
« La terreur, ultime moteur du régime iranien », c’est l’édito du Monde du samedi 17.01.2026. Dimanche dernier, j’ai republié via Mastodon, sous le titre « Une pensée pour les femmes et les hommes iraniens qui manifestent avec courage pour leur liberté », le poème « Courir toujours plus loin pour un brin de liberté », que j’avais écrit pour le mouvement « Femme, Vie, Liberté » en novembre 2022.
Depuis, le cri des manifestants pour plus de liberté en Iran (Decembre 2025, Janvier 2026), pour la fin du régime des mollahs, a été noyé dans le sang par les dirigeants iraniens. Un cri de souffrance du peuple iranien, qui, une fois de plus, s’étouffe dans l’indifférence générale. Et ne parlons pas des promesses d’aide émises par les mégaphones de l’administration Trump – promesses creuses, comme trop souvent pendant les dernières décennies de l’histoire iranienne. Mais, pour ainsi dire, le « péché originel » fut l’opération « Ajax », menée par les services secrets américains et britanniques pour destituer le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh en 1953. Trop souvent, cette histoire est oubliée !
Concernant les espoirs de liberté du peuple iranien, si les États qui pourraient théoriquement leur venir en aide n’ont que de fausses promesses à faire, les États où la démocratie et l’État de droit sont encore en fonction, comme la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Canada, pourraient au moins proposer l’asile politique aux victimes des bourreaux du régime des mollahs. Comme je l’avais déjà écrit pendant la « vague verte », tout au début de mes notices de blog dans paysages, dans le billet « F comme Freidoune – et ouvrons-leur nos portes quand ils en auront besoin » ! Au moins, cet ultime acte d’humanité que d’accueillir les victimes de la terreur des dirigeants de Téhéran.
Comme je m’intéresse à l’Iran depuis ma jeunesse, je possède une petite bibliothèque sur l’histoire récente de l’Iran. J’ai donc choisi d’ouvrir ce billet avec la couverture d’un de mes livres, « Des Iraniennes ». Ce livre, comme ce billet de blog, est aussi un hommage au mouvement « Femme, Vie, Liberté ».
Pour finir, je reprends l’image d’un post Facebook du 11 Janvier 2026 de Raphaël Glucksmann, qui commence par ces paroles : « Ils tuent, plongent le pays dans le noir, tuent encore, coupent les moyens de communication, tuent toujours. Ils ne savent plus faire que cela : tuer. C’est leur seule manière de s’accrocher au pouvoir. Qui croit encore en Iran à leurs discours, leurs mensonges, leur idéologie ? Seule reste la vérité nue du régime : la mort. La mort qui est tout ce qui raccroche cette gérontocratie intégriste finissante à la vie. » L’image « Free Iran » (sans mention de copyright) est une image forte. Une image qui restera. Comme, en plus, le blog paysages est archivé dans la « Deutsche Nationalbibliothek[1] », cette image durera au-delà des souvenirs sans lendemain et rappellera à ceux qui sont prêts à se souvenir du soulèvement du peuple iranien en janvier 2026.
En outre, le pays dans lequel je vis, l’Allemagne, semble tellement galvanisé par l’appétit de Donald Trump pour le Groenland que la situation en Iran semble être reléguée au second plan, voire au troisième, dans la perception médiatique. En Allemagne, on se rend compte que le « transatlantische Zeitalter (époque transatlantique)[2]» prend fin, et l’Iran finalement c’est donc très très loin !

Bibliographie
Alliance des femmes pour la démocratie (Eds.) (2024) : Des iraniennes : femme, vie, liberté Paris, 2024, © 2024, des femmes Antoinette Foque , ISBN, 978-2-7210-1305-7
Christophe Neff, Grünstadt, 18.01.2026
[1] Voire « paysages: paysages et livres – Landschaften und Bücher », Deutsche Nationalbibliothek.
[2] Voir aussi ce billet de blog déjà ecrit en « Blognotiz 02.03.2025: Das Ende des transatlantischen Zeitalters » qui reprends la fin de l’époque transatlantique.