Quelques mots sur le reportage „la route australe“ d’Emilio Pacull dans l’émission Thalassa du vendredi 26.11.2010

Même si l’émission est passée sur l’écran il y a maintenant déjà plus d’une semaine je consacre quelques mots  à ce beau reportage de Emilio Pacull sur la Carretera Austral. Par mes obligations professionnelles je suis obligé de voyager beaucoup, et je serais prêt à travailler dans la plupart des pays, sauf dans les pays où je juge que le régime politique est vraiment inadmissible du point de vue de leur « gestion des droits de l’homme » comme par exemple actuellement l’Iran ou la Corée du Nord – et naturellement les pays qui sont simplement trop dangereux comme en ce moment la Somalie etc. Donc voyage professionnel  pour ce que le « Dienstherr » ou le « Drittmittelprojektgeber »  finance. Pour mes voyages privés je n’ai pas beaucoup de destinations de rêve. J’aime l’Allemagne, la France, la Suisse & Mitteleuropa – le monde méditerranéen – le mare nostrum – der altweltliche Mittelmeerraum dans le sens large incluant aussi le Portugal et les iles macaronésiennes mais en dehors de cela je n’ai pas beaucoup de destinations de rêve. Peut être que j‘ aimerais  refaire le voyage que j’ai fait comme étudiant à travers la Cote d‘ Ivoire en hiver-printemps 1990 – mais j‘ aimerais refaire ce voyage à travers ces magnifiques paysages de forêts et de savannes dans un pays démocratique et libre où les vieux démons de l‘ Afrique ne seraient qu‘ un malheureux souvenir lointain. Vu les actuels événements à Abidjan, – l’auto proclamation de Laurent Gbagbo comme président de la République de la Côte d‘ Ivoire – je crains vraiment le pire pour ce pays que j’ai connu étant la perle de Afrique de l’Ouest.

Un des voyage de j’aimerais bien faire en dehors de toute obligation professionnelle – c’est la Carretera austral – la route australe qui traverse la Patagonie chilienne du Nord au Sud. Naturellement je sais que la route australe a été un des projets phare du gouvernement de Pinochet. J’ai grandi dans un environnement de vieille tradition de gauche et dans notre demeure famille du Lärchenweg à Schramberg figurait en bonne place dans le salon un tableau de Uwe Rettkowski  en mémoire de Salvadore Allende. Le 11. Septembre 1973, j’avais juste 9 ans, m’avait terriblement marqué.  Cela m’avait tellement marqué  que 14 ans plus tard pendant mes études de géographie à Mannheim je me suis inscrit dans un séminaire de Ludwig Spielmann sur le putsch de Pinochet et les années Pinochet. Je me suis même mis à apprendre l’espagnol pour pouvoir lire les analyses et textes en version originale, car je voulais comprendre pourquoi le héros de mon enfance fut la victime d’un terrible putsch. Mais les plans de la route australe ne date pas des années Pinochet, – l’idée d’une route reliant le Sud du Chili a été déjà débattue durant les années 1950 à ce que je sache. Mais c’est le gouvernement de Pinochet qui réalisa enfin l’idée. Cela rappelle  un peu les Reichsautobahnen qui furent déjà projetées   et même partiellement construites durant la République de Weimar en Allemagne, mais qui fut un des grands succès de la Propagande du 1000 jährige Reich.

Cette  route australe, la nationale 7 chilienne qui traverse la Patagonie chilienne sur près de 1000 km est au centre du  reportage d‘Emilio Pacull de 37 minutes montré  dans l’émission du 26.11.2010 de Thalassa. Cette route, d‘ après ma géographie imaginaire qui se forge sur lectures et reportage & documentations de films, doit traverse un des plus magnifiques paysages du monde. Forêts, fjords, glaciers et volcans longeant les milles kilomètres de cette route à travers la Patagonie chilienne. Mais si on suit le reportage cette route qui amena progrès et civilisation dans cette partie de la Patagonie devient de plus en plus une menace pour ce formidable paysage (barrages hydroélectriques, prolifération des fermes d‘ élevage en mer, réchauffement climatique, changements globaux). Donc il faudrait plutôt faire vite pour réaliser  mon rêve de traverser  la Patagonie chilienne en empruntant la N.7, la ruta siete. Pas seulement la Patagonie chilienne, – mais en fait toute la Patagonie, – qu’elle soit Chilienne ou Argentine.  Donc pour conclure – ce reportage d’Emilio Pacull fut vraiment un des rares bijoux de la télévision publique. Un reportage qui renforçait mon désir de partir un jour en Patagonie pour découvrir ce paysage mystérieux.

