Carte sur Table » sur A 2 face à Alain Duhamel et Jean – Pierre Elkabbach. Ce geste montre le courage politique de François Mitterrand, courage politique que de nos jours, ou les « politiques » restent trop souvent « prisonniers des sondages », semble se volatiliser de plus en plus.

Pour finir ce petit billet, il semble aussi important de rappeler que Jacques Chirac et Philippe Seguin furent un des rares députes de l’opposition qui votèrent pour l’abolition de la peine de mort en 1981. D’ailleurs dans son dernier livre, Serge Moati consacra quelque lignes au vote de Philippe Seguin « A l’assemble nationale, un jeune députe des Vosges avait voté, contre son camp l’abolition. C’était Philippe Seguin. Je le connaissais très bien, on était « pays » (la Tunisie), et je l’aimerais ce frère, jusque a sa mort. »

Sources citées :

Moati, Serge (2011): 30 ans après.  Paris, Editions du Seuil, ISBN 978-2-02-098819-3.

Christophe Neff, le 9.10.2011