Le Piranga vermillon, un migrateur aux couleurs de feu, à Porto au Portugal

Piranga rubra par © José Nunes 22.02.2026 à Porto (Portugal)

Le matin du lundi 23 février 2026, je découvre sur mon mur Facebook une très belle photo d’un Piranga vermillon (Piranga rubra) à Porto, postée par José Nunes dans le groupe Aves de Portugal Continental 2.0. Facebook semble avoir découvert que je m’intéresse aussi à l’avifaune et me montre de temps en temps des images d’oiseaux. Comme je me considère également comme biogéographe, cela ne me paraît pas si étrange. Depuis l’épidémie de Covid-19, je note dans un tableau Excel tous les oiseaux que je parviens à identifier visuellement ou par leur chant autour de mon domicile à Grünstadt. Et si j’arrive à prendre une photo ou à enregistrer le chant des oiseaux, je dépose l’observation sur iNaturalist, comme récemment cette observation nocturne du chant de grues cendrées dans le ciel de Grünstadt[1].

Je suis vraiment fasciné par cette belle photo de Piranga rubra – et je me demande comment cette espèce américaine a finalement trouvé son chemin vers le Portugal[2] ? Fuite ou migration transatlantique ? Migration transatlantique – poussée par les tempêtes successives qui ont traversé l’Atlantique ces dernières semaines ? Ayant longtemps travaillé aux Açores – et n’ayant pas encore perdu l’espoir de revenir à Faial un jour, malgré toutes les complications liées à la maladie de Mitterrand –, je sais bien que l’Atlantique Nord est aussi une route de migration pour les plantes et les oiseaux[3]. D’ailleurs, mes collègues José María Fernandez-Palacios et al, viennent de publier un article intéressant sur la Classification biogéographique de la Macaronésie[4].

L’observation de Piranga rubra à Porto par José Nunes et d’autres observateurs naturalistes est une découverte très importante au niveau de la biogéographie européenne. Est-ce le début d’une colonisation du continent européen par Piranga rubra, ou cette observation témoigne-t-elle plutôt d’un événement éphémère ? À suivre !

Au-delà de toutes ces considérations scientifiques, la photo publiée par José Nunes est tout simplement une très belle photo. Elle me rappelle que « observer » et « écouter » la nature sans but précis me réjouit tout simplement.

Comme le disait un de mes enfants pendant la période de confinement du Covid : « Papa ne souffre pas trop du confinement, car il vit avec ses livres, parle aux fleurs, aux arbres et aux oiseaux – et donc, pas de grand changement pour lui pendant ce « shut-down » »[5].

Pour finir, je publie une capture d’écran de la photo de José Nunes – j’ai demandé son accord sur Facebook, et j’interprète son bouton « J’aime » comme une autorisation !

J’avais pensé à écrire un billet bilingue – français-portugais –, mais j’ai laissé tomber. J’ai bien appris le portugais il y a quarante ans à l’université de Mannheim[6], mais sans l’aide de DeepL ou d’une autre IA, je n’aurais jamais pu traduire mon propre texte en un temps raisonnable. Je lis convenablement le portugais, et après quelques jours d’acclimatation dans un pays lusophone, je peux aussi le parler sans trop de problèmes !

Les lecteurs portugais, sans connaissance du français, pourront naturellement se faire traduire le texte par DeepL ou un autre programme d’intelligence artificielle. Mes textes de blog sont tous écrits de ma main : ce sont mes idées et mes mots que je tape sur l’ordinateur. Le seul domaine où j’utilise l’IA, c’est la relecture – pour détecter les fautes d’orthographe ou de grammaire !

C’est ainsi que Le Chat de Mistral épargne à ma famille et à mes ami(e)s la corvée de corriger mes textes pour le blog paysages !

Photo :

Piranga rubra par © José Nunes 22.02.2026 à Porto (Portugal). « Sanhaço de fogo migrante. Piranga rubra. Porto. 22.02.2026   O ídolo do momento. (Sanhaço de fogo migrateur. Piranga rubra. Porto. 22.02.2026   L’idole du moment). » Publication orignale sur Facebook, Aves de Portugal Continental 2.

Bibliographie :

Fernández-Palacios, José María et al. : In defence of the entity of Macaronesia as a biogeographical region. Biol. Rev. (2024), 99, pp. 2060–2081. DOI : 10.1111/brv.13112

Christophe Neff, Grünstadt, le 25 février 2026


[1] Voir l’observation dans inaturalist inaturalist.org/observations/339616404

[2] On trouve aussi une observation de Pirangra rubra à Porta dans inaturalist faite par Luis Santos (inaturalist observations/339901873) du 23.02.2026.

[3] Voir aussi « “Capelo mon amour” – Fajã Grande, Flores, Capelo, Faial 1999 – 2023. 24 anos de investigação ecológica e geográfica nos Açores (Présentation orale archivée dans KITopen :  DOI: 10.5445/IR/10001627199) » et « Souvenirs de vingt ans de voyage de recherche à Capelo (Île de Faial/Açores) » et « Neff, C. (2021). Observations de la dynamique végétale sur le Volcan des Capelinhos (Île de Faial, Açores, Portugal). Finisterra, 56 (117), 107–126. doi:10.18055/Finis18523.

[4] José María Fernández-Palacios et al. : In defence of the entity of Macaronesia as a biogeographical region. Biol. Rev. (2024), 99, pp. 2060–2081. DOI : 10.1111/brv.13112

[5] Voir aussi « Rétrospective sur le blog paysages en 2020 » et « Se ressourcer – auftanken, – über versteckte Orte in der Zeit vom 14. Juli 2022 – und andere Ferne und Nahe „Aufladestationen“ »

[6] Voir aussi « Le Cartographe des absences / O Mapeador de Ausências  – ou comment découvrir la géographie secrète des paysages de la Baía de Sofala avec le poète Diogo Santiago ».

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