« Une des images les plus impressionnantes  des Andes est la formidable ossature granitique du mont Fitz-Roy, en Argentine, semblable à une baleine qui sillonnerait le ciel, son dos ocre et neigeux émergeant des nuages. Les rayons des nuages dorent ses sommets, mais sur une des pentes les plus basses de la montagne, la nuit est tombée. Sa charge dramatique et son sens, cependant, ne viennent pas de l’écrasante puissance de  ce monde naturel, mais, par comparaison, de la fragilité  et de l’insignifiance  de l’être humain, cet invisible habitant d’un minuscule hameau surgissant, comme à la dérobée, au pied de la cordillère cyclopienne, sous la forme d’une trainée de maisons presque indiscernables, qu’on prendrait pour des flocons de neige tombés de la haut. Ce contraste est d’un grand effet plastique ; mais il souligne aussi quel esprit indomptable, quelle volonté de fer et quel héroïsme silencieux il a fallu aux êtres humains pour prendre racines dans les Andes. Et combien la vie, dans certaines régions andines, malgré les progrès de la modernité, demeure un combat  quotidien. » (Vargas Llosa, Mario (2005) : Dictionnaire amoureux de l’Amérique latine, Chapitre Andes, p. 40)

La route australe – progrès de la modernité – ou menace pour ces magnifiques et fragiles paysages  de la Patagonie ? Je n’ai pas de réponse !

Je ferme les yeux, – et je vois l’ossature de la baleine de Mario Vargas Llosa surgissant des nuages à l’horizon formant un étrange paysage de neige et de roches, comme une montagne magique.

Sources :

Vargas Llosa, Mario (2005) : Dictionnaire amoureux de l‘ Amerique latine. Paris (Plon), ISBN 978-2-259-202258-9.

Christophe Neff, Grünstadt le 5.12.2010

L’ affaire Clotilde Reiss finie ?

L’affaire Clotilde Reiss est finie. Le tribunal va acquitter d’ici dimanche ma cliente des charges qui pèsent contre elle„, a déclaré à Reuters Mohammad Ali Mahdavi-Sabet. Je viens de lire cette info sur Les dépêches le Monde.fr. . Espérons pour Clotilde Reis que l‘ affaire Reiss se termine enfin et quelle puisse retourner en France le plus vite possible. Mais n‘ oublions pas les autres iraniens victimes de leur régime moyenâgeux (p.e. Jafar Panahi et beaucoup d’autres personnes moins connus ) – dont encore beaucoup trop sont en train de crever dans la prison d‘ Evin – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin. Dans ce contexte je pense a ce que je viens de lire dans le dernier Spiegel (Dahlkamp 2010) « Flüchtlinge – Sie schlugen mich halbtot » – 2000 oppositionels iraniens qui attendent quelque part en Turquie qu’un pays de la Communauté européenne veuille bien les accueillir comme refugiés politiques. Dans l‘ article du Spiegel nous apprenons que l‘ Allemagne serait prête à accorder à une vingtaine d’entre eux le statut de prisonniers politiques et de les accueillir en Allemagne. Et les 1980 restant – où iront ils ? Peu après que Clotilde Reiss soit heureusement revenue en France, un responsable politique se souviendra-t-il de ce qu’on aime tant proclamer  la France terres des droits d‘ hommes , terre d‘ asile  politique ! On pourrait accueillir les 1980 restants et tous les autres oppositionnels iraniens qui sont en danger de mort dans leur pays.

J‘ ai toujours essayé de suivre l‘ affaire Clotilde Reiss – et dans les divers Blogostatistiques ( Blogostatistique 9000 , etc.) rappelé  à mes lecteurs le sort de Clotilde Reiss – dont le dernier le Blogostatistique 10.000 fut publié le 23.11.2009.

Espérons donc pour Clotilde Reis que l‘ affaire Reiss se termine enfin !!!

Source :

Dahlkamp, J., Kaiser, S., Steinvorth, D (2010) : Flüchtlinge – Sie schlugen mich halbtot. In: Der Spiegel 19/2010, 90-91.

Christophe Neff, Grünstadt le 15.5.2010

P.S. (16.5.2010 7:35): Clotilde Reiss a quitté l’Iran et „fait route pour la France“
L’universitaire française, assignée à résidence à Téhéran depuis plus de neuf mois sous l’accusation d’espionnage et condamnée samedi à une simple amende, devrait arriver en France dimanche à la mi-journée, a annoncé ce matin l’Elysée dans un communiqué. Clotilde Reiss et sa famille seront reçues par Nicolas Sarkozy à l’Elysée „dès son arrivée à Paris, vers 13 heures“. (AFP) (Sources
dépêches Le Monde/AFP & Le Monde.fr  )

Mediale Deutsch-französische Wahrnehmungsdifferenzen: Clotilde Reiss und Loubna Ahmed al-Hussein

Es ist schon erstaunlich wie lange im Zeitalter von Twitter und Internet Nachrichten brauchen um von West nach Ost über den Rhein zugelangen – um dann auch bei uns in Deutschland wahrgenommen zu werden. Loubna Ahmed al-Hussein der ich unter Titel „Madame Courage: Loubna Ahmed al-Hussein “ am 30.7 ein deutschsprachiges Billet widmete brauchte nach meiner Wahrnehmung über eine Woche um in die deutschen Medien zu gelangen. Am Samstag den 8.8 konnte man in der Rheinpfalz auf Seite drei einen Beitrag mit dem Titel „Peitschenhiebe für Hosen tragende Frauen – Eine sudanesische Journalistin wehrt sich“ über die Sudanesin die dem Regime von Umar Hasan Ahmad al-Baschir Omar trotzt lesen. In der frankophonen Presse rund um den Globus war das Thema fast den ganzen Juli ein Dauerbrenner.

Gleiches gilt für Clotilde Reiss , auch wenn es weniger die frankophone Presse, als die französische Presse war, die sich der Affäre um die junge Doktorandin der Bildungsgeographie und Französischlektorin der Universität Isphan widmete. Die „Affäre Clotilde Reiss“ die schon Anfang Juli die französischen Medien beherrschte fand erst heute Eingang in die mediale Wirklichkeit der Bundesrepublik Deutschland. Der Plapperstorch hat das schön mit dem Titel „Medien entdecken Clotilde “ beschrieben. Das war gestern, Sonntag den 9 August 2009. Gestern habe ich auch meinen französischen Artikel mit dem Titel „les images qui se ressemblent “ – die Bilder die sich ähneln – über Clotilde Reiss verfasst. Ich habe dort die Bilder die uns aus dem iranischen Revolutionsgericht erreichten mit denen aus dem Volksgerichtshof verglichen. Heute war in der französischen Presse vor allem von stalinistischen Schauprozessen die Rede, – wie Beispielsweise der Geograph & Iranspezialist & Herausgeber des Atlas de l‘ Iran Bernard Hourcade in einem Interview in Le Monde.fr „“Clotilde Reiss n’est pas une espionne, ne cédons pas à la paranoïa “ sagte. Die deutschen Leitmedien haben fast einen Monat gebraucht um Clotilde Reiss zu entdecken, – immerhin gibt es ja seit gestern auch schon einen deutschsprachigen Wikipediaartikel über Clotilde Reiss . Aber angesichts der Löschwut in der deutschsprachigen Wikipedia kann man ja gespannt sein, wann dort der erste Löschantrag gestellt wird, – und ob der Artikel überlebt. Abgesehen von den Postings beim Plapperstorch war Clotilde Reiss in der medialen Wirklichkeit Deutschland bis heute weitgehend unbekannt. Aber wie ich schon im bei Madame Courage schrieb, – die Dienstwagenaffäre von Ulla Schmidt war bei uns in Deutschland einfach wichtiger. Der Rhein scheint, trotz Twitter und Internet eine tiefgreidender kulturgeographische bzw. mediengeographische Trennungslinie zwischen Frankreich und Deutschland dazustellen, die doch weit tiefer zu sein scheint als allgemein dargestellt. So stellt sich das jedenfalls in meiner Wahrnehmung dar, – zumindest lassen dass die aufgeführten Beispiele Loubna Ahmed al-Hussein und Clotilde Reiss vermuten.

Abschließend noch – wer Clotilde Reiss unterstützen möchte – unter dem Titel „Soutien à Clotilde Reiss “ gibt es einen französischsprachigen Unterstützungsblog. Unter „Signons la pétition pour libérer Clotilde Reiss “ gibt es eine online-Petition zur Freilassung von Clotilde Reiss. Ich selbst habe die Onlinepetition als Nummer 4391 am 9.8.2009 unterschrieben.

Christophe Neff, Grünstadt le 10.8.2009

Les images qui se ressemblent

Comme les images se ressemblent – Clotilde Reiss devant ses juges – les victimes du nazismes (comme par exemple les martyres du 20.7.1944 , les martyres de la rose blanche ), devant le Volksgerichtshof . Nazak Afshar en pleurs, – Hossein Rassam en angoisse – et les aveux naturellement, ces fameux aveux .

Comme l’écrit Ulrike Putz « erst die Folter, dann der Prozess » d‘ abord la torture après le procès.Je ne sais pas s‘ il y a réellement eu torture, ou si ce sont « seulement » les circonstances particulièrement dures de la prison de Evin , les pressions psychologiques qui ont abouti aux aveux. La seule chose que je sais réellement , c’est que la peur et l’angoisse sur le visage de Clotilde Reiss et des autres détenus me rappellent étrangement les visages des victimes du Volksgerichtshof.

Pour les lecteurs qui aimeraient exprimer leur solidarité envers Clotilde Reiss je suggère de visiter le site soutien à Clotilde Reiss . En outre n’oublions pas les autres accusées du Volksgerichtshof iranien – comme je l’avais déjà écrit le 20.6.2009 « F comme Freidoune – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin ». Et je crois sincèrement que les victimes de la répression du régime de Téhéran auront besoin de portes largement ouvertes en France, en Europe, au Canada, aux Etats-Unis :dans le Monde libre !

Christophe Neff, Grünstadt le 9.8.2009

P.S.: Et voici le site « Signons la pétition pour libérer Clotilde Reiss»

Some words in English concerning – « F comme Freidoune – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin ».

One week ago I wrote this posting in French: « F comme Freidoune – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin . » , which means basically translated « F like Freidoune – and we should open our doors when they will need us». It was a little text concerning my hesitation about the person of Mousavi, – the ignorance of the media concerning his political career as he was prime minister of the Iranian republic. But as John Simpson wrote recently , „I remember interviewing him in the 1980s, and I cannot say he impressed me then as being particularly liberal; rather the contrary. But he is certainly different now.“ (Concerning Moussavi I also wrote a short posting in French „moussavi héro malgré lui “ discussing the analyze of Ulrike Putz of Moussavi in Spiegelonline „Held wider Willen“). Perhaps Mousavi has changed now. Most of the part of the posting as the title describes it, was dedicated to consequences what we perhaps could call the week of the „green marching“ in Tehran last week. One week ago in my posting I feared that the green marching would end or in a bloody oppression (Que l’espoir de liberté en Iran soit coulé dans un bain de sang), or in cold repression and massive intimidation (simplement anéanti par une répression froide et une intimidation massive ) by the Iranian government, – and appealed to the European government , in fact „nos frontiers“ – means particularly France and Germany, countries where I live – to open the frontiers for the Iranian refugees that I expected to come.

I also remembered in this posting that in 1956, after the 1956 Budapest insurrection Austria, the small state of Austria opened their borders for 70.000 refugees from Hungary, – more than 200.000 transited Austria to gain mainly West-Germany, Canada and the U.S. Now a week has passed and the news coming from Tehran are not inspiring confidence, – I fear that what I wrote last week could become a real scenario – in the next days – or is a real scenario – . Marie Claude Decamps from Le Monde tells her « Vives inquiétudes en Iran sur le sort des victimes de la répression » sorrows concerning the victims of repression in Iran. One could read in Spiegelonline Ajatollha fordert Todesstrafe für Regimegegner that Ajatollha Ahmed Chatami claimed death penalty for the leaders of the mass protests in Iran. Actually massive repression is on the Agenda in Tehran.

No good news from Tehran, – exactly as I feared it last week. As I wrote last week – «ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin »«we should open our doors when they will be knocking and ask for our help». We should grant them political asylum and also if necessary protect them, because I could be that they also will need our protection here in Europe, – just remember Shapour Bakhtiar and many others. I hope that France, Germany, the U.S. – the free states of the world will grant asylum to those who will flee the repression in Iran. I hope, but I am not sure – they will. Last week our media were celebrating the Teheran demonstrators as heroes, – but will anyone celebrating them – when they will stand at our borders and demand a safe haven and protection in our countries? I hope we will not forget them.

Christophe Neff, Grünstadt 28.6.2009

Moussavi : héros malgré lui (résumé d’une analyse d’Ulrike Putz dans Spiegelonline)

Dans mon dernier billet datant d’ hier (Samedi 20.6.2009), j’avais émis quelques doutes envers le personnage de Mir Hossein Moussavi . Pour les lecteurs germanophones j’aimerais simplement donner le lien vers une analyse intéressante d’ Ulrike Putz sur Moussavi publié (Held wider Willen / Moussavi Héros malgré lui) dans Spiegelonline . Ulrike Putz est une journaliste indépendante allemande (freelanced), qui écrit principalement pour le Spiegel, – et qui est parfois critiquée pour ses virulents articles « anti-israéliens». Néanmoins je considère qu’elle est actuellement une des rares journalistes allemands en service compétents pour le Proche-Orient. Dans ce contexte son article « Jagdszenen in Teheran » (scènes de chasse à Téhéran) est sûrement aussi un document intéressant. L’article sur Moussavi de Putz reflète très bien, je pense ,les doutes et les espérances qui sont liés au personnage de Moussavi. L’article d’Ulrike Putz mériterait d’être traduit en français et publié dans un grand quotidien francophone. Moussavi va soit gagner avec la révolution verte, une révolution qu’il ne voulait pas « Mussawi wurde zum Held einer Revolution, die er eigentlich gar nicht wollte. »soit il sombrera avec elle. (cf. une analyse similaire de Marie – Claude Decamps dans le Monde sur Moussavi ). Pour finir, – même si j’ai quelques doutes sur le personnage de Moussavi, j’espère profondément que le soulèvement de la vague verte en Iran puisse au moins libérer l’Iran des pires monstruosités moyenâgeuses comme la lapidation des femmes, la pendaison des enfants, la torture systématiques etc. Malheureusement je n’ai pas trop d’espoir – et ce soulèvement des citadins des grandes villes iraniennes – me rappelle (comme je l’avais déjà écrit hier ) un peu l’insurrection de Budapest en 1956.

Christophe Neff, Grünstadt le 21.6.2009

 

P.S. : Dans ce contexte j’aimerais attirer l’ attention sur le site de la campagne de Stop Child Execution – ainsi que sur la pétition française cette association fondée par Nazanin Afshin-Jam .

 

F comme Freidoune – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin.

F comme Freidoune, – Freidoune est écrit sur la blouse blanche du médecin, – je lui demande si il est originaire d’Iran. Il sourit, – il n’y a sûrement pas beaucoup d’allemands qui savent que Freidoune est un nom persan. Nous entamons une petite conversation, juste pendant que le guide suprême Ali Khamenei tient son discours tant attendu à Téhéran. Nous échangeons quelques mots, le kinésithérapeute attend, donc la conversation est courte. Je pars vers le Kiné, – pendant que le guide suprême brandit ses menaces contre le mouvement de protestation de Téhéran.

F – comme Freidoune Sahebjam , je me souviens du livre « La Femme lapidée » que j’avais lu au début des années 1990. C’était juste en revenant d’un séjour en Afrique, où j’avais remarqué comment l’argent wahhabite plantait des mosquées partout dans le Sahel, dans le Soudan. En ce temps- là cela m’avait beaucoup impressionné, ce changement de paysage dans le Soudan le «bilâd as-sûdân» des géographes arabes qui annonçaient déjà le retour de l’islamisme sur la scène politique. En plus, avec la lecture de « la revanche de dieu » de Gilles Kepel qui sortait en 1991 en tête, je sentais que la géographie humaine dans un arc allant de l’océan atlantique jusqu’à l’océan indien, allait subir un changement dramatique. Ajoutons que la petite bibliothèque de l’institut de géographie de Mannheim de l’université de Mannheim était gorgée d’œuvres sur l’Afghanistan et l’islam politique, car cet institut fut le « fief » de la « Arbeitsgemeinschaft Afghanistan » (recherche géographique et scientifique allemande sur l’Afghanistan, association fondée par Carl Rathjens et Willi Kraus) – co-dirigée par Christoph Jentsch durant les années 1980 – 90 . En plus l’Institut sous la Direction de Christoph Jentsch en colloboration avec la Arbeitsgemeinschaft Afghanistan publia divers ouvrages dans la Stiftung Bibliotheca Afghanica (fondation de bibliothéque Afghan ) sur Afghanistan, dont une des rares géographies régionales de l‘ Afghanistan moderne (Burcher-Dietschi & Jentsch (1986): Afghanistan – Ländermonographie). Donc dans notre bibliothèque de géographie à Mannheim, on y trouvait des livres tels que « Afghanistan, Islam et modernité politique » de Olivier Roy , livre que j’avais dévoré comme étudiant, – livre qui mériterait certainement une relecture. Tous ces « trésors » de la bibliothèque de l’institut de géographie de l‘ universtité de Mannheim ont jadis disparu avec la fermeture de l’institut de géographie décidée par le rectorat de Hans – Wolfgang Arndt en 2001 – la bibliothèque a été dissoute – quelques livres ont été intégrés dans la bibliothèque universitaire de Mannheim, quelques livres sur l’Afrique francophone et les paysages méditerranéens ont été transférés à la bibliothèque de l’institut de géographie de l’ université de Karlsruhe, le reste a plus ou moins disparu.

Revenons sur le discours de Ali Khamenei, – l’objectif est clair, – les menaces envers les manifestants sont à peine voilées – on peut vraiment craindre le pire. Au moment où j’écris ces lignes, samedi après midi le 20.6.2009 vers 15.15 jusqu’à présent pas encore de mauvaise nouvelle de Téhéran. Mes sympathies sont avec les manifestants verts, mais en fait je n’ai aucun espoir pour le mouvement. J’aurais bien aimé écrire d’autres mots.

De plus beaucoup de nos organes de presse se trompent, voire ont la mémoire courte, voire très courte, – en peignant Mir Hossein Moussavi comme un modèle de la pensée démocratique une vision étrange ,vu son passé politique –. Même si on peut considérer comme Asfin Molawi dans Spiegelonline que Moussavi a complètement changé, ou comme Nazanin Afshin-Jam qui pense que Moussavi pourrait faire des premiers pas vers un régime plus ouvert et plus liberal (Interview dans Spiegelonline ) – je reste personnellement très sceptique sur le personnage de Moussavi. Espérons le meilleur pour ce mouvement des middle-classes & étudiants iraniens. Espérons aussi que si les dirigeants actuels iraniens mettent leurs menaces en action, – nous en Europe, nos gouvernements seront prêts à accueillir les réfugiées iraniens qui frapperont à notre porte. Que l’espoir de liberté en Iran soit coulé dans un bain de sang, ou simplement anéanti par une répression froide et une intimidation massive – espérons que nos frontières resteront ouvertes pour les réfugiés iraniens qui vont être obligé de quitter leur pays.

Souvenons- nous, qu’après l’insurrection de Budapest en 1956 – la petite Autriche accueillait 70.000 réfugiés hongrois, de plus 200.000 réfugiés transitaient via l’Autriche vers l’Allemagne, les U.S.A, le Canada. Espérons le meilleur pour le mouvement de liberté qui bouleverse l’Iran en ce moment – et ouvrons quant à nous nos portes quand ils en auront besoin.

Sources et ouvrages cités :

Burcher-Dietschi, P., Jentsch, C.(1986): Afghanistan – Ländermonographie, (Stiftung Bibliotheca Afghanica), Liestal.

Kepel, G. (1991): La revanche de dieu, (Le Seuil), Paris.

Roy, O (1985): Afghanistan, Islam et modernité politique, (Le Seuil), Paris.

Sahebjam, F. (1990):La Femme lapidée, (Grasset), Paris.

Christophe Neff, Grünstadt le 20.6.2009